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Editorial 26-05-2009 - Se bat-on mieux avec les yeux bandés ?

vendredi 15 mai 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Se bat-on mieux avec les yeux bandés ?

Pendant des mois, le gouvernement nous a dit que la croissance se maintenait et il est contraint aujourd’hui d’expliquer qu’il nous a menti. Il faut bien justifier un chômage massif et des licenciements de plus en plus nombreux... Face à la crise, un des points importants pour les classes dirigeantes consiste à tromper les travailleurs. On a commencé par nous dire que les subprimes ne nous concernaient pas et ne toucheraient pas les banques de ce côté de l’Atlantique. On ne se rappelle presque plus de ces mensonges-là, tant il en est venu d’autres. Quand les banques se sont enfoncées, on nous a dit qu’il suffisait de les renflouer à coups de fonds publics. Puis on a prétendu que cela avait marché, le temps de distribuer des milliards aux gros actionnaires et aux patrons.

Hommes politiques, organisations politiques et syndicales nous proposent des « solutions » face à la catastrophe actuelle. Ils disent savoir comment « relancer l’économie ». Ils ont soutenu la financiarisation de l’économie, que ce soit comme gouvernants (de droite et de gauche), comme dirigeants des entreprises et des banques, et ils prétendaient alors que la mondialisation allait régler tous les problèmes du capitalisme.

Mais, si ceux qui nous ont inoculé la maladie se proposent aujourd’hui comme médecins, ils ne nous livrent pas leur diagnostic. Quelle est la nature de cette maladie ? On nous a annoncé qu’il s’agissait d’une crise américaine avant de reconnaître qu’elle était mondiale. On a prétendu qu’elle était financière avant d’admettre que la récession aux USA avait débuté un an avant la faillite financière. Pourquoi les trous financiers continuent-ils de creuser les comptes des banques et des sociétés ? Les distributions de milliers de milliards ne feront que creuser des trous dans les comptes des Etats, que détruire la monnaie et mèneront à la destruction des services publics.

Mais là non plus personne ne nous dit pourquoi et personne non plus ne veut reconnaître ce qu’est cette crise. Tous font en fait comme si rien d’important ne s’était passé, comme si perspective était toujours la même, comme si l’ancien monde n’était pas fini. Pas plus les leaders de droite que de gauche, ni les leaders syndicaux. Reconnaître l’étendue de la crise, ce serait admettre que les moyens de défense qu’ils préconisent sont du bluff.... On comprend mieux dans ces conditions les lourds compliments des ministres et de Sarkozy lui-même aux dirigeants syndicaux si responsables, y compris Bernard Thibaut.

Toute stratégie de lutte devrait pourtant commencer par une appréciation de l’importance et de la signification de la crise. Se mobiliser sans savoir contre quoi, c’est comme se taper la tête contre les murs ! C’est très différent de se mobiliser contre une crise conjoncturelle qui va mener à une relance dans un an ou face à une crise systémique qui ne peut mener qu’à de nouvelles guerres mondiales comme les deux crises systémiques de 1873 et 1929.

Parler de crise n’est pas une avancée de la compréhension de la situation du monde ni de ses perspectives. En effet, ce que fait le système mondial depuis nombre d’années, c’est au contraire d’empêcher la crise cyclique par des interventions financières, politiques et militaires, des USA et des autres Etats impérialistes. La crise aurait dû éclater à l’échelle mondiale au moins depuis 2000. Pour éviter les crises cycliques, le système a pourvu le grand capital de revenus de plus en plus fictifs. C’est la source de la situation dans laquelle s’est enferré le système en titrisant des dettes. Cela signifie qu’il s’agit d’une crise de suraccumulation du capital et non d’une crise conjoncturelle.

Comment se porte le capitalisme en 2009 ? Pas plus mal que la noblesse en 1787. C’est-à-dire que la classe dominante avoue ouvertement qu’elle est dans l’incapacité complète de faire fonctionner son propre système. Et cela des mois après le début de la crise et malgré des interventions massives de tous les Etats du monde. Certes, il y a toujours des profits boursiers et financiers, mais l’économie est complètement en panne et qu’elle continue en roue libre par inertie ne suffit pas à cacher cet arrêt brutal.

Pourquoi, nous les travailleurs, devrions nous faire plus confiance au système que ses dirigeants et que les possesseurs de capitaux ? Accepter un chômage technique longue durée en attendant la reprise, c’est accepter un licenciement sans prime de licenciement. Parler de sacrifices nécessaires pour relancer une entreprise, c’est mentir, car c’est tout le système qui ne parvient plus à se relancer. Les travailleurs ont d’autres perspectives que de s’accrocher au Titanic du capital !

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