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Mai 2009 : Conflit à ArcelorMittal en Algérie

dimanche 17 mai 2009, par Robert Paris

Algérie : Conflit à ArcelorMittal

Marche des travailleurs et soutien d’unions syndicales du pays

Le 12 mai 2009, à 16H30, la situation s’est dégradée au niveau du complexe sidérurgique d’El Hadjar et les choses allaient dégénérer n’était l’intervention des services de sécurité de l’usine. En effet, un véhicule Hyundai de type Atos a réussi à franchir le poste de garde avec la complicité d’un ouvrier. Les occupants devaient distribuer des tracts dans les ateliers. Les travailleurs ont très vite encerclé le véhicule et forcé les 2 occupants à descendre ; ces derniers en sortirent et actionnèrent des bombes lacrymogènes avant de s’attaquer à leurs assaillants avec des cutters.

Un des travailleurs a été légèrement blessé et emmené à l’infirmerie pour y être soigné. Les 2 individus ont été capturés par les travailleurs quelques minutes avant l’arrivée en force des services de sécurité du complexe qui les ont emmenés pour les interroger. La fouille du véhicule a permis de découvrir dans la malle des milliers de tracts qui devaient être distribués ; les tracts en question mettent en valeur le parcours syndical de M. Menadi, le député secrétaire général du syndicat ArcelorMittal, tout en stigmatisant et insultant le secrétaire général par intérim, aujourd’hui porte-parole du syndicat. Par ailleurs, sur un autre plan, nous apprenons de sources sûres que la demande d’autorisation pour organiser l’élection dudit syndicat à l’hôtel Mimosa à Annaba a été rejetée par le wali. Une autre information est venue corroborer celle-ci. Il s’agit du rendez-vous pris par 2 secrétaires nationaux de la Centrale syndicale, Tayeb Hemarnia et Adjabi Salah, avec M. Kouadria pour aujourd’hui, en vue de trouver un terrain d’entente pour débloquer la situation.

Ainsi, il semble bien que la guerre déclarée que se livrent les 2 camps ennemis pour le contrôle du syndicat d’ArcelorMittal n’est pas près de se terminer et la situation va en se dégradant. M. Menadi, loin du complexe installé au siège du club de l’USM Annaba, affûte ses armes et fait appel à ses soutiens pour se représenter et occuper le même poste. Conférences de presse, tracts des supporters de l’équipe phare, opportunistes de tous bords et autres intéressés, le candidat à sa propre succession, imperturbable, a déclaré lundi dernier que rien ni personne ne peut l’empêcher d’être candidat, la loi ne lui interdit pas le cumul du mandat de député et celui de secrétaire général du syndicat de l’entreprise ArcelorMittal. Toujours selon lui, une commission dépêchée expressément par la Centrale syndicale arrivera aujourd’hui pour organiser l’élection à laquelle il est, bien sûr, candidat.

Le travail des coulisses a déjà commencé et les délégués syndicaux, du moins les fidèles, lui ont exprimé leur soutien et comptent convaincre leurs pairs de choisir leur candidat à la tête de cette instance. Les tracts retraçant « le parcours syndical, les luttes de Menadi au sein du complexe pour défendre les intérêts des travailleurs » ont été tirés à des milliers d’exemplaires. Dans ces mêmes tracts, son adversaire, M. Smaïn Kouadria, n’est pas épargné. Il a été qualifié de traître et accusé d’être à l’origine de tous les maux, d’avoir lâché les travailleurs dans des moments difficiles, etc.

Au niveau du complexe, l’effervescence est à son comble, les ouvriers ne comprenant pas que l’on organise des élections qui les concernent hors du lieu de leur travail, ont passé la vitesse supérieure. Une marche, regroupant près de 800 travailleurs, a été organisée, hier à l’intérieur de l’usine, avant l’incident provoqué par les partisans de M. Menadi. « C’est pour exprimer notre soutien indéfectible et notre solidarité avec M. Smaïn Kouadria », nous dit un travailleur, les mains et le visage tachés de cambouis. Ça se passe ici et non ailleurs ; s’ils veulent des élections démocratiques, l’urne doit être mise devant tout le monde, celui qui craint son verdict n’à qu’à se retirer. » La marche qui a débuté vers 10h est passée devant presque toutes les unités avant de s’immobiliser devant la direction générale où les travailleurs ont crié des slogans en faveur du secrétaire général par intérim. Une pétition, signée par 4 000 travailleurs et adressée au procureur de la République près le tribunal d’El Hadjar, demande à ce qu’une enquête sur le comité de participation et le fonds social soit déclenchée pour situer la responsabilité des uns et des autres dans la dilapidation des avoirs des travailleurs. « Nous voulons savoir où est parti notre argent, nous dit un autre travailleur. C’est le fruit de notre labeur et il n’est pas question que certains petits malins en profitent impunément sur notre dos. »

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