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Editorial 30-09-2009 La crise un an après...

vendredi 25 septembre 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

La crise, un an après, c’est loin d’être fini …

Il y a un an, Lehman Brothers, quatrième banque d’investissement américaine, se déclarait en faillite tandis que Merrill Lynch était rachetée pour 50 milliards de dollars, marquant le caractère impressionnant de la chute brutale de l’économie. La faillite de l’assureur AIG n’a pu être évitée, de justesse, que par une injection massive de fonds publics qui n’a fait que précéder plusieurs autres injections du même type pour « sauver » les autres banquiers, assureurs, financiers et industriels. La crise financière se généralisa aussitôt. La Bourse se mit à chute, entraînant une panique généralisée des capitalistes dans tous les domaines de l’économie dans toutes les régions du monde. En France, comme dans tous les pays, le gouvernement a épongé les dettes des banques en injectant des milliards pris dans les caisses publiques. Le bilan est aujourd’hui impressionnant : 35.000 milliards de dettes officielles des Etats sans compter des multiples manières de cacher des dettes.

Un an après et des dizaines de milliers de milliards d’aides après, les Etats et les gouvernements en sont encore à faire espérer par des discours une impossible réforme du capitalisme, en prétendant dénoncer sa face financière et ses bonus « exagérés », alors que les investissements privés ont atteint un bas historique ainsi que les prêts bancaires aux capitalistes et aux particuliers. Cela en dit long sur le fait que rien n’est réglé pour l’avenir du monde capitaliste.

La seule chose qui soit vraiment repartie, c’est la spéculation, notamment les profits boursiers ! Les banques ne fonctionnent que parce que les Etats leur donnent de l’argent qu’elles-mêmes prêtent ensuite à des taux élevés. Les investissements industriels ne repartant pas, il faut bien que l’argent se réinvestisse dans de nouvelles spéculations, produisant de nouveaux actifs pourris, alors que les anciens n’ont toujours pas été retirés. Les entreprises poursuivent leurs suppressions d’effectifs, les fermetures d’entreprises se poursuivent et aucun secteur ne fait exception. Dans aucun pays au monde, la croissance ne s’est maintenue autant qu’en Chine mais elle n’existe que grâce à des investissements étatiques. Ce pays de la production industrielle vers l’exportation ne tient, très momentanément et avec des licenciements massifs, que grâce aux commandes d’Etat ! Quant à faire espérer que c’est l’économie chinoise qui va tirer l’économie mondiale, c’est l’idée de s’élever en se tirant par les cheveux… Ce qu’on appelait « l’atelier du monde » ne peut pas être en même temps le marché du monde !

Le G20 a été présenté comme l’a été Obama, comme la solution miracle. Mais c’est inutile. Elle n’existe pas. La crise est profonde et n’est pas due à un concours de circonstances mais à des causes profondes inséparables de l’existence même du système capitaliste. C’est d’ailleurs ce dernier qui est grippé puisque les investissements de capitaux privés (et non publics) sont le fondement même de ce système. Accuser les seuls traders traduit bien l’absence de courage de ces dirigeants vis-à-vis des financiers et autres capitalistes dont les gouvernants seraient bien incapables, si encore cela avait un sens de « moraliser » les profits !

Si personne n’a de solution, faudrait-il se contenter d’attendre et voir ? Pas du tout ! Il n’y a aucune réponse du côté des classes dirigeantes et des Etats plus que jamais au service des possédants parce qu’ils restent attachés à leur système et le seront même si celui-ci devait, comme le Titanic, envoyer au fond toute la population. Par contre, les exploités de cette planète, eux, ont des solutions pour peu qu’ils ne craignent pas de s’émanciper de ce système failli.

Il n’est pas concevable que les exploités et les exploiteurs conçoivent des "solutions" communes à la crise actuelle. Tous ceux qui prétendent en chercher, ou en négocier, ne sont que des adversaires déguisés.

Cela signifie que la lutte entre le Capital et le Travail devient impitoyable.

Tous les moyens vont être bons pour détourner les travailleurs de la défense de leurs intérêts et de ceux de l’humanité. Les vernis "démocratiques" des sociétés capitalistes tombent. Avec eux, se dévoilent tous les mensonges du développement et du bien être en système capitaliste.

La première conséquence de la crise du capitalisme est : le droit de vivre en travaillant et de faire vivre une famille va devoir être placé au dessus du droit de détenir un capital et de l’exploiter.

La deuxième conséquence est : il n’est plus possible de laisser les classes dirigeantes et leurs hommes politiques gouverner la planète. C’est, pour les exploités, une question de vie ou de mort de les déposséder du pouvoir. Plus tôt, les travailleurs auront conscience de cette tâche inévitable, moins l’humanité paiera de souffrances ce changement incontournable.

La première chose dont il faut avoir conscience, c’est qu’on ne fera pas renaître l’ancien monde. Comme le disait Rosa Luxemburg lors d’un effondrement du système que marquait la première guerre mondiale, "Nous assistons à l’effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c’est que la plupart des gens ne s’en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme".

4 Messages de forum

  • Editorial 30-09-2009 La crise un an après... 27 septembre 2009 10:31, par Max

    "La première conséquence de la crise du capitalisme est : le droit de vivre en travaillant et de faire vivre une famille va devoir être placé au dessus du droit de détenir un capital et de l’exploiter",

    On pourrait à la suite de cette phrase ajouter que en cela nous (travailleurs) sommes dans la même situation que les Canuts en 1831 à Lyon face à la crise.

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  • Editorial 30-09-2009 La crise un an après... 16 octobre 2009 12:37, par MOSHE

    LA VOIX DES TRAVAILLEURS

    « Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

    Karl Marx

    La crise, un an après, c’est loin d’être fini …
    Il y a un an, Lehman Brothers, quatrième banque d’investissement américaine, se déclarait en faillite tandis que Merrill Lynch était rachetée pour 50 milliards de dollars, marquant le caractère impressionnant de la chute brutale de l’économie. La faillite de l’assureur AIG n’a pu être évitée, de justesse, que par une injection massive de fonds publics qui n’a fait que précéder plusieurs autres injections du même type pour « sauver » les autres banquiers, assureurs, financiers et industriels. La crise financière se généralisa aussitôt. La Bourse se mit à chute, entraînant une panique généralisée des capitalistes dans tous les domaines de l’économie dans toutes les régions du monde. En France, comme dans tous les pays, le gouvernement a épongé les dettes des banques en injectant des milliards pris dans les caisses publiques. Le bilan est aujourd’hui impressionnant : 35.000 milliards de dettes officielles des Etats sans compter des multiples manières de cacher des dettes.

    Un an après et des dizaines de milliers de milliards d’aides après, les Etats et les gouvernements en sont encore à faire espérer par des discours une impossible réforme du capitalisme, en prétendant dénoncer sa face financière et ses bonus « exagérés », alors que les investissements privés ont atteint un bas historique ainsi que les prêts bancaires aux capitalistes et aux particuliers. Cela en dit long sur le fait que rien n’est réglé pour l’avenir du monde capitaliste.

    La seule chose qui soit vraiment repartie, c’est la spéculation, notamment les profits boursiers ! Les banques ne fonctionnent que parce que les Etats leur donnent de l’argent qu’elles-mêmes prêtent ensuite à des taux élevés. Les investissements industriels ne repartant pas, il faut bien que l’argent se réinvestisse dans de nouvelles spéculations, produisant de nouveaux actifs pourris, alors que les anciens n’ont toujours pas été retirés. Les entreprises poursuivent leurs suppressions d’effectifs, les fermetures d’entreprises se poursuivent et aucun secteur ne fait exception. Dans aucun pays au monde, la croissance ne s’est maintenue autant qu’en Chine mais elle n’existe que grâce à des investissements étatiques. Ce pays de la production industrielle vers l’exportation ne tient, très momentanément et avec des licenciements massifs, que grâce aux commandes d’Etat ! Quant à faire espérer que c’est l’économie chinoise qui va tirer l’économie mondiale, c’est l’idée de s’élever en se tirant par les cheveux… Ce qu’on appelait « l’atelier du monde » ne peut pas être en même temps le marché du monde !

    Le G20 a été présenté comme l’a été Obama, comme la solution miracle. Mais c’est inutile. Elle n’existe pas. La crise est profonde et n’est pas due à un concours de circonstances mais à des causes profondes inséparables de l’existence même du système capitaliste. C’est d’ailleurs ce dernier qui est grippé puisque les investissements de capitaux privés (et non publics) sont le fondement même de ce système. Accuser les seuls traders traduit bien l’absence de courage de ces dirigeants vis-à-vis des financiers et autres capitalistes dont les gouvernants seraient bien incapables, si encore cela avait un sens de « moraliser » les profits !

    Si personne n’a de solution, faudrait-il se contenter d’attendre et voir ? Pas du tout ! Il n’y a aucune réponse du côté des classes dirigeantes et des Etats plus que jamais au service des possédants parce qu’ils restent attachés à leur système et le seront même si celui-ci devait, comme le Titanic, envoyer au fond toute la population. Par contre, les exploités de cette planète, eux, ont des solutions pour peu qu’ils ne craignent pas de s’émanciper de ce système failli.

    Il n’est pas concevable que les exploités et les exploiteurs conçoivent des "solutions" communes à la crise actuelle. Tous ceux qui prétendent en chercher, ou en négocier, ne sont que des adversaires déguisés.

    Cela signifie que la lutte entre le Capital et le Travail devient impitoyable.

    Tous les moyens vont être bons pour détourner les travailleurs de la défense de leurs intérêts et de ceux de l’humanité. Les vernis "démocratiques" des sociétés capitalistes tombent. Avec eux, se dévoilent tous les mensonges du développement et du bien être en système capitaliste.

    La première conséquence de la crise du capitalisme est : le droit de vivre en travaillant et de faire vivre une famille va devoir être placé au dessus du droit de détenir un capital et de l’exploiter.

    La deuxième conséquence est : il n’est plus possible de laisser les classes dirigeantes et leurs hommes politiques gouverner la planète. C’est, pour les exploités, une question de vie ou de mort de les déposséder du pouvoir. Plus tôt, les travailleurs auront conscience de cette tâche inévitable, moins l’humanité paiera de souffrances ce changement incontournable.

    La première chose dont il faut avoir conscience, c’est qu’on ne fera pas renaître l’ancien monde. Comme le disait Rosa Luxemburg lors d’un effondrement du système que marquait la première guerre mondiale, "Nous assistons à l’effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c’est que la plupart des gens ne s’en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme".

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  • Editorial 30-09-2009 La crise un an après... 25 octobre 2009 12:33, par F. Kletz

    C’est la reprise, disent-ils !

    Il paraît que l’économie du monde va vers la reprise. Reprise économique ? relance de l’accumulation du capital ? oui, mais sur quels secteurs ? Quelle nouvelle branche d’industrie permet ou permettrait de faire redémarrer la course au profit, la course à la création de nouvelles richesses permettant d’agrandir les capitaux existants ?

    Les discussions budgétaires se basent sur un budget de reprise, entend-on dans la bouche des commentateurs économiques. Cela veut-il dire que la reprise est là ? Il semble bien plutôt que le gouvernement parie sur une reprise. Ainsi, la politique économique est celle de l’investissement d’état pour aider à la reprise. Les constructions du BTP sont poussées par des commandes d’état. Un bon vieux secteur se voit relancer pour reconstruire et augmenter la surface de construction de la Défense, ou poursuite d’aménagements urbains.

    En même temps, des pronostiqueurs hexagonaux prévoient un déficit d’état de 11% pour fin 2010 ou 2011.

    Il faut dire que le fric investit pour la soi-disant relance grignote les budgets d’Etat.
    Le grand emprunt de 30 milliards d’euros va enrichir les détenteurs de capitaux qui cherchent la « sécurité » d’un emprunt d’état.

    Les discussions sur la dévaluation de l’euro cachent en réalité les attaques qui vont venir d’ici un an ou deux : augmentation d’imposition ou de cotisations sociales, recul de l’âge de la retraite à 67 ans, etc. Le programme de la bourgeoisie va s’accentuer d’austérité et d’attaques contre tous les travailleurs.

    Le pire, c’est que la « reprise » économique sera une « reprise sans création d’emploi », comme le disent certains commentateurs. Donc, la logique déjà développée depuis plusieurs années : rallongement de la durée de formation des jeunes, reprises de formation pour les chômeurs, rallongement de la durée de cotisation pour les retraites… tout cela va s’accentuer. Peut-être même que les retraites, vont à terme, disparaître. Tu va continuer à payer pour alimenter des caisses, et jamais ils ne te fileront une retraite, ou alors si peu que tu finiras tes vieux jours SDF, mendiant, ou, pour les plus chanceux, tu continueras à bosser soit pour ton ancien employeur, soit pour un autre. C’est déjà le cas dans certains hôpitaux : les retraités se voient rappelés pour faire des remplacements de congé ou de maladie !

    Il est plus que temps de comprendre et tirer toutes les conséquences de la logique d’un système en perte de vitesse : ce système est aujourd’hui mort, et sans l’intervention consciente des travailleurs, il va continuer à nous entrainer dans le tourbillon dans lequel il est entré. Il est en une crise si profonde qu’il n’a aucun avenir à nous proposer autre que misère, guerre, chômage, et barbarie…

    Sans compter que la crise systémique s’approfondissant, les dirigeants de ce système, des entreprises, des états, n’auront pas beaucoup d’autre imagination que celle de recourir aux solutions du passé : guerre mondiale et fascisme, racisme, extermination de populations civile. C’est le seul avenir qui nous sera donné dans cinq, dix ou quinze ans, si nous ne nous ne nous en prenons pas à lui, et le plus tôt possible sera le mieux !

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