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Accueil du site > 04 - Livre Quatre : HISTOIRE CONTEMPORAINE > 12- Les Palestiniens et la révolution au Moyen-Orient > Quelle "solution" en Palestine ?

Quelle "solution" en Palestine ?

lundi 6 décembre 2010, par Robert Paris

Un Etat démocratique avec autonomie régionale, un Etat binational, deux, trois Etats (Israël, Cisjordanie, Gaza), une fédération, ou autre chose ?

LA PALESTINE SANS FRONTIÈRES

Il y a une nouvelle donne en Palestine par rapport à toutes ces années où le nationalisme palestinien prétendait avoir une "solution", où les grandes puissances en avaient une, où la prétendue "communauté internationale" en avait une, où Israël en avait une.

Cette nouvelle donne, c’est qu’il n’y a plus l’ombre d’une réalité à toutes ces prétendues solutions... Il est clair que les actuelles négociations et tractations n’ont plus aucun contenu.

Il apparaît évident que les accords et tractations soi-disant pour trouver une solution ont surtout permis de rendre impossible toute solution : tout Etat palestinien et toute intégration des Palestiniens dans un même Etat que les Israéliens.

Aujourd’hui plus que jamais les dirigeants israéliens ont les mains libres, ayant pris en otage leur peuple, pour refuser tout accord, pour reprendre la colonisation et même commencent à s’attaquer aux arabes israéliens... En effet, maintenant que Gaza est aux mains d’islamistes d’extrême-droite du Hamas, il est plus que jamais facile aux dirigeants israéliens de prétendre que la seule solution, c’est la guerre comme celle qu’ils viennent de pratiquer à Gaza !!!

Et les dirigeants velléitaires des Palestiniens ont attendu ce moment où il n’y a plus aucune réalité d’un territoire palestinien uni pour commencer à avoir envie de proclamer un Etat ! Et, en même temps, jamais ils n’ont été aussi en collaboration avec les dirigeants israéliens parfaitement hostiles à une telle proclamation... ni aussi dépendants des capitales arabes qui sont totalement inactives et ne pratiquent qu’une indignation diplomatique !

Toute la politique des dirigeants palestiniens mène à cette fin sans issue...

Le conseil de l’OLP en 1988

Faire les yeux doux aux dictateurs bourgeois arabes mais pas s’unir aux peuples travailleurs de la région... telle a été la politique des dirigeants nationalistes palestiniens même quand les dirigeants arabes n’ont fait que tuer le peuple palestinien (cette photo est prise juste après le massacre de septembre noir où le roi Hussein de Jordanie a assassiné trois mille palestiniens).

Toutes les solutions mensongères que l’on a présenté aux Palestiniens pour les calmer ont consisté à faire croire qu’on allait, d’une manière ou d’une autre, vers la revendication palestinienne du droit à un Etat et que celle-ci allait régler tous les problèmes alors que c’était parfaitement faux.

Parmi ces "solutions", il y avait l’option dite arabe, c’est-à-dire la croyance dans une aide des Etats arabes voisins en mettant la direction palestinienne sous leur coupe : c’est-à-dire l’OLP avec le Fatah pour caution de combattants armés.

Après la guerre, le mouvement nationaliste s’est tourné vers la paix... Jamais vers la lutte de classes !

Il y a avait l’option internationale avec les négociations avec Israël, sous l’égide des USA, qui est la deuxième version politique du Fatah et de l’OLP.

Une illusion et une tromperie de plus !

Il y a eu la "solution" du Hamas qui a surtout servi à diviser la région qui devait revenir aux palestiniens, hypothéquant durablement un Etat unique palestiniens. Contrairement à ce que prétend l’Etat palestinien : le Hamas a surotu servi à Israël puisqu’il rend non viable un Etat palestinien et discrédite sa direction.

Qu’est-ce qu’une "solution" : c’est une formule qui serait reconnue par le monde occidental et par les Etats voisins, que les peuples seraient contraints d’accepter.

Dans le cadre du capitalisme, n’en déplaise à toutes les sortes de réformistes, et elles ne manquent pas, les solutions sont toutes noyées dans la mare des illusions et des illusionnistes.

L’idée même de solutions provient de l’image fausse de deux peuples qui ne s’aiment pas et qui se méfient l’un de l’autre.

La réalité est tout autre : Israël a servi non pas à sauver le peuple juif mais à le faire servir à enlever une épine du pied de l’impérialisme : détourner la colère des peuples arabes contre un bouc émissaire s’enfermant lui-même dans un Etat-ghetto, se transformant lui-même en peuple isolé, victime des autres, sans cesse en guerre, sans autre espoir que de mettre autour de lui de nouveaux barbelés et de nouveaux miradors...

Ghetto juif

Tous les fabricants de "solutions" ont été les menteurs et les exploiteurs de la situation.

La vérité, c’est que ni l’impérialisme, que l’on appelle "communauté internationale", ni la bourgeoisie israélienne, ni les bourgeoisies arabes n’ont intérêt à en finir avec l’affrontement entre Israéliens et Palestiniens qui leur sert à tous...

Il est trop utile aux bourgeoisies et Etats arabes par exemple pour masquer la lutte des classes, pour masquer leur entente réelle avec l’impérialisme et même avec Israël.

Du coup, malgré tous les efforts humanitaires des réformistes, malgré toutes leurs prétendues solutions, sans que les peuples s’attaquent de manière révolutionnaire à leurs classes dirigeantes, tout cela n’est que du vent.

Ils ont eu beau agiter l"idée des deux Etats se reconnaissant mutuellement, ou d’un seul Etat, ou d’une fédération d’Etats, etc, ils n’ont fait que démontrer qu’ils ne veulent pas s’attaquer au véritable problème : cet affrontement est rentable pour toutes les bourgeoisies de la région comme impérialistes et ils ne veulent pas en finir et donner des droits aux Palestiniens.

Les nationalistes arabes (comme israéliens) ont tous prétendu que la question nationale primait dans cette région sur la question sociale. mais cela n’est pas vrai pour les bourgeoisies. Pour elles, ce qui prime c’est le risque social révolutionnaire des peuples. Et, dans ce cas, elles préfèrent que la situation soit polarisée par le conflit israélo-palestinien...

La Palestine en peau de chagrin

Les routes “israéliennes” figurent en bleu, les routes “palestiniennes” en marron. Les points rouges représentent les barrages israéliens qui sanctuarisent les routes “israéliennes”, et les croix rouge et blanche sont les check-points israéliens. Les colonies et les terres qui y sont rattachées figurent en rose foncé.


Quel point de vue des révolutionnaires ?

Voilà ce que l’on peut lire dans la presse anarchiste sur cette question :

"Plusieurs hypothèses sont avancées comme solution au conflit.

1. La création d’un État palestinien. Cette concession acceptée par l’OLP à Oslo en 1993 est un triste recul par rapport au projet initial de « Palestine démocratique ». Elle reconnaît l’existence de l’État d’Israël et la nécessité d’une partition ethnique. Un État est aujourd’hui l’objectif de court terme de la résistance, qui permettra au peuple palestinien un minimum de sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Ce ne peut être une solution durable, la viabilité d’un tel État, grand comme un département français et sans continuité territoriale, étant plus que douteuse.

2. La naissance d’une fédération israélo-palestinienne. Dans les frontières d’un État unique, deux entités juridiques, une « israélienne » et une « palestinienne ». Ce projet a l’avantage de garantir l’autonomie culturelle et l’égalité en droits de deux peuples qui se pensent différents, et notamment de répondre à l’aspiration profonde des Israéliens à un « foyer national juif ». Mais sur le long terme, il représente un risque de dérive à la libanaise, avec son morcellement communautaire (Séfarades, Ashkénazes, Anglo-saxons, Russes, musulmans, druzes, chrétiens, Éthiopiens…).

Ces deux projets ont essentiellement une valeur tactique, non antagonistes, ils expriment ce qui peut être possible, par étapes, dans une situation donnée, à un moment donné. Ils ne doivent pas focaliser les débats car, en eux-mêmes, ils ne satisferaient pas les attentes palestiniennes – ils ne répondent pas, par exemple, à la question cruciale des réfugiés et de leurs droits, question qui tant qu’elle ne sera pas réglée sera source de conflit majeur.

3. Un pays unique, laïque et démocratique, qui ne pourrait avoir pour nom « Israël » (terme emblématique du sionisme et consacré en 1947) reste la seule solution politique à même d’assurer la paix et l’égalité entre tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance culturelle. Cette solution, si elle est hors de portée en 2002, reste de mise pour tous les militants, israéliens comme palestiniens, hostiles à la ségrégation ethnique. La présence de forces religieuses intégristes, en Israël comme en Palestine, ayant une interprétation religieuse et raciste du conflit, risque de mettre en péril un tel projet. En retour, la réconciliation, la paix, l’égalité et la laïcité sont les meilleures armes pour combattre ces intégrismes.

Alternative libertaire se prononce pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien"

On ne pourrait qu’être d’accord, si ce n’est que, dans les circonstances présentes, peuple n’a aucun moyen d’expression, aucun moyen de savoir ce que pensent vraiment les populations, ce qu’elles souhaitent exactement.

Et, surtout, la question nationale n’est pas seulement nationale mais d’abord sociale - une question de lutte des classes - et pas seulement de droits nationaux.

Tant que les peuples ne mènent pas la lutte dans le sens d’une lutte de classe contre toutes les bourgeoisies de la région, il n’y aura que des désillusions.

Nous ne devons pas raisonner sur cette question à la manière des démocrates petits-bourgeois. Les communistes révolutionnaires voient dans la question palestinienne une question qui ne peut être réglée que par la lutte révolutionnaire des travailleurs contre leur propre bourgeoisie.

De ce point de vue, il n’y a pas plus de "solution" pour les Palestiniens - et les Israéliens - que pour aucun peuple si demain l’impérialisme décide de détourner les risques de lutte sociales mondiales liées à la crise du système en guerre mondiale.

Une telle guerre ne serait pas plus due à l’inimitié des peuples qu’en Palestine et n’aurait pas plus de solution dans une formule entre Etats...

12 Messages de forum

  • Quelle "solution" en Palestine ? 5 décembre 2010 20:25

    A lire un débat sur la question palestinienne

    dans la bataille socialiste

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  • Quelle "solution" en Palestine ? 5 décembre 2010 20:54, par toto

    Face au problème palestinien et au conflit judéo-arabe, les révolutionnaires ont toujours milité pour une union des travailleurs juifs et arabes contre l’impérialisme, mais comment cette position de principe s’est-elle traduite concrètement sur le terrain ?

    Dés avant la création de l’État d’Israël, les internationalistes dénonçaient le sionisme qui mettait les masses juives au service de l’impérialisme, et contre la création d’un État juif qui ne servirait qu’à polariser le mécontentement des masses arabes contre lui plutôt que contre l’impérialisme.

    Le groupe trotskyste de Palestine milita toujours pour une Palestine unifiée, qui ne serait obtenue que par une lutte unie des ouvriers juifs et arabes.

    Malheureusement, les sionistes d’une part, les nationalistes arabes de l’autre, furent les plus forts. En fait la guerre judéo-arabe de 1947-48, et la création de l’État d’Israël, furent une défaite pour l’ensemble de la classe ouvrière du Moyen-Orient. Le prolétariat arabe, essentiellement le prolétariat égyptien, qui avait derrière lui de grandes traditions de lutte, se retrouva désorienté, et la bourgeoisie égyptienne, à l’époque de Farouk simple instrument des Anglais, put sans mal identifier aux yeux des masses populaires Israël et l’impérialisme.

    En Israël, de ce point de vue, la situation pour le prolétariat fut encore plus catastrophique. L’immense majorité de la classe ouvrière se retrouva fermement derrière « son » gouvernement pour faire face au « péril arabe ». Et cette attitude chauvine, raciste, ravivée une première fois par l’expédition de Suez, et une seconde par les événements récents, est le plus lourd fardeau que porteront encore longtemps les travailleurs juifs.

    Devant une telle situation, c’est presque un lieu commun que d’affirmer que les révolutionnaires ont eu raison de lutter contre la création d’un État juif en Palestine.

    Mais après la création de l’État d’Israël, les militants internationalistes ont continué à mener une politique marxiste révolutionnaire. Ne se sentant nullement liés par le « statu quo » de 1948, ils ont réclamé le droit des réfugiés palestiniens à regagner leur foyer, l’égalité complète des droits pour les arabes israéliens, et surtout pour les uns et les autres, le droit de disposer d’eux-mêmes, jusqu’à y compris la libre séparation des régions de l’État d’Israël à majorité arabe. C’est-à-dire le droit, pour les Arabes israéliens de se détacher de l’État d’Israël et de forcer s’ils le désirent un État indépendant. Cette revendication s’applique aussi aux parties de la Palestine qui ont été intégrées à la Jordanie et à l’Egypte.

    C’est pourquoi les révolutionnaires ne doivent pas demander seulement l’évacuation des territoires occupés par Israël depuis le 5 juin, mais aussi la libre disposition des Arabes israéliens.

    En Israël même, les Arabes forment les couches les plus prolétarisées de la population. 89,4 % d’entre eux sont des ouvriers, manoeuvres, domestiques et, sur ce nombre, 36,7 % sont des ouvriers agricoles et 11 % des manouvres (contre respectivement 14,4 % et 3 % chez les Juifs). De plus, avec la crise économique que connaît Israël, un grand nombre des 150 000 chômeurs sont des travailleurs arabes.

    Même situation dramatique chez les petits paysans puisque depuis 1948, 34 000 ont été expropriés, ce qui représente environ 40 % des terres travaillées par les arabes.

    Alors qu’ils représentent 11 % de la population, ils ne forment que 1 % des étudiants, 2 % des employés de l’État et ne reçoivent que 2,5 % des crédits destinés à l’habitation.

    Sur le plan politique, bien qu’en théorie ils aient les même droits que les Juifs, la discrimination existe partout. Le « régime militaire » sous lequel vivait la population arabe jusqu’à ces dernières années (passeports intérieurs, permis de circuler, couvre-feu, etc.) a été aboli officiellement il y a un peu plus d’un an, mais en fait subsiste. La seule organisation politique arabe « El Ard » (La Terre) qui voulait se présenter aux élections, a été interdite sous prétexte d’atteinte à l’intégrité du territoire. Le seul quotidien de langue arabe a disparu.

    Tous ces faits montrent ce que signifie en fait l’État sioniste : l’oppression de la minorité arabe par la majorité juive.

    C’est pourquoi la lutte pour le socialisme dans cette partie du monde passe pour les révolutionnaires israéliens, par la lutte pour la désionisation de l’État israélien. L’abolition de la religion juive comme religion d’État, l’instauration d’un état civil laïque, l’abolition de la loi du retour qui fait de chaque Juif un citoyen de plein droit de l’État d’Israël (alors que le million de réfugiés palestiniens est considéré comme étranger) sont les principaux points de ce programme.

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  • Quelle "solution" en Palestine ? 5 décembre 2010 20:58, par toto

    Un État, s’il devait voir le jour dans de telles conditions, ressemblerait à un bantoustan, ces États fantoches créés par l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid pour y parquer les Noirs loin des régions où habitaient les Blancs.

    Cet État palestinien d’un peu plus de deux millions et demi d’habitants ne serait qu’un immense bidonville, réservoir de main-d’oeuvre pour l’économie israélienne, ce qui permettrait à Israël de maintenir son emprise sur ces territoires qui auraient juste changé de statut. Cela pourrait satisfaire une minorité de dirigeants qui en tireraient bénéfice, mais pas la grande masse des Palestiniens qui continuerait de connaître la même misère.

    Aujourd’hui, plus de deux millions de Palestiniens vivent en Jordanie, au Liban et en Syrie. Un tel État pourra-t-il les accueillir ? Israël n’envisage pas de leur reconnaître « le droit au retour ». Revenir exactement là où ils vivaient avant leur expulsion n’est peut-être pas possible dans bien des cas, mais ce genre de considérations n’empêche pas la loi israélienne de reconnaitre ce droit à tous les Juifs du monde. Bush a parlé de la possibilité d’échanger en quelque sorte ce droit contre des indemnisations, mais ce ne sont pas les quelques millions de dollars évoqués qui permettront à ces Palestiniens de quitter les camps où ils vivent depuis des dizaines d’années…

    Quant au million d’Arabes israéliens, même s’ils sont traités en Israël comme des citoyens de seconde zone, ils n’iraient pas pour autant s’installer dans un État palestinien où ils seraient assurés de vivre plus mal.

    Non, la création d’un État palestinien tel qu’il est envisagé ne changerait vraiment rien au sort de la grande majorité des Palestiniens.

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  • Quelle "solution" en Palestine ? 5 décembre 2010 21:03, par Robert Paris

    Bureau exécutif de l’Internationale syndicale rouge
    Aux ouvriers arabes de Palestine[1]

    20 février 1924

    Vous demeurez encore inorganisés, sans récriminer, isolément, chacun de vous subit le joug des profiteurs capitalistes, nationaux et étrangers. Votre pays est devenu, en fait, la colonie de l’impérialisme britannique. La domination de vos exploiteurs indigènes a été aggravée par le joug pesant du capital étranger. Les Cheiks et les Effendis, les impérialistes anglais et les capitalistes sionistes ont conclu une alliance étroite pour l’exploitation des travailleurs arabes. Par leurs efforts conjugués, ils ont transformé la Palestine en un pays de pillage colonial, grâce auquel on extirpe les dernières forces des travailleurs. À mesure que la bourgeoisie se renforce dans le pays ses appétits croissent, l’offensive contre les travailleurs se fait de plus en plus dure, car la politique de brigandage capitaliste ne trouve aucune résistance on Palestine. Vous n’êtes pas organisés et c’est ce qui fait la source de la puissance de vos ennemis de classe et la cause de vos souffrances.

    Les conditions de votre travail sont extrêmement pénibles. Les employeurs vous traitent en esclaves, le travailleur arabe n’est qu’une bête de somme aux yeux du capitaliste. Ce n’est pas assez pour les capitalistes de fonder leur bien-être sur le sang et sur la sueur des hommes adultes, ils exploitent impitoyablement la main-d’oeuvre enfantine et féminine, et nulle loi ne protège les femmes et les enfants en Palestine. D’ailleurs, d’une façon générale, ce pays ne possède pas de lois sur la protection du travail.

    Le capital trouve devant lui un champ libre pour son exploitation. Les travailleurs arabes ont été précipités par le capital au degré le plus bas du bien-être, l’ouvrier arabe travaille deux fois plus que l’ouvrier juif, et il touche un salaire deux fois moindre.

    La raison de cet état de choses, c’est que vous n’avez pas de syndicats professionnels.

    L’organisation “Histradrut-Hacollit”, qui existe en Palestine, ne défend pas vos intérêts, vos droits. Ce n’est pas seulement parce qu’elle est constituée exclusivement par des juifs, mais surtout parce que les chefs de cette organisation ont subordonné les intérêts des ouvriers juifs à ceux des sionistes, c’est-à-dire à ceux de la bourgeoisie juive, également étrangers aux ouvriers juifs et arabes.

    L’ISR, qui groupe dans ses rangs 15 millions d’ouvriers révolutionnaires de toutes nationalités et de tous pays, qui mène dans le monde une lutte énergique contre la domination capitaliste, qui soutient chaque mouvement révolutionnaire contre l’oppression nationale, vous lance un appel, travailleurs arabes de la Palestine, pour vous inviter à lutter pour votre émancipation.

    Dressez-vous pour la défense de vos intérêts ! Mettez un terme à l’exploitation infinie imposée à votre pays ! Luttez pour votre salut, pour celui de vos femmes et de vos enfants qu’il faut arracher aux griffes du capitalisme insatiable ! Sachez qu’une fois organisés, vous aurez en mains l’arme la plus puissante, la plus efficace. Edifiez vos syndicats professionnels, organisations de la lutte ouvrière, auxquelles doivent adhérer tous les ouvriers par profession, quelle que soit leur nationalité.

    L’ISR a déjà des partisans dans votre pays, en Palestine. C’est le groupe ouvrier de la Difradrut. Depuis longtemps déjà, ils luttent non pour les intérêts nationaux juifs, mais pour les intérêts ouvriers, pour les intérêts des travailleurs juifs aussi bien qu’arabes.

    Prolétaires arabes ! Le groupe ouvrier aspire à une alliance de combat entre vous et les travailleurs révolutionnaires juifs pour que la lutte contre les capitalistes et les colons riches soit faite sur un front unique.

    Le Capital veut abuser des sentiments nationaux et des préjugés religieux pour diviser les ouvriers, car il lui sera plus facile ainsi de les battre séparément et de les subjuguer. Le salut de la classe ouvrière, c’est l’union de ses forces, une lutte générale et coordonnée de tous les ouvriers contre les capitalistes. C’est en faisant front unique avec les travailleurs juifs que vous pourrez vaincre. Seule, la lutte commune de tous les ouvriers du pays, sans distinction de nationalité et de religion, vous permettra d’obtenir l’égalité des conditions de travail, des salaires égaux, un traitement identique.

    Ouvriers arabes ! Vous devez opposer à l’alliance étroite du capital anglo-sioniste avec les Cheiks et les Effendis, l’Union fraternelle des ouvriers révolutionnaires de la Palestine.

    Tous au travail !

    Tous à l’organisation !

    Le Bureau exécutif de l’Internationale syndicale rouge

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  • Quelle "solution" en Palestine ? 5 décembre 2010 21:10, par Robert Paris

    Cet Etat dans des frontières forcément étriquées serait déjà bien incapable de satisfaire les besoins sociaux de sa propre population vivant dans le sous-développement. Cette situation économique misérable l’obligerait soit à se lier à Israël soit à rester dépendant des dictatures arabes, si ce n’est pas simplement de la charité internationale et des USA. Israël lui-même, qui avait au départ bien d’autres atouts, ne reste-t-il pas encore dans la dépendance de l’impérialisme ?
    Rien déjà ne permet de croire que sur de telles bases cet Etat serait démocratique et laisserait les libertés au peuple palestinien, comme l’a montré l’expérience de l’Autorité palestinienne aux mains d’un petit groupe corrompu et dictatorial. Il est encore moins garanti que les Palestiniens qui vivraient dans cet Etat y trouveraient un emploi, une vie décente, un minimum de bien-être, les logements, l’éducation et la santé qui leur sont actuellement refusés. Tout indique au contraire qu’il ne pourrait régler ni les questions sociales ni celle des réfugiés dont la plus grande partie soit resterait à végéter dans les pays voisins, soit viendrait s’entasser dans des conditions encore pire en Palestine même si ces pays voisins prenaient prétexte du nouvel Etat pour les expulser de chez eux. Dans ces conditions il est fort à parier que la paix que ce Etat serait censé apporter ne durerait pas bien longtemps et que guerres, guerres civiles et terrorisme reprendraient bien vite.

    Des Etats-unis du Moyen-orient ?

    La création d’Israël dans les conditions où elle s’est faite, l’éviction et la dispersion des Palestiniens dans tout le Moyen-orient a fait de la question palestinienne la question de toute la région. Elle ne peut donc avoir de solution qu’à l’échelle de toute la région. La création d’un Etat palestinien serait de bien peu d’utilité pour les Palestiniens eux-mêmes (sauf à quelques bourgeois, politiciens, flics et militaires) si elle n’est pas accompagnée d’une mise en commun des ressources de tous les pays et tous les Etats du Moyen-orient, Israël compris bien entendu.
    Ces Etats-unis du Moyen-orient, on l’imagine aisément, ne peuvent être que socialistes. Ils ne peuvent se construire sans l’entente de tous les opprimés, pauvres et travailleurs, tous ceux qui quels que soient leur lieu de résidence, leur nationalité ou leur religion ont les mêmes intérêts. Ils ne peuvent se construire sans reprendre aux classes possédantes israéliennes ou arabes, mais aussi occidentales, toutes responsables du chaos actuel, les richesses qu’elles ont accaparées dans la région.
    Les nationalistes palestiniens ne se donnent pour but que la création d’un Etat. Mais sans révolution sociale dépassant les frontières, bousculant la domination impérialiste, les Palestiniens risquent bien de ne voir changer que la nationalité de leurs gardiens de prison. C’est pour cela que tout en soutenant le droit des Palestiniens à cet Etat, les révolutionnaires sont les adversaires de ces nationalistes comme des sionistes, combattent leur programme et lui opposent le programme communiste. Car le premier n’est en aucune façon une marche menant au second. L’un et l’autre représentent les intérêts des deux classes antagonistes de la société palestinienne comme israélienne, la bourgeoisie et le prolétariat.

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  • Quelle "solution" en Palestine ? 6 décembre 2010 14:24, par moshe

    Aujourd’hui plus que jamais les dirigeants israéliens ont les mains libres, ayant pris en otage leur peuple, pour refuser tout accord, pour reprendre la colonisation et même commencent à s’attaquer aux arabes israéliens... En effet, maintenant que Gaza est aux mains d’islamistes d’extrême-droite du Hamas, il est plus que jamais facile aux dirigeants israéliens de prétendre que la seule solution, c’est la guerre comme celle qu’ils viennent de pratiquer à Gaza !!!

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  • Le tribunal israélien a reconnu qu’un soldat israélien avait assassiné lâchement et sans raison un Palestinien blessé et à terre et l’a condamné après des mois d’un procès exceptionnel qui divise profondément les Israéliens.

    Lors de l’audience mercredi, la juge Maya Heller a déclaré qu’Elor Azaria avait agi « sans raison » et que « le terroriste ne présentait pas de menace », récusant l’un des principaux arguments de la défense. Dès l’ouverture du procès, le 9 mai 2016, l’avocat d’Elor Azaria avait en effet invoqué un « acte de légitime défense » puisque le « terroriste » palestinien pouvait porter une ceinture d’explosifs. « Il savait ce qu’il faisait », a poursuivi Mme Heller, avant de reprocher au jeune homme de ne pas avoir suivi le protocole de l’armée israélienne.

    Accusé d’homicide, Elor Azaria encourt une peine maximale de vingt ans de prison. Si la décision des juges était tant attendue, c’est parce que l’affaire a pris une tournure symbolique et politique sans précédent en Israël. Le quotidien Haaretz parlait mercredi matin d’un des procès les plus suivis dans l’histoire de l’armée israélienne.

    Nétanyahou a demandé la grâce du soldat israélien.

    « Nous avons une armée, qui est la base de notre existence. Les soldats de cette armée sont nos fils et nos filles ; nous devons rester au-delà de tout différent. (…) Je soutiens la grâce demandée pour Azaria. »

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  • Les menaces ont abondé sur les réseaux sociaux contre les trois juges militaires, le colonel Maya Heller, le lieutenant-colonel Yaron Sitbon et le lieutenant-colonel Carmel Wahabi, qui ont déclaré le sergent Elor Azaria coupable d’homicide volontaire mercredi.

    L’armée leur a affecté des gardes du corps pour les protéger contre de possibles représailles et la sécurité a même été renforcée autour du responsable de l’accusation, le lieutenant-colonel Nadav Weisman, ont rapporté les médias.

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  • Les localités arabes d’Israël observaient jeudi une grève générale pour protester contre la destruction la veille de maisons de Bédouins dans le désert du Néguev qui a donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre israéliennes, faisant deux morts.

    A l’origine de l’appel à la grève, le Haut comité arabe de surveillance, qui représente les communautés arabes d’Israël, a également déclaré trois jours de deuil en solidarité avec la famille de Yacoub Moussa Abou al-Qiyan, l’une des deux victimes. Des habitants du village de Umm al-Hiran, où les démolitions ont eu lieu, ont affirmé que des policiers israéliens avaient tiré sur ce Bédouin de 47 ans, qui roulait doucement au volant de sa voiture.
    Firas al-Omari, un responsable du Haut comité arabe de surveillance, indique que la grève est très suivie dans le Néguev (sud) où toutes les écoles et les commerces étaient fermés jeudi. Dans la ville arabe de Qalansuwa (nord), théâtre d’une grève la semaine dernière suite à la destruction de 11 maisons, la presque totalité des commerces, services et entreprises étaient aussi fermés jeudi à la mi-journée.

    A Nazareth, la plus importante ville arabe d’Israël, la grève était également très suivie, selon les médias israéliens. Une grande manifestation est en outre prévue samedi dans le nord d’Israël, a indiqué M. Omari. Selon les autorités israéliennes, les maisons de Bédouins détruites à Umm al-Hiran étaient dépourvues de permis.

    Le gouvernement a approuvé en 2013 la construction de deux localités à la place du village d’Umm al-Hiran, où vivent depuis des dizaines d’années les Bédouins,et la Cour suprême israélienne a approuvé l’évacuation de ses habitants. Selon Adalah, une ONG de défense des droits des Palestiniens, les nouvelles localités prévues sur le site seront réservées aux juifs.
    Les démolitions à Umm al-Hiran interviennent au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, forcé par la justice de démanteler la colonie juive d’Amona en Cisjordanie occupée, est confronté à une surenchère pratiquée sur sa droite.

    A bas la politique de colonisation israélienne et d’expulsion des Palestiniens !

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  • Le Parlement israélien a voté lundi une loi qui permettra à l’Etat de s’approprier des centaines d’hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée.

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