English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Afghanistan : la défaite de la coalition internationale impérialiste, ses (...)

Afghanistan : la défaite de la coalition internationale impérialiste, ses causes et ses conséquences

samedi 18 décembre 2010, par Robert Paris

Frappes aériennes, moyens militaires supplémentaires, redéploiements stratégiques tous les six mois ou presque, victoires tactiques. Rien n’y fait : l’insurrection talibane semble chaque jour plus insaisissable. Chaque jour, ces troupes battent des records en nombre, en sophistication des armes, en nombre de victimes civiles et militaires, en extension de la guerre et en quantité de leurs interventions et en totale inefficacité !!! C’est ce que reconnaissent maintenant en filigrane tous les rapports. Maints rapports font état de la prégnance de gouvernements-fantômes talibans dans plus de trois quarts des provinces afghanes. "L’OTAN est confrontée à une crise de crédibilité majeure alors que les dirigeants militaires alliés ont refusé d’envoyer des troupes supplémentaires pour aider les soldats surmenés, engagés dans les combats contre les insurgés talibans en Afghanistan", note The Guardian. "Les talibans sont en position de force, avec de plus en plus de succès sur le terrain. Ils tuent de plus en plus de soldats étrangers. Ils consolident leurs positions dans leurs bastions du Sud et du Sud-Est, et ils progressent près de Kaboul, et maintenant dans le Nord et l’Ouest. Ils ne manquent pas de combattants : ils n’étaient que quelques milliers en 2006, et sont maintenant environ 35 000 à 40 000, c’est impressionnant. Et ils ont toujours leurs sanctuaires au Pakistan. De plus, les talibans savent que les pays occidentaux songent à retirer leurs troupes. Pour toutes ces raisons, il est très improbable que des talibans changent de camp juste parce qu’on le leur propose." note "Le Monde".

Déjà, début 2009, l’amiral Michael Glenn « Mike » Mullen, chef d’état-major des armées des États-Unis, lors d’une conférence donnée le 10 décembre 2009 sur les derniers développements de la guerre en Afghanistan, avait déclaré que « 2009 aura été la troisième année d’une détérioration continue et significative de la sécurité en Afghanistan (…) et d’un niveau de violence supérieur de 60% par rapport à 2008. » L’avenir, selon Mike Mullen, ne semble guère plus réjouissant : « Au point où en sont les choses, nous ne sommes certainement pas en train de gagner. Et, face à l’insurrection, il n’y a pas le choix : ou vous êtes en train de l’emporter, ou vous êtes en train de perdre. (…) Il est urgent de renverser la situation aussi rapidement que possible ». Et d’insister sur la nécessité de conduire d’avantage d’opérations clandestine de contre-terrorisme : « Nous l’avons fait en Irak, il est important de le faire en Afghanistan. »

De 2005 à 2009, le nombre de soldats OTAN tués et de véhicules détruits, de surcroît par des EEI (engins explosifs improvisés) ne cesse d’augmenter. D’un peu plus de 30.000 hommes en armes, on est passé en dix ans à plus de 300.000 hommes en comptant les mercenaires soit un facteur dix sans que la guerre soit le moins du monde un succès...

Les forces internationales sont plus qu’enlisées : battues !!

Il leur reste à essayer de mettre un ... voile sur cette défaite.

Ils présentent la situation comme le produit d’une nouvelle politique de "dialogue" mais il n’y a jamais eu autant d’agressions militaires contre le peuple afghan et aussi le peuple pakistanais puisque la guerre s’y étend désormais.

Que des forces aussi imposantes soient ainsi battues, cela mérite analyse et explications.

Samir Amin écrit :

"L’Afghanistan se retrouvé dévasté par l’intervention militaire des Etats-Unis et de leurs alliés et agents, les islamistes en particulier. Il ne peut être reconstruit sous la direction de ces acteurs, un pouvoir s’entendant à peine sur une marionnette sans racines dans le pays, mue par la transnationale texane qui l’employait. Avec la prétendue « démocratie » au nom de laquelle Washington, l’OTAN et l’ONU organisèrent leur intervention, ce qui cherchait à justifier la présence, mieux dire, l’occupation du pays. C’est un grand mensonge depuis le principe et c’est devenu une farce grossière. Il n’existe plus qu’une solution au problème afghan : que toutes les forces étrangères abandonnent le pays et que tous les pouvoirs soient obligés de ne pas financer et armer ses « alliés » ! Aux belles âmes qui expriment leur crainte que le peuple afghan tolère la dictature des talibans (ou des chefs de guerre) on peut objecter que la présence étrangère a été et est encore aujourd’hui le meilleur soutien de cette dictature ! "

A genoux et bientôt à terre...

WSWS écrit :

De hauts représentants des États-Unis et de l’OTAN ont révélé plus tôt ce mois-ci qu’ils facilitaient les discussions entre les hauts dirigeants talibans et le gouvernement d’Hamid Karzaï, un régime soutenu depuis 9 ans par Washington et ses alliés alors qu’ils mènent une guerre contre insurrectionnelle en Afghanistan.

Sur la base d’informations fournies par l’administration Obama et l’appareil de sécurité nationale des Etats-Unis, le New York Times rapporta que les forces des États-Unis et de l’OTAN ont donné un sauf-conduit à des dirigeants talibans jusqu’à Kaboul, incluant le transport aérien d’un des dirigeants de l’insurrection.

Peu après, le général David Patraeus, le commandant américain de forces alliées en Afghanistan, et le secrétaire général de l’OTAN, Andres Fogh Rasmussen, ont publiquement expliqué le rôle qu’il avait joué pour permettre aux dirigeants talibans de joindre les pourparlers de paix.

À la demande de la Maison-Blanche, le Times retient les noms des représentants talibans impliqués dans les discussions, mais il est mentionné qu’au moins trois dirigeants du Quetta Shura et un dirigeant du Peshawar Shura seraient incluent.

Depuis 2008, le régime assiégé de Karzaï tente d’établir des discussions avec au moins certaines sections des talibans et une alliance de groupes contre l’occupation, utilisant l’Arabie saoudite comme intermédiaire. Le fait que Washington ait admis avoir participé à de telles négociations représente un tournant significatif et est une autre indication de la crise que confronte l’intervention des États-Unis et de l’OTAN en Afghanistan.

L’administration Obama a dramatiquement étendu la guerre en Afghanistan. Il a plus que triplé le nombre de soldats américains en Afghanistan à plus de 100.000, faisant passer le nombre total de soldats étrangers déployés à plus de 150.000, il a poussé le Pakistan à mener des opérations militaires majeures dans sa zone frontalière pachtoune.

Mais les forces des États-Unis de l’OTAN n’ont pas réussi battre ou même à ralentir l’insurrection. Le gouvernement corrompu et répressif de Karzaï est vilipendé par le peuple afghan en tant que régime colonial fantoche dépendant de la puissance de feu massive des États-Unis et de l’OTAN pour assurer le contrôle des principaux centres urbains d’Afghanistan. L’opinion populaire aux États-Unis, en Angleterre dans les autres principaux pays de l’OTAN a brusquement viré contre la guerre, et un nombre de pays, incluant les Pays-Bas et le Canada se sont retiré ou ont annoncé un prochain retrait de leurs troupes.

L’élite dirigeante américaine et les militaires sont déterminés à maintenir leur domination en Afghanistan peu importe l’étendu de la dévastation subit par la société afghane. Mais Washington appréhende de plus en plus que l’engagement massif de sa puissance géopolitique et militaire pour mener la guerre en Afghanistan affaiblisse les États-Unis face à d’autres problèmes, incluant la Chine et l’Iran. D’où l’intérêt de voir une entente se concrétiser avec des éléments talibans, dans lequel un rôle leur serait offert dans un régime afghan reconfiguré, mais toujours sous la coupe des États-Unis, en échange d’une renonciation à l’insurrection.

Bien entendu, ce nouveau stratagème mine complètement l’argument officiel ayant justifié la guerre au départ. L’invasion et l’occupation de l’Afghanistan a été vendu et justifié par l’ensemble de l’establishment américain pour la question vitale de la « guerre contre la terreur ». Ce n’est qu’en écrasant les talibans, comme ils nous l’ont raconté, que la sécurité du peuple américain pouvait être assurée.

Mais maintenant, afin de mieux service les intérêts des États-Unis en Asie centrale, des sections des talibans sont apparemment fréquentables. La secrétaire d’État américain, Hillary Clinton, a récemment déclaré à l’émission « Good Morning America » sur les ondes d’ABC, qu’elle n’écartait pas la possibilité que Washington et ses clients afghans n’en viennent à une entente avec ceux que la presse américaine et les politiciens ont dénoncés ad infinitum comme des fanatiques islamistes et des terroristes.

« Vous ne faites pas la paix avec vos amis », a dit Clinton. Elle ajouta que bien qu’elle croyait « peu probable que la direction des talibans qui avait refusé de livrer Ben Laden en 2001 se réconcilie » avec Washington, « on a vu des choses plus étranges dans l’histoire de la guerre ».

La vérité c’est que la « guerre contre la terreur » comme les allégations « d’armes de destruction massive » en Irak, était un prétexte, une ruse de propagande invoquée pour justifier la poursuite de l’agenda prédateur de l’impérialiste américain. La classe dirigeante des États-Unis a saisi les événements encore inexpliqués du 11 septembre 2001 pour opérer à Washington un changement de stratégie géopolitique et militaire planifiée depuis longtemps. Lancer la guerre en Afghanistan et en Irak avec dans le but de prendre dans un étau de fer et de sang le contrôle de la plus importante région exportatrice de pétrole et ainsi arrêter le glissement historique de la position mondiale du capitalisme américain.

En occupant l’Afghanistan, Washington cherchait à s’assurer une tête de pont en Asie centrale, qui contient la deuxième plus importante réserve exportable de pétrole au monde, juste derrière le Moyen-Orient. De plus, l’Afghanistan a des frontières communes avec la Chine et l’Iran et se trouve près de la Russie, trois pays dont les ambitions sont depuis longtemps considérées avec suspicion et hostilité par les États-Unis.

En favorisant les discussions avec les talibans et des groupes les soutenant, comme les miliciens dirigés par les Hekmatyars, Washington renoue avec de vieilles connaissances. Les dirigeants des talibans, tout aussi bien que ceux d’al-Qaïda, incluant Ben Laden, étaient les alliés des États-Unis, des « atouts » de la CIA dans la guerre que les moudjahidines, des fondamentalistes islamistes, livrèrent contre l’Union soviétique durant les années 1980.

Cette guerre, comme s’en enorgueillit Zbigniew Brzezinski, le conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, a été fomenté par les États-Unis à la fin des années 1970. Avec pour objectif d’amener les Soviétiques à envahir l’Afghanistan, les États-Unis instiguèrent l’opposition tribale et islamiste au gouvernement pro-soviétique de Kaboul, piégeant l’URSS en la forçant dans une guerre de guérilla comme les Américains l’avaient subie au Vietnam, et transformant ce pays d’Asie centrale en charnier de la Guerre froide.

Une décennie après le retrait des Soviétiques d’Afghanistan, Washington en vint à reconsidérer ses anciens alliés moudjahidines comme des obstacles à ses visées de domination sur l’Asie centrale et lança son projet colonialiste en Afghanistan.

Le second prétexte invoqué par les États-Unis et ses alliés pour justifier la guerre en Afghanistan — la démocratie — est lui aussi exposé pour être un mensonge. Le gouvernement Karzaï est un régime de seigneurs de guerre corrompus, plusieurs étant de fervents islamistes fondamentalistes. Comme les élections présidentielles de l’an dernier, les élections parlementaires de septembre dernier ont été minées par la fraude électorale et autres pratiques antidémocratiques, incluant l’exclusion arbitraire de candidats perçus pour être hostiles à Karzaï et ses alliés.

La révélation selon laquelle Kaboul serait impliqué dans des pourparlers des paix avec des dirigeants talibans laisse supposer un possible virage tactique de la part des États-Unis. Cependant, personne ne devrait se faire d’illusion quant aux objectifs brutaux des États-Unis. Les pourparlers sont vus en complémentarité à la « montée », une augmentation massive de la violence exercée par les forces d’occupation dirigées par les États-Unis.

Depuis que le général Petraus a pris le commandement des opérations afghanes en juillet dernier, le nombre d’attaques aériennes a triplé, atteignant 700 en septembre. Et il est rapporté que des unités spéciales d’escadrons de la mort mènent 10 missions par jour.

Comme pour en Irak, où Petraus développa une stratégie similaire, les militaires américains cherchent à détruire et à tuer le plus possible les groupes insurrectionnels tout en cherchant à diviser la résistance armée en offrant des avantages financiers à ceux prêts à accepter la domination américaine.

Dès le départ, il y a neuf ans ce mois-ci, la guerre afghane a été une entreprise criminelle. Que l’administration Obama ait massivement étendu cette guerre témoigne de son rôle fondamental, qui a été de pousser la politique réactionnaire de l’élite dirigeante américaine sur toute la ligne : militarisme, attaque contre les droits démocratiques en sol américain, le pillage de l’État afin de préserver la richesse de l’aristocratie financière, et l’offensive contre le niveau de vie et des droits de la classe ouvrière.

Deux semaines et demie après la publication de 92.000 documents par le site WikiLeaks, une chape de plomb a été placée par la presse européenne sur les détails des documents révélant l’occupation brutale de l’Afghanistan par l’OTAN.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel (bénéficiaire avec le Guardian et le New York Times d’un accès privilégié aux documents de WikiLeaks) avait fait figurer au premier plan les dossiers classifiés en exposant en particulier la collaboration des troupes d’élite allemandes avec les escadrons militaires visant des insurgés présumés pour des assassinats ciblés.

Dans sa dernière édition cependant, Der Spiegel avait en grande partie laissé tomber cette question en ne se référant qu’une seule fois à WikiLeaks dans un article de deux paragraphes et traitant des efforts des Etats-Unis pour améliorer leurs relations avec le Pakistan.

Le silence absolu ou presque de Der Spiegel est sans aucun doute lié à une offensive lancée par le gouvernement allemand pour mettre en question le matériel de WikiLeaks. La semaine passée, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, avait pris la parole en public pour approuver la collaboration de l’armée allemande dans les assassinats ciblés et pour affirmer que de tels assassinats étaient juridiquement validés.

Nombre d’autres organes de presse en Allemagne et partout en Europe ont choisi de minimiser la portée des documents de WikiLeaks. La suppression d’articles traitant de ces documents fait suite à une série d’articles tant dans les journaux de droite que dans les journaux libéraux qui se faisaient l’écho de la presse américaine. Dans ces articles, l’importance des documents étaient minimisées par l’affirmation qu’ils ne contenaient pas grand-chose de nouveau en fait d’information. Dans le même temps, certains articles s’en prenaient à la crédibilité de l’éditeur et fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.

A présent, des politiciens de tous bords se réfèrent aux critiques des médias contre WikiLeaks. Ils profitent de la suppression totale de ses divulgations sur les atrocités commises par les forces OTAN-USA pour renforcer leur engagement à la guerre en Afghanistan et au Pakistan. La condition qu’ils mettent à cet engagement est toutefois que les gouvernements européens aient leur mot à dire dans la conduite des opérations militaires.

Un document récemment divulgué par WikiLeaks et qui n’a littéralement pas été couvert dans la presse européenne est le rapport de la CIA intitulé « Pourquoi compter sur l’apathie pourrait ne pas être suffisant. » Ce rapport avait été rédigé dans le but défini de « renforcer le soutien en Europe de l’Ouest à la guerre en Afghanistan. »

Ce document, daté du 11 mars de cette année, reconnaît qu’une vaste majorité de gens en France et en Allemagne (80 pour cent dans les deux pays) est opposée à toute intensification de la guerre. Il met en garde que « si certaines des prévisions d’un été sanglant en Afghanistan se confirmaient, l’hostilité passive en France et en Allemagne contre la présence de leurs troupes en Afghanistan pourrait se transformer en une hostilité active et politiquement efficace. »

Remarquant que le facteur principal dans la chute du gouvernement néerlandais au début de l’année avait été la répudiation de sa promesse de retrait des troupes néerlandaises d’Afghanistan, le rapport de la CIA suggère que les autres gouvernements européens, notamment la France et l’Allemagne, pourraient subir le même sort en « ne voulant pas payer le prix politique d’une augmentation du contingent ou d’une extension des déploiements. »

Comme antidote, le rapport recommande une « communication offensive. » Dans le cas de la France, la CIA conseille de mettre l’accent sur le fait que « les Talibans renversent les progrès durement acquis en matière d’éducation des jeunes filles. » Pour contrecarrer « le pessimisme allemand » à l’égard de la mission de l’OTAN, le rapport suggère que « des messages dépeignant comment une défaite en Afghanistan pourrait exposer plus fortement l’Allemagne au terrorisme, au trafic de l’opium et aux réfugiés pourraient rendre la guerre plus acceptable aux sceptiques. »

Après la divulgation par WikiLeaks, des sections de la presse européenne ont justement initié une telle « communication offensive. » En écrivant dans Die Welt le 29 juillet, le correspondant politique en chef de ce journal, Ansgar Graw, a reconnu la « note pessimiste » des documents de WikiLeaks. Mais, a-t-il commenté en mettant en avant l’argument que tout retrait des forces militaires ne servirait qu’à « accroître la détermination à lutter des extrémistes et des terroristes. »

Un retrait des troupes serait « un coup porté non seulement contre le président et les Etats-Unis mais contre l’Occident en général, » a écrit Graw. Au lieu de cela, ce qui est nécessaire a-t-il poursuivi, « c’est une dernière manifestation de force de la part de tous les Etats membres de l’OTAN participant à la FIAS [Force internationale d’assistance à la sécurité, ISAF] » et basée sur « un renforcement militaire et financier de l’engagement allant jusqu’en 2015 et au-delà. »

Graw a de plus plaidé en faveur d’une nouvelle stratégie destinée à établir de nouveaux centres de pouvoir dans les provinces, basés sur des concessions faites aux dirigeants talibans. Cette stratégie qui est de plus en plus favorisée par les gouvernements de Paris et de Berlin affaiblirait l’autorité exercée par le commandement militaire américain sur les forces européennes.

Après un bain de sang de presque neuf années et des dizaines de milliers de morts afghans, il est clair que la « dernière manifestation de force » préconisée par Graw, en plus des « assassinats ciblés » acceptés par le ministre allemand des Affaires étrangères, signifient une considérable intensification de la mort et de la destruction en Afghanistan.

En France, le « journal de référence » Le Monde a publié mardi un article soulignant les critiques formulées contre les documents de WikiLeaks par un nombre d’organisations des droits de l’Homme dont Amnesty International. En répétant la ligne du Pentagone, ces organisations affirment que le matériel de WikiLeaks met en danger les informateurs et les collaborateurs des forces d’occupation.

La seule voix significative contre le déploiement français est celle de l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès qui a déclaré au Monde que l’opinion publique sait à présent que l’opération de l’OTAN en Afghanistan n’est pas « une guerre contre le terrorisme. » En citant l’ancien président Charles de Gaulle, Quilès a souligné le besoin d’une politique étrangère française indépendante.

Dans ses propres éditoriaux, Le Monde explique qu’il n’y a pas d’alternative à l’opération de l’OTAN en Afghanistan tout en pressant les députés de mieux justifier la guerre.

Ceux qui sont derrière le site WikiLeaks avaient sans aucun doute espéré que la divulgation des crimes de guerre OTAN-USA en Afghanistan déclencherait un débat public honnête et ouvert à tous en renforçant entre autres les forces plaidant en faveur d’une fin de la guerre et de l’occupation OTAN-USA.

Finalement, le manque de toute opposition véritablement démocratique aux crimes de guerre impérialistes dans la presse traditionnelle des deux côtés de l’Atlantique a créé des conditions où les défenseurs les plus virulents de la guerre Afpak sont en mesure de monter leur propre offensive pour une nouvelle escalade tout en menant une campagne pour la fermeture du site WikiLeaks.

Le refus de l’ensemble de la presse de l’establishment de défendre WikiLeaks est reflété par une multitude d’organisations ex-radicales qui ont minimisé la révélation des atrocités OTAN-USA en refusant d’organiser une opposition à la guerre en Afghanistan.

Au cours de ces deux dernières semaines, les sites internet tant du Nouveau Parti anticapitaliste en France que du parti La Gauche en Allemagne n’ont publié ni articles sur les divulgations de WikiLeaks ni déclarations pour la défense du site contre la répression d’Etat.

Il existe un sentiment anti-guerre grandissant et général aux Etats-Unis et en Europe mais il ne peut trouver une expression que sur la base d’une mobilisation indépendante de la classe ouvrière contre le militarisme et la guerre. Cette mobilisation doit s’appuyer sur un programme socialiste et internationaliste pour le renversement du système capitaliste de profit, source de la guerre impérialiste.

4 Messages de forum

  • Après douze ans de guerre aux talibans et à al-Qaida, le rétablissement de la lapidation est un signe de plus de l’échec de Karzaï et de l’Occident.

    Si, avant la fin décembre, le président Hamid Karzaï n’a pas signé l’accord de sécurité à long terme que lui propose Barack Obama, les 75 000 derniers soldats, pour l’essentiel américains, qui tentent de maintenir un semblant de sécurité en Afghanistan repartiront avec armes et bagages. Sans laisser derrière eux, outre 4 milliards de dollars de dotation annuelle, les 15 000 militaires étrangers prévus par l’accord afin d’aider l’armée afghane à lutter contre les terroristes et surtout à continuer la formation et l’entraînement des soldats locaux.

    Or, après en avoir accepté le principe, Hamid Karzaï, président finissant puisque son mandat s’achève en avril, avance maintenant des conditions à sa signature : notamment la libération des 17 derniers prisonniers de Guantánamo et l’engagement par les soldats étrangers de ne plus perquisitionner dans les maisons afghanes "sans y avoir été invités".

    En réalité, le président que les Américains avaient choisi il y a douze ans presque jour pour jour à la conférence de Petersberg, et dont ils ont réussi à imposer la candidature et la réélection, termine son dernier mandat en confirmant que c’était un choix exécrable que de le distinguer parmi ses pairs. Tant il se sera révélé presque aussi corrompu que son frère Ahmed, trafiquant de drogue notoire, assassiné à Kandahar en 2011. Et d’une faiblesse insigne qu’il a longtemps fait passer pour de la ruse ou de la manipulation. En fait, Karzaï, en dépit du soutien constant que lui a prodigué la Maison-Blanche, n’aura jamais cherché à faire évoluer son pays, ni à lui faire abandonner ses démons qui en font toujours l’un des principaux fournisseurs de narco-trafiquants.

    Répondre à ce message

  • La guerre impérialiste n’a rien réglé en Afghanistan, le terrorisme y fleurit mieux que jamais !!!

    Au moins 80 morts et 300 blessés dans le dernier attentat qui a secoué tôt aujourd’hui le quartier diplomatique de Kaboul, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

    Répondre à ce message

  • 2 400 américains morts, 20 000 américains blessés, 840 milliards de dollars dépensés par les USA : voilà le lourd bilan américain en Afghanistan rapporté par les USA...

    Mais quel est le bilan afghan et mondial ?!!!

    Et les USA annoncent maintenant qu’ils se réengagent dans la guerre en Afghanistan !!!

    Répondre à ce message

  • C’est un revirement spectaculaire de la part de Donald Trump : le président des Etats-Unis, qui avait promis de cesser d’être le gendarme du monde et de recentrer ses efforts sur l’Amérique (« America first » était l’un de ses slogans) a annoncé, lundi 21 août, un renfort militaire américain en Afghanistan. La guerre contre les talibans, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, est devenue le conflit le plus long dans lequel les Etats-Unis se soient engagés depuis leur indépendance.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0