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La révolution sociale en Angleterre doit-elle renverser la royauté

jeudi 28 avril 2011, par Robert Paris

La monarchie passe pour une vieille tradition britannique, contrairement à la France qui aurait une vieille tradition républicaine. Tout cela n’est que mensonges. Le premier pays à renverser la royauté et instaurer la république fut l’Angleterre. Il connut non pas une mais plusieurs vagues révolutionnaires avant que la France connaisse sa propre révolution et renverse la royauté. Le régime parlementaire a été instauré aussi bien avant en Angleterre qu’en France et de même pour le règne de la bourgeoisie face à la noblesse. Donc l’Histoire ne dit nullement ce qu’on lui fait dire. C’est parce que la bourgeoisie préférait gouverner conjointement avec la noblesse et la royauté qu’elle a choisi le système actuel et pas du fait des choix du peuple anglais qui, lui, combattait la royauté.

Historiquement, le discours dominant est mensonger. la royauté est ancienne en Angleterre mais pas plus qu’ailleurs. Et le renversement des rois et leur condamnation à mort est plus ancienne qu’ailleurs.

Mais ce n’est pas le seul point. ce qui est certain, c’est que l’ensemble des classes dirigeantes, y compris la gauche, y compris les syndicats ont choisi durant de longues années de cautionner le caractère réactionnaire du régime bourgeois en Angleterre dont un des éléments et non le seul était la royauté.

Aujourd’hui, l’opinion populaire n’est pas forcément prête à continuer de payer, à prix d’or, une famille régnante qui n’a pas nécessairement sa sympathie. Les idées changent sur cette question et les travailleurs et les jeunes ne voient plus le pouvoir de la même manière qu’auparavant.

les masses populaires de Grande Bretagne subissent durement la crise et les classes dirigeantes, elles, ont un soutien total des gouvernements de droite comme de gauche... Dans ces conditions, l’ordre social et politique a moins la côte. On a vu même les étudiants prêts à conspuer un gouvernement de droite et même à pénétrer dans le palais royal pour dénoncer l’impossibilité pour eux de poursuivre leurs études...

Bien entendu, la révolte sociale ne vise pas uniquement ni principalement une royauté corrompue, vivant dans le fric jusqu’au cou, dont l’argent public... Mais le mariage royal ne fait que souligner les masses de milliards de ces gens-là. l’Etat a tout l’argent qu’on veut pour ces milliardaires et rien pour les travailleurs et les masses populaires. Tous les travailleurs anglais l’ont remarqué même si la presse continue de faire croire que la royauté est très populaire...

Une propagande habile présente la royauté comme très bon marché mais qu’en est-il en réalité ?

Hors coût de sécurité, la reine d’Angleterre a reçu environ 46 millions d’euros (40,6 millions de livres sterling) de la part du gouvernement en 2010. Tout d’abord, 7,9 millions de livres sterling lui sont attribués tous les ans depuis 1990 pour couvrir les frais liés à ses fonctions officielles, et à celles de ses enfants (hormis Charles, indépendant financièrement). Elle touche également 3,9 millions de "coûts de gestion et de personnels" pour le bon fonctionnement des domaines de la couronne, qui ont en fait été nationalisés, et surtout environ 19 millions d’aides destinées à ses transports et à la maintenance de ses châteaux et palais. Et n’oublions pas qu’elle est aussi reine du Canada…

Le sommaire des comptes publié lundi par le palais de Buckingham indique que le coût de la monarchie a atteint l’équivalent de 58 millions de dollars canadiens (43 millions d’euros) en 2009 en Grande-Bretagne (soit 0,94 dollar par contribuable). Selon la Ligue monarchique du Canada, Elisabeth II a coûté 50 millions de dollars (37 millions d’euros) à la fédération canadienne, soit 1,53 dollar par citoyen imposable. Et de constater que le coût de la royauté anglaise a doublé en dix ans outre-Atlantique, alors qu’il a diminué au Royaume-Uni, où, de surcroît, Elisabeth II paye ses impôts depuis 1992. De quoi donner du grain à moudre aux pro-républicains, même si Robert Finch, président de la Ligue monarchiste du Canada, défend les bienfaits d’une monarchie parlementaire : "Pour le prix d’une tasse de café par jour, les Canadiens ont droit à un système de gouvernement très stable", soutient-il. Si le Premier ministre Stephen Harper devra répondre devant le Parlement fédéral du coût record des sommets du G8 et G20, les Canadiens anglophones ne semblent pas s’intéresser au débat royal. Selon un sondage publié mardi, seuls 33% dénoncent le coût de la royauté. Ils sont en revanche 78 % au Québec. Mais, comme le résume un éditorialiste du quotidien La Presse , mardi, "le débat ne consiste donc plus vraiment à savoir s’il faut, oui ou non, abandonner la monarchie. Le vrai débat porte plutôt sur le comment. Par quoi remplacer la monarchie ?"

Outre le Royaume-Uni, elle est reine du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de la Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des îles Salomon, des Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-Grenadines, d’Antigua-et-Barbuda, du Belize et de Saint-Christophe-et-Niévès, où elle est représentée par des gouverneurs généraux. Les seize pays dont elle est la reine sont désignés sous le nom de royaumes du Commonwealth, et leur population totale est de 130 millions de ressortissants. Élisabeth II est aussi chef du Commonwealth des nations, chef (Lord High Admiral) de l’Amirauté britannique, gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, seigneur de Man, duc de Normandie[2] (régnant sur les îles Anglo-Normandes) et le chef suprême des Fidji. En tant que chef de l’État, elle est aussi le Commandant en chef des armées dans chacun de ses royaumes.

Et tout cela rapporte de l’argent…

1649 : la révolution

Guizot : la révolution anglaise

La révolution populaire dans la révolution anglaise

La première révolution anglaise

La deuxième révolution anglaise

La troisième révolution anglaise

Révolutions d’Ecosse

Deux traditions : La Révolution du XVIIe siècle et le chartisme

Le rédacteur du Daily Herald doutait récemment qu’il soit permis de qualifier Olivier Cromwell de " pionnier du mouvement ouvrier ". Un des collaborateurs du même journal, opinant dans le même sens, rappelait l’implacable répression du mouvement des Levellers - la secte des Niveleurs (communistes) - par Cromwell. Ces réflexions et ces renseignements sont extrêmement caractéristiques quant à la conception de l’histoire qui est celle des dirigeants du Labour Party. Qu’Olivier Cromwell ait été le premier de la société bourgeoise et non de la société socialiste, voilà semble-t-il un fait à la démonstration duquel il serait superflu de consacrer deux mots. Ce grand bourgeois révolutionnaire fut un adversaire du suffrage universel, où il voyait un danger pour la propriété privée. MM. Webb déduisent d’ici, soit dit en passant, l’incompatibilité de la démocratie et du capitalisme, oubliant sciemment que le capitalisme a appris à s’accommoder au mieux de la démocratie et à manier l’instrument du suffrage universel tout aussi bien que celui de la Bourse [1]. Les ouvriers anglais peuvent néanmoins apprendre beaucoup plus chez Cromwell que chez Macdonald, Snowden, Webb et toute la confrérie conciliatrice. Cromwell fut en son temps un grand révolutionnaire et sut défendre, sans s’arrêter devant rien, les intérêts de la nouvelle société bourgeoise contre l’ancienne société aristocratique. C’est ce qu’il faut apprendre chez lui ; le lion mort du XVIIe siècle vaut à cet égard beaucoup mieux que quantité de chiens vivants.

A la suite de tous les auteurs vivants - ce ne sont pas des lions - des éditoriaux du Manchester Guardian et d’autres organes libéraux, les leaders du parti ouvrier opposent habituellement la démocratie à tous les gouvernements despotiques, qu’il s’agisse de la dictature de Lénine ou de celle de Mussolini. La stupidité des vues historiques de ces messieurs ne s’exprime en rien mieux qu’en cette juxtaposition. Non que nous soyons enclins à nier après coup la dictature de Lénine, dont le pouvoir fut exceptionnel si l’on en envisage son influence réelle sur tout le cours des choses dans un immense État. Mais est-il permis de parler d’une dictature en faisant omission de son contenu historico-social ? L’histoire a connu la dictature de Cromwell, celle de Robespierre, celle d’Araktchéieff, celle de Napoléon Ier, celle de Mussolini. Il n’y a pas lieu de discuter avec l’imbécile qui met sur le même plan un Robespierre et un Araktchéieff. Des classes différentes se sont trouvées, dans des conditions différentes, obligées, à des fins différentes, de confier, dans les périodes de leur histoire les plus difficiles impliquant le plus de responsabilité, une force et un pouvoir exceptionnels à ceux d’entre leurs chefs qui s’inspiraient le plus complètement et le plus manifestement de leurs intérêts fondamentaux. Quand il s’agit de la dictature, il importe avant tout d’élucider quels intérêts, les intérêts de quelle classe y trouvent leur expression historique. Olivier Cromwell à une époque, Robespierre à une autre, exprimèrent les tendances progressistes historiques du développement de la société bourgeoise. William Pitt, qui fut aussi très proche de la dictature personnelle, défendit les intérêts de la monarchie, des classes privilégiées, des sommets de la bourgeoisie, contre la Révolution de la petite bourgeoisie, exprimée par la dictature de Robespierre. Les cuistres libéraux se disent habituellement adversaires de la dictature de droite comme de la dictature de gauche, sans manquer toutefois une occasion de soutenir, dans la pratique, la dictature de droite. Pour nous, par contre, la question se résout ainsi : une dictature pousse la société de l’avant, une autre la tire en arrière. La dictature de Mussolini est celle de la bourgeoisie italienne prématurément pourrie, impuissante, rongée jusqu’à la moelle des os ; elle porte la marque des accidents tertiaires du mal mortel. La dictature de Lénine exprime la puissante montée d’une nouvelle classe historique et son duel surhumain avec toutes les forces de la vieille société. S’il faut comparer Lénine à quelqu’un, ce n’est pas à Bonaparte, c’est d’autant moins à Mussolini, c’est à Cromwell et à Robespierre. On est assez en droit de voir en Lénine le Cromwell prolétarien du XXe siècle. Cette définition sera l’apologie la plus haute du Cromwell petit-bourgeois du XVIIe siècle.

La bourgeoisie française, ayant falsifié la Grande Révolution, l’a adoptée, monnayée en billon et mise en circulation. La bourgeoisie anglaise a effacé jusqu’au souvenir de la Révolution du XVIIe siècle, ayant dissous tout son passé dans l’idée de " gradation ". Les ouvriers avancés d’Angleterre ont à découvrir la Révolution britannique et, en elle, sous les écailles de la religiosité, la lutte formidable des forces sociales. Le prolétariat anglais peut trouver, dans le drame du XVIIe siècle, de grands précédents d’action révolutionnaire. Tradition nationale aussi, mais tout à fait légitime, tout à fait à sa place dans l’arsenal de la classe ouvrière. Une autre grande tradition nationale du mouvement prolétarien anglais est dans le chartisme. La connaissance de ces deux époques est indispensable à tout ouvrier anglais conscient. Elucider le sens historique de la Révolution du XVIIe siècle et le contenu révolutionnaire du chartisme est un des devoirs les plus importants des marxistes anglais.

Étudier l’époque révolutionnaire du développement de l’Angleterre, époque qui dura à peu près de la convocation forcée du Parlement par Charles Stuart jusqu’à la mort d’Olivier Cromwell, est, avant tout, nécessaire pour comprendre la place du parlementarisme et, en général, du droit dans l’histoire vivante et non imaginaire. Le grand historien national Macaulay diminue le drame social du XVIIe siècle en voilant la lutte intestine des forces sociales sous des lieux communs souvent intéressés, mais toujours conservateurs. Le conservateur français Guizot [2] aborde les événements avec plus de profondeur. Quoi qu’il en soit, quelque exposé que l’on prenne, l’homme qui, sait lire, capable d’apercevoir, sous les ombres historiques, les réalités vivantes, physiques, les classes, les fractions, se convaincra par l’expérience de la Révolution anglaise, du rôle subalterne, auxiliaire et conventionnel du droit dans la mécanique des luttes sociales, surtout aux époques révolutionnaires, lorsque les intérêts fondamentaux des classes fondamentales de la société sont en jeu.

Nous voyons en Angleterre, vers 1630-1640, un Parlement fondé sur le droit électoral le plus singulier et pourtant considéré comme la représentation du peuple.

La Chambre basse représentait la nation en représentant la bourgeoisie et par conséquent les richesses nationales. Il fut établi sous le règne de Charles Ier, non sans stupéfaction, que la Chambre des députés était trois fois plus riche que celle des lords. Le roi dissolvait ce Parlement et le convoquait à nouveau quand ses besoins financiers l’y obligeaient. Le Parlement crée pour se défendre une armée. L’armée concentre, peu à peu, en elle, tous les éléments les plus actifs, les plus virils, les plus résolus. C’est justement la raison pour laquelle le Parlement capitule devant l’armée. La raison, disons-nous. Nous entendons par là que le Parlement capitule non devant une force armée - il n’avait pas capitulé devant l’armée du roi - mais devant l’armée puritaine de Cromwell, qui exprime plus hardiment, plus résolument et avec plus d’esprit de suite que le Parlement même les besoins de la Révolution.

Les partisans de l’Église épiscopale ou anglicane, à demi catholique, formaient le parti de la Cour, de la noblesse et, naturellement, du haut clergé. Les presbytériens formaient le parti de la bourgeoisie, le parti de la richesse et des " lumières ". Les " indépendants " et surtout les puritains étaient le parti de la petite bourgeoisie et de la petite propriété. Les Levellers (niveleurs) étaient le parti naissant de la gauche de la bourgeoisie ou plèbe. Sous les apparences des querelles d’Églises, sous la forme de la lutte pour l’organisation religieuse de l’Église, les classes se déterminaient et se regroupaient sur de nouvelles bases bourgeoises. En politique, le parti presbytérien était pour une monarchie limitée ; les " indépendants ", qui s’appelaient alors " réformateurs radicaux " (Root and Branch Men) étaient pour la République. La dualité des presbytériens correspondait parfaitement aux intérêts contradictoires de la bourgeoisie, prise entre la noblesse et la plèbe. Le parti des " indépendants ", qui osait pousser les idées et les mots d’ordre jusque dans leurs ultimes développements, élimina naturellement les presbytériens parmi les masses petites bourgeoises réveillées de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes, facteur principal de la Révolution.

Les événements se développaient empiriquement. Luttant pour le pouvoir et pour des intérêts de possédants, les deux adversaires se mettaient sous le couvert de la légalité. Guizot l’expose très bien :

" Alors commença, entre le Parlement et lui (Charles Ier), une lutte jusque là sans exemple en Europe. Les négociations continuèrent, mais sans que l’un ni l’autre parti en espérât rien, ou se proposât même de traiter. Ce n’était plus l’un à l’autre qu’ils s’adressaient dans leurs déclarations et leurs messages, tous deux parlaient à la nation entière, à l’opinion publique : de cette puissance nouvelle, tous deux semblaient attendre leur force et leur succès, L’origine et l’étendue du pouvoir royal, les privilèges des Chambres, les limites du devoir de fidélité imposé aux sujets, la milice, les pétitions, la disposition des emplois devint l’objet d’une controverse officielle, où les principes généraux de l’ordre social, la diverse nature des gouvernements, les droits primitifs de la liberté, l’histoire, les lois, les coutumes de l’Angleterre, étaient allégués, expliqués, commentés tour à tour. Entre les débats des deux partis au sein des Chambres et leur rencontre à main armée sur les champs de bataille, on ,vit le raisonnement et la science s’interposer, pour ainsi dire, durant plusieurs mois, suspendre le cours des événements, et déployer leurs plus habiles efforts pour conquérir la libre adhésion des peuples, en imprimant à l’une ou à l’autre cause le caractère de la légitimité.

" Au moment de tirer l’épée tous s’étonnèrent et s’émurent… Maintenant, les deux partis s’accusaient réciproquement d’illégalité et d’innovation, et tous deux avec justice, car l’un avait violé les anciens droits du pays, et n’abjurait point les maximes de la tyrannie, l’autre réclamait, en vertu de principes encore confus, des libertés et un pouvoir jusque là inconnus. " [3]

Au fur et à mesure que se déroulait la guerre civile, les royalistes les plus actifs quittaient la Chambre des Communes de Westminster et la Chambre des Lords et se rendaient à York, au quartier général de Charles : le Parlement se scindait, comme à toutes les grandes époques révolutionnaires. En pareil cas, le fait que la majorité légale soit, dans une circonstance où dans une autre, du côté de la Révolution ou du côté de la réaction, n’est pas décisif.

A un certain moment de l’histoire politique, le sort de la démocratie dépendit non du Parlement - aussi terrible que ce soit pour les pacifistes scrofuleux, - mais de la cavalerie. Dans la première phase de la lutte, la cavalerie royale, l’arme la plus importante à l’époque, porta la terreur dans les rangs de la cavalerie du Parlement. Fait digne de remarque, nous observons le même phénomène dans les Révolutions ultérieures et surtout dans la guerre civile des États-Unis d’Amérique, où la cavalerie sudiste eut, au début, une indéniable supériorité sur la cavalerie nordiste, et enfin, dans notre Révolution, dans la première période de laquelle les cavaliers blancs nous portèrent des coups cruels avant d’apprendre aux ouvriers à bien se tenir en selle. De par son origine, la cavalerie est l’arme la plus familière à la noblesse. La cavalerie royale avait une cohésion beaucoup plus grande et faisait preuve de plus de résolution que la cavalerie du Parlement, recrutée au petit bonheur. La cavalerie des sudistes américains était, peut- ou dire, l’arme née des planteurs des plaines, alors qu’on ne faisait, dans le Nord industriel et commerçant que de se familiariser avec le cheval. Enfin, chez nous, les steppes du sud-est, les Vendées cosaques, étaient le foyer principal de la cavalerie blanche. Cromwell comprit de bonne heure, que le sort de sa classe serait décidé par la cavalerie. Il disait à Camden [4] : " Je réunirai des hommes que la crainte de Dieu n’abandonnera jamais, qui n’agiront pas inconsciemment, et je réponds qu’on ne les battra pas. " [5]. Les paroles adressées par Cromwell aux paysans libres et aux artisans qu’il recrutait sont au plus haut point caractéristiques : " Je ne veux pas vous tromper à l’aide des expressions équivoques employées dans les instructions, où il est question de combattre pour le Roi et pour le Parlement. S’il arrivait au Roi de se trouver dans les rangs de l’ennemi, je déchargerais mon pistolet sur lui comme sur n’importe qui ; et si votre conscience vous empêche d’en faire autant, je vous conseille de ne pas vous enrôler sous mes ordres, " [ Ibid., p, 216-217.] Cromwell ne faisait donc pas que former une armée, il formait un parti ; son armée était, dans une certaine mesure, un parti en armes, et c’est justement ce qui fit sa force. En 1644, les escadrons " sacrés " de Cromwell remportaient déjà une brillante victoire sur les cavaliers du roi et recevaient le surnom de " côtes-de-fer ". Il est toujours utile à une Révolution d’avoir des " côtes-de-fer ". A cet égard, les ouvriers anglais ont beaucoup à apprendre chez Cromwell.

Les réflexions de l’historien Macauley sur l’armée puritaine ne sont pas dépourvues d’intérêt : " L’armée recrutée de cette façon, pouvait, sans en subir elle-même de préjudice, jouir de libertés qui, consenties à d’autres troupes, eussent exercé sur la discipline une influence destructrice. De façon générale, des soldats qui se fussent formés en clubs politiques, qui eussent élu des députés et adopté des résolutions sur les questions les plus importantes pour l’État, se fussent promptement soustraits à tout contrôle, cessant de constituer une armée pour devenir la pire et la plus dangereuse des cohues. Il ne serait pas sans danger, à notre époque, de tolérer dans un régiment des réunions religieuses, où le caporal familier avec les Écritures instruirait le colonel moins doué et admonesterait le major de peu de foi. Mais tels étaient la raison, le sérieux et la maîtrise d’eux-mêmes de ces combattants…, que l’organisation politique et l’organisation religieuse pouvaient exister dans leur camp sans nuire à l’organisation militaire. Les mêmes hommes, connus en dehors du service comme des démagogues [6] et des prédicateurs champêtres, se distinguaient par leur fermeté, par leur esprit d’ordre et par leur obéissance absolue au poste, à l’exercice et sur le champ de bataille. " Et plus loin : " Dans son seul camp, la discipline la plus sévère voisinait avec l’enthousiasme le plus ardent, ces troupes, qui allaient au combat avec une précision mécanique, brûlaient en même temps du fanatisme sans frein des croisés. " [7]

Les analogies historiques exigent la plus grande prudence, surtout quand il s’agit du XVIIe et du XXe siècles ; on ne peut pourtant pas n’être pas étonné de certains traits de ressemblance frappante entre les mœurs et le caractère de l’armée de Cromwell et de l’Armée Rouge. Tout était, il est vrai, fondé dans la première, sur la croyance à la prédestination et sur une sévère moralité religieuse ; chez nous, par contre, règne un athéisme militant. Mais la forme religieuse du puritanisme recouvrait la prédication de la mission historique d’une classe nouvelle, et la doctrine de la prédestination était une conception religieuse de la légitimité historique. Les soldats de Cromwell se sentaient, en premier lieu, des puritains, et des soldats rien qu’en second lieu, de même que les nôtres se sentent avant tout des révolutionnaires et des communistes. Mais les différences sont encore plus grandes que les ressemblances. L’Armée Rouge, formée par le parti du prolétariat, reste son arme. L’armée de Cromwell, embrassant son parti, devint elle-même le facteur décisif. Nous voyons l’armée puritaine commencer à s’adapter le Parlement en l’adaptant à la Révolution. L’armée exige l’exclusion du Parlement de 11 presbytériens, représentants de la droite. Les presbytériens, girondins de la Révolution anglaise, tentent d’organiser un soulèvement contre le Parlement. Le Parlement amputé cherche un refuge dans l’armée et se soumet ainsi à elle de plus en plus. Sous la pression de l’armée, et surtout de sa gauche la plus énergique, Cromwell est contraint d’exécuter Charles Ier, La hache de la Révolution est bizarrement secondée par les psaumes. Mais la hache est plus convaincante. Puis le colonel Pride, de l’armée de Cromwell, fait cerner l’édifice du Parlement et en chasse par la force 81 députés presbytériens. Il ne reste du Parlement qu’un croupion. Il est formé des " Indépendants ", c’est-à-dire des coreligionnaires de Cromwell et, de son armée. Mais c’est justement pourquoi le Parlement, qui a soutenu contre la monarchie une lutte grandiose, cesse, au moment de la victoire, d’être la source d’aucune énergie et d’aucune pensée propres. Cromwell, appuyé directement sur l’armée, mais puisant tout compte fait, ses forces dans l’accomplissement hardi des tâches de la Révolution, devient le point de concentration de toute pensée et de toute énergie. Un imbécile, un ignorant ou un Fabien peuvent seuls ne voir en Cromwell que la dictature personnelle. A la vérité, la dictature d’une classe, de la seule qui fût capable de libérer le noyau de la nation des vieux liens et des vieilles chaînes, revêtait ici, au cours d’une profonde transformation sociale, la forme d’une dictature personnelle. La crise sociale de l’Angleterre au XVIIe siècle unit les caractères de la Réforme allemande du XVIe siècle [8] à ceux de la Révolution française du XVIIIe. En Cromwell, Luther tend la main à Robespierre. Les puritains appelaient volontiers leurs ennemis " philistins ", mais il ne s’agissait pas moins de lutte de classe. La tâche de Cromwell était de porter le coup le plus terrible à la monarchie absolue, à la noblesse de Cour et à l’Église à demi catholique, adaptée aux besoins de la monarchie et de la noblesse. Représentant véritable d’une classe nouvelle, Cromwell avait besoin, à cette fin, de la force et de la passion des masses populaires. La Révolution acquit, sous sa direction, toute l’impétuosité qui lui était nécessaire. Pour autant qu’elle sortit, incarnée par les Levellers (niveleurs), des limites assignées par les besoins de la société bourgeoise, en voie de rénovation, Cromwell se montra implacable envers ces " insensés ". Vainqueur, Cromwell, conjuguant les textes bibliques avec les piques de ses " saints " guerriers, - le mot décisif appartient toujours aux piques - entreprit de créer le droit nouveau de l’État. Le 19 avril 1653, Cromwell dispersa les restes du Long Parlement. Conscient de sa mission historique, le dictateur puritain jeta à la face des députés qu’il chassait, les flétrissures bibliques : " Ivrogne ! " criait-il à l’un ; " Adultère ! " rappelait-il à un antre. Puis il créa un parlement d’hommes inspirés par la crainte de Dieu, c’est-à-dire, en réalité, un parlement de classe : car la classe moyenne, celle qui, s’aidant d’une, sévère moralité, procédait à l’accumulation des richesses et commençait, les textes de l’écriture sainte sur les lèvres, le pillage de l’univers, était composée d’hommes craignant Dieu. Mais ce parlement maladroit gênait le dictateur, en le privant d’une liberté de mouvement nécessaire dans une situation intérieure et internationale difficile. A la fin de l’année 1653, Cromwell épure une fois dé plus la Chambre des Communes avec l’aide de ses soldats. Si le croupion du Long Parlement, dissous en avril, avait été coupable d’incliner à droite, vert un accord avec les presbytériens, le parlement de Barebone était, sur certaines questions, enclin à marcher en trop droite ligne dans la voie de l’honnêteté puritaine, et contrariait ainsi Cromwell, absorbé par l’établissement d’un nouvel équilibre social. Le réaliste révolutionnaire Cromwell bâtissait une société nouvelle. Le parlement n’est pas un but en soi, le droit n’est pas un but en soi, et si Cromwell et ses " saints " considéraient l’accomplissement des lois divines comme la fin en soi, ces lois n’étaient, en réalité, que le matériel idéologique nécessaire à la construction de la société bourgeoise.

Dissolvant un Parlement après l’autre, Cromwell manifestait son peu de respect du fétiche de la représentation nationale, de même qu’il avait manifesté, par l’exécution de Charles Ier, un respect insuffisant de la monarchie de droit divin. Il n’en est pas moins vrai que Cromwell frayait les voies au parlementarisme et à la démocratie des deux derniers siècles. Vengeant l’exécution de Charles Ier, Charles II hissa au gibet le cadavre de Cromwell. Mais aucune restauration ne pouvait déjà plus rétablir la société antérieure à Cromwell. L’œuvre de Cromwell ne pouvait pas être liquidée par la législature chaparde de la Restauration, parce que la plume n’efface pas ce que la hache a écrit. Le proverbe est beaucoup plus vrai, les termes ainsi renversés, tout au moins lorsqu’il s’agit de la hache d’une Révolution. L’histoire du Long Parlement qui, pendant vingt ans, connut toutes les vicissitudes des événements et traduisit toutes les impulsions des classes sociales, fut amputé à droite et à gauche, s’insurgea contre le roi, fut ensuite souffleté par ses propres serviteurs armés, fut deux fois dissous et deux fois rétabli, commanda et s’abaissa avant d’avoir enfin la possibilité de promulguer l’acte de sa propre dissolution, conservera toujours un intérêt exceptionnel en tant qu’illustration des rapports entre le droit et la force aux époques de bouleversement social.

La Révolution prolétarienne aura-t-elle son Long Parlement ? Nous ne le savons pas. Il est très probable qu’elle se bornera à un parlement court. Elle y arrivera d’autant mieux qu’elle se sera mieux assimilé les leçons de l’époque de Cromwell.

Nous ne dirons ici que quelques mots de la deuxième tradition, authentiquement prolétarienne et révolutionnaire.

L’époque du chartisme est impérissable, parce qu’elle nous donne, au long de dizaines d’années, une sorte de raccourci schématique de toute l’échelle de la lutte prolétarienne, à partir des pétitions au Parlement jusqu’à l’insurrection armée. Toutes les questions essentielles du mouvement de classe du prolétariat - rapports entre l’action parlementaire et extra-parlementaire, rôle du suffrage universel, trade-unions et coopératives, portée de la grève générale et rapports de celle-ci avec l’insurrection armée, jusqu’aux relations réciproques du prolétariat et du paysan - ne se cristallisèrent pas seulement de façon pratique, dans le cours du mouvement de masse du chartisme, mais y furent aussi résolues en principe. Au point de vue théorique, ces solutions furent loin d’être toujours irréprochablement fondées ; on n’y joignit pas toujours les deux bouts ; le mouvement tout entier et sa contrepartie dans le domaine de la théorie continrent bien des éléments inachevés, d’une maturité insuffisante. Les mots d’ordre révolutionnaires et les méthodes du chartisme demeurent néanmoins, maintenant encore, si la critique les dégage, infiniment supérieurs à l’éclectisme douceâtre des Macdonald et à la stupidité économique des Webb. On peut dire, s’il est permis de recourir à une comparaison un peu risquée, que le mouvement chartiste ressemble au prélude qui donne sans développement le thème musical de tout un opéra. En ce sens, la classe ouvrière anglaise peut et doit voir dans le chartisme, outre son passé, son avenir. De même que les chartistes écartèrent les prédicateurs sentimentaux de " l’action morale " et rassemblèrent les masses sous le drapeau de la Révolution, le prolétariat anglais aura à chasser de son sein les réformistes, les démocrates, les pacifistes, et à se grouper sous le drapeau de la transformation révolutionnaire. Le chartisme n’a pas vaincu, parce que ses méthodes étaient souvent erronées et parce qu’il est venu trop tôt. Il n’était qu’une anticipation historique. La Révolution de 1905 a aussi subi une défaite. Mais ses traditions se sont ranimées après dix ans et ses méthodes ont vaincu en Octobre 1917. Le chartisme n’est pas liquidé. L’histoire liquide le libéralisme et prépare la liquidation du pacifisme faussement ouvrier, justement pour ressusciter le chartisme sur des bases historiques nouvelles infiniment élargies. La vraie tradition nationale du mouvement ouvrier anglais est là !

Notes

[1] Cité par Beer, dans son Histoire du socialisme en Angleterre.

[2] Guizot (1787-1874). Homme politique et historien français. Leader du groupe des " doctrinaires ", partisan du système anglais de monarchie constitutionnelle. Après la Révolution de juillet 1830, qui donne le pouvoir à la bourgeoisie financière. Guizot, un de ses idéologues, dirige momentanément le ministère de l’Instruction publique puis reçoit le portefeuille des Affaires étrangères. Guizot défendit le cens électoral, en vertu duquel il n’y avait sur toute la population de la France que 200.000 électeurs. A la formation du ministère libéral du banquier Lafitte, Guizot se retira. Il forma, en 1832, avec Thiers et le duc de Broglie, un ministère réactionnaire, présidé par le maréchal Soult, et y dirigea l’instruction publique. Appartint en 1837 au cabinet de droite de Molé, mais démissionna au bout d’un an, la politique de Molé ne lui paraissant pas assez conservatrice. Ambassadeur à Londres en 1839, et ministre des Affaires étrangères dans le nouveau cabinet réactionnaire Soult, formé en 1840. Dans ses fonctions, Guizot s’employa .à combattre le mouvement révolutionnaire du continent, en s’efforçant d’unir les mouvements réactionnaires autrichien et français. Il présida en 1847, sous Louis-Philippe, le dernier ministère monarchique. La Révolution de 1848 l’obligea à passer en Angleterre. Son influence politique déclina dès lors. Dans ses nombreux travaux historiques, Guizot s’inspira, pour la première fois, de la lutte des classes, en laquelle il voyait le ressort secret de l’histoire. Cette vue, bien qu’il ne l’ait pas toujours appliquée avec esprit de suite, représentait à l’époque un grand progrès dans le développement des études historiques.

[3] Guizot, Histoire de Charles Ier. Paris 1882. Tome I, pages 347-349.

[4] John Camden (1595-1643). Un des chefs de l’opposition modérée du Court et Long Parlement, à la veille de la grande Révolution anglaise (voir la note 17). Camden se rendit surtout populaire dans la moyenne bourgeoisie commerçante, en refusant à diverses reprises de payer les taxes royales et les impôts. Pendant la lutte du Long Parlement et du roi Charles Ier, ce dernier ordonna l’arrestation de Camden et de quatre autres leaders de l’opposition. Jusqu’alors partisan de l’opposition légale, Camden fut ainsi amené à se joindre à l’armée révolutionnaire, dont il forma un des meilleurs régiments, Il devait être, peu de temps après, mortellement blessé dans un combat entre les armées royales et parlementaires.

[5] Guizot, Ouvrage cité, p. 216.

[6] Macauley voulait dire : Comme des agitateurs révolutionnaires. Note de Trotsky.

[7] MACAULEY, Œuvres complètes, t. VI. p. .120. Ed. russe, Saint-Petersbourg, 1861.

[8] La Réforme allemande du XVIe siècle. La Réforme allemande fut précédée par la domination absolue de l’Église catholique romaine, domination qui se fit sentir tout particulièrement en Allemagne. Le puissant développement du commerce et l’importance prise, dans ce pays, par l’argent, amenèrent l’Église romaine à lui imposer de nombreuses charges. Les artisans, les paysans et la petite bourgeoisie, dont le besoin d’argent était accru par le développement commercia1, en furent mécontents. Les inventions et les découvertes (découverte de l’Amérique, progrès de la navigation et de l’artillerie, imprimerie) préparèrent l’essor du commerce extérieur de l’Allemagne et renforcèrent la bourgeoisie commerçante, La lutte du capital et des féodaux ne pouvait revêtir à ce moment que la forme d’une protestation religieuse.

"Où va l’Angleterre ?"

Léon Trotsky

9 Messages de forum

  • Les législateurs britanniques ont exhorté, mardi 28 janvier, la maison royale de la reine Elizabeth II à réduire ses dépenses et à s’attaquer au retard des travaux de rénovation de ses propriétés.

    Selon le rapport du Comité des comptes publics (PAC), les ressources financières de la reine ont baissé jusqu’à atteindre un million de livres (1,2 million d’euros) après que la Maison royale eût subi un déficit de 2,3 million de livres en 2012-2013, un chiffre qualifié d’"historiquement très bas" par le PAC.

    "Depuis 2007-2008, la Maison a réduit ses frais de 16% en chiffres absolus, mais 11% sont le fait d’une hausse de ses revenus, et seulement 5% de la diminution de ses dépenses", a commenté Margaret Hodge, présidente du comité, chargé d’examiner le "Sovereign Grant", le système financier qui subventionne la monarchie britannique.
    Avec un meilleur savoir-faire commercial, nous estimons qu’il y a la possibilité de faire plus avec moins, de réduire davantage les coûts et de soutenir plus efficacement le programme de la reine", a-t-elle ajouté.

    Le rapport du PAC souligne aussi que de grandes sommes d’argent sont nécessaires pour maintenir à niveau des "biens patrimoniaux d’importance nationale", comme le Mausolée de Victoria et Albert à Londres, qui attend depuis plus de 18 ans d’être rénové.

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  • Une analyse ADN a permis aux généticiens d’authentifier le squelette de Richard III retrouvé sous un parking anglais, mais en élucidant un mystère de cinq siècles elle a révélé une infidélité de nature à jeter un doute sur la filiation de certains monarques britanniques.

    "Nous avons découvert une rupture dans la chaîne" génétique, a déclaré mardi lors d’une conférence de presse à Londres Kevin Schurer, vice-Chancelier de l’Université de Leicester, la ville où ont été découverts les ossements de Richard III en 2012.

    Par "rupture", il faut entendre apparition dans l’arbre généalogique d’un enfant illégitime.

    "Nous ne savons pas à quel niveau la rupture se situe... et nous ne sommes certainement pas en train de suggérer que sa Majesté (la reine Elizabeth II) ne devrait pas se trouver sur le trône" s’est empressé d’ajouter M. Schurer, en insistant sur "les tours et détours" de l’histoire de la monarchie britannique.

    Son propos venait accompagner la parution dans le magazine scientifique Nature d’un rapport certifiant à 99,9% la levée du mystère sur la disparition de la dépouille du dernier roi d’Angleterre, mort sans laisser d’héritier à la bataille de Bosworth, en 1485.

    L’ADN du squelette correspond à celui de deux descendants actuellement en vie de sa soeur, Anne d’York.

    En revanche, il a été impossible d’établir une filiation à travers la lignée masculine remontant jusqu’à John Gaunt, 1er duc de Lancaster et frère de l’arrière grand-père de Richard III. D’où le soupçon d’adultère.

    Kevin Schurer estime que la "rupture" d’ADN détectée conduit à poser des questions sur la légitimité de Henry IV, Henry V, Henry VI et "toute la dynastie des Tudor", à commencer par Henry VII, Henry VIII, Edward VI, Mary I et Elizabeth I.

    Après une longue querelle sur le choix de sa dernière demeure, Richard III va enfin reposer en paix au printemps prochain dans la cathédrale de Leicester. Outre une réputation de tyran sanguinaire immortalisée par William Shakespeare, il aura légué un dernier mystère au Royaume-Uni.

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  • C’est un documentaire qui pourrait bien faire trembler (une fois de plus) la couronne d’Angleterre. Diffusé hier soir sur la BBC Two, Réinventer la royauté fait des révélations choquantes sur l’ancien conseiller privé du prince Charles. Il n’aurait pas hésité à ternir l’image de William et Harry pour faire aimer leur père du public.

    Voilà des révélations qui pourraient bien faire perdre son légendaire flegme au prince Charles. Hier soir, la très sérieuse BBC Two diffusait la première des deux parties de Réinventer la royauté, un documentaire que Buckingham tentait de faire interdire depuis plusieurs mois, véritable charge contre Mark Bolland, l’ancien conseiller privé du fils de la reine Elisabeth II.

    Engagé par Charles en août 1996, il avait pour mission de redorer l’image publique du Prince, alors détesté de quasiment tous ses sujets et, à plus long terme, de faire accepter son idylle avec Camilla Parker-Bowles aux Anglais. Mari volage qui n’avait jamais aimé l’iconique et idolâtrée Diana, l’héritier de la couronne était également soupçonné d’être un mauvais père pour William et Harry. Une mission que Mark Bolland avait visiblement pris très (trop ?) à cœur… Selon les informations diffusées par la BBC Two, et rapportées par le New York Daily News, il aurait alors utilisé des stratagèmes choquants pour rendre son patron plus populaire.

    Dépeint comme un manipulateur sans scrupule, le conseiller de Charles aurait lui-même vendu au tabloïd The Sun les informations de la première rencontre entre William et la maîtresse de son père en 1998, moins d’un an après le décès de Diana. Le but de ces fuites ? Il s’agissait sans doute de prouver aux Anglais que si le fils de Diana lui-même était prêt à accepter Camilla, eux aussi devaient y consentir.

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  • La démission de Lord Sewell, consommateur de drogue et client de prostituées est un scandale de trop qui éclabousse l’ancien système démocratico-féodal des lords et de la royauté mis en place conjointement par la noblesse et la bourgeoisie.

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  • Voilà la plus antique et folklorique assemblée non élue de la planète de nouveau sur la sellette ! Les membres de la Chambre haute, portant la perruque et le manteau d’hermine lors des grandes occasions et qui sont nommés à vie, sont dans le collimateur des médias. Les déboires de Lord Sewell, un ex-apparatchik travailliste nommé par Tony Blair, braquent de nouveau les projecteurs sur une institution gardienne des traditions. Depuis la suppression, en 1999, par le gouvernement Blair des pairs héréditaires issus de l’aristocratie - sauf 92 d’entre eux -, cette assemblée est désormais dominée par les anciens hommes politiques et les bailleurs de fonds des grands partis. Depuis, on ne compte plus les scandales financiers qui ont éclaboussé The House of Lords.

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  • L’ancien Premier ministre "Sir" Edward Heath, artisan de l’adhésion du Royaume-Uni à la CEE en 1973, est de loin le nom le plus prestigieux à être impliqué dans la salve de scandales qui touche le pays depuis un an. Un déballage sidérant aux allures de cauchemar pour la classe politique britannique, dont des dizaines de membres, dont "au moins trois députés siégeant au Parlement" selon le "Guardian", ont été signalés à la police pour des abus sur enfants.

    Protégé de Churchill lors de son ascension politique, député "Tory" puis locataire du 10 Downing Street de 1970 à 1974, "Ted" Heath est mort en 2005 d’un cancer intestinal. Il aura fallu attendre encore 10 ans pour que les soupçons qui pesaient déjà sur cet homme solitaire et secret, célibataire toute sa vie, franchissent le stade de la simple rumeur sordide.
    Plusieurs affaires - cinq au total - s’entremêlent. C’est d’abord un ancien officier de police du Wiltshire qui affirme qu’une enquête pour abus sur mineur a été étouffée dans les années 1990, dès que le nom de Heath est apparu dans le dossier : une allégation suffisamment sérieuse pour que la police des polices annonce l’ouverture officielle d’une enquête, lundi 3 août.

    Il est présumé que des poursuites pénales n’ont pas été menées à terme lorsqu’une personne a menacé de révéler que Sir Edward Heath pourrait avoir été impliqué dans des crimes concernant des enfants", indiquait l’IPCC dans un communiqué.

    Le même jour, le tabloïd "Daily Mirror" dégainait l’interview d’un sexagénaire anonyme, qui raconte avoir été violé par l’homme politique à l’âge de 12 ans, en 1961. A l’époque, Heath est encore simple député. Il aurait pris le garçon en stop pour l’emmener dans son appartement de Mayfair, au beau milieu du Londres cossu. La victime présumée, "traité de menteur, de mythomane", raconte que sa plainte n’aura jamais de suite. Il aurait compris pourquoi seulement quatre ans plus tard, en reconnaissant le visage de son agresseur dans les médias.

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  • « Quelqu’un a dû graisser ses freins », lance la Reine en réaction à l’accident de Lady Di. Dans un article pour le Daily mail, la biographe de la famille royale Ingrid Seward, auteure du livre The Queen’s speech : An intimate portrait of the Queen in her own words (Un portrait intime de la Reine dans ses propres mots), révèle l’étonnement de la reine devant les premières informations concernant l’accident, avant d’avoir connaissance de la mort de Lady Diana.

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  • La royauté, c’est pas pour les pauvres !!!
    150€ le sandwich pendant le pique nique des 90 ans de la reine !!!

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  • Un policier gardien du palais royal de Buckingham a failli abattre la reine, en la prenant pour une voleuse...

    L’histoire en rappelle une autre, datant de 2013. Cette fois, ce fut au tour du prince Andrew de se frotter à la garde musclée du palais tandis qu’il traversait seul le parc du château de Buckingham. Il avait eu la surprise de se faire interpeller en fin d’après-midi par une patrouille qui l’avait pris pour un voleur. Le Sunday Express avait même raconté que les policiers avaient dégainé leurs armes et sommé Andrew de lever les mains en l’air et de s’allonger sur le sol, une version ensuite contestée par les forces de l’ordre, qui auraient simplement procédé à une vérification d’identité avant de se rendre compte de leur méprise.

    Prendre la famille royale britannique pour des bandits, quelle bonne idée !!!

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