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Débat avec le CCI - Gauche communiste sur les buts de la dictature du prolétariat et l’expérience russe

jeudi 20 octobre 2011, par Robert Paris

2 Messages de forum

  • Lénine ne comptait pas en rester à la retraite de la NEP !

    « Notre retraite économique est finie

    Nous voyons déjà clair dans la situation qui s’est créée chez nous et nous pouvons dire tout à fait fermement que nous sommes déjà en mesure d’arrêter notre retraite et que nous l’arrêtons. C’est assez. Nous comprenons et nous ne cachons pas que notre nouvelle politique économique est une retraite. Nous avions pris plus que nous ne pouvions garder, et c’est la logique de la lutte. Ceux qui se souviennent de ce qui se passait en octobre 1917, et ceux qui l’ont appris depuis, sa¬vent combien de propositions de compromis les bolcheviks ont faites alors à la bourgeoisie. Nous lui disions : « Vous croulez, nous allons prendre le pouvoir et nous le garderons. Ne voudriez-vous pas que ça se passe, comme dit le paysan, sans scandale » — Mais il n’y eut pas seulement des scandales, il y eut des tentatives d’insurrections provoquées par les mencheviks et par les socialistes-révolutionnaires. Ceux-ci, pourtant, s’étaient proclamés tout disposés à remettre le pouvoir aux Soviets. Je viens de lire, dans un journal parisien (ils contiennent bien des choses dans cet ordre d’idées) un article de Kérensky contre Tchernov. M, Kérensky expose qu’au temps même de la Conférence démocratique, son gouvernement était tout disposé à céder la place à ceux qui auraient pris sur eux de former un gouvernement homogène. — Nous ne nous y refusions pas. Nous le déclarions déjà en juin 1917. En octobre 1917, le Con¬grès des Soviets donna la majorité aux bolcheviks. Kérensky fit alors appel aux junkers, joignit le général Krasnov, voulut faire marcher l’armée contre Pétrograd. Nous bousculâmes un peu ces gens-là qui boudent et se fâchent encore et nous traitent d’usurpateurs, voire de bourreaux. Nous leur répondons : « Prenez-vous-en à vous-mêmes ! Ne vous imaginez pas que les ouvriers et les paysans russes ont oublié vos œuvres. Vous nous avez provoqués, vous avez suscité la lutte la plus acharnée en octobre 1917, à quoi nous avons répondu par la terreur et triplement par la terreur, et s’il le faut, nous sommes prêts à recommencer, si vous recommencez ». Aucun ouvrier, aucun paysan ne doute que ce soit nécessaire ; personne n’en doute si ce n’est quelques intellectuels mécontents. Nous avons eu à faire la guerre contre un ennemi qui nous était cent fois supérieur en nombre, dans des conditions économiques effroyablement difficiles. On comprend qu’il fallut aller loin dans la voie des mesures exceptionnelles communistes. On nous y obligeait. Nos ennemis voulaient nous briser, nous soumettre, non en paroles, mais en fait. Ils ne consentaient à aucun compromis. Nous répondîmes : « Si vous vous imaginez que nous reculerons devant les me¬sures communistes les plus extrêmes, vous vous trompez ». — Nous n’avons pas reculé et nous avons vaincu. Maintenant, ces positions nous ne pourrions les garder, nous reculons parce que nous avons assez conquis de terrain pour garder les lignes dont nous avons besoin. Tout ce qu’il y a de blancs, mencheviks et socialistes-révolutionnaires en tête, exultent en constatant notre retraite. Exultez, si cela vous fait du bien. La joie de nos ennemis ne nous est pas désavantageuse quand elle les détourne du travail actif. Leurs illusions ne nous découragent pas. »

    Lénine

    Les Tâches actuelles de la Russie des Soviets

    6 mars 1922

    https://www.marxists.org/francais/l...

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  • Lénine écrit ensuite :« 

    Nos difficultés sont immenses

    Quand je dis que nous cessons notre retraite économique, ce n’est pas que j’oublie les difficultés infernales que nous avons à surmonter et que je veuille à ce sujet vous rassurer. La question des limites d’une retraite et de sa cessation n’est pas celle des difficultés qui nous environnent Nous savons que noua n’avons pas encore su vaincre cette calamité. Nous savons ce que c’est que la crise financière dans un pays obligé de faire du commerce et où des quantités fabuleuses de papier-monnaie ont été émises. Ces difficultés sont énormes. Je ne crains pas de dire qu’il n’est pas possible de les embrasser d’un coup d’œil. Mais nous n’en sommes pas accablés. Nous puisons au contraire notre force dans notre franchise a l’égard des ouvriers et des paysans aux¬quels nous montrons ces difficultés et le danger qui les menace du côté des puissances occidentales. Travaillons et considérons avec calme notre tâche. Quand nous cessons notre retraite, ce n’est pas que nous considérions les bases de notre nouvelle économie comme établies. Il n’en est rien. Il ne nous est pas encore permis d’envisager l’avenir avec sécurité. Nous sommes entourés de dangers, du danger militaire que j’ai indiqué, des dangers économiques à l’intérieur, famine, ruine du paysan, désorganisation financière. Dangers énormes, exigeant une énorme tension des forces mais qui ne nous empêcheront pas de faire la guerre si on nous l’impose. Mais elle ne serait pas si facile à nos adversaires. En 1918, il leur était aisé de la commencer et en 1919 de la continuer. Mais depuis, jusqu’à 1922, il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts et beaucoup de sang. Les ouvriers et les paysans des pays d’Occident ne sont plus les mêmes qu’en 1919.

    Nous ne ferons plus aucune concession

    Au moment où le projet de Gênes semble remis en question par des hésitations dont on ne voit pas la fin, alors que nous avons fait dans notre politique intérieure tant de concassions, il est donc temps de dire que nous n’en ferons plus, que nous n’en ferons plus aucune. Si les capitalistes s’imaginent qu’ils peuvent encore gagner du temps avec nous et obtenir davantage, je répète que nous devons les en avertir : « C’est assez, vous n’aurez rien demain ! » Si l’histoire du pouvoir des Soviets et de ses victoires ne leur a rien appris, libre à eux. Nous avons fait ce qui dépendait de nous en le proclamant devant le monde entier. J’espère que notre Congrès proclamera la fin de notre retraite. Elle est finie et tout notre travail va en être modifié. »

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