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Accueil du site > 12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ? > Un débat dans l’extrême gauche sur le Forum Marxiste Révolutionnaire

Un débat dans l’extrême gauche sur le Forum Marxiste Révolutionnaire

samedi 29 août 2015, par Robert Paris

Lutte Ouvrière

Léon

il serait bon de rappeler les positions de LO en ce qui concerne la crise économique actuelle...

Alors que l’analyse de LO sur la crise est de qualité , il est étonnant de constater que lors de la manifestation syndicale du 7 octobre 2008 (début de cette même crise) le cortège de la CGT de PSA Aulnay (qui est dirigée par LO) scandait « Pour sortir de la crise, c’est pas les banques qu’il faut aider, c’est les salaires qu’il faut augmenter » (l’Humanité, 8 octobre).

A défaut de mots d’ordre radicaux, il est clair que la, il s’agit de réformisme, un slogan social démocrate "pur jus" qui me rappelle ceux de l’union de la gauche, destinés à donner des illusions aux masses.

De plus, durant les grèves de l’automne, pas une seule fois LO n’a fait la moindre critique des directions syndicales, il faut même se pincer en lisant ceci, nous sommes quand même le 15 octobre 2010 ! :

"Dans le mouvement en cours, ce qui est marquant c’est l’attitude des confédérations syndicales. L’an dernier, en 2009, elles n’avaient proposé aucune stratégie pour donner une suite aux deux journées de mobilisation réussies de janvier et de mars. Elles avaient profité du traditionnel défilé du 1er Mai pour enterrer le mouvement avant de disperser les réactions, catégorie par catégorie, dès la rentrée de septembre. Depuis le début de la lutte actuelle, en juin, elles se démènent pour mobiliser les travailleurs comme leurs propres militants. Elles n’ont pas cessé leur effort durant les congés d’été et ont appelé à une journée de grève nationale dès la rentrée de septembre. Depuis, elles ont proposé une stratégie et un calendrier d’action pour entraîner, d’une journée de grève sur l’autre, plus de travailleurs dans la rue. Bernard Thibault a envoyé une lettre à chaque syndiqué dans laquelle il appelait « à généraliser la tenue d’assemblées générales pour définir ensemble et démocratiquement le rythme, la forme et les modalités de la reconduction de la grève à partir du 13 octobre ». La confédération et certaines fédérations ont de leur côté pris des dispositions en vue de reconduire la grève. Même François Chérèque n’a pas rompu le front uni des organisations, le gouvernement ne lui ayant pas fait, à ce jour, la moindre concession qui justifierait son retrait du front syndical. Nous ne savons pas jusqu’ou les confédérations sont prêtes à aller. Ce que nous pouvons constater, c’est que quand elles le veulent et dans une situation de mécontentement, elles sont capables de mobiliser les travailleurs."

http://www.lutte-ouvriere.org/docum...

On croirait que chereque appelait à des piquets de grève...! Nous ne savons pas jusqu’ou les confédérations sont prêtes à aller. Ce que nous pouvons constater, c’est que quand elles le veulent et dans une situation de mécontentement, elles sont capables de démobiliser les masses dans des journées d’actions stériles qui n’apportent que démoralisation, défaitisme, ce qui se traduit aujourd’hui par la montée de la réaction !

Pourtant quelques lignes plus loin Lo semble retrouver la raison :

Et tout le passé montre aussi que les directions syndicales feront tout pour freiner la révolte des masses, la canaliser ou l’entraîner sur une voie de garage. Si la poussée des masses est profonde, la bourgeoisie est capable de confier son pouvoir aux bureaucrates syndicaux comme elle le confie périodiquement aux partis socialistes pour faire avaler les sacrifices.

Je voudrais bien me tromper et croire que les "mots d’ordre" ne sont pas "si importants", encore faut il utiliser les bons...Si les bureaucraties syndicales trahissent, il faut mobiliser dans les syndicats pour les déloger, et l’affirmer haut et fort...Pourquoi LO ne le fait il pas ??? Et je ne parle pas que des dernières grèves, la question se posait déja lors des manifs anti CPE et autres...

Vérié2

A Léon

Tes critiques, étayées par des citations de LO sont "relativement" justes. LO tient assez souvent un langage assez flou, voire équivoque, à l’égard des directions syndicales, par souci pédagogique plus que discutable. Sur la crise, LO tient aussi parfois un langage plus keynésien que marxiste dans ses tracts, du genre "Si les ouvriers pouvaient s’acheter des voitures plus grandes et plus confortables, les usines automobiles ne seraient pas amenées à licencier en raison de la baisse des ventes" (une des perles...).

Mais, ce que tu ne comprends pas, car visiblement tu ne connais pas LO, c’est que la politique de LO ne se limite pas aux textes que tu épluches. Sur le terrain, à ma connaissance, LO a toujours essayé de pousser les luttes jusqu’à leurs potentialités et c’est sans doute l’organisation qui a le moins de liens avec les bureaucraties syndicales. Alors, certes, on ne peut pas exclure que ces textes ambigus et/ou contradictoires aient à un moment une influence négative sur l’intervention des militants ouvriers de LO, mais ça n’a jamais été le cas jusqu’à présent. Tout ce qu’on peut dire, c’est que LO, par "réalisme excessif", souffre d’un certain pessimisme, considérant que nous vivons dans une période de recul où on ne peut que maintenir le drapeau du communisme...

gérard menvussa

Je suis d’accord avec la conclusion de Vérié. Mais le fait d’avoir une vision ultra pessimiste de la situation (qui n’est, rappelons nous, pas plus domageable ou plus qu’une vision "enchantée" de la situation) et de ne penser qu’on ne peut que "conserver le drapeau" entraine le fait que "le drapeau" est de plus en plus formel : au départ, un drapeau n’a de valeur que stratégique, un point de rassemblement et de convergence... Mais ce n’est pas le drapeau qui fait gagner la guerre...

Roseau

Les textes mis en ligne par Léon sont terribles, effectivement, et cadrent parfaitement avec la dénonciation de "gauchistes" qui appelaient à la GG pendant la bataille des retraites.

Ce que je mesure mal, encore que certains militants/sympatisants de LO vont jusque là, c’est dans quelle mesure l’âge et la quiétude de tour d’ivoire de la direction à vie explique ce conservatisme ? Autrement dit, est-ce une Direction rongée (de façon croissante c’est sûr, mais un peu, bp ?) par la bureaucratisation ?

Une info : ai bien cherché mais rien trouvé dans LO ou le site sur les mobilisations espagnoles...

jacquouille

Quel tissus d’aneries de la part d’un loustic qui a 30 ans de plus que Nathalie qui est a la direction de LO avec de nombreux Cdes qui ont la quarantaine ou moins,avec bien sur des plus anciens dont l’experience est fort utile.Mais j’aimerai dire a mes Cdes de LO qui sont sur ce forum:soyez indulgent avec ce radoteur sénile,il ne s’en prend pas qu’a la direction de LO.Il a fait des"cartons"bien pire sur la direction du POI,et il "retapisse"a chaque occasion la direction de son propre Parti.Il est claire que ce vieux combattant qui a"fait 68"est aigri de ne pas avoir été reconnu comme capable d’etre dirigeant de la LCR/NPA.

Lui et ses 2 ou 3 Cdes complices ne peuvent s’empécher,dans n’importe quel sujet de déraper en HS sur LO.c’est quoi déja le titre de ce fil ?L’appel de LO a un rassemblement des communistes révolutionnaires ?

ulm

quitte à ouvrir un fil sur Lutte Ouvriere, voila une petite présentation rapide.

Qui sommes-nous ?

Lutte Ouvrière est une organisation communiste.

Pour nous, le communisme n’a évidemment rien à voir avec les caricatures sanglantes qu’ont été les régimes de Staline, de Mao, ou de la Corée du Nord. Être communiste aujourd’hui signifie défendre l’idée d’un renversement révolutionnaire de la société capitaliste par le prolétariat, pour bâtir un monde dirigé par la population elle-même.

Les maux dont souffre la société humaine - exploitation, oppression, chômage, crises économiques, famine, guerres, racisme, épuisement des ressources... - ne sont dus ni à la fatalité, ni à une impossibilité technique de les résoudre, mais à une organisation économique fondée sur la recherche du profit.

Pour ceux qui dirigent aujourd’hui la planète, les taux de profit sont plus importants que la vie et la mort des millions d’êtres humains. La faim peut frapper des continents entiers ; la guerre peut décimer des populations ; les génocides peuvent faire disparaître des pans entiers de l’humanité ; l’épuisement des ressources peut menacer la survie même de la planète et de ses habitants... qu’importe aux capitalistes, pourvu que d’une année sur l’autre, augmentent leurs profits !

L’état catastrophique dans lequel se trouve la société humaine n’est pas dû à une mauvaise gestion du capitalisme, ou au fait que le capitalisme serait mal contrôlé. Il est dû à l’existence du capitalisme lui-même. Le capitalisme est une société inégalitaire, qui se nourrit de l’exploitation. Même son fonctionnement « normal » représente un gâchis permanent de ressources et surtout de travail humain (le chômage). Et ce gâchis devient catastrophique avec les crises et les guerres.

Comment y mettre fin ? En arrachant le pouvoir économique à ceux qui le possèdent aujourd’hui. Toute autre solution est vouée à l’échec - notamment celles qui passent par la volonté de « convaincre » les maîtres du monde, par de lentes réformes, de se transformer en philanthropes.

Seule une révolution pourra guérir notre société des maux qui la rongent : une révolution, avec ce qu’elle recèle d’élan, d’énergie, d’enthousiasme, de générosité, sera capable de briser la propriété privée des moyens de production ; c’est-à-dire d’arracher des mains des capitalistes la gestion des usines, des banques, des mines, des terres, de l’énergie et des transports. Et de faire en sorte qu’ils appartiennent à la collectivité et soient gérés par elle.

Alors, seulement, il deviendra possible de commencer à réfléchir collectivement à la meilleure manière de gérer l’économie - non plus en fonction des profits et du marché, mais uniquement en fonction des besoins de l’humanité.

Nous ne sommes ni utopistes ni irréalistes : nous ne pensons pas que la révolution va se produire du jour ou lendemain ni éclater comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Mais nous estimons qu’il faut, dès aujourd’hui, réfléchir à la possibilité que se produisent demain de tels événements - pour être non de simples spectateurs de la misère du monde, mais des acteurs conscients de sa transformation.

Lutte Ouvrière est une libre association de femmes et d’hommes, jeunes ou anciens, travailleurs manuels ou intellectuels, qui ne se résignent pas à l’idée que le capitalisme serait le seul avenir possible pour l’humanité. Qui n’acceptent pas les idées reçues selon lesquelles l’individualisme serait le seul comportement responsable, et la loi de la jungle, le chacun pour soi, la règle normale de fonctionnement de l’humanité. Qui ne se résignent pas à l’idée qu’il serait impossible de mettre les fantastiques possibilités offertes par la science et la technique au service de toute l’humanité. Qui ne se résignent pas, en somme, à l’idée que la société inhumaine et barbare dans laquelle nous vivons serait le fin mot de centaines de milliers d’années d’évolution de l’humanité.

Nous voulons changer le monde. Nous restons profondément convaincus que le communisme est l’avenir du genre humain.

(...)

verié2

voici le dernier édito de LO :

Lutte Ouvrière n°2259 du 18 novembre 2011

Editorial

Avec ou sans décorum parlementaire, le règne du grand capital

À peine le deuxième plan d’austérité de Fillon est-il annoncé que des informations distillées d’en haut font état de la préparation d’un troisième plan ! À ce qu’il paraît, les marchés financiers, c’est-à-dire les grandes banques et derrière elles le grand patronat, ont trouvé le plan d’austérité Fillon pas assez dur. Il serait question, pêle-mêle, d’une nouvelle augmentation de la TVA, de l’instauration d’un délai de carence pour le paiement des arrêts maladie des salariés de la fonction publique, de l’augmentation de la CSG pour les retraités.

Après avoir enfoncé dans la misère les classes populaires grecques, espagnoles et portugaises, la spéculation se déchaîne contre l’Italie et commence à loucher vers la France. Partout, la dette faite pour aider les banquiers et la classe capitaliste sert de prétexte pour faire reculer les salaires et les retraites, pour rendre plus difficile encore la vie des chômeurs, pour revenir sur les quelques protections sociales accordées aux salariés dans le passé.

Les prêts aux gouvernements et la spéculation sur la dette des États constituent un des principaux moyens de placements profitables pour les grands capitaux, en cette période de crise où leurs possesseurs se méfient de l’avenir et refusent d’investir dans la production. Mais c’est aussi une arme dont se servent les possédants pour racketter les classes laborieuses.

Les capitalistes et leurs serviteurs politiques savent que les plans d’austérité, en vidant encore plus les poches de la majorité de la population, diminuent encore plus sa capacité de consommation et aggravent la crise. Ils le savent, et pourtant ils le font quand même. « Après nous, le déluge » : derrière les marionnettes impuissantes à la tête des États, c’est toute la classe dominante qui témoigne de son irresponsabilité non seulement à l’égard de la société mais même à l’égard de sa propre économie.

Les soubresauts des « marchés financiers », c’est-à-dire la volonté de la grande bourgeoisie, ont fait tomber Berlusconi en Italie, comme est tombé le gouvernement du « socialiste » Papandréou en Grèce. À leur place, on a désigné directement des banquiers. En Grèce, un homme qui a été vice-président de la Banque centrale européenne. En Italie, un homme qui a été un des principaux représentants en Europe de la banque Goldman Sachs, surnommée à juste raison « la pieuvre », une des principales responsables des deux crises financières, celle de 2008 et celle de 2011.

La substitution de financiers aux dirigeants politiques élus fait pousser des hauts cris à une partie de la gauche réformiste, qui parle d’un déni de démocratie. Oui, la dictature du capital financier apparaît là sans fard ! Mais rappelons que Papandréou, bel et bien élu et, de plus, prétendument socialiste, a été tout aussi servile vis-à-vis du capital financier que Berlusconi, ou que le seront les banquiers arrivés au pouvoir dans les deux pays.

Aussi serviles que l’est Sarkozy aujourd’hui, ou que le sera aussi Hollande s’il est élu car, même encore dans l’opposition, il reprend à son compte la politique de rigueur et répète que le remboursement de la dette est une obligation.

Alors sachons-le : quelle que soit l’étiquette du gouvernement, il sera au service du grand patronat et des banquiers. Nous n’avons rien à attendre d’un changement à la tête de l’État. Pour protéger nos emplois et le pouvoir d’achat de nos salaires, nous ne pouvons compter que sur notre propre force, et rien d’autre. Cette force, en réalité nous l’avons, car toute la richesse sociale, y compris les sommes extravagantes qui partent dans la spéculation, résulte de notre travail et de notre exploitation.

Nous aurons à mettre en marche notre force collective, notre capacité à peser par les grèves et les manifestations sur la classe possédante et ses larbins politiques, même si la majorité de notre classe sociale n’est pas encore convaincue de cette nécessité. Si nous ne voulons pas être poussés vers la soupe populaire, nous aurons à imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, afin de préserver notre emploi. Nous aurons à imposer l’augmentation conséquente des salaires et des pensions de retraite, et la protection de leur pouvoir d’achat par l’indexation sur les hausses de prix.

Et, bien au-delà de ces deux exigences vitales immédiates, nous, les travailleurs, nous sommes les seuls en situation de contester le règne de la finance sur le monde. La grande bourgeoisie mène la société à la ruine. Lui ôter sa mainmise sur les usines, les banques, sur les richesses et les moyens de les produire, est le seul avenir vivable.

Il y a évidemment beaucoup de choses dans cet édito avec lesquelles nous serons tous d’accord. Mais, une fois de plus, LO reprend son dada : "les capitalistes sont irresponsables", "ils spéculent au lieu d’investir".

Ce reproche et cette notion d’"irresponsabilité" ont un caractère moral et sont tout à fait absurdes : les capitalistes ne sont pas des crétins qui font n’importe quoi, ils savent parfaitement défendre leurs intérêts de classe, contrairement, hélas, aux organisations syndicales actuelles ! De plus, LO répète depuis 40 ans que les capitalistes spéculent au lieu d’investir, ce qui est totalement faux : ils ont continué à investir et continuent à le faire, sinon comment au cours de cette période des centaines de millions de nouveaux prolétaires auraient-ils été embauchés dans les bagnes industriels en Chine, en Inde, au Brésil et ailleurs ? Et comment la production industrielle, et par conséquent la plus value et les profits, auraient-ils augmenté dans des proportions aussi considérables ?

En centrant son attaque contre les banquiers et la spéculation, LO tient une fois de plus un langage un peu équivoque. Il ne s’agit pas seulement de "contester le rôle de la finance", mais d’expliquer que c’est la nature même du système capitaliste qui a conduit à la situation actuelle et non sa mauvaise gestion par des banquiers "irresponsables". Des camarades de LO objecteront sans doute qu’"on ne peut pas tout dire". Certes, mais en centrant la propagande contre la spéculation, on cautionne implicitement le discours de ceux qui prétendent... "contester le rôle de la finance" en la réglementant - même si ce n’est pas la position de fond de LO.

ulm

Amusant, donc selon toi les sommes alloués à la finance par les possedants du capital par rapport à celle destinés à l’investissement ne sont pas un probleme ? Tout va bien ? arf !!!!

De plus, je te rapelle que les investissements dans les pays comme la chine, l’inde et le bresil ne sont exclusivement pas des investissements privées mais aussi des investissement d’ etat. Si à cela on rajoute la desindustrillisation dans les pays dit "mature". Mon patron ,le mien à moi qui lorsque il construit des usines en chine, au bresil et en inde ouverture prevu entre 2012 et 2015 pour ces 3 pays en ferme au canada (1), au mexique(2), en france (3), en italie(1), en ecosse(1) et au etats unis (1) depuis 5 ans,.

tu auras un peu de mal à prouver que le capitalisme investit plus qu’ il ne specule dans les moyens de production. Mais si tu as des chiffres, je suis preneur.

mais s’il te plait ne te contente d’ impression genre regardez il y a un devellopement economique dans 3 pays emergeant donc c’est la preuve que le capitalisme se developpe toujours, je te rapelle qu’ il y a au derniere nouvelle 191 autres pays. Tes raisonnements sont un peu leger pour etre aussi categoriques. Donne des chiffres précis.

Quand tu dis qu’ il est faux que les capitalistes spéculent au lieu d’ investir : Donne des chiffres precis que te permet d’ affirmer cela. Sur la plus value et les profits je te conseille de verifier la definition de productivité.

verié2

Je n’ai pas écrit que le capitalisme investit plus qu’il ne spécule, mais qu’il a continué à investir des capitaux énormes au cours des 40 dernières années. Ce n’est pas tout à fait la même chose, tu en conviendras. A côté de la sphère "matérielle", s’est en effet développée une sphère "virtuelle", non seulement je ne l’ai jamais nié, mais je l’ai souvent souligné.

Des chiffres sur les investissements ? Tu en trouveras sans doute sur le fil consacré au développement des forces productives, mais je les reproduirai quand j’aurai un peu plus de temps pour les rechercher.

Mettrais tu donc en cause le fait que le capitalisme se développe toujours ou du moins qu’il s’est toujours considérablement développé jusqu’à nos jours, comme le faisait feu Erouville ? Ce passage en donne l’impression.

Le capitalisme ne s’est pas développé que dans ces trois pays émergents ! Il s’est développé sur toute la planète depuis 40 ans ! D’ailleurs on ne peut évidemment évaluer ce développement qu’à l’échelle mondiale et non de pays pris à part. Si j’ai cité les cas de la Chine et de l’Inde, c’est parce que ce sont les plus caractéristiques. Ce ne sont pas des impressions : si tu veux encore des chiffres, maintes fois cités, sur le fil consacré à la Chine comme sur celui consacré aux forces productives, je te les donnerai, rassures-toi.

Les investissements dans divers pays émergents ou non ne se sont pas contentés de compenser les désinvestissements dans les "vieux pays industriels." Cette thèse ne tient pas la route, car la production industrielle a augmenté aussi dans ces "vieux Etats". C’est l’emploi industriel qui a diminué et non la production qui a continué à augmenter, moins vite certes que pendant les trente glorieuses. Cette baisse de l’emploi industriel est liée, non seulement aux délocalisations (niées ou minimisées par LO il n’y a pas encore si longtemps...), mais à l’augmentation de la productivité - ce qui suppose... des investissements productifs.

Ces quelques chiffres résument assez bien ce développement mondial au cours des quarante dernières années :

Wikipedia De 1980 à 2006, le PIB mondial a été multiplié par 3. En Asie, par 4 (Inde et République populaire de Chine par 3), en Europe par 2.

De 1991 à 2001, les exportations mondiales de produits manufacturés ont augmenté en moyenne de 6,3 % par an en volume tandis que le PIB mondial augmentait de 2,3 % par an1.

Ta réaction atteste d’une certaine vision idéologique qui ne correspond pas à la réalité, à savoir que le capitalisme pourrit sur pied, depuis 1940 ou 1914 pour certains, depuis la fin des "trente glorieuses" pour d’autres - d’ailleurs LO s’est toujours appliquée à minimiser le développement des trente glorieuses, qui est pourtant le plus rapide de l’histoire humaine pour les pays occidentaux et n’est (peut-être ?) dépassé que par celui de la Chine au cours de la période récente.

Encore une fois, Ulm, sincèrement, comment penses-tu qu’il aurait été possible de tripler le PIB mondial en 26 ans, sans investissements massifs ? (Je t’accorde que le PIB n’est pas le meilleur indice, mais cherche donc celui de la production industrielle.)

Bien entendu, ce n’est pas parce que le capitalisme a ainsi développé les forces productives que ce système serait encore "progressiste" aujourd’hui, pour toutes les raisons que nous connaissons tous, ni qu’il aurait maîtrisé ses crises. L’accumulation de capitaux fictifs gigantesques par la spéculation et la création de monnaie virtuelle est sans doute un des facteurs déclencheurs de la crise, comme les subprimes, mais ça n’en est pas la cause qui est bien dans les contradictions fondamentales du capitalisme. D’où la nécessité d’éviter de présenter dans notre propagande une version caricaturale, voire fausse, d’un capitalisme pourrissant qui ne se développe plus... à cause de "l’irresponsabilité" des banquiers.

(...)

Nico37

Citation :

"En quoi et pourquoi la construction de l’organisation Lutte Ouvrière est un échec du point de vue de la tâche de la construction du parti communiste révolutionnaire ? vendredi 30 décembre 2011, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Construire l’organisation et la politique des révolutionnaires est un combat sans cesse recommencé

"Avant tout, qu’est‑ce qui caractérise un parti prolétarien ? Personne n’est obligé de militer dans un parti révolutionnaire, mais, s’il le fait, il prend son parti au sérieux. Quand on ose appeler le peuple à un changement révolutionnaire de société, on porte une énorme responsabilité qu’il faut prendre très au sérieux. Et qu’est-ce que notre théorie, sinon, simplement l’outil de notre action ? Cet outil, c’est la théorie marxiste, parce que, jusqu’à présent, nous n’en avons pas trouvé de meilleur. Un ouvrier ne se livre à aucune fantaisie avec ses outils : si ce sont les meilleurs outils qu’il puisse avoir, il en prend grand soin ; il ne les abandonne pas et n’exige pas des outils fantaisistes, qui n’existent pas."

Trotsky dans "Réponse à des questions concernant les Etats Unis" (1940)

« Comprendre clairement la nature sociale de la société moderne, de son Etat, de son droit, de son idéologie constitue le fondement théorique de la politique révolutionnaire. La bourgeoisie opère par abstraction (« nation », « patrie », « démocratie ») pour camoufler l’exploitation qui est à la base de sa domination. (…) Le premier acte de la politique révolutionnaire consiste à démasquer les fictions bourgeoises qui intoxiquent les masses populaires. Ces fictions deviennent particulièrement malfaisantes quand elles s’amalgament avec les idées de « socialisme » et de « révolution ». Aujourd’hui plus qu’à n’importe quel moment, ce sont les fabricants de ce genre d’amalgames qui donnent le ton dans les organisations ouvrières françaises. »

Léon Trotsky dans « La France à un tournant » (28 mars 1936)

"La question de l’attitude de l’Etat envers la révolution sociale et de la révolution sociale envers l’Etat a très peu préoccupé les théoriciens et les publicistes les plus en vue de la IIe Internationale (1889-1914), comme du reste le problème de la révolution en général. Mais le plus caractéristique dans le développement graduel de l’opportunisme, qui a abouti à la faillite de la IIe Internationale en 1914, c’est que même quand ce problème se posait de front, on s’appliquait à le tourner ou on l’ignorait totalement.

D’une façon générale, on peut dire que la tendance à éluder la question de l’attitude de la révolution prolétarienne envers l’Etat, tendance avantageuse pour l’opportunisme qu’elle alimentait, a conduit à la déformation du marxisme et à son total avilissement."

Lénine dans "L’Etat et la révolution"

En quoi et pourquoi la construction de l’organisation Lutte Ouvrière est un échec du point de vue de la tâche de construction du parti communiste révolutionnaire ?

Dans les textes qui suivent et qui définissent Lutte Ouvrière, on trouve de nombreuses proclamations de communisme révolutionnaire et d’internationalisme. Pourtant, la politique de Lutte Ouvrière est centrée sur la France et sur les élections, sur le syndicalisme plus que sur la lutte politique de classe. Il suffit pour le constater de lire son compte-rendu public de congrès annuel de cette organisation par sa porte-parole qui ne parle quasiment que de la France et que des élections : voir ici

Ces textes sont reproduits intégralement à la fin afin qu’on ne puisse pas penser que sortis du contexte, ils aient été mal interprétés.

(...)"

Eugene Duhring

nico37 a écrit :

En quoi et pourquoi la construction de l’organisation Lutte Ouvrière est un échec du point de vue de la tâche de la construction du parti communiste révolutionnaire ? vendredi 30 décembre 2011, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

(...)

Avec le lien, c’est mieux : http://www.matierevolution.org/spip...

Pour une fois, une analyse péchée par nico qui ouvre la discussion sur LO !

Gayraud de Mazars

Salut camarade Duhring,

Le problème n’est pas forcément ce que fait Lutte Ouvrière en France, cette organisation, où elle existe, assume ses tâches politiques, mais la question reste, quel doit être le travail des révolutionnaires dans ce pays à échelle large, pour être parti prenante de la réalité sociale de ce jour ?

Fraternellement,

GdM

verié2

Le texte cité par Nico et dont Duhring fournit le lien (http://www.matierevolution.org/spip...) émane d’un petit groupe de militants de LO passés d’abord par la Fraction L’Etincelle, avant de former leur propre organisation. Il pointe de très nombreux aspects de la politique, du fonctionnement et des positions de LO.

1) L’attitude de LO vis à vis de l’Etat, et notamment la modification du passage concernant la "destruction de l’Etat bourgeois" qui devient le "remplacement" dans le texte du "Qui sommes nous ?" publié dans l’hebo.

Ce passage pointe l’attitude ambigüe de LO par rapport à la police, qui constitue un élément essentiel de l’Etat :

Pour voir à quel point la différence est d’importance, on trouve des textes de LO par lesquels cette organisation réclame des flics de proximité. Les révolutionnaires nous avaient habitué à ne pas vouloir avoir des forces de répression de la bourgeoisie trop à proximité !!!

Je serais tenté de dire que les camarades de Matière et révolution se réveillent très tardivement ! En effet dans les années 70/80, Combat Communiste, groupe exclu de LO, pointait déjà des dérives de ce genre - qui se sont, il faut le dire, accentuées depuis. (Conséquence pratique, il semble que des élus de LO aient voté pour des polices municipales et/ou le budget afférant - à vérifier toutefois).

2) Le mot d’ordre de "contrôle ouvrier" qui non accompagné de la nécessité du pouvoir ouvrier peut prendre un caractère réformiste. Cette déviation classique du mouvement trotskiste me semble liée à une mauvaise appréciation de la période. On ne peut avancer un tel mot d’ordre que dans une période pré-révolutionnaire. La façon de présenter le "contrôle ouvrier" par LO varie sensiblement selon les textes, les tracts, les déclarations, mais a parfois donné lieu à des déviations malheureuse, par exemple quand Arlette donnait l’exemple... des comités d’entreprise !

3) Sur la Russie, la critique de Matière et Révolution me semble un peu tirée par les cheveux. LO, selon MetR, ne soulignerait pas suffisamment le fait que les bolcheviks considéraient la révolution russe comme un détachement de la révolution mondiale. En fait, cette discussion renvoie à celle sur la nature de l’URSS (voir le fil). LO trouve ainsi aujourd’hui que le bilan de l’URSS stalinienne est "globalement positif". Comme si le développement économique très relatif d’un Etat isolé, au prix de la surexploitation de la population et de la terreur, pouvait avoir un caractère positif ! Mais, MetR reste sur les positions trotskistes traditionnelles, ce qui rend nécessairement incomplète sa critique de LO sur ce sujet.

4) La critique de l’attitude de LO sur les journées d’action. Certes, la critique des bureaucraties syndicales et de leurs sempiternelles journées carrées s’est adoucie au cours de ces dernières années. Toutefois, comme on le dit sur un autre fil, ce n’est qu’une question tactique, pas toujours facile à régler au jour le jour.

5) L’attitude de LO vis à vis de la crise. LO présente la crise comme un "prétexte" pour nous exploiter davantage et répète "de l’argent il y en a". Cette vision est si simpliste et réductrice qu’elle est fausse. Et elle doit être reliée en effet au refus de LO de tenter d’analyser le monde contemporain, l’évolution du capitalisme et d’une manière générale de se pencher sur les questions théoriques... __ Dernière remarque. Le texte parle de l’échec de LO dans sa tentative de construire un parti ou au moins une organisation révolutionnaire. Mais, à mon avis, les faiblesses et dérives de LO ne sont pas à l’origine de cet échec. Car il faut convenir que, malgré la multitude de groupes défendant des positions théoriques diverses, aucun n’a fait mieux que LO, et certainement pas la IVème IC. S’il existe, par exemple en Angleterre, un groupe, le SWP, qui a réuni des théoriciens d’une certaine envergure (Cliff, Harman, Kidron etc), il ne semble pas pour autant que son bilan soit supérieur à celui de LO.

En fait, c’est plutôt la période qu’il faut incriminer. Dès qu’un groupe dépasse une certaine dimension, il est soumis à toutes sortes de pressions sociales qui le conduisent tôt ou tard à l’opportunisme. Seule une poussée virulente de la classe ouvrière militante pourrait contre-balancer ces pressions et dérives. Il ne me semble pas donc du tout évident qu’il eut été possible de faire mieux avec d’autres positions et théories. Cela-dit, aujourd’hui, alors que la situation bascule, qu’elle attendrait une réponse d’ampleur de tous ceux qui se revendiquent du marxisme révolutionnaire, sans esprit de boutique, ces faiblesses, et notamment cette sclérose théorique et ce sectarisme, peuvent devenir des obstacles, s’ils ne le sont pas déjà...

Eugene Duhring

La période qu’il faut incriminer !? C’est le genre de phrase que l’on retrouve souvent dans les propos des militants de LO, cela constitue probablement un reste de ta formation. Elle permet de se dédouaner d’un grand nombre d’erreurs. Une période résulte des rapports entre les classes à un moment donné. Incriminer une période revient à en faire un objet doué de sa propre dynamique alors que cette période résulte d’une dynamique entre les classes. Il faudrait plutôt inverser la chose : ce n’est pas la période qu’il faut incriminer mais les groupes et partis se revendiquant de classe ouvrière qui ont été dans l’incapacité de donner à la classe ouvrière la boussole qu’il leur fait tant défaut ! Je note cependant la fin de ton propos sur l’urgence de se fédérer en laissant de côté nos querelles de boutiques. Effectivement, les partis LO, NPA, POI sont devenus des obstacles au regroupement de la classe ouvrière et il faudrait urgemment trouver les moyens de s’en prémunir. Mais comment ?

Vals

Il ne s’agit pas "d’incriminer" une période mais de savoir l’analyser et d’avoir une politique et des tactiques qui en tiennent compte... Oui, il y a les rapports de classes à un moment donné mais aussi la dynamique des rapports de classe (évolution du nombre de mouvements de grève, leur nature, leurs caractéristiques, l’éventuel dépassement des cadres syndicaux, la syndicalisation, l’engagement dans des mouvements politique etc...).

Erreurs ou pas des révolutionnaires, quand la classe ouvrière reste l’arme au pied et transforme sa colère en résignation, ce n’est pas le problème.

Oui, il faut chercher une politique juste (en tenant compte de ses propres forces et influences....sans se faire de films sur l’impact des groupes révolutionnaires )... Mais chercher des explications au reculs ouvriers, ici ou ailleurs, dans les erreurs des communistes révolutionnaires, c’est se tromper lourdement et se préparer à de vraies erreurs et au gaspillage des quelques forces existentes...

Eugene Duhring

Vals a écrit : La période qu’il faut incriminer !? C’est le genre de phrase que l’on retrouve souvent dans les propos des militants de LO, cela constitue probablement un reste de ta formation. Elle permet de se dédouaner d’un grand nombre d’erreurs. Une période résulte des rapports entre les classes à un moment donné. Incriminer une période revient à en faire un objet doué de sa propre dynamique alors que cette période résulte d’une dynamique entre les classes.

Il ne s’agit pas "d’incriminer" une période mais de savoir l’analyser et d’avoir une politique et des tactiques qui en tiennent compte... Oui, il y a les rapports de classes à un moment donné mais aussi la dynamique des rapports de classe (évolution du nombre de mouvements de grève, leur nature, leurs caractéristiques, l’éventuel dépassement des cadres syndicaux, la syndicalisation, l’engagement dans des mouvements politique etc...).

Erreurs ou pas des révolutionnaires, quand la classe ouvrière reste l’arme au pied et transforme sa colère en résignation, ce n’est pas le problème.

Oui, il faut chercher une politique juste (en tenant compte de ses propres forces et influences....sans se faire de films sur l’impact des groupes révolutionnaires )... Mais chercher des explications au reculs ouvriers, ici ou ailleurs, dans les erreurs des communistes révolutionnaires, c’est se tromper lourdement et se préparer à de vraies erreurs et au gaspillage des quelques forces existentes...

Oui je maintiens que LO mais pas seulement LO, est devenu un obstacle pour la classe ouvrière. Un exemple ? L’interdiction des licenciements ! L’année 2008 a été l’année où les capitalistes ont probablement le plus concentré ces licenciements. A ce moment donné, le mot d’ordre d’interdiction de licenciement aurait pu avoir une forte résonnance dans la classe ouvrière et qu’a fait LO en 2008 ? Que dalle et que propose t’elle pour LES PRESIDENTIELLES, l’interdiction des licenciements. C’est une faute politique majeure et qui ne saurait trouver une quelconque justification sur une "période qu’il faut incriminer " ! Ce genre d’erreur grave amène un début de compréhension de l’egarement manifeste d’une classe ouvrière privée de ses outils et non l’inverse ... Quand je dis que les partis se revendiquant des travailleurs sont devenus des obstacles c’est en prenant individuellement ces formations. Que l’on trouve entre nous le chemin qui permettrait de nous unir indépendamment de nos directions et souvent contre nos directions d’ailleurs constituerait à mon sens un pas en avant important.

Vérosa_2

Je suis loin d’être spécialiste de la question, mais cela me semble présomptueux. Outre le fait que la "boussole" soit quelque chose de peu convaincant dès lors qu’on parle de lutte de classes (qui n’a pas besoin de boussole mais est relative d’un mouvement "dialectique"), je vois mal - en France pour le moins - où l’influence de l’E.G pèse un seul instant sur le prolétariat. Décréter que les petites (très petites) organisations "révolutionnaires" sont peu ou prou responsables de l’immobilisme ambiant, c’est à mon sens faire preuve de pas mal d’arrogance et de peu de discernement face au quotidien des luttes, qu’elles soient politiques, qu’elles participent de mouvements sociaux divers, ou qu’elles soient strictement syndicales. Et, toujours à mon avis, une telle position relève du gauchisme. Comme disait un barbu, ce sont les masses qui font l’histoire, et il est illusoire de vouloir les/nous aiguillonner à grands coups de pureté partisane aussi parfaite soit la "boussole".

Pour faire court et conclure, je suis particulièrement d’accord avec Vals lorsqu’il écrit ceci :

Oui, il faut chercher une politique juste (en tenant compte de ses propres forces et influences....sans se faire de films sur l’impact des groupes révolutionnaires )... Mais chercher des explications au reculs ouvriers, ici ou ailleurs, dans les erreurs des communistes révolutionnaires, c’est se tromper lourdement et se préparer à de vraies erreurs et au gaspillage des quelques forces existentes...

Eugene Duhring

Il est tout de même assez curieux que pour étayer des masses qui font l’histoire tu t’appuies sur un barbu qui a tant oeuvré pour permettre que les "masses" sortent de la classe en soi pour devenir classe pour soi ! Si les masses font l’histoire, un élément tout à fait subjectif mais primordial, c’est l’organisation politique et syndicale de la classe ouvrière. Tellement primordial d’ailleurs que de nombreux communistes Marx, Engels, Lénine, trotsky et bien d’autres encore ont passé leur vie à cet ouvrage. Tellement primordial qu’un Lénine écarté des centres de décision, seul contre tous a su trouver dans cette histoire que font les masses, les clés de la révolution d’Octobre pour que la boussole coincide avec l’histoire et les masses. Tellement primordial que Marx, Engels, et cie ont oeuvré aussi pour donner un corps théorique - une boussole à ces masses qui font l’histoire. Jaurès aurait pu tout aussi bien, et cela lui aurait probablement épargné son meurtre, s’épargner la seule boussole internationaliste de l’époque : le refus des crédits de guerre ; après tout les masses seules font l’histoire. Mais bon, si l’heure est au grand lessivage du matérialisme scientifique, arguant de la seule capacité des masses, pourquoi pas ! Cela s’appelle du spontanéisme, et n’a jamais engendré grand chose dans cette histoire que les masses sont sensées faire seule et sans repère !

Mais foin d’ergotage, les partis se revendiquant de la classe ouvrière n’ont visiblement aucune responsabilité dans le recul de la classe ouvrière face au capitalisme. Pas davanatage le syndicalisme. Si la classe recule, elle ne le doit qu’à elle-même et son incurie. Oh et puis zut, à quoi bon militer, attendons simplement la spontanéité des masses qui seules font l’histoire et si d’aventure cette spontanéité ne voit jamais le jour - au moins de mon vivant, alors je pourrais me joindre à toi et m’écrier : les masses font l’histoire et cette histoire s’est écrite sans les masses !

Je rajouterai que ce genre d’argument pour se défiler de ses propres responsabilités, je l’entends quasiment tous les jours dans mon syndicat : c’est pas notre faute, c’est la faute des salariés. Y sont pas combattifs, y sont pas çi y sont pas ça, etc. Ben là aussi c’est les travailleurs qui font l’histoire !!

Vals

Tu caricatures les positions de tes interlocuteurs jusquà les pervertir totalement...Ca ne facilite pas l’expression des vrais désaccords.

Il ne s’agit pas de nier l’importance fondamentale de la politique des partis, de syndicats et des militants révolutionnaires à condition de prendre en compte au moins deux données fondamentales :

- ce ne sont pas les révolutionnaires qui créent, même avec une politique juste, une situation pré-révolutionnaire ou même révolutionnaires, voire même l’occasion concrète d’une riposte d’ensemble aux agressions du camp bourgeois.

- on peut toujours analyser les éventuelles erreurs ou défaillances des groupes révolutionnaires et leurs conséquences : mais en restant sérieux et en mesurant quel peut ou a pu être leurs poids réel dans les évènements et les rapports de force..

Beaucoup de groupes se référant au trotskisme ont accumulé erreurs et dérives, tant pendant et après la seconde guerre mondiale que dans leurs alignements sur les directions nationalistes anti-coloniales : on peut leur reprocher légitimement leurs désastreuses politiques opportunistes (et sur tout de n’avoir jamais vraiment fait un bilan de leurs errements pour pouvoir redresser la barre) : mais il serait ridicule de leur faire porter la responsibilité de l’incapacité des travailleurs à disputer la direction des luttes anti-coloniales par exemples, alors qu’on peut poser autrement la question de responsabilité des PC qui avaient, eux, un poids réels sur les orientations des masses....

A quelques exceptions près, aucun mouvement marxiste révolutionnaire n’a été en situation (nombre de cadres, de militants ouvriers implantés, capacité de s’adresse largement aux travailleurs et d’en être respectés et suivis.....) de jouer un rôle décisif au cours des dernières décennies ....et je n’ai pas l’impression que même en regroupant aujourd’hui le ban et l’arrière-ban de l’extrême-gauche, on changerait cette réalité .

En France, les regroupements "a vocation large" tels que POI ou NPA n’on pas démontré qu’il élargissaient ou renforçaient le capital militant ouvrier, c’est le moins qu’on puisse dire : mais ce serait absurde de considérer que leurs politiques attrappe-tout et opportunistes aient joué un rôle négatrif dans les mobilisation larges des dernières années : elles n’en ont pratiquemment joué aucun de quelque importance (comme LO du reste avec une tout autre politique)....

(...)

Robert Paris

Pourquoi Lutte Ouvrière pose problème ? Parce qu’une intransigeance en paroles cache parfois un opportunisme réel. Je pense en avoir montré quelques exemples dans le site Matière et révolution concernant les questions clefs dans un texte intitulé "En quoi et pourquoi la construction de l’organisation Lutte Ouvrière est un échec du point de vue de la tâche de la construction du parti communiste révolutionnaire ?"

On y rediscute de la question des buts et des méthodes de la construction du parti, de l’attitude vis-à-vis de l’Etat, de la formation des militants et du débat interne et extérieur.

Interdire les licenciements, pourquoi pas ? Mais comment ? En le développant comme un slogan électoral ? En se contentant de le dire quand on participe aux "journées" organisées par les centrales syndicales ? En affirmant au cours de luttes où on ne cherche nullement à déborder les appareils syndicaux qu’un jour ce sera le grand jour et là ! On verra ce qu’on verra : on interdira la licenciements !!! Ou, au contraire, en développant l’idée de la nécessaire auto-organisation des prolétaires pour imposer notre loi au patronat et à l’Etat ?

Vals

Il n’y a AUCUNE contradiction dans tout ça : dire que les travailleurs ne pourront compter que sur eux-mêmes en se dotant d’organisations à eux pour imposer leur loi au patronnat, c’est également ce que font au quotidien les militants et sympathisants de LO... Et non seulement ils le disent, mais ils y contribuent très concrètement dans les luttes auxquelles ils participent...!

Bien sûr, la limite de tout ça, c’est le rapport de force, le niveau de la mobilisation qui ne permet pas toujours (...) d’aller jusqu’où on voudrait . L’incantation et la phraseologie gauchisteS ne suffisent pas pour changer la réalité ;

(...)

vérié2

La question de l’interdiction des licenciements peut prêter à équivoque. Par exemple, ce mot d’ordre peut être compris comme la revendication d’un projet de loi interdisant les licenciements dans le système actuel. Le PCF et la CGT ont d’ailleurs repris sans états d’âme la "revendication" d’interdiction des licenciements dans les boites qui font des profits, sans d’ailleurs que cela ait la moindre conséquence concrète...

Les travailleurs, qui ne sont pas stupides, savent bien qu’aucune loi n’empêchera les patrons de licencier. C’est d’ailleurs pourquoi ils se tournent vers des objectifs locaux : obtenir le maximum d’indemnités ou créer une coopérative, comme chez Seafrance.

Dans la période actuelle, nous en sommes réduits à faire surtout de la propagande et à essayer de relier quelques luttes entre elles, comme nous avons essayé de le faire avec le Collectif contre les patrons voyous. Donc, au moins que notre propagande soit claire et ne prête pas à équivoque. L’interdiction des licenciements, ça suppose le pouvoir des travailleurs...

Vals

La seule vraie "alternative face à la crise", c’est l’entrée en lutte des travailleurs...! Si deux candidats le disent durant la campagne, ils auront deux fois plus de temps pour le faire (à leur manière) qu’un seul...

Par ailleurs, quand on voit les tergiversations, contradictions, restrictions autour de la candidature Poutoux, au sein même de son propre parti, on imagine le joyeux foutoir s’il avait fallu trouver un accord avec LO... Suspect Note bien qu’une telle alliance aurait encore donné des prétextes à une bonne partie du NPA pour aller atteler sa carriole ailleurs que derrière les affreux ouvriéristes de LO (qui ne font même pas du nucleaire et des economies d’energie, un axe de campagne..).

Par ailleurs, il est très clair que les axes de campagne, les priorités d’intervention des uns et des autres n’ont pas grand chose à voir en ce moment, c’est le moins qu’on puisse dire, en particulier en terme d’affirmation d’identité (et d’avenir) communiste.

Alors non, apparaitre comme un produit de mariage de la carpe et du lapin, ce ne serait pas une attitude "responsable" vis à vis des travailleurs . Quitte à se ramasser une tôle en terme de résultat, au moins se donner les moyens de préparer l’avenir, de dire précisemment ce qu’on considère comme essentiel et de faire connaitre clairement nos idées communistes sans les noyer dans un bouillon tiède et fade qui ne choque personne sans satisfaire qui que ce soit.

verié2

Vals écrit : il est très clair que les axes de campagne, les priorités d’intervention des uns et des autres n’ont pas grand chose à voir en ce moment, c’est le moins qu’on puisse dire, en particulier en terme d’affirmation d’identité (et d’avenir) communiste.

Sincèrement, face aux réponse à apporter à la crise, les réponses sont vraiment très, très proche. En ce qui concerne "l’avenir communiste", LO, n’a jamais mené de campagne communiste à la présidentielle et a au contraire toujours cherché des axes pour ratisser assez large. La dernière présidentielle en fournit un bon exemple avec le programme minimaliste développé dans une double page de LO ! Si LO menait une campagne communiste cette fois-ci, ce serait une grande première !

ils auront deux fois plus de temps pour le faire (à leur manière) qu’un seul...

On ne peut pas raisonner de cette façon. Nombre de travailleurs qui sympathisent avec nos idées ne comprennent pas ce qui nous sépare et pourquoi nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord.

une telle alliance aurait encore donné des prétextes à une bonne partie du NPA pour aller atteler sa carriole ailleurs que derrière les affreux ouvriéristes de LO

C’est possible, mais tu remarqueras qu’ils n’ont pas besoin de ce prétexte. De toute façon, si Poutou n’obtient pas ses 500 signatures, une partie au moins du NPA fera campagne pour Nathalie, et j’espère bien que ce sera vice-versa.

Vals

En ce qui concerne "l’avenir communiste", LO, n’a jamais mené de campagne communiste à la présidentielle

Je n’ai pas affirmé que LO menait une campagne stricte de propagande communiste mais que :

il est très clair que les axes de campagne, les priorités d’intervention des uns et des autres n’ont pas grand chose à voir en ce moment, c’est le moins qu’on puisse dire, en particulier en terme d’affirmation d’identité (et d’avenir) communiste.

Nathalie ne rate pratiquemment d’occasion pour rappeler cette identité et cette perspective qui sont celles de LO....Après, la façon dont on décline les idées, le programme de lutte qu’on développe, ça dépend évidemment du contexte et de l’actualité sociale et politique, de ce que ressentent les travailleurs... Mais LO et Nathalie n’ont pas à ménager qui que ce soit chez les "zintellectuels de gauche", les pb ecolos et autres humanistes radicaux ....et peuvent clairement, y compris dans cette campagne, rappeler que l’avenir, ça reste le communisme, le pouvoir des travailleurs, l’expropriations des banquiers et des bourgeois.... Et ça, seule LO peut le faire sans risquer de déplaire à son milieu et à ceux à qui elle s’adresse.

Robert Paris

A la critique que j’ai faite selon laquelle LO parle d’interdire les licenciements sans parler de l’auto-organisation qui devrait, selon moi, lui être inséparable, Vals nous dit : "Il n’y a AUCUNE contradiction dans tout ça : dire que les travailleurs ne pourront compter que sur eux-mêmes en se dotant d’organisations à eux pour imposer leur loi au patronnat, c’est également ce que font au quotidien les militants et sympathisants de LO... Et non seulement ils le disent, mais ils y contribuent très concrètement dans les luttes auxquelles ils participent...!

Bien sûr, la limite de tout ça, c’est le rapport de force, le niveau de la mobilisation qui ne permet pas toujours (...) d’aller jusqu’où on voudrait ."

Je ne trouve pas que cette manière de raisonner soit juste.

En effet, LO parle d’interdiction des licenciements et de contrôle ouvrier qui nécessiteraient tous deux une mobilisation et une conscience élevée, et, quand il s’agit parler de comités et de conseils ouvriers, là, il se rappelle que le rapport de forces ne serait pas là... Curieux non ?

ulm

Un peu curieux ta maniere de faire, LO est une des seules organisations qui transmet la notion de conseil ouvrier (citroen, aulnay etc...) ce sont des faits. Ces luttes ne se sont pas etendus, pas la faute des grevistes ou de LO. Alors le "curieux" il est ou ? Nous n’ avons pas de bouton pour decreter la greve ou la revolution à moins que tu n’ es ce bouton. Dans ce cas, A toi de l’ exposer.

Vals

Oui, ULM a raison de rappeler que pour LO, favoriser la mise en place de comité de grève, c’est quasiment une marque de fabrique.... Démocratie ouvrière, direction de la grève par les grèvistes eux-mêmes (contenu des revendications, modalités d’action...), assemblées générales décisionnelles.....c’est pas un peu ça "l’auto-organisation des travailleurs" ? ,

Robert Paris

C’est vraiment curieux que j’aie à ce pont loupé une marche : LO avait donc estimé qu’au cours du mouvement des retraites, il fallait déborder les directions syndicales par des comités de grève. Si je l’avais su, je l’aurai soutenu...

Prenons l’exemple d’un des slogans favoris de Lutte Ouvrière : le contrôle ouvrier. L’usage en est variable. Parfois, il ne s’agit même pas du contrôle par des organes des masses comme des comités révolutionnaires ouvriers mais simplement du contrôle par les syndicats, ou pire par les Comités d’établissement, organismes de collaboration de classe par excellence, selon ce qu’en disant dans le temps LO... Le problème avec des slogans comme interdiction des licenciements et contrôle ouvrier est qu’il n’y a pas de démarcation entre la vision réformiste et celle des révolutionnaires. Qui va prendre ces mesures. On peut croire que c’est l’Etat bourgeois ou qu’on va les lui imposer et que c’est lui qui les appliquera ou que ce sont des organismes bourgeois comme les centrales syndicales ou les comités d’entreprise qui le feront. On ne sait pas de quel Etat il s’agit. Celui de la bourgeoisie sous la pression des masses ou celui, même embryonnaire, des conseils ouvriers ? Le 1er octobre 1917, dans sa Publication de “Les bolcheviks garderont-ils le pouvoir ?” Lénine écrit : “Quand nous disons : “contrôle ouvrier”, ce mot d’ordre étant toujours accompagné de celui de la dictature du prolétariat, le suivant toujours, nous expliquons par là de quel État il s’agit." Donc la propagande, même électorale, pour le contrôle ouvrier devrait toujours être accompagnée de celle pour les conseils ouvriers… Mais cela supposerait de se mettre à dos les appareils syndicaux. Ce que ne veut pas LO.

A preuve le texte du congrès de Lutte ouvrière de décembre 2007 à propos des journées d’action bidon, éparpillées et sans lendemain des directions syndicales : "Des journées d’action se succédant et se renforçant dans un temps relativement court peuvent préparer et conduire à une grève générale. C’est pourquoi d’ailleurs nos camarades, dans les entreprises, participent à la vie syndicale et y prennent leurs responsabilités. Pas pour y recruter des militants politiques mais pour amener les syndicats à jouer leur rôle. "

Quel est « leur rôle » à propos ?

Trotsky écrivait dans « Les syndicats à l’époque impérialiste » :

« Ils ne peuvent pas être plus longtemps réformistes, parce que les conditions objectives rie permettent plus de réformes sérieuses et durables. Les syndicats de notre époque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme impérialiste pour subordonner et discipliner les travailleurs et empêcher la révolution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement révolutionnaire du prolétariat. La neutralité des syndicats est complètement et irrémédiablement chose passée et morte avec la libre "démocratie" bourgeoise. »

Vals

Il se trouve que les confédérations syndicales ont enclenché le mouvement à leur manière mais en mettant la barre à un niveau qui n’a jamais été débordé par les travailleurs, en particulier pour ce qui concerne les grèves et débrayages qui n’ont jamais été réellement massifs .peu d’AG , peu nombreuses et quand il y en a eu, elles ont rarement débouché sur un élargissement, un approfondissement à part pour des ultra-minorités... Dans ces conditions, des directions alternatives à celles des syndicats auraient été construites sur du vent ou sur des illusions.

Si tu crois à des mots d’ordre avec des contenus et des formes intemporels moi non... Tu as peut-être remarqué qu’il y avait quelques petites différences entre la situation en France en octobre 2010 et celle de la Russie en octobre 1917 ???

Quand à "se mettre à dos" les appareils syndicaux, tu devrais savoir que ce n’est tout de même pâs une fin en soi ou l’objectif suprême.. A chaque fois que ça été nécessaire, LO n’a pas hésité , même quand ça se pate cher. Par contre croire que c’est LO (ou un autre groupe encore moins influent) qui débordera les syndicats, et pas les travailleurs eux-mêmes, c’est de l’ordre de l’aventurisme et du gauchisme sans autre intérêt que de jouer à "plus radical que moi, tu meurs". Et ce n’est pas de ce genre de militants de l’esbrouffe que la classe ouvrière a besoin.

Robert Paris

Mille excuses ! En quoi le slogan de comités ouvriers est plus atemporel que ceux de contrôle ouvrier ou d’interdiction des licenciements ?

Ne pas se fâcher avec les centrales syndicales suppose-t-il de dire qu’on a gagné une lutte quand on l’a perdue grâce à leur direction savante et bourgeoise ?

Vals

Je ne pense pas que qui que ce soit ait prétendu que la lutte sur les retraites avait été victorieuse. On peut également contester la politique menée par les syndicats en 2010....sans avoir la naïveté de croire que ce sont eux qui ont empêché l’extension et la généralisation de la grève ....auxquelles, tout simplement les travailleurs n’étaient pas prêts (au moins pour leur immense majorité) . Ou alors, on n’était pas dans le même pays, dans les même boites, où il fallait ramer pour les débrayages et convaincre difficilement pour de vraies mises en grève... Prendre ses désirs pour des réalités et enjoliver la situation , ça n’a jamais fait avancer d’un pouce la mobilisation des travailleurs et la défense de leurs intérêts . Et prétendre que c’est la peur de "se mettre à dos les syndicats" qui détermine la politique de LO dans les luttes, c’est à la limite de l’injure....

Eugène Duhring

Robert Paris a écrit :

Prenons l’exemple d’un des slogans favoris de Lutte Ouvrière : le contrôle ouvrier. L’usage en est variable. Parfois, il ne s’agit même pas du contrôle par des organes des masses comme des comités révolutionnaires ouvriers mais simplement du contrôle par les syndicats, ou pire par les Comités d’établissement, organismes de collaboration de classe par excellence, selon ce qu’en disant dans le temps LO...

Le problème avec des slogans comme interdiction des licenciements et contrôle ouvrier est qu’il n’y a pas de démarcation entre la vision réformiste et celle des révolutionnaires. Qui va prendre ces mesures. On peut croire que c’est l’Etat bourgeois ou qu’on va les lui imposer et que c’est lui qui les appliquera ou que ce sont des organismes bourgeois comme les centrales syndicales ou les comités d’entreprise qui le feront. On ne sait pas de quel Etat il s’agit. Celui de la bourgeoisie sous la pression des masses ou celui, même embryonnaire, des conseils ouvriers ?

Le 1er octobre 1917, dans sa Publication de “Les bolcheviks garderont-ils le pouvoir ?” Lénine écrit :

“Quand nous disons : “contrôle ouvrier”, ce mot d’ordre étant toujours accompagné de celui de la dictature du prolétariat, le suivant toujours, nous expliquons par là de quel État il s’agit." Donc la propagande, même électorale, pour le contrôle ouvrier devrait toujours être accompagnée de celle pour les conseils ouvriers… Mais cela supposerait de se mettre à dos les appareils syndicaux.

Ce que ne veut pas LO.

A preuve le texte du congrès de Lutte ouvrière de décembre 2007 à propos des journées d’action bidon, éparpillées et sans lendemain des directions syndicales :

"Des journées d’action se succédant et se renforçant dans un temps relativement court peuvent préparer et conduire à une grève générale. C’est pourquoi d’ailleurs nos camarades, dans les entreprises, participent à la vie syndicale et y prennent leurs responsabilités. Pas pour y recruter des militants politiques mais pour amener les syndicats à jouer leur rôle. "

Quel est « leur rôle » à propos ?

Trotsky écrivait dans « Les syndicats à l’époque impérialiste » :

« Ils ne peuvent pas être plus longtemps réformistes, parce que les conditions objectives rie permettent plus de réformes sérieuses et durables. Les syndicats de notre époque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme impérialiste pour subordonner et discipliner les travailleurs et empêcher la révolution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement révolutionnaire du prolétariat.

La neutralité des syndicats est complètement et irrémédiablement chose passée et morte avec la libre "démocratie" bourgeoise. »

Un des rares désaccord avec Trotsky concerne justement son appréciation du rôle d’un syndicat particulièrement à l’époque impérialiste. D’abord, il n’y a pas un syndicat mais des syndicats dans les lieux d’exploitation capitaliste. Ces syndicats se regroupent ou se confédérent au mieux, ou s’opposent entre eux au pire. Les syndicats regroupent les travailleurs dans le cadre des rapports directs, quotidiens et antagonistes avec le capitaliste ou son fondé de pouvoir ; leur activité est donc toute entière tournée vers les revendications des travailleurs. Ses possibilités d’intervention sont strictement encadrées par un code du travail bourgeois par essence mais qui contient des acquis ouvriers. Le parti est dans ce cadre mille fois moins contraint. Le syndicat dans ces conditions ne peut pas être autre chose qu’un outil plus ou moins réformiste selon qu’il est "tenu" par des militants plus ou moins conscients politiquement. Mais comme tout outil réformiste, il peut dans la lutte devenir un outil révolutionnaire ... Vouloir le transformer en autre chose qu’un outil tourné vers la satisfaction des revendications des travailleurs qu’il regroupe, c’est à dire en autre chose qu’un outi réformiste, c’est se leurrer grandement sur la réalité quotidienne d’un syndicat et sur ses propres capacités. Qu’en fonction des travailleurs qui le fondent, il soit aussi un outil d’éducation politique, c’est encore autre chose.

Robert Paris

Vals, c’est doctement parlé. Mais où sont les réponses aux questions posées :

- Pourquoi prétendre que des défaites organisées par les centrales sont des victoires ?

- Pourquoi laisser des mouvements s’isoler et être battus ?

- Pourquoi prétendre que les syndicats ont un rôle réformiste à l’époque impérialiste alors que, déjà, Trotsky affirmait le contraire ?

- Pourquoi s’imaginer que seule la social-démocratie s’est noyée dans l’électoralisme et le syndicalisme et que LO serait vaccinée ?

- Pourquoi faire de la propagande pour des mesures transitoires en les transformant en mesures réformistes, c’est-à-dire sans le pouvoir aux conseils ouvriers ?

Ma réponse à tous ces pourquoi est à l’adresse : matierevolution.org/spip.php ?article2081 Du 30 décembre 2011 sur le site Matière et révolution Dans le texte intitulé :

En quoi et pourquoi la construction de l’organisation Lutte Ouvrière est un échec du point de vue de la tâche de la construction du parti communiste révolutionnaire ?

Elle consiste en un discours radical mais qui refuse de poser la question de l’Etat, question clef de toute position révolutionnaire...

Vérié2

Je suis en gros d’accord avec Robert Paris à propos de l’utilisation des mots d’ordre et/ou revendication de "contrôle ouvrier" et d’"interdiction des licenciements". Cette critique vaut d’ailleurs aussi pour le NPA et... pour L’Etincelle.

A mon avis, cette façon ambigüe d’avancer ces mots d’ordre s’explique ainsi :
- Une façon un peu "intemporelle" de les avancer, sans chercher clairement à comprendre dans quelle période nous nous trouvons.
- D’une manière générale, les trotskistes ont tendance depuis très, très longtemps à puiser des recettes dans le Programme de transition, en oubliant que celui-ci a été écrit par Trotsky pour une situation pré-révolutionnaire. Dans une autre situation, ils peuvent prendre un sens différent, voire complètement réformiste comme le souligne Robert Paris.
- Un raisonnement "étapiste", didactique vis à vis des travailleurs. On ne leur parle pas de la nécessité du pouvoir ouvrier, qu’ils ne peuvent pas encore comprendre, on leur parle seulement de "contrôle" - voir d’un tout petit peu de contrôle comme LO le faisait lors de la précédente Présidentielle -, en considérant qu’on parlera de pouvoir ouvrier à l’étape suivante ou qu’en entamant une démarche de contrôle les travailleurs passeront d’eux-mêmes à cette étape. __

En ce qui concerne les syndicats à l’époque impérialiste. Cette intégration n’a pas empêché les syndicats d’avoir une certaine marge de manoeuvre, donc de mener une politique réformiste, depuis la seconde guerre mondiale, grâce à la nouvelle période d’expansion capitaliste... que Trotsky ne pouvait évidemment pas prévoir. Avec la crise et les attaques successives de la bourgeoisie contre les acquis accumulés pendant cette période de prospérité, les appareils syndicaux vont perdre toute marge de manoeuvre et nous allons nous retrouver dans la situation précédente.

ulm

En lisant l’article et les commentaires, la finalité de toute la reflexion c’ est cela :

Pierre Bois avait une conscience socialiste et Hardy avait une grande ignorance politique. Je sais que je choque bien des militants de LO en disant cela, mais il faut pourtant bien dire la vérité. Hardy n’estimait pas, par exemple, que la formation philosophique soit bien importante !

Alexi

Réponse à Vals :

Oui, ULM a raison de rappeler que pour LO, favoriser la mise en place de comité de grève, c’est quasiment une marque de fabrique....

Est-ce que tu peux nous rappeler les derniers Comités de grève mis en place sous l’impulsion de LO ?

ulm

euh ! je suis assez etonné par ta question, Alexi. Y a t-il toujours un groupe militant de la fraction à Aulnay ?

Vérié2

ulm a écrit :

En lisant l’article et les commentaires, la finalité de toute la reflexion c’ est cela :

Pierre Bois avait une conscience socialiste et Hardy avait une grande ignorance politique. Je sais que je choque bien des militants de LO en disant cela, mais il faut pourtant bien dire la vérité. Hardy n’estimait pas, par exemple, que la formation philosophique soit bien importante !

Je suppose que tu fais allusion à une remarque de Robert Paris, dans le cadre d’une discussion, sur le site Matière et révolution. Pourtant l’article qui fait l’objet de la discussion et diverses autres interventions contiennent toutes sortes d’autres critiques et réflexions. Sans nécessairement les partager, on ne peut les réduire à cette personnalisation.

Mais, puisque tu mets l’accent sur ce sujet, on ne peut nier que Hardy ait joué un rôle prépondérant au sein de LO et ait marqué cette organisation de ses qualités personnelles comme de ses faiblesses. (Bois n’a pas joué un rôle comparable.)

Or, si Hardy a manifesté des qualités exceptionnelles de ténacité, de sens de l’organisation et de fidélité à la classe ouvrière - avant de déraper à la fin de sa vie à propos de la révolte des jeunes de banlieue -, il n’a pas manifesté des qualités équivalentes en matière de réflexion théorique. Sa volonté de rester fidèle au pied de la lettre à ce qu’il considérait comme l’acquis théorique trotskiste, de ne jamais remettre en cause la moindre virgule des écrits du maître, son refus d’essayer d’analyser les changements survenus dans la société capitaliste et leurs conséquences sur le mouvement ouvrier ont été largement préjudiciables à LO.

Un des aboutissements de ce "blocage théorique", pour ne citer que le plus caricatural, est l’acharnement à considérer toujours aujourd’hui la Russie comme un "Etat ouvrier dégénéré" (voir le fil consacré dans la rubrique "théorie"). Mais il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg. Il est clair, en matière de réflexion théorique (comme d’entraînement sportif...) que qui cesse de réfléchir et ne progresse pas finit tôt ou tard par reculer... L’acquis théorique original de LO du départ, en particulier sa volonté de s’implanter dans la classe ouvrière et son refus de prêter à d’autres forces sociales que le prolétariat la capacité de changer la société, n’ont pas été suffisants pour protéger cette organisation de toutes sortes de dérives.

Hardy a su utiliser certaines des qualités des militants qu’il a formés et leur transmettre les siennes, mais il a été incapable d’utiliser leur culture, réelle, pour les aider à dépasser le stade de réflexion théorique qu’il avait lui-même atteint. Au nom de la "modestie", il a même été un frein et on mesure aujourd’hui les conséquences de cette démission théorique.

ulm a écrit :

euh ! je suis assez etonné par ta question, Alexi. Y a t-il toujours un groupe militant de la fraction à Aulnay ?

Oui, et ces camarades ont participé au comité de grève Aulnay sans conflit avec ceux de LO (dont le rôle est plus important). Seul un ancien militant de l’automobile de LO aujourd’hui décédé, Daniel Bénard (Granier/Bill), qui participait à un groupe ultra gauche, a critiqué alors la politique de LO à Citroen Aulnay. Pour ma part, je ne partage pas ces critiques.

On peut toutefois noter que LO, dans d’autres entreprises, par exemple à la SNCF pendant la grève pour la défense des retraites, a fait beaucoup moins d’effort pour proposer des comités de grève et ne croyait guère à cette possibilité. D’une façon générale, depuis quelques années, dans sa propagande, LO met moins souvent en avant l’auto-organisation ouvrière et est moins virulente vis à vis des directions syndicales. Ce qui ne signifie pas, en cas de poussée ouvrière, que LO ne reviendra pas aux comités de grève, comme elle l’a fait à Aulnay, du moins faut-il l’espérer.

Mais, on peut aussi remarquer que, LO, comme les autres groupes d’extrême gauche, occupant de plus en plus souvent des postes dirigeants dans des sections syndicales, les comités de grève deviennent de plus en plus souvent des intersyndicales élargies. Il n’est d’ailleurs pas toujours facile de convaincre des militants syndicaux d’extrême gauche ou sympathisant qui jouent un rôle dirigeant de mettre en place des comités de grève. Ayant les coudées franche dans leur secteur, ils n’en voient pas la nécessité...

Vals

Réponse à : Oui, et ces camarades ont participé au comité de grève Aulnay sans conflit avec ceux de LO (dont le rôle est plus important). Seul un ancien militant de l’automobile de LO aujourd’hui décédé, Daniel Bénard (Granier/Bill), qui participait à un groupe ultra gauche, a critiqué alors la politique de LO à Citroen Aulnay. Pour ma part, je ne partage pas ces critiques.

Ces critiques ne portent d’ailleurs pas sur la question du comité de grève mais de la politique suivie...

Oui, à chaque fois que c’est possible et que ça a du sens, LO milite pour que les travailleurs prennent en main leur lutte, la dirigent et se dotent d’un outil démocratique pour le faire....

Parfois, ce n’est pas possible (base prête à s’engager au delà d’un simple suivisme, niveau de combattivité inférieur au mots d’ordre syndicaux etc....).

Ce qui est, je le répète, insupportable ici, c’est que certains prétendent que LO changerait sa politique pour protéger ses positions syndicales.....C’est dailleurs d’autant plus ridicule que c’est justement, souvent, l’affaiblissement de l’appareil qui a amené les révolutionnaires a (devoir) occuper certaines fonctions...Et que l’appareil syndical (CGT en général) est beaucoup moins en capacité de contester aux révolutionnaires leur politique "syndicale" qu’il ne pouvait le faire il y a 20, 30, ou quarante ans.... Mais enfin, au delà de toute logique, qui veut tuer son chien prétend qu’il a la rage....

Je crois qu’on peut faire des critiques "honnêtes" et "objectives" de la politique de LO dans les boites et les luttes sans ramener sans arrêt cette connerie de "LO veut protéger ses positions dans la CGT et sa politique en est la conséquence".

Maintenant, oui, c’est vrai, LO est trotskiste et non anar, et pense qu’il est utile que les travailleurs révolutionnaires militent dans les syndicats, la CGT prioritairement, et ça, ça n’a rien de nouveau sauf que c’est plus facile aujourd’hui que quand les stals imposaient leurs diktats ...

Vals

A Robert Paris et quelques autres "ex" à la dérive :

Hardy avait une grande ignorance politique.

...fallait nous le dire tout suite en évitant des pages et des pages...... On vous aurait bien sûr suivi...et il n’y aurait plus de LO, et donc plus de LO à attaquer et villipender à longueur de colones... Qu’est-ce qu’on serait peinards...!

Vérié2

Je ne pense pas que LO ait changé sa politique pour préserver ses positions syndicales. Pour ma part, je ne l’ai jamais écrit ni insinué.

Ce qui me semble évident, c’est que les militants de boîte, à partir du moment où ils occupent des responsabilités syndicales, qu’ils appartiennent à LO, au NPA ou à d’autres organisations, ne voient plus exactement les choses de la même façon. Ca ne signifie pas qu’ils soient devenus des bureaucrates, mais que la "tendance naturelle" est de faire passer les décisions par le canal syndical et non par des comités de grève, voire de constituer des comités de grève sous forme d’intersyndicales élargies. Contrairement au NPA et à feu la LCR, LO exerce un contrôle sur ses militants et sur leur façon d’exercer leur mandat syndical, c’est un contrepoids indispensable, mais la pression existe néanmoins pour que ces militants se comportent en syndicalistes. Je pense que tu le sais, Vals.

Il existe une autre tendance : celle qui consiste à considérer que l’important est après tout que les décisions soient prises par les militants révolutionnaires et leur organisation, et ces décisions entérinées en AG, quelles que soient les formes d’organisation. Et c’est vrai qu’une coordination composée de militants syndicaux combatifs, généralement mandatés pour cela par leurs syndicats (ou automandatés), formellement ou non, et élargie à tous ceux qui veulent y participer, c’est déjà pas trop mal par rapport au monopole syndical qui règne encore dans pas mal de boîtes. Mais ce n’est pas non plus tout à fait la même chose qu’un comité de grève...

Enfin, Vals, tu dois convenir que LO, malgré ses traditions et principes, peut aussi subir cette pression venant de certains de ses militants occupant des postes de responsabilité. Ca ne va pas sans doute jusqu’à infléchir des positions nationales, mais ça peut infléchir la politique locale.

Robert Paris

Vals s’indigne qu’on puisse penser qu’elle ait infléchi ses discours politiques en fonction de positions syndicales. Admettons. Alors, c’est bien plus grave : ce n’est pas par calcul, c’est par une véritable évolution politique que LO a infléchit ses discours politiques. En tout cas, il est certain que LO d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec ce qu’elle était autrefois. Vous me direz : et après ! Il n’y a pas de religion là-dedans et on peut changer. Mais quand on change, on l’explique.

Par exemple, LO a changé sa définition dans son hebdomadaire. Dans quel sens et pourquoi ? Motus.

Vérié, contrairement à toi, je pense que Trotsky est toujours valable dans son appréciation de la mort du réformisme.

Vals nous dit : nous devons militer dans les syndicats, pour laisser entendre que les critiques viendraient de militants qui s’y refusent. Facile. Mais qu’il nous démontre plutôt que sa politique a été, malgré une participation aux syndicats, une critique claire et nette de leur politique quand c’était nécessaire.

Sur le fond aussi, il est certain que les discours de LO sont loin d’être clairs par rapport au réformisme sur la question de l’Etat.

Sans arrêt dans sa propagande LO écrit "Pourquoi l’Etat ne prendrait-il pas l’initiative de grands travaux" (brochure intitulée oui, il faut s’opposer aux licenciements et au chômage). Quel état ? L’état ouvrier ? L’Etat bourgeois ?

La brochure Qu’est-ce que Lutte Ouvrière titrait un de ses chapitres : "changer le rôle de l’Etat et le contrôler". Contrôler qui ? L4Etat ouvrier ? L’Etat bourgeois ? Changer le rôle de l’Etat bourgeois ou le détruire, that is the question. C’est bien la question qui distingue révolutionnaires et réformistes !

ulm

Que les militants syndicalistes en general et de LO aient des pressions et de toute sorte. Appartenir à LO est justement la soupape de securité. Parfois , on a tellement la tete sur le guidon, que l’organisation LO permet de sortir de ces pressions et de ne pas etre seul face aux difficultés. A ma connaissance, une politique centrale specifique pour le boulot de boite n’ existe qu’ à LO et les petits groupes issus de LO.

Vérié écrit : Je ne pense pas que LO ait changé sa politique pour préserver ses positions syndicales. Pour ma part, je ne l’ai jamais écrit ni insinué.

On peut toutefois noter que LO, dans d’autres entreprises, par exemple à la SNCF pendant la grève pour la défense des retraites, a fait beaucoup moins d’effort pour proposer des comités de grève et ne croyait guère à cette possibilité. D’une façon générale, depuis quelques années, dans sa propagande, LO met moins souvent en avant l’auto-organisation ouvrière et est moins virulente vis à vis des directions syndicales. Ce qui ne signifie pas, en cas de poussée ouvrière, que LO ne reviendra pas aux comités de grève, comme elle l’a fait à Aulnay, du moins faut-il l’espérer.

Mais, on peut aussi remarquer que, LO, comme les autres groupes d’extrême gauche, occupant de plus en plus souvent des postes dirigeants dans des sections syndicales, les comités de grève deviennent de plus en plus souvent des intersyndicales élargies.

Si ce n’ est pas de l’ insinuation c’est quoi alors ?????????????????? Reprend toi, verié

Sinon un comité de greve a été créer à toyota, à continental, le comité de greve aussi.

Vérié écrit :

Un des aboutissements de ce "blocage théorique", pour ne citer que le plus caricatural, est l’acharnement à considérer toujours aujourd’hui la Russie comme un "Etat ouvrier dégénéré" (voir le fil consacré dans la rubrique "théorie"). Mais il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg. Il est clair, en matière de réflexion théorique (comme d’entraînement sportif...) que qui cesse de réfléchir et ne progresse pas finit tôt ou tard par reculer... L’acquis théorique original de LO du départ, en particulier sa volonté de s’implanter dans la classe ouvrière et son refus de prêter à d’autres forces sociales que le prolétariat la capacité de changer la société, n’ont pas été suffisants pour protéger cette organisation de toutes sortes de dérives.

Hardy a su utiliser certaines des qualités des militants qu’il a formés et leur transmettre les siennes, mais il a été incapable d’utiliser leur culture, réelle, pour les aider à dépasser le stade de réflexion théorique qu’il avait lui-même atteint. Au nom de la "modestie", il a même été un frein et on mesure aujourd’hui les conséquences de cette démission théorique.

Permet moi de ne pas etre politiquement d’ accord avec toi. Tu ne comprends pas que la notion d’ etat ouvrier degenerée est simplement la defense de la revolution, d’une perspective pour la classe ouvriere. le reste c’est du pipi de chat.

Permet moi aussi d’etre en desaccord sur la culture des "militants". LO est peut etre la derniere organisation a imposé une culture commune à tous ses militants intellectuels et prolos et ça nous le devons à Hardy. Maintenant pour nos dirigeants et futur dirigeants, l’ exemple de Nathalie et de sa generation devraient te convaincre du contraire.

Sinon, les exemples sur l’ etat donnés par Robert ne sont la que pour donner une idée sur ce que devrait faire un etat qui se preocuppe de sa population. Pour LO nous ne le cachons pas pour la campagne 2012, Nathalie le cite dans la presse notre objectif est la dictature du proletariat. Et tu as raison, c’est toute la difference entre reformisme et revolution.

Vérié2

Ben non ! Si je pensais que LO a changé sa politique nationale de fonds vis à vis des syndicats, comme elle a changé, par exemple, sa politique par rapport aux alliances aux élections municipales, je le dirais ! Et surtout, ce n’est pas à ma connaissance la préservation de ses positions syndicales qui anime LO au niveau national.

Le radoucissement des critiques des bureaucraties syndicales depuis quelques années me semble plutôt lié à une vision générale assez pessimiste de la situation.

En revanche, je pense que, localement, le fait d’avoir des camarades responsables de sections syndicales de boite, avec les coudées plus ou moins franche, ça change tout de même la donne et ça peut influer sur la politique de l’organisation de diverses façons. Ces positions présentent des avantages incontestables, mais aussi des inconvénients... Précision : je ne préconise pas d’y renoncer !

Robert Paris

Je ne parle pas simplement des pressions liées à la participation des militants, mais des pressions lies aux choix de la direction politique.

Dans la grève des retraites, examinons quelques remarques tirées des éditos de LO :

« Les dirigeants syndicaux étaient en droit d’espérer que, sur une réforme concernant un problème social, ils seraient associés aux négociations et qu’ils pourraient justifier leur rôle et leur préférence pour les négociations par quelques succès susceptibles d’être brandis face au mécontentement de la base. Eh bien, associés aux négociations, ils ne l’ont pas été ! »

« Il est puéril d’en accuser l’absence d’appels dans ce sens [pour une grève générale] de la part des confédérations syndicales. »

« Mais elles n’ont rien freiné non plus car, en l’occurrence, elles n’avaient rien à freiner. »

L’édito de LO écrit : « Il faudra des luttes puissantes pour imposer ces objectifs. » Mais faudra-t-il suivre les confédérations ? Ou s’organiser autrement ? Motus !

Lisons ensemble le texte du cercle organisé par Lutte ouvrière tel qu’il est diffusé par son site et intitulé "Les syndicats hier et aujourd’hui" en pleine trahison syndicale du mouvement des retraites :

"Dans le mouvement en cours, ce qui est marquant c’est l’attitude des confédérations syndicales. L’an dernier, en 2009, elles n’avaient proposé aucune stratégie pour donner une suite aux deux journées de mobilisation réussies de janvier et de mars. Elles avaient profité du traditionnel défilé du 1er Mai pour enterrer le mouvement avant de disperser les réactions, catégorie par catégorie, dès la rentrée de septembre.

Depuis le début de la lutte actuelle, en juin, elles se démènent pour mobiliser les travailleurs comme leurs propres militants. Elles n’ont pas cessé leur effort durant les congés d’été et ont appelé à une journée de grève nationale dès la rentrée de septembre. Depuis, elles ont proposé une stratégie et un calendrier d’action pour entraîner, d’une journée de grève sur l’autre, plus de travailleurs dans la rue. Bernard Thibault a envoyé une lettre à chaque syndiqué dans laquelle il appelait « à généraliser la tenue d’assemblées générales pour définir ensemble et démocratiquement le rythme, la forme et les modalités de la reconduction de la grève à partir du 13 octobre ». La confédération et certaines fédérations ont de leur côté pris des dispositions en vue de reconduire la grève.

Même François Chérèque n’a pas rompu le front uni des organisations, le gouvernement ne lui ayant pas fait, à ce jour, la moindre concession qui justifierait son retrait du front syndical. Nous ne savons pas jusqu’où les confédérations sont prêtes à aller. Ce que nous pouvons constater, c’est que quand elles le veulent et dans une situation de mécontentement, elles sont capables de mobiliser les travailleurs. »

Vals

Robert Paris a cité les éditos de LO sur la grève des retraites :

« Il est puéril d’en accuser l’absence d’appels dans ce sens [pour une grève générale] de la part des confédérations syndicales. »

« Mais elles n’ont rien freiné non plus car, en l’occurrence, elles n’avaient rien à freiner. »

Oui, LO a dit ça, et les militants ont hélas constaté ça . Aurait-il fallu mentir sur le niveau de la mobilisation ? Se faire plaisir en se disant que les travailleurs voulaient la grève générale et que les confédés l’empêchaient... Certains ont tenu ce discours, laissant entendre qu’il aurait fallu appuyer sur le bon bouton pour que la grève se généralise. En réalité, même quand les syndicats ont fait le boulot, même quand il y avait des militants révolutionnaires actifs, le mouvement gréviste est resté faible et minoritaire ; Oui, c’est rageant, oui il en aurait fallu beaucoup plus pour faire reculer la bourgeoisie et son gouvernement et.....déborder les syndicats... Alors, certains ont fait des pancartes (grève générale), ont fait voter des motions devant des assemblées squelettiques, certaines minorités syndicales ont poussé à la roue, certains secteurs (peu nombreux) ont tenté des "coups" plus radicaux, des blocages, des trucs mediatiques....mais.....voilà, les rapports de classe, la combattivité ouvrière, ça ne se décrete pas à coups de sifflets ou à coups de slogans !

Et mieux vaut toujours dire la vérité, regarder les choses avec sérieux, ne pas travestir la situation pour ne pas augmenter les désillusions et démoralisations qui suivent une situation mal évaluée ou des mobilisations surestimées.

(...)

Robert Paris

Sans rien cacher des limites du mouvement, voici ce que LO aurait pu écrire :

Editorial - Ce n’est pas Sarkozy qui nous a battus : c’est l’Intersyndicale !

Quelle différence y a-t-il entre un appel intersyndical à sept journées d’action séparées et une classe ouvrière s’attaquant à la classe dirigeante par sept jours de grève générale d’affilée ? Quelle différence y a-t-il entre des grèves localisées qui ne sont unies que lors de "journées" et un mouvement qui s’étend, gagne de nouveaux secteurs par l’action des travailleurs eux-mêmes ?

Quelle différence y a-t-il entre des syndicats qui admettent "la nécessité d’une réforme" et contestent seulement le manque de négociation et des organisations qui préparent le combat contre le capital ? Quelle différence y a-t-il entre une cheminée et une tuyère d’avion ? La première ne fait que lâcher la vapeur de la combustion et la deuxième la propulse. Les syndicats n’ont organisé que des lâchers de vapeur de la colère sociale. Ceux-ci ne risquaient pas de propulser bien loin la lutte sociale ! Ils ne risquaient pas de répandre la peur chez nos ennemis de la grande bourgeoisie.

La force des travailleurs ne consiste pas en des promenades sur les boulevards, même répétées... Car, à chaque fois, on rentre chez soi et on laisse retomber la lutte. On laisse isolés ceux qui continuent la grève. On laisse isolés la lutte des travailleurs des entreprises qui ferment ou licencient. On laisse isolée la lutte des ports. On laisse isolée la lutte de l’hôpital Tenon que les syndicats ne veulent pas élargir à l’ensemble de la Santé. On laisse isolée la lutte des terminaux pétroliers. On clame la solidarité des travailleurs autour d’eux mais on les abandonne à eux-mêmes, sous prétexte de décision démocratiques des assemblées générales.

La force des travailleurs n’est pas seulement de bloquer, ici ou là, un dépôt pétrolier ou même une usine. La force des travailleurs, c’est de se réunir sur leurs lieux de travail, par delà les professions, les sites, les entreprises, les catégories et de décider ensemble...

Mais, dans ce mouvement, ce ne sont pas les assemblées générales qui ont pris les décisions : c’est l’Intersyndicale. C’est elle qui a choisi des journées sans grève. C’est elle qui, dès le début, a choisi de ne pas appeler à la grève générale sous prétexte de ne pas rompre le front uni des centrales. En réalité, parce que ces directions syndicales ne sont pas une direction de combat des travailleurs !

Bien entendu, la plupart des militants syndicalistes ont pesté contre les limites que leurs centrales mettaient au mouvement. Mais il ne suffit pas de maugréer. Il faut que la classe ouvrière décide elle même. Il faut que les militants syndicalistes qui le souhaitent cessent de défendre "leur" centrale car elle ne les défend pas.

Aujourd’hui, après avoir crié victoire après chaque "mobilisation", elles sont satisfaites que le MEDEF et la CFDT unis une fois de plus, leur proposent de négocier : méchant Sarkozy mais gentil patronat ! La montagne a accouché d’une souris !!! Pas question bien entendu de remettre en question la nouvelle loi. Non, elles vont accepter de jouer à nouveau au jeu de la négociation, de la conciliation, de l’accord patronat/syndicats/gouvernement. Car c’est ainsi qu’elles entendent leur rôle.

Mais la crise du système est là et il n’y a rien à négocier. Les classes dirigeantes n’ont pas le choix. Tout le poids des sacrifices doit retomber sur les travailleurs. Les centrales syndicales peuvent tout au plus accompagner le mouvement (en marche arrière) en remerciant au passage d’y être associés...

Car ce n’est pas fini. L’attaque sur les retraites ouvre la voix à d’autres : sur les emplois publics, sur les contrats de travail, sur les salaires, sur le chômage... Et nous, travailleurs, n’avons pas d’autre choix : mener la lutte des classes ou nous y faire battre. Négocier, c’est céder et c’est accepter les sacrifices.

L’attaque ne fait que commencer. Nous avons perdu une bataille, nous n’avons pas perdu la guerre. C’est la guerre de classe que la bourgeoisie nous déclare et nous avons encore tous les moyens de la mener. Et pas de faire semblant comme le font "nos" dirigeants. Ce combat biaisé, saucissonné, étalé, dilué devrait nous avoir appris une chose : il faut nous organiser.

Il faut non seulement des assemblées générales souveraines mais qui prennent réellement les décisions. ce n’est pas à l’Intersyndicale de décider si on vote ou non à bulletins secrets, par exemple ! C’est à nous de définir les objectifs du mouvement et pas aux directions des centrales. Il faut que les décisions locales soient relayées centralement. les centrales ne l’ont jamais fait et ne le feront jamais. Elles ne représentent pas la dynamique de la lutte. Il faut que les assemblées locales choisissent des délégués et se centralisent pour que la lutte prenne véritablement un caractère de classe. C’est à ce prix que les classes dirigeantes verront vraiment ce qu’est notre force et que nous la mesurerons y compris nous-mêmes.

La bourgeoisie est organisée. Elle dispose, en plus d’un Etat à sa solde, de quantités de formes de décision et de réunions où elle discute de ses intérêts. En période de crise, une classe ouvrière qui ne s’organise pas est une classe qui sera écrasée. A nous de choisir ! Personne ne doit décider à notre place ! Leur « unité syndicale » n’est pas le front des travailleurs en lutte

Dans le mouvement des retraites, l’unité syndicale a servi d’argument contre... le front des travailleurs, leur organisation sur des objectifs de classe et l’extension du mouvement. Bien des travailleurs ont pensé que la force du mouvement résidait dans l’unité syndicale. Loin d’être une force, cette « unité » a été déterminante pour battre les travailleurs tout en sauvegardant le crédit des centrales syndicales et du PS, pourtant nullement décidés à mener véritablement le combat...

La lutte a été menée (jusqu’à la défaite) par l’Intersyndicale, unissant de manière inattendue des centrales qui roulent pour des intérêts de boutique concurrents, qui n’ont aucune vision commune et encore moins d’accord sur la question des retraites... Certains syndicats de l’Intersyndicale sont carrément pour des retraites privées par capitalisation, pour l’augmentation de la durée des années de travail, pour l’augmentation du nombre de trimestres cotisés et on en passe... Ces directions qui n’étaient d’accord sur rien concernant les retraites (revendications, enjeux, objectifs) n’ont montré qu’une unité de façade puisque la plupart des syndicats locaux CGC ou CFTC et parfois CFDT n’appelaient ni à la grève, ni à la manifestation dans de nombreux secteurs.

L’Intersyndicale n’a cessé de lancer des messages démobilisateurs : il ne fallait pas que le mouvement soit trop coûteux pour les salariés, il suffisait de manifester les samedis sans faire grève plutôt que de se mettre mal avec son patron, que de risquer son emploi, les blocages suffiraient à faire reculer le gouvernement ou bien les cheminots préféraient des grèves de 59 minutes ou encore la jeunesse allait prendre le relais des travailleurs ou le manque d’essence allait faire plier Sarkozy sans appel à l’ensemble de la classe ouvrière...

Ainsi, on retardait, on temporisait, on décommandait l’action… Mais il fallait faire croire aux plus combatifs que l’on ne perdait pas de vue l’idée de la généralisation. « Plus l’intransigeance dominera, plus l’idée de grèves reconductibles gagnera du terrain », tonnait Bernard Thibaut, le 10 septembre, dans « Le Monde ». Mais, le 5 octobre, le même déclarait à l’AFP : « Personne ne peut prétendre faire participer sous la même forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d’une pétition à la participation à une multitude d’initiatives locales, voire aux manifestations lors des journées interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer ». Et le 7 octobre sur RTL : "Cela (la grève générale) n’a jamais été pratiqué dans l’histoire sociale de notre pays (...) C’est un slogan pour moi tout à fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient à élever le niveau du rapport de forces." Le prétexte était de laisser les travailleurs et les syndicats décider localement. Mais, dans la plupart des entreprises, il n’y a jamais eu une assemblée générale pour en discuter.

Et les centrales ont tout fait pour ne pas unir la lutte avec celle des entreprises qui licencient, des ports, des éboueurs, des raffineries ou de l’hôpital Tenon...L’unité de l’intersyndicale s’est faite contre les risques de la radicalisation comme l’explique la CFDT : « La CFDT et l’intersyndicale n’ont jamais prôné de grève reconductible. (…) Le risque d’embrasement est réel sans que les organisations syndicales ne maîtrisent le système. (…) L’absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu’auboutistes. » La CGC déclarait : "Il n’y a pas, d’un côté, les patrons employeurs et, de l’autre les salariés victimes. Il y a une société en marche pour laquelle chacun a un rôle qui concerne l’intérêt général." Ces centrales ont été capables de proposer des journées d’action jusqu’à épuisement des participants, sans que les plus droitières ne ressentent le risque d’être accusées de radicalisme. Car ce mode d’action visait à "s’exprimer", mais pas à engager la lutte contre le patronat et le gouvernement. Les centrales risquaient d’autant moins d’être accusée d’irresponsabilité que les classes dirigeantes savaient que, sans ce cadre étouffant de l’Intersyndicale, il y avait des risques sociaux réels de la part de travailleurs en colère...La CFDT déclare le 6 novembre : « Il nous importe de rester populaires et de conserver notre image de syndicalistes responsables ». Responsables, oui vis-à-vis de la bourgeoisie, pas des travailleurs !

L’unité du front prolétarien nécessite que les travailleurs soient organisés au sein de comités de lutte et que ces comités soient reliés et décident ensemble de l’avenir de la lutte et ensuite de l’avenir de la société. La véritable unité des travailleurs nécessite une lutte de classe sans compromission ni négociation avec la grande bourgeoisie et une perspective d’avenir : bâtir une société débarrassée de l’exploitation.

Vals

Réponse à :

Editorial - Ce n’est pas Sarkozy qui nous a battus : c’est l’Intersyndicale !

Sauf que pour écrire ça (et la suite), il faut le penser.. Or, ni les révolutionnaires conséquents, ni les militants qui ramaient pour faire débrayer, ni les travailleurs qui ont suivi le mouvement n’ont pensé ça.. C’est clairement une victoire de la bourgeoisie et de son gouvernement et l’intersyndicale n’y est pas pour grand chose. Il est clair que si le mouvement avait pris ampleur et profondeur, les bureaucraties auraient tenté de le canaliser et le juguler... Mais elles n’ont malheureusement pas eu à le faire....

Roseau

En fait, c’est les deux, dans un rapport qui varie dans les conjonctures. Là , c’est la bourgeoisie, aidée par les bureaucrates syndicaux (et politiques), avec ses journées saute-mouton, la répression des militants les plus dangereux pour eux, la dénonciation de l’appel à la grève générale, combattue y compris par appel à un référendum.

Eugène Dhring

Vals a écrit : « Il est puéril d’en accuser l’absence d’appels dans ce sens [pour une grève générale] de la part des confédérations syndicales. »

« Mais elles n’ont rien freiné non plus car, en l’occurrence, elles n’avaient rien à freiner. »

Oui, LO a dit ça, et les militants ont hélas constaté ça . Aurait-il fallu mentir sur le niveau de la mobilisation ? Se faire plaisir en se disant que les travailleurs voulaient la grève générale et que les confédés l’empêchaient...

Certains ont tenu ce discours, laissant entendre qu’il aurait fallu appuyer sur le bon bouton pour que la grève se généralise. En réalité, même quand les syndicats ont fait le boulot, même quand il y avait des militants révolutionnaires actifs, le mouvement gréviste est resté faible et minoritaire ;

Oui, c’est rageant, oui il en aurait fallu beaucoup plus pour faire reculer la bourgeoisie et son gouvernement et.....déborder les syndicats...

Alors, certains ont fait des pancartes (grève générale), ont fait voter des motions devant des assemblées squelettiques, certaines minorités syndicales ont poussé à la roue, certains secteurs (peu nombreux) ont tenté des "coups" plus radicaux, des blocages, des trucs mediatiques....mais.....voilà, les rapports de classe, la combattivité ouvrière, ça ne se décrete pas à coups de sifflets ou à coups de slogans !

Et mieux vaut toujours dire la vérité, regarder les choses avec sérieux, ne pas travestir la situation pour ne pas augmenter les désillusions et démoralisations qui suivent une situation mal évaluée ou des mobilisations surestimées.

C’est l’un des traits distinctifs de LO ces dernières années et qui lui a fait manquer le coche d’un changement de stature avant l’écroulement d’Arlette. A chaque fois, le niveau de conscience politique des travailleurs n’est pas assez mur, son niveau de combattivité de vaut pas mieux, etc.

J’ai eu l’occasion pendant le mouvement sur les retraites de voir l’appareil CGT à l’oeuvre pour déminer toute vélléité de préparer les conditions de la grève générale, avec les mêmes arguments que Vals. L’appareil de la CGT si il est déstalinisé en partie continue à abriter à tous les niveaux de responsabilité des vrais bureaucrates pour qui la classe ouvrière doit être contenue, ses revendications étouffées. Que LO se fasse le chantre des arguments de l’appareil CGT, est un marqueur de son évolution dans l’intégration à la démocratie bourgeoise.

Plus une manifestation, plus un meeting n’est organisé par LO depuis des années en dehors du calendrier électoral. Rien contre l’impérialisme français, rien contre l’interdiction des licenciements en 2007/2008 en dehors de travail des camarades dans les boites donc là où ils sont implantés. Rien depuis des années à sa seule initiative ...

ulm

réponse à

Plus une manifestation, plus un meeting n’est organisé par LO depuis des années en dehors du calendrier électoral. Rien contre l’impérialisme français, rien contre l’interdiction des licenciements en 2007/2008 en dehors de travail des camarades dans les boites donc là où ils sont implantés. Rien depuis des années à sa seule initiative ...

Si tu es reelement interessé par le travail de LO, je te conseille de venir à une caravane discuter avec nos camarades. Il te suffit de lire la LO pour savoir quand une caravane passe dans ta ville. Tu pourras juger du bien fondé ou pas de nos activités. LO est visible partout en france et regulierement. Par ce travail, nous touchons beaucoup plus de monde qu’ un meeting !

Robert Paris

Elles n’ont rien freiné : il n’y avait rien à freiner !!!!

Elles ont empêché le développement d’une grève générale et surtout empêché les travailleurs de la généraliser eux-mêmes...

En faisant croire que les centrales allaient le faire :

« Plus l’intransigeance dominera, plus l’idée de grèves reconductibles gagnera du terrain », tonnait Bernard Thibaut, vendredi 10 septembre, dans « Le Monde ».

Puis en cassant publiquement l’idée de généralisation des grèves :

Le 5 octobre, Bernard Thibaut déclare à l’AFP : « Personne ne peut prétendre faire participer sous la même forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d’une pétition à la participation à une multitude d’initiatives locales, voire aux manifestations lors des journées interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer ».

Bernard Thibaut le 7 octobre sur RTL : "Cela ( NDLR :la grève générale), précisons que cet amnésique pourrait se pencher sur l’histoire de la CGT du début du 20ème siècle pour s’apercevoir de l’énorme contre-vérité qu’il profère…) n’a jamais été pratiqué dans l’histoire sociale de notre pays (...) C’est un slogan pour moi tout à fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient à élever le niveau du rapport de forces."

Bernard Thibault : "la CGT va continuer à conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu’il le faut, et négociation."

CFDT : « La CFDT et l’intersyndicale n’ont jamais prôné de grève reconductible. (…) Le risque d’embrasement est réel sans que les organisations syndicales ne maîtrisent le système. (…) L’absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu’auboutistes. »

Le gouvernement et Sarkozy n’ont aucune raison politique et sociale de céder si les classes dirigeantes n’ont rien à craindre pour leurs affaires, rien à craindre de la classe ouvrière, et en particulier pas à craindre que la lutte des retraites n’enflamme l’ensemble de la lutte sociale, des salaires, des emplois, des chômeurs, des sans toits, des sans papiers.... Pas à craindre que cette lutte ne change le rapport de forces sociales, ce qui signifierait aussi que les travailleurs prennent la tête de toutes les couches qui sont victimes actuellement : petits paysans, petits artisans, petits épargnants, chômeurs, étudiants, etc...

Pour faire reculer Sarkozy, il faut faire peur aux classes dirigeantes pour que celles-ci disent à Sarkozy : attention danger !

Sans cela il n’aura que des raisons politiques et sociales de ne pas céder. Dire aux salariés : soyez nombreux dans la rue et en grève pour vous faire entendre de Sarkozy est faux.

Il faut dire aux salariés : faites vous craindre des classes dirigeantes en leur montrant non seulement le nombre mais la radicalité de l’auto-organisation, des assemblées interpro mais aussi des comités de travailleurs, des collectifs, des liens d’une entreprise à une autre, une popularisation de ces moyens de lutte et d’organisation...

Il ne faut pas nous arrêter aux barrières que l’on veut nous mettre : chaque secteur s’occupe seulement de son secteur, chaque catégorie de sa catégorie. Et d’abord parce que c’est le contraire qui fera peur à nos adversaires.

Il ne faut pas que des syndicalistes soient approuvés quand ils disent aux salariés : vous n’êtes pas obligés de faire grève dans le privé si votre patron n’apprécierait pas et vous pouvez agir efficacement en manifestant le samedi sans faire grève. C’est se tirer une balle dans le pied. même si des travailleurs trouvent que l’idée est bonne. L’idée bonne, c’est de dire aux salariés : sachons ce que nous voulons, décidons-le nous-mêmes, gardons la direction de nos luttes et alors ne craignons pas de nous engager dans la lutte avec le prix que cela coutera. Si nous ne sommes pas prêts à payer le prix, ne nous étonnons pas du résultat.

Si des syndicats nationaux dignes de ce nom existaient, ils n’auraient pas décidé à la place de la classe ouvrière ni des journées d’action ni une grève générale reconductible mais ils auraient dit aux travailleurs de tous le pays : lundi, avant la grève nationale, assemblez vous partout à telle heure. Dans ces assemblées, votez des décisions, des revendications, des moyens d’action, élisez des délégués et envoyez les à une assemblée centrale. Ces directions ouvrières là n’existent pas. A nous de les faire naitre !!!

Vérié2

Cette discussion part un peu dans tous les sens. Sur la grève de défense des retraites, il me semble qu’il y a déjà un fil et qu’il vaudrait mieux en débattre dans ce cadre.

Il y a un point particulier des critiques de Robert Paris à l’encontre de LO que je trouve curieux. En substance, il reproche à LO de ne pas considérer, comme Trotsky le fait... en 1938, que le capitalisme est arrivé en phase d’agonie et de minimiser la crise. Dans cette situation, souligne-t-il, il n’y a plus de politique réformiste possible, plus de marge de manoeuvre, les syndicats sont complètement intégrés à l’Etat etc.

Or, s’il y a un point qui caractérise LO, c’est bien de refuser d’admettre que le capitalisme a connu une expansion extraordinaire après la seconde guerre mondiale, une croissance dont le rythme dépasse celui de la révolution industrielle ! (Même si LO ne défend des positions caricaturales sur ce plan, comme le POI qui considère toujours que "les forces productives ont cessé de croître".)

Robert Paris semble donc... plus extrémiste que LO sur la décadence du capitalisme. Or, cette vision d’un capitalisme ascendant puis décadent est fausse ! Le capitalisme connait des phases d’expansion, puis des crises, plus ou moins profondes, qu’il résorbe par la destruction plus ou moins massive de forces productives, mais il repart toujours, à un niveau plus élevé tant qu’il n’est pas abattu et remplacé par un autre système. (A moins évidemment que la prochaine crise ne débouche sur des destructions d’une telle ampleur que l’humanité sombre dans d’autres systèmes plus barbares encore, mais c’est un peu de la social-fiction...).

Donc, ce que Robert Paris ne semble pas comprendre, c’est que cette nouvelle période d’expansion a donné du grain à moudre aux syndicats, leur permettant de jouer un rôle réformiste et permettant à la bourgeoisie d’intégrer les grands partis communistes, ne laissant qu’une place groupusculaire aux tendances révolutionnaires. Ce texte mis en ligne sur le fil "Crise" est intéressant à ce propos : http://www.medelu.org/L-illusion-so...

La période qui a suivi la seconde guerre mondiale est en effet celle qui, dans les grands pays impérialistes, a connu les réformes sociales les plus importantes et une amélioration considérable des conditions de vie de la population. On peut même dire que ce fut la période la plus prospère et la plus "démocratique" de l’histoire, du moins dans l’Occident privilégié.

LO n’a jamais compris et admis ces faits, mais en a néanmoins empiriquement tenu compte dans sa pratique qui n’a jamais évidemment dépassé le niveau d’un syndicalisme radical, pas plus radical que celui du PCF dans les années cinquante, et la situation ne le permettait pas. (Pour éviter toute incompréhension, précisons que LO ne s’est pas mis en travers de certaines luttes comme le PCF, a essayé de pousser les mouvements jusqu’aux limites de leurs potentialités et tenter d’imposer (sans grand succès, sauf quelques exceptions) la démocratie ouvrière et la participation du plus grand nombre de travailleurs aux décisions au cours de ces luttes limitées.)

Robert Paris

Vals écrit :

"Oui, c’est rageant, oui il en aurait fallu beaucoup plus pour faire reculer la bourgeoisie et son gouvernement et.....déborder les syndicats..."

C’était pas le bon moment...

La classe ouvrière n’était pas encore au rendez vous

On la connait la rengaine :

On est trop petits...

On n’est pas assez nombreux...

On n’est pas assez influents...

On n’a pas de parti...

La classe ouvrière n’était pas prête...

Les travailleurs n’étaient pas assez mobilisés...

Il n’y avait pas assez de grévistes...

Le moment n’est pas arrivé...

La situation n’est pas mure...

Les travailleurs ne voulaient pas...

Il ne faut pas se couper des masses...

Il ne faut pas prendre nos désirs pour des réalités...

Il ne faut pas être gauchistes...

On ne pouvait pas dire cela : les travailleurs ne comprendraient pas...

Cette grève, ce n’était pas encore grand chose.

On n’a rien raté...

etc, etc...

Lutte Ouvrière ou l’organisation du désespoir militant !!!

Vérié2

LO a manqué de dynamisme et d’esprit d’initiative au moment de la grève pour la défense des retraites, de la bagarre contre le CPE et sans doute dans d’autres occasions. Mais... "le désespoir militant", faut pas charrier quand même. A se demander comment tu as pu toi-même militer à LO aussi longtemps.

D’une façon générale, les organisations, partis, syndicats sont souvent, si ce n’est le plus souvent, en retard sur les masses, du moins quand de véritables luttes se déclenchent après de longues périodes de calme ou de calme relatif. Si ça arrive, ce que nous souhaitons, je pense que cette poussée sera très bénéfique à LO et que cette organisation ne restera pas sur le quai à regarder passer le train.

Vals

On peut bien sûr s’affubler de lunettes rouges, se mentir sur les faits et les chiffres, découvrir une situation prérévolutionnaire tous les matins en se levant, se dire qu’il n’y avait qu’à et qu’il fallait qu’on (les autres, les "défaitistes"), que la volonté politique suffit à changer le fer en or, que quelques milliers de militants et sympathisants, ça fait un parti de masse....etc...

L’espoir militant, ce n’est pas ça, ce n’est pas se saouler d’illusions et bourrer le mou des travailleurs en leur racontant des contes de fées. Ce n’est pas non plus avec du vent et des à peu près euphorisants qu’on recrute et qu’on forme des militants révolutionnaires, des matérialistes conséquents.

Malgré le volontarisme de LO (et d’autres sans doute), les rapports et la conscience de classe, le poids et l’implantation ouvrière des révolutionnaires, l’état du mouvement ouvrier sont ce qu’ils sont... L’espoir militant (raisonné), c’est que tout ça peut changer très vite et que ce que l’on construit soit utile à la classe ouvrière pour ne pas se faire berner et balader quand elle reprendra l’offensive . Et ça amène effectivement à agir et militer autrement, y compris et surtout quand on est à contre-courant et que les idées de communisme et de révolution sont loin, très loin de la conscience et des préoccupations des travailleurs... Plutot que de donner des leçons aux autres, que de passer sont temps à commenter leurs fautes, leurs erreurs, leurs déviations coupables....mieux vaut retrousser les manches et s’adresser directement au monde du travail : il y a vraiment de la place pour tout le monde dans un tel désert politique...!

Robert Paris

Vals écrit : "Plutot que de donner des leçons aux autres, que de passer sont temps à commenter leurs fautes, leurs erreurs, leurs déviations coupables....mieux vaut retrousser les manches et s’adresser directement au monde du travail : il y a vraiment de la place pour tout le monde dans un tel désert politique...!"

Si cela n’est pas donner des leçons aux autres...

Si on discute, c’est qu’il ne suffit pas de retrousser les manches mais encore faut-il savoir avec quelle politique.

Vérié s’interroge comment j’ai pu militer à LO. J’aurai compris son propos si j’avais dit que LO était un ramassis de menteurs. Mais j’ai seulement dit que c’est une organisation qui désarme ses propres militants et je le maintiens.

LO participe activement au programme organisé par les centrales, tente dans ce cadre de faire en sorte que le nombre de travailleurs en lutte augmente, mais ne propose pas de perspective pour sortir d’un cadre étouffant et mortel pour les luttes ouvrières.

Il n’est pas besoin de nous demander de militer pour d’autres perspectives, les nôtres, nous le faisons déjà.

Par exemple, nous diffusions dans les entreprises avant la mobilisation des retraites en septembre cet édito :

Le 7 septembre et les retraites :

Suffit-il de nous promener derrières les centrales ?

Toutes les directions syndicales, des associations, les partis de gauche et d’extrême gauche nous tiennent tous le même discours : ce qui compte le 7 septembre, c’est le nombre. Il faudra être des millions en grève et dans la rue. Mais, désolé de devoir le rappeler, ce qui manque aujourd’hui à la classe ouvrière ce n’est pas de répondre nombreux à des appels pour des journées d’actions syndicales : cela s’est vu en 2009 et même plusieurs fois de suite… sans succès. Ce qui manque, c’est une claire conscience des enjeux, c’est-à-dire des buts des classes dirigeantes et des objectifs et moyens de la classe ouvrière pour y répondre.

Tel n’est pas le problème de ces organisations qui se revendiquent pourtant de nous, travailleurs. Les centrales syndicales cherchent seulement à conserver leur crédit pour mieux revenir autour de la table de négociation et être reconnus des gouvernants. Mais notre avenir gravement menacé est bien loin de tels intérêts de boutique. Pour les partis de gauche, il s’agit d’abord et avant tout de nous préparer à bien voter à l’élection présidentielle. C’est dans ce but qu’ils présentent l’attaque actuelle comme une lubie propre à Sarkozy et à la droite française, alors que l’on constate la même attaque de la part des classes dirigeantes de toute l’Europe. Quant à l’extrême gauche, sans illusion sur la politique des centrales, elle se garde d’en parler, espérant que, malgré les calculs des dirigeants syndicaux, l’ampleur de la grève pourrait « redonner le moral » aux travailleurs. Mais lutter ainsi, en aveugles, est-ce bon pour le moral ? Est-ce bon pour engranger des victoires et, ainsi, prendre conscience de notre force réelle ou de la faiblesse réelle aussi des classes dirigeantes ? La première des questions n’est-elle pas : comment se fait-il qu’un gouvernement incapable de lutter pour l’emploi, pour les salaires, capable seulement de distribuer l’argent de nos impôts aux banquiers et autres capitalistes, un gouvernement peu populaire, assez discrédité même, déjà isolé, ayant besoin de se raccrocher à des opérations dégoûtantes comme les rafles de Roms, soit encore capable de mener une des attaques les plus ouvertement antisociales de ces dernières années ? Et quel intérêt peut-il trouver à cette opération ?

Sa force n’est certainement pas dans ses arguments. Faire travailler les salariés jusqu’à 62 ans – et même 67 pour une retraite à taux plein ! – au moment où la plupart des salariés ne parviennent pas à se maintenir dans un emploi jusqu’à 60 ans, faire travailler des seniors alors que les jeunes ne trouvent aucun emploi fixe, parler de problème démographique alors que chacun sait qu’il s’agit d’une politique de rigueur, tout cela devrait encore affaiblir l’attaque gouvernementale. Et pourtant…

Sa force pour agir ainsi ne provient-elle pas justement des démonstrations syndicales de ces dernières années ? Car, depuis les journées débutées en janvier 2009 puis mars, etc…, n’a-t-on pas vu les mêmes centrales syndicales incapables de faire face à des vagues de licenciements, au blocage des salaires, aux attaques sur les services publics… Loin de développer l’organisation de la lutte, la conscience des travailleurs dans leurs capacités, n’ont-elles pas développé, à tort, la croyance de la fatalité des attaques et la confiance en eux-mêmes des classes dirigeantes ?

Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’un objectif politicien : une telle politique ne peut rien pour le rendre plus populaire en vue des élections. Il s’agit donc de défendre les intérêts de la classe capitaliste et pas seulement celui de l’UMP et de la droite. En cassant les retraites, le gouvernement mise sur leur privatisation par les fonds de pension offrant des milliards aux financiers affamés qui craignent de rechuter dans la crise. C’est la suite de la casse des services publics qui vise, en les discréditant, à mieux les offrir au privé qu’il s’agisse de la santé, des transports, de l’énergie, de la poste ou des télécommunications. Et même de l’enseignement. La retraite au cimetière n’a pas d’autre but que d’obliger la population à se payer des retraites privées. C’est la suite des centaines de milliards déversés depuis 2008 aux capitalistes pour sauver le système. Il n’est toujours pas sauvé !

C’est une fuite en avant. Elle est causée par la débâcle économique du système. Cela ne veut pas dire qu’elle est justifiée. Elle l’est pour les classes dirigeantes. Le bateau prend l’eau et on jette du lest : les travailleurs et les milieux populaires en l’occurrence. C’est un tonneau sans fond des besoins de la finance aux abois que le gouvernement ne cesse de remplir. Nos retraites n’y suffiraient pas pour sauver les capitalistes de la nouvelle crise qui approche inexorablement. C’est dans cette situation qu’il faut comprendre cette « mobilisation » syndicale pour les retraites… Loin de faire partie d’une contre-offensive ouvrière, elle est la suite (pour tous qui parlent sans cesse de « suite » des journées syndicales) de l’organisation pré-programmée des défaites passées. Et cela pour une raison de fond : ce que contestent les directions syndicales et politiques, ce n’est nullement le droit du capital à diriger la société.

Que faudrait-il faire pour qu’il en soit autrement ? Il faudrait d’abord que partout, sur les lieux de travail, dans les quartiers, comme lors des rassemblements les salariés discutent entre eux… L’heure est grave. Notre avenir, et celui de nos enfants, est menacé. C’est à nous de réfléchir et de proposer. Cela signifie avancer nous-mêmes les mots d’ordre, les revendications des banderoles, des panneaux, des tracts, ne pas nous contenter de suivre les dirigeants. Ceux des syndicalistes qui sont véritablement soucieux des intérêts de leur classe ne pourraient qu’en être satisfaits. Ils ne tiennent pas à un monopole de parole dans les AG et dans les tracts. Une telle organisation signifierait déjà pour la classe dirigeante que les travailleurs se mettent en ordre de bataille. Elle voudrait dire que l’entreprise redevient un lieu de développement d’une force ouvrière comme en 36 ou en 68 et, en plus, que, contrairement à ces deux grands mouvements, les travailleurs risquent de décider eux-mêmes d’en finir avec la domination de système pourri.

Car il y a une alternative. Soit on ne construit pas un vrai rapport de forces et on va sombrer avec le bateau. Soit on construit un vrai rapport de forces et alors nous n’avons aucune raison de nous en tenir à remettre sur le papier les 60 ans officiels de la retraite. Des travailleurs mobilisés ensemble dans tout le pays peuvent faire bien plus et faire ravaler toutes les autres mesures antisociales de ces dernières années, se lier aux paysans, artisans, retraités, chômeurs ruinés en faisant payer les financiers et autres capitalistes. C’est ou eux ou nous !

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Nous ne demandons pas à LO de reprendre notre politique.

Nous savons qu’elle en a une tout autre et nous la combattons.

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