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Le matriarcat, ses causes et sa fin sous les coups de la guerre sociale

mercredi 25 avril 2012, par Robert Paris

19 Messages de forum

  • Alain Daniélou dans « Histoire de l’Inde » écrit :

    « Le régime social des anciennes populations de l’Inde est le matriarcat. C’est la vieille femme qui commande et gouverne. Nous retrouvons ce type d’organisation dans certaines cultures évoluées comme celle du Kerala au sud de l’Inde. La polyandrie, très répandue, découle du système matriarcal ; soit qu’elle prenne la forme d’un libre choix, soit que la femme épouse un homme et ses frères (comme c’est le cas chez les Khasa). Cette forme de polyandrie est commune également au Tibet. Elle est mentionnée dans le grand poème épique, le Mahãbhãrala, dont les principaux héros sont cinq frères, les Pãndavas, et leur épouse commune Draupadi. Bien que les Pãndavas appartiennent probablement à une deuxième couche de civilisation, la civilisation dravidienne, on peut y voir l’influence, comme c’est toujours le cas, de la plus ancienne culture du pays sur les institutions des civilisations ultérieures. Nous pouvons retrouver de telles survivances jusque dans les civilisations les plus modernes de l’Europe et de l’Asie. Ces premiers habitants dont il existe encore des survivants non assimilés dans l’Inde parlaient et parlent encore des langues munda… Ils sont directement apparentés aux plus anciennes couches de la population de la Birmanie, de la Malaisie, de l’Indochine, aux Vãddas de Ceylan, aux Talas des Célèbes, aux Batins de Sumatra, ainsi qu’aux anciennes populations d’Australie. Le groupe des langues munda est le plus largement diffusé sur la terre. On en retrouve la trace, de l’ïle de Pâques, près des côtes de l’Amérique du sud à l’est, jusqu’à Madagascar à l’ouest, et de la Nouvelle Zélande au sud jusqu’au Panjab au nord…. Les groupes ethniques qui, dans l’Inde, ont maintenu les caractères sociaux de ces anciens peuples et les langues munda sont nombreux. Les principaux sont les Santals, qui sont environ aujourd’hui trois millions, puis les Gonds, les Bhils…et les populations de l’Inde centrale, enfin les populations de l’île de Nicobar dans le golfe du Bengale, et les Khasis de l’Assam.

    Les langues munda… ne font pas de distinction entre le masculin et le féminin…
    Cette civilisation indienne a été suivie de celle des dravidiens (civilisation dite de l’Indus). Les femmes occupaient une place importante dans la société dravidienne et particulièrement activement à la vie littéraire et artistique. Le système matriarcal, où toute la propriété familiale appartient à la femme, et où c’est la fille qui hérite de la mère, reste encore aujourd’hui le système pratiqué au Kerala. Même dans les familles royales, le trône passe de mère en fille, et le roi n’est qu’un consort. Cette pratique est considérée comme la seule manière efficace d’assurer la transmission du sang royal. Selon l’ancien dicton indien, « Quand un père dit, voici mon fils, c’est la foi ; quand une mère le dit, c’est la connaissance. » ; or les institutions sociales doivent reposer sur des réalités et non sur des croyances. »

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  • « L’économie domestique communiste, où les femmes appartiennent pour la plupart, sinon toutes, à une seule et même gens, tandis que les hommes se divisent en gentes différentes, est la base concrète de cette prédominance des femmes universellement répandue dans les temps primitifs, et dont c’est le troisième mérite de Bachofen que d’en avoir fait la découverte. J’ajoute encore que les récits des voyageurs et des missionnaires sur le travail excessif qui incombe aux femmes chez les sauvages et les barbares ne contredisent nullement ce qui précède. La division du travail entre les deux sexes est conditionnée par des raisons tout autres que la position de la femme dans la société. Des peuples chez lesquels les femmes doivent travailler beaucoup plus qu’il ne conviendrait selon nos idées ont souvent pour les femmes beaucoup plus de considération véritable que nos Européens. La « dame » de la civilisation, entourée d’hommages simulés et devenue étrangère à tout travail véritable, a une position sociale de beaucoup inférieure à celle de la femme barbare, qui travaillait dur, qui comptait dans son peuple pour une véritable dame (lady, frowa, Frau : domina), et qui d’ailleurs en était une, de par son caractère. »

    Friedrich Engels dans « L’origine de la famille, de la propriété privé et de l’Etat »

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  • Les Naxi de la région du Lijiang, les Mo-suo du lac Lugu, ou Pays des femmes », ont une civilisation antique fondée sur la communauté indépendante de femmes qui ne sont jamais mariées à un homme. Ils forment une société matrilinéaire (les enfants sont rattachés au groupe parental maternel, qui les élève, leur transmet le nom et l’héritage), matrilocale (les femmes sont au centre de leur famille et ne la quittent pas pour rejoindre leur conjoint après une union) et avunculaire (la paternité des enfants est exercée par leur oncle maternel). On peut parler de société matriarcale, au sens familial du terme (tel qu’il fut utilisé par Edward Tylor, ou encore Alfred Radcliffe-Brown. La société matrilinéaire des Moso a été étudiée et révélée en Occident par l’explorateur austro-américain Joseph Rock en 1924. Par la suite, des recherches sur le terrain ont été entreprises par l’anthropologue Wang Shu Wu en 1954 et l’ethnologue Yan Ruxian en 1980. Enfin, une expédition au pays des Moso a été organisée en 1993 par l’ethnologue allemande Heide Goettner-Abendroth, de l’International Academy for Modern Matriarchal Studies and Matriarchal Spirituality. Les familles sont constituée de fratries, frères et sœurs de plusieurs générations vivent ensemble et forment une famille. Les amoureux ne vivent pas en couple mais chacun dans sa fratrie d’origine. Les enfants sont rattachés à la fratrie de la mère pour y être élevés par les hommes et les femmes qui la compose (la mère et ses frères et sœurs : oncles et tantes ; la grand-mère et ses frères et sœurs : grands-oncles et grandes-tantes).
    L’homme élève donc les enfants de sa sœur, avec qui il partage foyer, nom, héritage et ancêtres communs, mais n’élève pas ses enfants biologiques. L’organisation familiale fait qu’un enfant sera proche de son oncle maternel et éprouvera à son égard le même type d’affection qu’il aurait envers son père dans d’autres types de société6.
    La naissance d’une fille est cruciale car elle permet la continuité de la lignée. Si une famille n’a que des descendants de sexe masculin, les enfants de ces derniers habiteront la maison de leur mère et la lignée s’éteindra. La naissance d’un garçon est aussi importante car il exercera plus tard la paternité des enfants de sa sœur. Le bon fonctionnement d’une famille passe donc par la présence des deux sexes. Le statut de minorité ethnique des Moso permet à chaque femme d’avoir autant d’enfants qu’elle souhaite, indépendamment de la politique de contrôle de la population du gouvernement chinois.
    Si malgré tout, une famille n’a pas de descendance d’un sexe, elle peut avoir recours à l’adoption. L’enfant ou l’adulte adopté sera alors considéré comme un membre à part entière de sa nouvelle famille, avec l’ensemble des droits et devoirs qui en découlent.

    Les Mosuos jouissent d’une grande liberté amoureuse et sexuelle. Hommes et femmes sont libres d’avoir autant de partenaires qu’ils le désirent. Comme les familles sont acquises de naissance et ne dépendent pas d’un conjoint, les ruptures ne sont pas un problème : se séparer revient simplement à effacer le lien entre deux membres de deux familles distinctes qui resteront intactes. Les enfants étant élevés par le clan maternel, leur cadre social ne s’en retrouve pas altéré et il n’y a pas de conflits conjugaux concernant la garde. Les amours se font et se défont sans contraintes et sans instabilité familiale. Seul l’inceste est interdit. les relations s’effectuent généralement selon le principe de la « visite furtive » : chaque fille Moso bénéficie à 13 ans d’une chambre individuelle avec accès direct appelée « babahuago » (ou chambre des fleurs) où elle est libre d’accueillir les garçons qu’elle souhaite. A la nuit tombée, les hommes quittent leur domicile familial pour rejoindre la chambre d’une amante, et repartent chez eux tôt le matin.
    Les relations demeurent généralement secrètes, à tel point qu’il est parfois difficile de savoir qui fréquente qui. Sans vie de couple, en toute liberté et discrétion, ce système exclut si radicalement la possession que la jalousie en devient honteuse. Malgré les efforts du gouvernement chinois pour diffuser le modèle familial conjugal, de nombreux Mosos restent attachés à leurs traditions. Certaines femmes estiment ne vivre avec leur compagnon que des moments d’amour et de sentiments partagés sans que les questions pratiques ne s’immiscent dans cette relation. Les aspects matériels, les questions de propriété, de l’éducation des enfants, tous les sujets dont débattent nécessairement les couples qui vivent ensemble, n’ont qu’une importance secondaire dans la relation entre amants du peuple Moso. Il n’y a pas de relations arrangées ou forcées, ils se sont choisis et lorsque l’homme se languit d’une compagne, il va la voir.

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  • Albert Meynard écrit dans « Le sexe du cerveau » :

    « Les déesses mères ont précédé les totems phalliques et les amazones, les preux guerriers. Le passage de la chasse à l’élevage et de la cueillette à l’agriculture au cours du néolithique, en instaurant la sédentarisation, a certainement joué un rôle fondamental dans la place respective qu’occuperont désormais les cultes et les femmes dans la société. »

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  • Le matriarcat au Québec selon Jules Verne : commentaire

    Lire le roman : cliquer ici

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  • Dans l’ancienne Irlande, les femmes occupaient une place unique, jouissaient de droits et de protections, pouvaient aspirer à toutes les fonctions à égalité avec les hommes. Dirigeants politiques, guerriers à la tête des troupes dans les batailles, elles exerçaient aussi les professions de médecin, de magistrat, de juriste, de poète et d’artisan. Par exemple, dans les années 650, Brig Briugaid, Aine Ingine Iugaire et Dari étaient des femmes juges d’Irlande. Dari était même l’auteur d’un texte de loi particulièrement remarquable du VIe siècle. Les femmes étaient protégées par la loi contre le harcèlement sexuel, la discrimination et le viol. Concernant le divorce, elles jouissaient des mêmes droits que les hommes et pouvaient exiger une part des biens de leurs maris. Elles héritaient en leur nom propre des propriétés leur venant de leur famille.

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  • Contrairement à ce qu’elle prétend, c’est la bourgeoisie qui a développé l’oppression des femmes…

    Engels écrit dans L’Origine de la famille... :

    “Dans l’ancienne économie domestique (...), la direction du ménage, confiée aux femmes, était une industrie publique de nécessité sociale, au même titre que la fourniture des vivres par les hommes. Avec la famille patriarcale, et plus encore avec la famille monogamique, il en alla tout autrement. La direction du ménage perdit son caractère public. Elle ne concerna plus la société ; elle devint un service privé ; la femme devint la première servante, elle fut écartée de la participation à la production sociale. C’est seulement la grande industrie qui a réouvert - et seulement à la femme prolétaire - la voie de la production sociale.”

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  • Comme le remarque Frans de Waal dans « Le bonobo, dieu et nous », les bonobos sont matriarcaux, pacifiques et portés sur la sexualité plutôt que sur la guerre, ce qui a gêné les primatologues qui les ont découverts. En effet, on était en pleine thèse dominante selon laquelle l’homme était sorti d’une animalité violente et patriarcale où l’homme des cavernes tirait sa femme par les cheveux ! Certains primatologues auraient été jusqu’à dire qu’il suffisait de faire silence sur ces bonobos qui étaient en voie de disparition et rester centrés sur les chimpanzés agressifs, querelleurs et guerriers pour montrer d’où était sorti l’humanité !!!

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  • Matriarcat des bonnobos ?

    L’hégémonie des femelles caractérise les bonobos sauvages, explique Furuichi, dans « Les bonobos » :

    « Quand des femelles s’approchaient de mâles en train de manger à un endroit privilégié d’un site d’alimentation, les mâles cédaient la place aux femelles arrivées plus tard. De plus, habituellement, les mâles attendaient à la périphérie du site que les femelles aient fini de manger. Quand éclatait un conflit ouvert, des femelles alliées pourchassaient parfois des mâles, mais les mâles ne constituaient jamais d’alliance contre les femelles. Même le mâle alpha pouvait se retirer à l’approche de femelles de rang moyen ou inférieur. »

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  • Une nouvelle preuve du matriarcat antique !!!

    Le disque crétois de Phaitos contenait une prière à la déesse-mère !!! En 1908, un mystérieux disque, vieux de 4000 ans a été découvert en Crète dans le palais de la ville aujourd’hui disparue de Phaistos. Cent ans plus tard, personne n’avait encore réussi à traduire le mystérieux langage écrit sur le disque datant de 1700 avant Jésus-Christ. Deux spécialistes du langage pensent avoir enfin résolu l’énigme.

    Selon les conclusions des deux chercheurs, ce disque serait en fait un texte de prière à la déesse mère, une figure capitale du panthéon minoen. Prudence cependant, comme le rappelle le site spécialisé Archeology News Network, de nombreuses interprétations ont été avancées concernant ce disque. Le problème : il n’y a que 241 signes gravés sur les deux faces, "ce qui représente un très court texte et donc empêche de pouvoir infirmer ou confirmer toute proposition". De plus, le disque de Phaistos donne à voir un système d’écriture jamais encore retrouvé dans les fouilles des sites minoens, ni même ailleurs.

    Selon l’interprétation des deux linguistes, un mot revient à plusieurs reprises sur les deux faces, celui de "mère". La première face du disque parle d’une femme attendant un enfant, la seconde rendrait hommage à une femme qui vient d’être mère. Gareth Owens et John Coleman se sont en fait appuyés sur des études précédentes sur les hiéroglyphes crétois ainsi que sur le linéaire A, un système d’écriture minoen et sur le linéaire B, un système d’écriture mycénien pour pouvoir le décrypter.

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  • Pouvez-vous me citer un exemple d’une grande société prospère dont on sache qu’elle était matriarcale et dont on ait la preuve qu’elle se situait avant l’Etat ?

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  • Dans les peintures qui ornent les rochers sahariens, l’image de la femme est particulièrement spécifique. Sa corpulence est différente à celle de la femme occidentale. Le corps de la saharienne est fort, robuste, musclé et ses formes sont parfois inexistantes. Par exemple, on retrouve des peintures où la femme est mise dans des scènes de chasse, et sans cette nouvelle approche l’erreur est quasi assurée. Sachant que dans les anciennes bibliographies la chasse et la danse sont des activités qui étaient attribuées exclusivement à l’homme.

    Or, des femmes étaient bien présentes sur ces peintures. « On y trouve aussi des scènes de différentes positions d’accouchement chez les femmes sahariennes — proto-Berbères installés au Sahara il y a de cela 3000 ans dans le Tassili et le Hoggar. Les dessins nous permettent également de connaître le rôle de la femme dans la vie politique, dans les relations sociales ainsi que dans la vie religieuse de l’époque préhistorique », précise Mme Safrioun. Elle explique par ailleurs que même si la recherche archéologique a donné l’occasion aux chercheurs de reconstituer la vie matérielle des sociétés du temps passé, il est par contre impossible de déterminer leurs tâches quotidiennes.

    C’est pourquoi l’art rupestre avec ses différentes techniques de peintures et de gravures est considéré comme étant une fenêtre ouverte sur le passé social, politique, spirituel et rituel de ces populations. « Seul l’art rupestre nous permettra de relater le vécu de ces sociétés. C’est le Hollywood de la préhistoire », ajoute-elle. Une fois que le chercheur arrive à établir la distinction entre l’image de la femme et celle de l’homme, il entame alors son enquête sur le rôle de ces figures minutieusement tracées sur les rochers du grand Sahara. « Lorsqu’on arrive à déterminer les images de la femme saharienne, on aura donc la possibilité d’attribuer avec fiabilité son rôle dans sa société.

    A ce moment-là, surgira une foule de questions restées longtemps sans réponses : est-ce que la femme saharienne pratiquait la chasse ? Jouait-elle un rôle dans la vie politique ou pas ? Quelle était sa place dans la société ? La culture matriarcale qui existait un peu partout dans le monde dans la période néolithique est-elle arrivée dans la région saharienne ? Et le matriarcat qui domine actuellement la société targuie est-il un héritage de la préhistoire ? L’art rupestre répondra certainement à toutes ces questions », soutient Mme Safrioun.

    Par ailleurs, la chercheure indique que l’art rupestre saharien est passé par quatre périodes différentes datant de 10 000 ans à 1500 ans : la première période est celle des têtes rondes. On remarque dans ces représentations que la tête des êtres humains est symbolisée par un cercle. Ensuite vient la période bovidienne caractérisée par des scènes de troupeaux de bœufs, des scènes de chasse et l’émergence de l’activité pastorale. La période caballine, quant à elle, est marquée par le l’abondance des images de chars tirés par des chevaux.

    A cette époque, la région a connu un changement climatique important : la désertification. Et, enfin, la période des camélidés caractérisée par des représentations de chameaux. « La femme est présente dans l’art rupestre appartenant aux quatre périodes. Sa physionomie, sa place, son rôle et même ses habits diffèrent d’une période à l’autre. La femme occupait-elle une place importante dans son environnement ? C’est ce que je tente de savoir à travers cette étude basée sur une approche scientifique en conjuguant des spécialités différentes pour briser enfin le mystère de l’art rupestre saharien », conclut la chercheure. Dans ce type de recherches, ce sont les sciences humaines qui sollicitent les sciences exactes.

    Aujourd’hui, les sciences humaines font appel à divers domaines de la science dite technique pour acquérir plus de précision et de rigueur dans l’interprétation des choses. Aussi, elles s’appuient sur des outils informatiques pour faciliter l’accès à toutes les données indispensables à la recherche. Et cela pourra permettre aux chercheurs de déconstruire ce présupposé qui assigne à la femme des tâches limitées seulement aux soins des foyers et des enfants, alors que depuis l’antiquité la femme était déjà l’égale de l’homme.

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  • Les chasseurs lapons obéissaient à un paganisme matriarcal.

    Akka (en langue saami : Áhkká) est un esprit féminin du chamanisme saami, présent également dans la mythologie finnoise. Le culte d’Akka était très généralisé et célébré sous forme de sacrifices, d’incantations et autres rituels. Certains Saamis croyaient qu’Akka vivait sous leur tente. Dans la mythologie finnoise Akka est l’épouse de Ukko et est la déesse de la fertilité. Elle est identifiée à la partie féminine de la nature, Maaemonen la mère Terre, fertilisée par Ukko.

    Maderakka, appelée également Máttaráhkká est la première Akka, la déesse primordiale, la créatrice du corps humain, la déesse des femmes et des enfants. Les femmes et les enfants lui appartiennent (les garçons jusqu’à leur puberté). Le nom, remontant à la mythologie saami, réfère à la déesse de la sagesse et de la beauté, ce qui explique qu’ akka a pu être utilisé en langue saami pour désigner « grand-mère » ou « femme sage ». Maderakka est populaire parmi les féministes Saami. Jabme-Akka (l’Akka de la mort) est la déesse du monde souterrain. Elle apaise et rassure les âmes des enfants disparus.

    • Sáráhkká, appelée également Sarakka, est la déesse de la fertilité, de la grossesse et de la naissance. Elle assure la protection du fœtus. Une association saami féministe créée en 1988 porte le nom The Sarahkka en son honneur.

    • Juokshkká, appelée également Juksakka, dont le nom signifie l’Akka à la flèche est la déesse protectrice des enfants.

    • Uksáhkká, dont le nom signifie femme de la porte, est la déesse protégeant la maisonnée. C’est elle qui façonne le fœtus dans le ventre de la mère et détermine le sexe de l’enfant.

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  • Dans la conception des Sami de Laponie, chaque chose dans la nature a une âme, comme chaque phénomène naturel.

    Les déesses des Lapons se trouvent généralement par trois : celle qui recueille l’âme transmise par la mère, celle qui permet à l’âme de devenir un fœtus, celle qui garde la tente où il y a un âtre et où la femme accouche. La déesse principale est la femme qui détient l’âme et qui permet que se forment les enfants. Les enfants naissent tous comme des femmes et deviennent seulement ensuite soit des femmes soit des hommes.

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  • Laponie, ancienne terre matriarcale
    Pohjola est un lieu mythique dans la mythologie finnoise. Étymologiquement, le mot est dérivé de Pohja, le Nord et fait référence à l’ensemble des régions polaires. Dans le Kalevala, le Pohjola est le pays des Saami (lapons). Le Pohjola peut également être considéré comme un lieu purement mythique, la source du mal. Le froid et les maladies viendraient de ce Pohjola. Selon la mythologie finlandaise, les fondations du monde — les racines de l’arbre du monde — se trouvent dans le pays Pohjola. Dans la mythologie, Louhi, une puissante sorcière règne sur le Pohjola.

    Louhi a dans la mythologie finlandaise la double fonction de sorcière des glaces et de reine d’un pays connu sous le nom de Pohjola. Elle est décrite comme une sorcière puissante ayant la possibilité de changer de forme à son bon vouloir ainsi que la faculté d’exécuter de puissants enchantements. Elle est également la principale adversaire de Väinämöinen et de ses comparses dans lutte pour la possession du Sampo.

    Louhi avait également la capacité d’enfermer la lune et le soleil dans une caverne ainsi que d’envoyer le froid sur un pays entier. Elle se servit de son don de se transformer à souhait, pour se métamorphoser fréquemment en griffon. Ce fut sous cette forme qu’elle attaqua le bateau qui emportait le Sampo.

    Dans le Kalevala, elle a aussi bon nombre de filles magnifiques, qu’Ilmarinen, Lemminkäinen et autres héros essayent de conquérir dans diverses légendes. Les tâches à accomplir pour ce faire étaient si ardues que finalement peu arrivaient à les accomplir, et le cas échéant, elle intervenait elle-même pour faire échouer leur projet. Seul Ilmarinenaura su combler ses attentes, sans pour autant conquérir une fille de Louhi, cette dernière refusant de quitter son pays d’origine. Väinämöinen et Ilmarinen furent les seuls à l’avoir tenue en défaut.

    Des personnages du Kalevala cherchent à obtenir la main de la fille de Pohjola. Louhi leur demande de réaliser des miracles comme forger le mystérieux Sampo de prospérité. Väinämöinen est le personnage principal des récits concernant le Sampo, objet rappelant une fabrique miraculeuse qui crée céréale, sel et or. Väinämöinen part à Pohjola pour y épouser la fille de Pohjola. La maîtresse de Pohjola impose au prétendant qu’il forge le Sampo. Väinämöinen n’y parvient pas et il repart déçu. Cependant, il envoie le forgeron Ilmarinen forger le Sampo de Pohjola. Toutefois la maîtresse de Pohjola ne donne pas sa fille à Ilmarinen, mais lui impose de réaliser de nouvelles tâches. Quand il a réalisé toutes les tâches, la fille de Pohjola lui est donnée comme épouse. Celle-ci est tuée et dans sa douleur Imarinen part à Pohjola épouser la seconde fille de Louhi.

    Dans la mythologie finnoise, le sampo (corne d’abondance ?) est un objet magique souvent associé à Pohjola et qui assure la fortune à son propriétaire. Ayant remarqué combien le peuple de Pohjola est heureux grâce au Sampo, il se fâche et le raconte à Väinämöinen et à Lemminkäinen. Ces derniers se fâchent à leur tour et partent vers Pohjola avec une armée pour y dérober le Sampo. Le Sampo est volé, mais sur le chemin du retour, la maîtresse de Pohjola attaque et dans les combats le Sampo est détruit. Des morceaux du Sampo échouent sur une plage et développent l’agriculture.

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  • Les Mosos sont une ethnie qui habite principalement au Sud-Ouest de la Chine, entre les provinces de Sichuan et de Yunnan. Cette ethnie n’est pas reconnue pas les autorités chinoises comme une minorité nationale, qui a reconnu la moitié du peuple, qui réside au Sichuan, comme des Mongols, et l’autre moitié, qui réside au Yunnan, comme des Naxis. En réalité, du moins culturellement, les Mosos sont des descendants des Naxis et partagent la même langue avec les précédents. Cependant, ils sont un peuple unique en Chine pour des raisons précises, et forment un groupe éthique doté de leur propre système culturel très particulier.

    Traditionnellement, l’ordre social des Mosos est un matriarcat, ils sont « matrilinéaire (les enfants sont rattachés au groupe parental maternel, qui les élève, leur transmet le nom et l’héritage), matrilocale (les femmes sont au centre de leur famille et ne la quittent pas pour rejoindre leur conjoint après une union) et avunculaire (la paternité des enfants est excercée par leur oncle maternel) »1 Néanmoins, la tradition la plus connue des Mosos en Chine reste le 走婚 (la visite furtive ou le mariage ambulant). Les femmes Mosos ne se marient jamais, elles auront plusieurs amants pendant leur vie, et la pratique du sexe est extrêmement libérale : les jeunes hommes marchent entre les maisons des jeunes filles le soir selon leur désir, mais ils habitent jamais chez la femme ; souvent, l’identité du père d’enfant est connu, mais le père est très peu présent.

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  • Sur la petite île de Kihnu (Estonie), ce sont les femmes qui veillent sur les fermes, les champs, les récoltes, le bétail, les enfants, mais aussi et surtout, sur les traditions et l’artisanat.

    Pêcheurs ou navigateurs de pères en fils, ils s’exilent de longs mois en mer. Alors, les femmes ont appris à se débrouiller seules. Depuis le milieu du XIXe siècle, elles régissent ainsi les affaires de la communauté de cinq cents habitants et gardent l’île. Ce sont elles qui veillent sur les fermes, les champs, les récoltes, le bétail, les enfants, mais aussi et surtout, sur les traditions et l’artisanat. Un héritage culturel séculaire que l’isolement leur a permis de préserver malgré l’emballement du reste du monde.

    Brochures et guides touristiques ne peuvent s’empêcher de vendre Kihnu comme l’« île aux femmes », s’extasiant devant ce modèle de société matriarcale unique en Europe.

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  • Difficile d’imaginer que l’essentiel des générations humaines a ignoré le rôle de la graine du mâle dans procréation et que la plupart n’a pas connu le mystère de l’enfantement et de la naissance, pour la simple raison que c’était la communauté des femmes, soustraite au regard des hommes, qui enlevait la femme pendant les mois précédant la naissance dans toutes les plus vieilles sociétés humaines. Au point qu’il en reste quelque chose dans la conscience des hommes modernes qui sont gênés d’apprendre des choses sur les règles de la femme et sur le fonctionnement du mécanisme de la procréation...

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