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Histoires comiques et satiriques

dimanche 4 novembre 2012, par Robert Paris

« Il vaut mieux qu’il pleuve un jour comme aujourd’hui, plutôt qu’un jour où il fait beau. »

« Celui qui dans la vie, est parti de zéro pour n’arriver à rien n’a de merci à dire à personne. »

« La cravate est un accessoire permettant d’indiquer la direction du cerveau de l’homme. » Pierre Dac

Histoires comiques et satiriques

A lire une histoire totalement fuyante...

Histoires drôles sur l’URSS

Histoire satirique Karel çapek

L’humoriste Jaroslav Hasek

Humour tchèque

Sur dieu

L’Os à moelle


LA SAUCE AUX CAPRES SANS CAPRES

Vous prenez un litre d’eau ordinaire que vous faites soigneusement bouillir. Quand elle est bien bouillie, vous prenez un deuxième litre d’eau que vous faites tiédir au bain-marie. Cela fait, vous versez goutte à goutte un autre litre d’eau fraîche dans l’eau tiède pour faire une bonne liaison. Vous laissez légèrement épaissir sur le coin du feu. Pendant ce temps, vous mettez en neige un bon litre et demi d’eau et vous incorporez cet appareil dans votre première préparation. Si votre sauce est un peu ferme, vous l’allongez avec un peu d eau légèrement dégourdie pour éviter que cela attache. Vous enfournez à feu vif pendant quarante minutes. Vous démoulez et, pour clarifier, vous délayez le tout dans un litre d’eau. Vous avez alors, ce que l’on appelle le " concentré de sauce aux câpres " qui, étant donné sa force et sa concentration, ne peut être utilisé tel quel pour les besoins de la cuisine. Si l’on veut s’en servir, il est indispensable de l’étendre avec de l’eau dans la proportion de gros comme une tête d’âne sur la pointe d’une épingle pour dix litres d’eau. Vous obtenez ainsi une sauce aux câpres très honorable et fort agréable au goût. Les personnes qui digèrent mal et qui ont un estomac délicat, si cela ne passait pas, n’auraient qu’à boire un verre d’eau.

Pierre Dac - L’Os à moelle


Ne pas prendre des vessies pour des bassets

Pour les personnels qui en seraient restés aux anciens tarifs, nous vous informons que Mr Bernard Debré, urologue à Cochin, a annoncé publiquement qu’ « une opération de la vessie, c’est 126€. » Vous avez bien lu, ce n’est pas 1126 qui est écrit ! Et cette déclaration ayant été reprise par la presse, les patients peuvent revendiquer une opération à ce tarif. C’est tellement bon marché quand on voit le prix de la chambre en chirurgie, de la consultation ou du scanner, que l’on craint que des personnes devant faire une opération de la hanche essaient de changer de pathologie !

A ce tarif, il vaut mieux laisser pisser le… Debré. Sauf que cette déclaration avait pour but de justifier ses propres dépassements d’honoraires qui se montent officiellement à 450.000e annuels. Et il a même déclaré que c’était un tarif comparable à celui d’un toilettage pour chiens ! Il faudrait vraiment que les malades sortis plumés de son service se mettent à aboyer ! Toubib or not toutoubib, telle est la question. Mais, rassurez-vous, le bénéfice, lui, n’est pas fait pour les chiens…


Statut du travail

A la suite de l’accord intervenu, on ne travaillera plus désormais le lendemain des jours de repos, mais, à titre de compensation, on se reposera la veille.

Pierre Dac – L’os à moelle


Se croire un personnage est fort commun en France :

On y fait l’homme d’importance,

Et l’on n’est souvent qu’un bourgeois :

C’est proprement le mal français.

Jean de La Fontaine


Un fils de banquier dit à son père :

- Papa, prête-moi 20 euros, mais ne m’en donnes que 10. Le père demande :

- Pourquoi, mon garçon ?

- Comme ça tu me devras 10 euros, je te devrai 10 euros et nous serons quittes !


Lettre d’une dame âgée, mais dans le coup, à son banquier, lequel amusé l’a faite publier dans le New-York Times

Cher Monsieur,

Je vous écris pour vous remercier d’avoir refusé le chèque qui m’aurait permis de payer le plombier le mois dernier. Selon mes calculs, trois nanosecondes se sont écoulées entre la présentation du chèque et l’arrivée sur mon compte des fonds nécessaires à son paiement. Je fais référence, évidemment, au dépôt mensuel automatique de ma pension, une procédure qui, je dois l’admettre, n’a cours que depuis huit ans. Il faut d’ailleurs vous féliciter d’avoir saisi cette fugace occasion et débité mon compte des 30 eur. de frais pour le désagrément causé à votre banque. Ma gratitude est d’autant plus grande que cet incident m’a incité à revoir la gestion de mes finances.

J’ai remarqué qu’alors que je réponds personnellement à vos appels téléphoniques et vos lettres, je suis en retour confrontée à l’entité impersonnelle, exigeante, programmée, qu’est devenue votre banque.

A partir d’aujourd’hui, je décide de ne négocier qu’avec une personne de chair et d’os. Les mensualités du prêt hypothécaire ne seront dorénavant plus automatiques mais arriveront à votre banque par chèques adressés personnellement et confidentiellement à un(e) employé(e) de votre banque que je devrai donc sélectionner.

Soyez averti que toute autre personne ouvrant un tel pli consiste en une infraction au règlement postal.

Vous trouverez ci-joint un formulaire de candidature que je demanderai à l’employé(e) désigné(e) de remplir. Il comporte huit pages, j’en suis désolée, mais pour que j’en sache autant sur cet employé(e) que votre banque en sait sur moi, il n’y a pas d’alternative.

Veuillez noter que toutes les pages de son dossier médical doivent être contresignées par un notaire, et que les détails obligatoires sur sa situation financière (revenus, dettes, capitaux, obligations) doivent s’accompagner des documents concernés. Ensuite, à MA convenance, je fournirai à votre employé(e) un code PIN qu’il/elle devra révéler à chaque rendez- vous. Il est regrettable que ce code ne puisse comporter moins de 28 chiffres mais,encore une fois, j’ai pris exemple sur le nombre de touches que je dois presser pour avoir accès aux services téléphoniques de votre banque.

Comme on dit : l’imitation est une flatterie des plus sincères.

Laissez-moi développer cette procédure. Lorsque vous me téléphonez, pressez les touches comme suit :

Immédiatement après avoir composé le numéro, lequel sera surtaxé par un 0892, veuillez presser l’étoile (*) pour sélectionner votre langue

Ensuite le 1 pour prendre rendez-vous avec moi

Le 2 pour toute question concernant un retard de paiement

Le 3 pour transférer l’appel au salon au cas où j’y serais

Le 4 pour transférer l’appel à la chambre à coucher au cas où je dormirais

Le 5 pour transférer l’appel aux toilettes au cas où je coulerais un bronze

Le 6 pour transférer l’appel à mon GSM si je ne suis pas à la maison

Le 7 pour laisser un message sur mon PC. Un mot de passe est nécessaire.

Ce mot de passe sera communiqué à une date ultérieure à la personne de contact autorisée mentionnée plus tôt.

Le 8 pour retourner au menu principal et écouter à nouveau les options de 1 à 7

Le 9 pour toute question ou plainte d’aspect général. Le contact sera alors mis en attente, au bon soin de mon répondeur automatique.

Le 10, à nouveau pour sélectionner la langue. Ceci peut augmenter l’attente mais une musique inspirante sera jouée durant ce laps de temps.

Malheureusement, mais toujours suivant votre exemple, je devrai infliger le prélèvement de frais pour couvrir l’installation du matériel utile à ce nouvel arrangement.

Puis-je néanmoins vous souhaiter une heureuse, bien que très légèrement moins prospère, nouvelle année ?

Respectueusement,

Votre humble cliente.


Voltaire :

Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendu.


Un jour, je sors du restaurant et j’aperçois un policier qui rédige une contravention.

Je m’approche et lui dis :

- Je ne suis resté que cinq minutes chez le boulanger. Ne pouvez-vous pas annuler cette contravention ?

Il m’ignore superbement et continue à écrire.

- Espèce d’emmerdeur, ne puis-je m’empêcher de lui dire.

Et voilà qu’il dresse une autre contravention pour absence de plaque réfléchissante à l’avant du véhicule.

Mon sang ne fait qu’un tour et je l’engueule copieusement :

- Ostie de raté, sous-produit de débile, maudit chien, impuissant, analphabète, hémorroïde hypertrophiée et j’en passe !

Ah, là, j’ai bien utilisé toutes les richesses de mon vocabulaire. Cela continue encore un quart d’heure, et le flic, sans sourciller, accumule les contraventions sous l’essuie-glace.

Je constate que tout cela ne nous mène à rien et je jette l’éponge.

Alors, suite au départ de l’agent, je marche tranquillement vers ma voiture, garée deux rues plus loin, laissant le plaisir à mon patron de découvrir sa voiture en sortant du restaurant...


Un ouvrier répond à une offre d’emploi. Il se présente au directeur de l’usine, qui lui propose :

- Mille euros par mois et une machine qui fait la moitié de votre travail. Ça vous convient ?

- Ça colle, mais il faudra mettre une machine de plus !


Au restaurant, le garçon demande au client :

- Comment avez-vous trouvé le beefsteak ?

- Tout à fait par hasard, en soulevant une frite !


Connaissez-vous la différence entre un banquier qui se fait écraser sur une route et un chat qui se fait écraser en traversant une route ?

C’est qu’il y a des traces de freinage quand il s’agit d’un chat.


Voltaire :

Si vous voyez un banquier sauter par la fenêtre, faites-en autant, il y a surement de l’argent à gagner !

Blague anglaise :

Un conducteur est bloqué dans un embouteillage et il s’enquiert auprès d’un policier qui lui indique que, plus loin devant, c’est le gouverneur de la Banque d’Angleterre qui, totalement dépressif, a bloqué la route avec sa voiture et menace de s’immoler par le feu. Les automobilistes ont donc organisé une collecte. « Ah bon, demande le conducteur au policier, et vous avez obtenu déjà combien ? » Réponse du policier : « Oh, déjà une bonne dizaine de litres, mais pour être plus sûrs, on siphonne encore… ».

Pour prouver encore que les Anglais n’aiment pas les banquiers :

Comment nommez-vous 12 banquiers ayant les pieds dans le ciment et noyés dans le lit d’un fleuve ? Un début prometteur…

Un grand banquier new-yorkais du début du siècle dernier réputé pour sa dureté en affaires avait, à la suite d’un accident, un oeil de verre parfaitement semblable a l’oeil sain. Avisant, lors d’une réception, un journaliste réputé pour sa perspicacité, il le met au défi de distinguer l’oeil de verre. Le journalisme scrute son visage un long moment et dit : "c’est le gauche". Et le banquier : "comment avez vous deviné ?," " Facile" répondit le journaliste "dans cet œil, j’ai aperçu une étincelle d’humanité."

En France, on ne ferait pas cela :

« Vous foutez pas de la gueule des riches ça peut vous arriver. »

Coluche


Plus que jamais, le mépris de classe semble d’actualité. Entre les prétendus privilégiés et les assistés supposés, la bataille fait rage et le fossé se creuse.

Un exemple :

« Les éboueurs sont des privilégiés ! », dit l’un de ces riches sans aucun privilège…

Réponse de Prévert :

Quand les éboueurs sont en grève, les orduriers sont indignés !

« Les chômeurs préfèrent ne pas travailler ! » disent les patrons !

« Heureusement pour eux, car sinon, ils ne trouveraient pas de travail » répond Pôle emploi !


Voici une description « vachesque » de différents régimes :

• Capitalisme : Vous avez deux vaches. Vous en vendez une, et vous achetez un taureau pour faire des petits et au final vous vendez l’étable par petite part et les acheteurs vous exproprient.

• Capitalisme sauvage : Vous avez deux vaches. Vous équarrissez l’une, vous forcez l’autre à produire autant que quatre, et vous licenciez finalement l’ouvrier qui s’en occupait en l’accusant d’avoir laissé la vache mourir d’épuisement.

• Capitalisme en phase actuelle : Vous aviez deux vaches. Vous avez fait croire que vous en aviez vingt mille. Vous avez obtenu des aides de l’Europe pour arrêter de faire du lait. Vous avez capitalisé les aides en bourse. Vous avez perdu à la spéculation. Vous avez titrisé vos dettes de vaches. Vous avez des titres de vaches et ils sont pourris. Vous exigez du gouvernement qu’il traie les vaches à lait du bon peuple.

• Démocratie représentative : Vous avez deux vaches. Un référendum décide à qui appartient le lait, voire les vaches. Le gouvernement que vous avez élu vous prend pour une vache à lait.

• Stalinisme : Vous avez deux vaches. Vous êtes accusé d’être un koulak. Vous perdez vos vaches et vos enfants sont accusés d’être des enfants de profiteurs alors qu’ils ne boivent pas de lait tous les jours.

• Dirigisme français : Vous avez deux vaches. Le gouvernement subventionne l’achat de la troisième, mais vous devez vendre les deux premières pour payer vos impôts.

• Libéralisme : Vous avez deux vaches. Vous achetez toutes les étables appartenant à l’État grâce à des lobbys payés avec du lait. • Démocratie représentative : Vous avez deux vaches. Une élection désigne celui qui décidera à qui appartient le lait.

• Dictature : Vous avez deux vaches. Le gouvernement les prend toutes les deux et vous fait fusiller.

• Fascisme : Vous avez deux vaches. Le gouvernement les prend toutes les deux, puis vous emploie pour vous en occuper, et vous vend le lait au prix du salaire qu’il vous paie.

• Anarchisme : Vous avez deux vaches. Vous les laissez se traire toutes seules.

• Écologisme : Vous avez deux vaches. Vous gardez le lait et le gouvernement vous achète la bouse.

• Bureaucratie : Vous avez deux vaches. Le gouvernement publie des règles d’hygiène qui vous invitent à en abattre une. Après quoi, il vous fait déclarer la quantité de lait que vous avez pu traire de l’autre, il vous achète le lait et il le jette. Enfin, il vous fait remplir des formulaires pour déclarer la vache manquante.

• Féminisme : Vous avez deux vaches. Le gouvernement vous inflige une amende pour non-respect de la parité. Vous échangez une de vos vaches pour un taureau que vous trayez aussi.

• Surréalisme : Vous avez deux girafes. Le gouvernement vous impose de leur donner des leçons d’harmonica.

• Féodalisme : Vous avez deux vaches. Le seigneur s’arroge la moitié du lait. L’autre moitié vous appartient mais vous n’avez pas le droit à du bois pour chauffer le lait ni à un bol pour le boire.

• Capitalisme de Hong Kong : Vous avez deux vaches. Vous en vendez trois à votre société cotée en bourse en utilisant des lettres de créance ouvertes par votre beau-frère auprès de votre banque. Puis vous faites un échange de dettes contre participations, assorti d’une offre publique, et vous récupérez quatre vaches dans l’opération tout en bénéficiant d’un abattement fiscal pour entretien de cinq vaches. Les droits sur le lait de six vaches sont alors transférés par un intermédiaire panaméen sur le compte d’une société des îles Caïman, détenue clandestinement par un actionnaire qui revend à votre société cotée les droits sur le lait de sept vaches. Au rapport de la dite société figurent huit ruminants, avec option d’achat sur une bête supplémentaire. Entretemps, vous abattez les deux vaches parce que leur horoscope est défavorable.

• Démocratie de Singapour : Vous avez deux vaches. Vous écopez d’une amende pour détention de bétail en appartement.

• Olympisme : Vous avez deux vaches, une américaine et une chinoise. Avant la compétition, on vous montre à la télé un reportage de 15 minutes qui retrace comment la vache américaine a surmonté les affres d’une jeunesse passée dans les ghettos noirs et blancs, avec des parents divorcés etc... Puis on vous montre pendant 10 secondes la vache chinoise battue chaque jour par un fermier tyrannique et ayant vu ses parents abattus, dépecés et découpés devant ses yeux. La vache américaine gagne l’épreuve, triomphant malgré une sévère foulure de la mamelle, et gagne plusieurs millions de dollars grâce à un contrat passé avec un vendeur de soja. La vache chinoise est conduite hors du stade et abattue par les officiels du gouvernement chinois, et personne n’entend plus parler d’elle. McDonald achète sa viande et la sert dans les Big Mac de son restaurant de Pékin.

• Pour une entreprise russe : Vous avez deux vaches. Vous buvez de la vodka et vous les comptez une fois de plus, vous en avez cinq. La mafia russe survient et prend toutes celles que vous déclarez avoir.

• Pour une entreprise californienne : Vous avez des millions de vaches. La plupart sont des clandestines.

• Dans une entreprise corse : Vous avez deux cochons, le gouvernement vous verse des subventions pour 90 vaches et vous vendez des cochonnailles au doux goût de cochon breton.


Conte satirique de Robert

En ce temps-là, la race humaine cherchait toujours à accumuler des objets, le plus grand nombre d’objets. En ce temps-là, les objets étaient réels, tangibles. Chacun avait sa fonction : des objets pour manger, des objets pour se déplacer, des objets pour construire, des objets pour écrire, des objets pour penser...

Un jeune homme de 75 ans (à cette époque, il aurait en fait été considéré vieux) travaillait (notion trop difficile à expliquer ici en peu de mots) dans une boutique d’antiquités. Attardons-nous d’abord à cette notion particulièrement étrange, bien que typique de cette période reculée, qu’est la « boutique ». Une boutique était un endroit, un lieu physique, où des gens qui s’y déplaçaient (physiquement) pouvaient se procurer, pour « acheter » des choses (des objets tangibles qui étaient « vendus ») en échange d’un paiement (soit, le don d’une chose sans valeur nommée « argent » qu’on accumulait à mesure d’efforts divers récompensés, souvent liés au concept susmentionné de « travail »). Ces choses, qu’on avait habitude de rechercher en vue d’une accumulation, étaient alors transportées (physiquement) jusqu’au lieu de résidence des humains (nommés à cette époque « maisons ») afin que ces humains puissent en faire un quelconque usage. Des « antiquités », concept encore plus difficile à imaginer (lisez bien attentivement) étaient en fait des choses physiques achetées, puis transportées, puis oubliées (ou jetées), revendues à des « antiquaires » (suivez bien, s’il vous plaît) qui, eux-mêmes les revendraient à nouveau à de nouveaux êtres humains. Ça paraît absurde, mais comment juger la candeur de cette époque lointaine ?

Or, cet homme (nous entendons ici par « homme » un être humain de sexe hétérogamétique) travaillait dans une boutique d’antiquités spécialisée en objets des années 50, 60 et 70 (c’était le nom alors donné aux années que nous situons maintenant entre -248.2 et -245.2). Les objets typiques de cette époque étaient reconnus pour leurs couleurs voyantes (excluant les couleurs infrarouges ou ultra-violettes si courantes de nos jours), leur apparence futuriste (par « futur », ces populations primitives entendaient ce que nous appelons la période pré-néo-historique) et leurs matières variées (dont le plastique, seule matière qui nous soit maintenant connue - mais cela, bien entendu, ne demande aucune précision). Dans sa boutique, cet homme s’ennuyait à force d’attendre (nous avons bien peur d’avoir à encore alourdir ce conte du rappel que le temps était à cette époque compris de manière linéaire, dite « chronologique » - bref, « attendre » n’était pas une activité prisée, mais vue comme désagréable) que des clients (les humains en quête « d’acheter ») se présentent physiquement dans sa boutique.

Un autre homme, nommé Robert, se présenta enfin. Il dit à l’antiquaire : « Bonjour ! » (les activités humaines se groupaient souvent pendant cette période comprise entre 500 heures et 750 heures - l’heure métrique n’était par contre pas encore en vogue), ce à quoi, fidèle à la tradition de l’époque, l’antiquaire répondit lui aussi : « Bonjour ». Robert poursuivit : « Je suis à la recherche de Tupperware ». « Bien sûr, mon petit monsieur », rétorqua l’antiquaire en pointant dans la section appropriée.

Là, se trouvaient de multiples contenants Tupperware, dont certains possédaient même toujours leurs couvercles. Notons que l’utilisation du Tupperware était alors reléguée à certains aspects pratiques de la vie courante, et non à l’adoration divine que nous connaissons aujourd’hui. Or, les couvercles étaient fort prisés (ce qui explique, selon plusieurs chercheurs contemporains, la rareté des spécimens qui nous sont parvenus), rendant possible la conservation de la fraîcheur des aliments, entre autres fonctions (spécifions ici que les « aliments » étaient en ces temps reculés consommés par la bouche, mastiqués puis avalés avant d’être digérés). Robert choisit donc une série de contenants et paya l’antiquaire afin de quitter les lieux avec sa nouvelle collection dans un sac de plastique.

L’antiquaire fut surpris de la rapidité de l’échange. Il compta l’argent et découvrit une somme bien supérieure à celle qu’il avait requise, ce qui le rendit fort heureux (être « heureux » n’était pas chose usuelle)...

Robert revint chez lui, au début de notre ère, avec son Tupperware. Eh, oui : « Notre Tupperware ». Ce Robert, vous l’aurez compris, est celui que nous appelons maintenant « Notre Sauveur », le seul être humain à avoir survécu à un si long voyage temporel ; celui sans qui nos vies seraient si vides de sens.

La suite de l’histoire, bien sûr, vous la connaissez parfaitement...


Un mort s’en allait tristement S’emparer de son dernier gîte ; Un curé s’en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite. Notre défunt était en carrosse porté, Bien et dûment empaqueté, Et vêtu d’une robe, hélas ! qu’on nomme bière, Robe d’hiver, robe d’été, Que les morts ne dépouillent guère. Le pasteur était à côté, Et récitait, à l’ordinaire, Maintes dévotes oraisons, Et des psaumes et des leçons, Et des versets et des répons : « Monsieur le Mort, laissez-nous faire, On vous en donnera de toutes les façons ; Il ne s’agit que du salaire. » Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort, Comme si l’on eût dû lui ravir ce trésor, Et des regards semblait lui dire : « Monsieur le Mort, j’aurai de vous Tant en argent et tant en cire, Et tant en autres menus coûts. » Il fondait là-dessus l’achat d’une feuillette Du meilleur vin des environs ; Certaine nièce assez popette Et sa chambrière Pâquette Devaient avoir des cotillons. Sur cette agréable pensée, Un heurt survient : adieu le char. Voilà Messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée : Le paroissien en plomb entraîne son pasteur ; Notre curé suit son seigneur Tous deux s’en vont de compagnie.

Proprement toute notre vie Est le curé Chouart qui sur son mort comptait, Et la fable du Pot au Lait.

Jean de La Fontaine


" C’est dans la nuit du 21 novembre au 18 juillet de la même année que les frères Fauderche ont jeté les bases de cet extraordinaire appareil dont la conception révolutionnaire risque de bouleverser toutes les lois communément admises tant dans le domaine de la physique nucléaire que dans celui de la gynécologie dans l’espace.

Voici donc, d’après la communication qu’ils viennent d’adresser à l’Académie des inscriptions sur les murs, et des belles lettres recommandées, quelles en sont les principales caractéristiques .

Le Schmilblick des frères Fauderche est, il convient de le souligner, rigoureusement intégral, c’est-à-dire qu’il peut à la fois servir de Schmilblick d’intérieur, grâce à la taille réduite de ses gorgomoches, et de Schmilblick de campagne grâce à sa mostoblase et à ses deux glotosifres qui lui permettent ainsi d’urnapouiller les istioplocks même par les plus basses températures. Ça c’est clair, jusque là !

L’un des principaux éléments du Schmilblick est la papsouille à turole d’admission qui laisse passer un certain volume de laplaxmol, lequel, comme chacun le sait, n’est autre qu’un combiné de smitmuphre à l’état pur et de roustimalabémol sulsiphoré. Le laplaxmol, après avoir été soumis à un courant polyfoisé de l’ordre de 2 000 spickmocks exactement - moins, ce ne serait pas assez, plus ce serait trop -, se transforme alors en troufinium filtrant, non pas à l’état métalbornique, ce qui serait non seulement ridicule, mais encore totalement inopérant, mais bel et bien à l’état guilmanuré, d’où formation de gildoplate de raboninite, élément neuromoteur et fondamental du Schmilblick.

La mise en marche du Schmilblick est, vous allez en juger, d’une déconcertante facilité puisqu’elle s’opère par simple rivaxion de la rabruche.

Automatiquement, le flugdug - le flugdug métranoclapsoïdique, naturellement, autrement, ça n’aurait aucun sens, voyons - le flugdug métranoclapsoïdique, donc, entraîne, par le jeu de sa liquemouille et de ses trois spodules, le bournoufle du grand berdinière, qui faisant pression sur la rutole de sibergement libère la masse des zavaltarépodes, lesquels poussent le clampier dans la direction du viret d’alcalimon. C’est à ce stade, qu’intervient la phase la plus délicate du fonctionnement car, jusqu’à ces temps derniers, il y avait à cette période, risque permanent de calcifrage par suite du passage du flagdazmuhl dans le calcif du propentaire de mortification.

Eh oui ! Eh oui ! C’était très dangereux .

Or, il a suffi aux frères Fauderche de brancher un simple schpatmock du commerce sur le bidule d’échappement et deux pepsoïdaux clatinomalfoireux sur l’artimon préférentiel pour placer le Schmilblick en position idéale d’évernescence pornogyrohallucinoïdale d’où élimination radicale et même radicale socialiste, de tout risque d’accident - parallèlement le problème de saturation par accumulation des gaz splélémétiques ne se pose plus puisque, dans le schmilblick intégral, ils sont nécessairement et obligatoirement fulmiférés par le lavalnaplage automatique des onazbiplucks extra-chiadés. Enfin tout danger de gastralaminage est définitivement écarté par 1’utÏlisation rationnelle, dans la bélure staphomotrice, de la force extraphalzaroïdique, laquelle, comme nul ne l’ignore est proportionnelle au carré des ondes talardinconcentriques.

Tel est, dans ses grandes lignes, dans ses lignes essentielles, le Schmilblick de Jules et Raphaël Fauderche, que les plus hautes compétences s’accordent à reconnaître, non seulement comme la plus étonnante découverte de tous les temps, mais, au sujet de laquelle, il est toutefois permis de se poser la question suivante : certes, le schmilblick est un merveilleux appareil, dont l’admirable degré de perfection ne saurait être révoqué en douce , mais en dépit de tout cela, en bref, au juste et en définitive, à quoi sert-il ? Pour pertinente qu’elle soit, cette question ne comporte pas de réponse. Car le grand, l’immense mérite, des deux illustres savants qui sont les frères Fauderche, réside principalement dans leur magnifique esprit de désintéressement, puisque faisant uniquement de la science pour la science, comme d’autres font de l’Art pour l’Art, ils n’ont jamais et à aucun moment, envisagé le côté bassement utilitaire de leur généreuse et gratuite invention .

Ainsi donc, haut les coeurs et chapeaux bas, devant ces deux hommes aussi modestes qu’audacieux, et qui , partis de rien, pour arriver nulle part, n’ont pas hésité à consacrer les plus belles années de leur existence au seul bénéfice de la géniale réalisation qu’est le schmilblick. Ce schmilblick, dont on peut d’ores et déjà prédire que demain, ou les jours suivants, il sera universellement considéré par tous les hommes de bonnes volonté non seulement comme le sublime foyer du phare, d’une civilisation lumineusement rénovée, mais encore et enfin comme la seule panacée possible au sein d’un monde humainement et schmilblickement pacifié !"

Pierre Dac

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