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Les écolos ont de quoi devenir verts : ils participent à un gouvernement qui lancera demain l’exploitation en France du gaz de schiste !!

mardi 20 novembre 2012, par Robert Paris

Les écolos ont de quoi devenir verts : ils participent à un gouvernement qui lancera demain l’exploitation en France du gaz de schiste !!!

Rassurés les verts par les déclarations du gouvernement selon lesquelles l’exploitation du gaz de schiste est arrêtée mais la recherche sur le sujet continue ainsi que les explorations du territoire ? Rassurés par les multiples études et conférences commanditées à la fois par des ministres et le lobby de l’énergie ? Rassurés par les nombreuses déclarations d’hommes politiques de gauche du PS ou proches du PS selon lesquelles on ne peut pas passer à côté d’un pactole pareil ?

Non, certainement pas puisque la plus accro à la participation gouvernementale qui a considéré que le MOX (le combustible nucléaire le plus dangereux au monde et fourni par la France !), que l’exploitation des peuples de la région du Niger dans l’extraction de l’uranium (ainsi que les guerres qui en découlent) et l’investissement français dans le nucléaire japonais et la non fermeture des centrales dangereuses et vieilles, comme la continuation dans une zone sismique de la centrale EPR de Flamanville n’étaient pas de motifs de désaccords assez sérieux pour ne pas participer au gouvernement dit de gauche : j’ai nommé Cécile Duflot. Eh bien, elle a considéré que la sortie du gouvernement qui n’est pas justifiée dit-elle par le fait que ce gouvernement fait payer la crise aux travailleurs, ni qu’il impose son aéroport à Notre-dame des landes, et pense que cette sortie ne se posera que quand le gouvernement commencera l’exploitation du gaz de schiste en France.

Cela montre en tout cas qu’elle n’exclue nullement cette hypothèse. Allons plus loin : plus qu’une hypothèse, c’est une certitude.

Les manœuvres actuelles, dont le retardement des exploitations (sans annulation des autorisations déjà fournies, sans arrêt des recherches, sans suppression des explorations !), consistant en déclarations vagues sur la suspension des exploitations prévues, ne montrent qu’une chose : Hollande-Ayrault temporisent pour éviter l’éclatement de leur majorité afin de mouiller davantage les écolos dans ses politiques antisociales.

Par contre, ils envoient en éclaireur certains de leurs dirigeants comme Rocard pour faire avancer le dossier dans le public. Même Thibaut est appelé à soutenir le gaz de schiste au nom des intérêts de la France et… de l’emploi !

Rocard a même déclaré carrément que les gaz de schistes font de la France « une terre bénie des dieux » !

Autre point d’attaque : le rapport Gallois préconise l’utilisation des gaz de schiste soi-disant pour faire face aux difficultés de l’économie française !!!

Or Ayrault-Hollande ont déclaré qu’ils appliqueraient en totalité les préconisation du rapport Gallois qu’ils ont eux-mêmes demandé et qui vient de leur camp….

Dans une interview au Monde, Rocard prétend qu’il n’a « rien lu qui soit complètement convaincant contre les gaz de schiste. » Il rajoute : « On a un réflexe fantasmé du même type que face aux OGM. » Bonne nouvelle pour les écolos : après les schistes ou avant, il y aura les OGM….

Rocard rajoute : « Pour l’Europe, la France serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole. » Eh, eh !!! Et il termine en disant : « Peut-on s’en priver ? Je ne le crois pas. »

Duflot qui déclare dans une interview au JDD que l’autorisation d’exploitation du gaz de schiste serait « franchir la ligne rouge » qui pourrait (notez le temps du verbe !) entraîner une sortie du gouvernement vous semble-t-elle une pression suffisante pour faire reculer Hollande ? Il a répondu que la sortie, un jour ou l’autre des Verts du gouvernement était une éventualité qui ne l’affolait pas. Il a la majorité sans les verts !

N’est-ce pas en clair une déclaration montrant qu’Hollande n’a fait que retarder l’exploitation mais n’a nullement l’intention de l’empêcher pas plus qu’il n’empêche rien qui permettrait au grand capital de tirer du profit ?

Examinons l’affirmation de Rocard selon laquelle il n’y aurait rien de complètement convaincant contre l’exploitation des gaz de schiste et affirmant que le gaz de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), aujourd’hui arrêté, était lui aussi extrait par fracturation hydraulique sans dégâts sur place, disait-il.

Tout d’abord, il ment : l’exploitation du gaz de schiste ne nécessite pas seulement la fracturation par pression hydraulique. Il faut y rajouter des produits chimiques qui polluent ensuite les nappes phréatiques.

Il faut une centaine d’additifs chimiques chargés d’élargir les fissures pour extraire le « gaz de schiste » et il faut deux cent fois plus de puits forés que pour le gaz dit « conventionnel ».

Au total, les 14 compagnies américaines ont utilisé plus de 2.500 produits pour la fracturation hydraulique contenant 750 substances chimiques (...), dont 29 sont connus pour être des cancérigènes ou suspectés comme tels ou représentant des risques pour la santé et l’environnement », selon le résultat des recherches des parlementaires américains. Ces produits sont utilisés pour épaissir ou désépaissir le liquide de fracturation, pour améliorer sa fluidité ou bien pour tuer les bactéries pouvant réduire les performances de fracturation, et se retrouvent dans les nappes phréatiques.

Parmi les produits, on note le de benzène, le toluène, le xylène et l’éthylbenzène, connus sous le sigle BTEX. Au total, les compagnies ont injecté 43 millions de litres de produits contenant au moins un BTEX sur une période de 5 ans. Une autre substance, l’éthylène glycol monobutyl éther, connue pour ses capacités de destruction de globules rouges ou de dommages à la moelle osseuse, le foie ou la rate, était le produit le plus utilisé au Texas.

Et il faut aussi beaucoup plus d’eau que dans une extraction type gaz de Lacq : en moyenne 15 millions de litres d’eau par puits. Donc des tonnes d’eau qui vont vers les nappes phréatiques et y entraînent une quantité de produits chimiques plus dévastateurs les uns que les autres. Et des quantités de puits qui détruisent le paysage. Et tout cela pourquoi ? Pour que quelques trusts détiennent plus de richesses et nous la fassent payer très cher quand même pour augmenter leurs profits ou racheter des entreprises aux quatre coins du monde…

Enfin, l’exploitation du gaz de schiste est accusée d’abimer le paysage. Le réseau de gazoducs locaux doit s’adapter à la configuration changeante dans le temps du champ d’exploitation. Il faut terrasser, construire des routes et pistes pour l’accès aux engins, enfouir un réseau de tuyaux (gazoduc), ce qui est source d’impacts écopaysagers importants

Pourquoi tous ces moyens supplémentaires ? Parce que le gaz est contenu par petites bulles disséminées dans l’argile (et pas dans le schiste) et non par grandes poches comme les réserves de « gaz naturel ».

Les USA exploitent depuis 2007 le gaz de schiste, la compagnie Devon ayant été la première à en tirer un véritable pactole. En mars 2010, l’Etat a délivré les premiers permis d’explorer et on a trouvé plein de gaz de schiste en France. Manque de chance, un documentaire américain intitulé « GasLand » a révélé les dégâts causés par ces forages. Et l’opinion publique a été touchée par ces informations ! Du coup, c’est le gouvernement de droite, avec Nathalie Kosciusko-Morizet qui a suspendu pour six mois les prospections de gaz de schiste, prospections que le gouvernement gauche-écolo vient de … réautoriser !!!

Et ce n’est pas seulement l’exploration que le gouvernement crève d’envie d’autoriser : le ministre de l’Industrie Charles Lamiraux déclarait déjà « Au vu de notre dépendance au gaz étranger, il serait dommage de laisser passer une telle opportunité ».

Selon François Hollande, il ne faut jamais rien écarter, surtout si des recherches démontrent que ces hydrocarbures peuvent être obtenu sans nuire à la nature. Et on va préparer l’opinion... Déjà, une étude de Sia Conseil estime que l’exploitation du gaz de schiste permettrait de créer 100 000 emplois au minimum en France d’ici 2020. Une projection a été réalisée par Sia Conseil, un cabinet de conseil en management et en stratégie opérationnelle. Certains économistes comme Philippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine et spécialiste des matières premières estiment déjà que les risques que représentent l’exploitation d’une telle ressource sont extrêmement faible par rapport à son potentiel....

Fin août, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait déclenché un tollé en déclarant que la question de l’exploitation des gaz de schiste n’était "pas tranchée" et serait évoquée lors de la conférence environnementale. Et les ministres du Parti socialiste pensent la même chose. Ils ne sont pas autorisés à le dire trop ouvertement pour le moment pour éviter le clash… Il faut préparer l’opinion. Le lobby pétrolier et gazier inonde les médias de ce nouveau mythe : si on exploitait le gaz de schiste comme les Américains, la croissance reviendrait.

Petit à petit, les recherches du des techniques d’extraction dites propres du gaz de schiste reprennent, favorisées par la majorité socialiste et le président Hollande. Trois organismes publics français ont décidé de relancer les recherches sur ce sujet alors qu’existe aujourd’hui une seule technique d’extraction, celle dite de la fracturation hydraulique, qui représente des risques considérables sur l’environnement.

Il suffit d’attendre un peu en faisant une bonne campagne de pub à coups d’arguments économiques et l’Etat mettra la main sur un pactole dont elle fera bénéficier quelques trusts…. On rachète à bas prix des terrains et on ne paie nullement de revenus à leurs anciens propriétaires. On se débrouille pour masquer un peu les conséquences et les risques et le tour est joué ! Cela fera juste quelques ministres verts en moins qui auront crédibilisé l’action du gouvernement le temps qu’il faut pour faire les recherches et explorations. Ou bien quelques ministres écolos qui auront appris à être verts en silence...

2 Messages de forum

  • Le Royaume-Uni met en pause ses travaux visant à développer l’exploitation du gaz de schiste. Samedi 2 novembre, le gouvernement britannique a annoncé un moratoire sur la fracturation hydraulique destinée à extraire ce gaz du sous-sol, cette méthode engendrant des risques de secousses sismiques.

    Après avoir consulté un rapport du régulateur du secteur ayant étudié l’activité sismique récente près d’un site où est pratiqué la fracturation hydraulique, dans le nord-ouest de l’Angleterre, "il est clair que nous ne pouvons pas exclure de nouvelles conséquences inacceptables pour la population locale", a déclaré dans un communiqué Andrea Leadsom, ministre chargée des Entreprises et de l’Energie, annonçant avoir "conclu que nous devrions instaurer un moratoire sur la fracturation hydraulique en Angleterre avec effet immédiat".

    Le gouvernement conservateur du Premier ministre Boris Johnson avait par le passé indiqué son soutien pour l’industrie du pétrole et du gaz de schiste, alors qu’il entend réduire la dépendance du pays à l’égard des importations de gaz naturel qui est utilisé pour chauffer 80% des foyers britanniques. Mais la fracturation hydraulique s’avère destructrice de la stabilité du sous-sol !!!

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  • Ce n’est pas seulement en France que les écolos de gouvernement bourgeois pactisent avec n’importe qui pour faire n’importe quoi !

    On vient de le voir en Autriche avec leur pacte de gouvernement avec une droite très proche de l’extrême droite !

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