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Le feuilleton des chantages aux salariés d’ArcelorMittal et les leçons à tirer sur les politiques syndicales

dimanche 16 décembre 2012, par Robert Paris

Le feuilleton des chantages aux salariés d’ArcelorMittal et les leçons à tirer sur les politiques syndicales

Avec PSA, l’entreprise ArcelorMittal est l’une des opérations de licenciements très médiatisée et d’autant plus qu’elle ne symbolise que la dépendance de la lutte des ouvriers auprès d’appareils qui ne l’aident nullement à s’organiser.

Ces licenciements, se produisant en pleine vague de suppressions d’emplois dans toute la France, dans tous les secteurs activité, aurait pu, comme ceux de PSA, symboliser une révolte ouvrière unie face à l’action unie, planifiée des patrons. Il n’en est rien. La réaction indignée de toutes centrales syndicales d’ArcelorMittal à la proposition de manifestation nationale de soutien aux ouvriers d’ArcelorMittal de Florange n’a pas seulement rappelé leur volonté de monopoliser la direction des actions sur un terrain purement syndical et apolitique mais aussi leur refus d’action d’ensemble partant d’une lutte localisée. Bien sûr, Mélenchon le Front de Gauche ne proposaient nullement unifier les luttes ouvrières mais seulement de dénoncer le patron Mittal, opération politicienne et nationaliste de surcroît. Cependant, ces syndicats qui n’ont manifesté aucune volonté sérieuse de se battre contre les licenciements sont bien réactif dès que quelqu’un propose quelque chose pour dénoncer publiquement les licenciements. Mélenchon a retiré sa proposition à toute vitesse dès qu’il a été accusé de vouloir donner des leçons politiques aux syndicats.

Et pourtant, il est vrai que c’est en intervenant sur le terrain politique que la classe ouvrière peut se battre efficacement et pas en restant sur le terrain de la lutte site par site, emploi par emploi, en négociant localement et en manifestant syndicalement de manière isolée. Tous les plans de licenciements l’ont bien montré.

Donc les syndicats détiennent un monopole de l’action dans la classe ouvrière, pouvoir auquel elles tiennent au point qu’elles ont manifesté … leur volonté de décider de ne rien faire !

Les syndicats d’ArcelorMittal crient à la trahison du gouvernement après le retrait de la proposition de nationalisation alors qu’ils étaient fiers, la veille, d’avoir bu le café avec le ministre qui avait été gentil avec eux !!! Quelques mois ou années avant, ils avaient été fiers de leurs négociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C’est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...

Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C’est normal : ils ont considéré qu’ils étaient du même bord, à défendre l’entreprise, à défendre la région, à défendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : à défendre les prolétaires fût-ce aux dépens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de défendre leurs profits, fût-ce en nous assassinant !

A nous d’en tirer les leçons pour le combat qui vient et pas seulement à ArcelorMittal…

Car il n’y a pas un combat à ArcelorMittal qui se rajouterait à un autre combat à PSA, à un autre contre les suppressions d’emplois de cheminots et un autre pour les licenciements dans d’autres trusts. C’est un seul combat de classe que les travailleurs ne peuvent mener que s’ils mènent aux-mêmes leur lutte en s’organisant en comités de salariés et pas en confiant la direction à des appareils réformistes. Que feraient de plus des comités de salariés que ne font pas les dirigeants syndicaux ? Prenons l’exemple des licenciements à LIP ! Le comité de salariés, loin de pleurer après les patrons et le gouvernement, avait mené l’action directe, n’avait pas craint de saisir le capital (argent, montres et plans) et de refuser la légalité patronale, pour ensuite réquisitionner l’entreprise et la faire tourner au seul profit des salariés !

Pour les salariés de ArcelorMittal ou de PSA, déçus que la nationalisation soir refusée par le gouvernement de gauche, il y a une toute autre perspective : la socialisation, c’est-à-dire la réquisition par des comités de travailleurs de toutes les entreprises qui licencient... Mais il faudra aussi se convaincre qu’il ne faut pas confier la tâche à des dirigeants réformistes mais la réaliser nous-mêmes.

Les syndicalistes d’ArcelorMittal affirment être fiers d’avoir toujours agi dans l’unité pour ne pas céder aux chantages et pressions du patron et du gouvernement. Mais pourquoi leur unité devrait-elle s’arrêter aux portes de l’entreprise, pourquoi n’agiraient-ils pas avec les Peugeot, avec les Petroplus, avec les salariés des banques dont on supprime aussi les emplois, avec les cheminots, avec les infirmières et aides soignantes, avec les fonctionnaires du Trésor public qui subissent eux aussi des licenciements. Et faut-il se féliciter que les syndicats se disent trahis puisque cela signifie qu’ils avaient signé des accords avec la direction de Mittal, accords cautionnés par les gouvernements successifs ?

Et cela signifie qu’ils essaient de faire croire qu’on peut lutter contre le chômage dans le cadre d’un capitalisme qui ne cesse de s’effondrer. C’est un mensonge : l’avenir est soit aux travailleurs mobilisés et organisés soit à la barbarie. Le chômage de masse signifie la misère de masse et le retour de ses compagnons : fascisme et guerre mondiale. Défendre la classe ouvrière, c’est préparer le socialisme. Il n’y a pas d’autre issue. La lutte qui vient sera sociale mais elle sera aussi politique. Il convient que la classe ouvrière apparaisse comme la force capable de proposer une autre issue à toute la société, c’est-à-dire une issue qui permette de sortir du système capitaliste.

La stratégie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salariés de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont même pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salariés d’Arcelor luttent seuls, les salariés de chaque banque comme la banque de France récemment luttent seuls, etc… Tout au plus une petite journée syndicale d’inaction par ci par là. Cette stratégie n’est pas contestée par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui prétendent que leur lutte locale est censée suffire pour faire reculer le patron au moment où l’offensive patronale de licenciements est générale et non locale, globale et non conjoncturelle.

Car leur discours consiste surtout à négocier et pas à lutter. La lutte n’est rien d’autre pour elles que la dernière roue du carrosse des négociations ! Et, de négociation en négociation, elles n’ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires…

Leur action se refuse à toute conception de classe puisqu’il ne s’agit jamais d’unir même les travailleurs d’un même trust sans même parler d’unir les travailleurs licenciés au même moment et ne parlons pas d’unir toute la classe ouvrière…

Les syndicats d’Arcelor avaient affirmé, comme ceux de PSA Aulnay, vouloir être le cauchemar du patron et celui du gouvernement mais ce ne sont là que discours de dirigeants syndicaux qui maintiennent leurs troupes bien en main à coups de sono. Ils ne menacent la bourgeoisie et son pouvoir de rien du tout en réalité et sont justement les organisateurs de lutte dont le patronat et le gouvernement veulent absolument…

L’exemple des licenciements à ArcelorMittal l’a bien montré.

Petite chronologie de la lutte à ArcelorMittal

Lors du rachat d’Arcelor par Mittal, le patron de ce dernier avait promis de "sauver" Gandrange et Florange et les syndicats y avaient cru et avaient fait passer la pilule aux salariés. C’est leur accord qui a permis à Mittal de réussir son OPA...

C’est en 2006, moins de deux ans après la fusion d’Arcelor et Mittal que la direction du nouveau groupe avait annoncé son intention de supprimer l’aciérie et un laminoir de l’usine de Gandrange près de Metz. Soit près de 700 emplois directs, sans compter les 300 sous-traitants à demeure sur le site, ni compter les centaines d’emplois induits. C’est une usine qui, en trente ans, est passée de 14 000 à moins de mille travailleurs.

En 2000, Mittal a repris pour le franc symbolique l’usine à Usinor qui, fraîchement privatisé, n’en voulait plus. Rappelons que, sous prétexte de pertes, la sidérurgie avait été reprise par l’État à la fin des années 1970 pour être nationalisée par la gauche en 1982. Sous la nationalisation, des dizaines de milliers d’emplois avaient encore été supprimés et les usines restantes - dont celle de Gandrange - modernisées.

Le PDG avait alors déclaré : « Nous voulons rendre le travail plus sûr en déménageant dans un meilleur endroit », sous-entendu le site Arcelor de Florange. Du côté des syndicats, chacun a beaucoup plaidé pour sa solution : la CGT a défendu une reprise de l’ensemble de l’usine par un repreneur extérieur, mais ArcelorMittal n’est pas vendeur d’un site acquis pour le franc symbolique en 1999. La CFDT et la CGC, elles, plaidaient pour une modernisation de l’usine et une poursuite de l’ensemble de l’activité au sein d’ArcelorMittal, expliquant à la direction qu’elle économiserait 15 millions si elle suivait leur projet, évalué à 40 millions d’euros, alors que le coût de la fermeture est chiffré par la direction elle-même à 55 millions. Les syndicats avaient demandé alors, en février 2008, à Sarkozy de venir à Gandrange et le président, reçu en grande pompe avec l’accord du patron, s’était alors engagé à maintenir l’emploi sur le site, félicité alors par les dirigeants syndicalistes… Sarkozy prétendait avoir des solutions à proposer au patron, en forme d’aides de l’Etat…

Mais la direction du groupe n’a eu cure de tous ces bons conseils… Les syndicats avaient prétendu faire confiance au patron, puis faire confiance au président et tous ces mensonges s’étaient révélés inutiles : le patron a confirmé ses licenciements et sa fermeture, les syndicalistes se déclarant alors trahis par le patron et le gouvernement !

Ce que les salariés pensaient des syndicats collaborationnistes, on a pu le voir après un CE extraordinaire auquel CFDT et CGC avaient encore participé : les jeunes travailleurs qui manifestaient avaient voulu en venir aux mains avec ces « syndicalistes » et ces derniers avaient été physiquement protégés par les militants de … la CGT. Et, en mai 2008, c’est spontanément et derrière aucun syndicat que les travailleurs avaient fait grève à Gandrange contre ArcelorMittal. Les syndicats qui ne participaient même pas à la grève et la CGT qui la soutenait ont cependant négocié avec le patron à la place des salariés grévistes… la fin de la grève. La CFDT s’était même ouvertement opposée à la grève jusqu’au bout…

Il faut rappeler que, si le patron ArcelorMittal n’avait jamais tenu ses promesses, les syndicats avaient tenu les leurs, contenues dans l’« accord sur la prévention des conflits » signé par tous les syndicats sauf la CGT.

En novembre 2008, c’est à Florange en Moselle, qu’ArcelorMittal a décidé d’arrêter l’un de ses deux hauts fourneaux produisant de l’acier pour les constructeurs automobiles. Dans la même région, le fabricant de pneumatiques Continental a, pour sa part, annoncé la suppression d’une centaine d’emplois d’intérimaires et une réduction de plus de 10 % de sa production. Chez les équipementiers et sous-traitants de Lorraine, ce sont près de 1 000 salariés au total qui vont connaître, en novembre et décembre, des périodes de chômage partiel. Eh bien, il n’a jamais été question de la part d’aucun syndicat d’unir ces luttes…

En décembre 2008, la direction a annoncé 1400 départs soi-disant volontaires dans les secteurs autres que celui de la production en France, et ce, dès le début de l’année 2009. Là non plus aucun lien de la part des syndicats avec les autres usines. La direction attaque séparément et les uns après les autres, et les syndicats limitent la lutte les uns aux salariés immédiatement attaqués, après les autres… En septembre 2011, il y a eu l’annonce par ArcelorMittal de la mise à l’arrêt au moins jusqu’au début 2012 de son deuxième haut-fourneau (le premier étant déjà arrêté depuis juin dernier) a suscité beaucoup d’inquiétude. D’autant que cela fait suite à l’arrêt en juin de l’autre haut-fourneau et à la mise au chômage partiel de la division Emballage. Et Dunkerque a aussi été menacé alors que les syndicats avaient cru le patron qui leur avait dit que leur site bénéficierait des fermetures de Florange et de Liège. Vive la division pour les syndicalistes, c’est chacun pour son site !

En mars 2012, Nicolas Sarkozy a demandé à recevoir lundi à l’Elysée les syndicats de l’aciérie ArcelorMittal de Florange. "Que les syndicalistes défendent les syndiqués et ne fassent pas de politique et la CGT se portera mieux (...) Je dis aux vrais salariés de Florange, ceux qui travaillent, que je suis à leur disposition", a déclaré ensuite le président-candidat, s’attaquant verbalement à la CGT et à la CFDT, après les incidents survenus entre des salariés d’ArcelorMittal venus de Florange et les forces de police, devant son QG de campagne à Paris. Nicolas Sarkozy s’est élevé contre l’attitude des syndicalistes CFDT ArcelorMittal de Florange. « Quant aux permanents de la CFDT, ils trahissent la confiance des salariés, a accusé le président. Ils sont venus m’insulter et essayer de casser mon siège de campagne. Ne confondons donc pas les salariés d’ArcelorMittal, que je ne laisserai pas tomber, et des syndicalistes qui trompent leurs adhérents en faisant de la politique au lieu de défendre l’intérêt des salariés. » La position de l’intersyndicale, qui regroupe la CFDT, mais également la CGT et FO, s’est nettement infléchie en février, lorsque la direction d’ArcelorMittal a confirmé que les hauts-fourneaux de Florange ne redémarreraient pas au deuxième trimestre. Le 16 février, Édouard Martin, représentant de la CFDT à Florange, affirmait ainsi : « Florange sera le cauchemar du gouvernement. » De même, l’intersyndicale s’est rendue le 15 mars devant le QG du candidat Nicolas Sarkozy, même si Édouard Martin réfute absolument tout acte de violence.

En face, le candidat socialiste s’engageait aux côtés des salariés et il a l’appui des syndicats…

François Hollande grimpe sur la plate-forme du camion de la CFDT pour être vu et entendu de tous. Entouré des représentants de l’intersyndicale et aussi d’un intérimaire, il écoute leurs interpellations en prenant des notes. Édouard Martin saisit le micro en premier et demande des engagements immédiats. « Vous êtes candidat, vous n’êtes pas encore président… », commence-t-il, à côté de François Hollande, qui glisse : « C’est pour le mois de mai… »Le syndicaliste reprend : « Nous, on n’a pas le temps d’attendre. » Sa question est très concrète et s’adresse « au député » : « Êtes-vous prêt à faire une loi qui, si M. Mittal ne veut plus du site de Florange, lui interdise de démanteler l’outil ? » C’est la même question qu’il lui avait posée en janvier, lors d’une précédente rencontre avec les syndicats. Ce jour-là, il s’était montré prudent : une telle loi serait compliquée à formuler… François Hollande prend le micro. « J’étais déjà venu à Gandrange pour rappeler les promesses qui n’avaient pas été honorées », rappelle-t-il. « Je ne veux pas me retrouver dans la même situation : être élu sur une promesse et ensuite ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue. » Il tient à sa réputation de candidat raisonnable. Mais cette fois il formule un « engagement » : « Je suis prêt à ce que nous déposions une proposition de loi qui dirait : quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production mais ne veut pas non plus la céder, nous lui en ferions l’obligation. »

Les syndicats ont joué l’union et l’intersyndicale jusqu’à la fausse offre de nationalisation de Montebourg (provisoire et sans garantie d’emploi) qu’elles ont soutenu et jouent maintenant la division. Le groupe sidérurgique a détaillé les investissements prévus en France lors d’une réunion qui a été "âpre et tendue". Si la CFDT et CFE-CGC sont "mitigées" mais en partie rassurées, la CGT et FO ont claqué la porte cet après-midi, qualifiant d’"inacceptable" l’accord avec le gouvernement.

"Les nombreux points d’inquiétude ont tous été abordés, pour la plupart d’entre eux, des réponses ont été apportées. On a réussi à obtenir point par point les assurances sur le traitement de chaque salarié d’ArcelorMittal", a déclaré François Pagano, délégué central CFE-CGC, à l’issue d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire consacré à l’accord passé le 30 novembre entre le gouvernement et le géant de l’acier.

Pour la CFDT, Jean-Marc Vécrin, délégué central CFDT, s’est dit "mitigé". "Il y a des choses qui ont l’air positives, particulièrement le traitement social, et sur les investissements dont on a tout le calendrier par mois et par trimestre", a-t-il déclaré. Selon l’accord signé qui n’a toujours pas été remis aux organisations syndicales, ArcelorMittal doit investir 180 millions d’euros à Florange d’ici 2017.

Dans le détail, "40 millions d’euros seront mis en oeuvre dès le 1er trimestre 2013", selon M. Vécrin, dans des infrastructures de haute technologie telles qu’une soudeuse laser dévolue notamment à l’acier Usibor (destiné à l’automobile) et à un moteur du train à chaud (qui permet de transformer les barres d’acier en bobines), et dont le début des travaux est prévu pour 2014.

"Si certains points nous rassurent, il reste des zones d’ombre", comme Ulcos, "le consortium" autour de ce projet de captage-enfouissement de CO2 et les hauts fourneaux. La filière liquide reste "le point d’achoppement", a reconnu le cédétiste. Interrogé sur la mort annoncée de cette filière, il a admis que "c’était compliqué" mais que "si des compensations sont là, en termes d’emploi, on prendra nos responsabilités".

Sur le volet social, la direction veut commencer les négociations dès janvier, selon les deux syndicalistes, qui ont précisé que "des mesures d’âges" vont être appliquées à Florange où 629 postes" de la filière liquide vont disparaître.

Quant au site de Basse-Indre (Loire-Atlantique), où la grève lancée lundi doit être suspendue vendredi, ArcelorMittal a promis d’investir 15 millions d’euros sur cinq ans. Selon M. Pagano, "on n’aura aucune suppression de postes et l’arrêt n’est que temporaire" sur ce site. Concernant les transferts d’activité de Basse-Indre vers Florange (Moselle), "ils commenceront dès 2013 et seront lissés sur 8 mois", le temps de former les personnels, a précisé M. Vécrin.

Moins d’une heure après le début du CCE, la CGT et FO ont claqué la porte pour manifester leur refus "catégorique" de l’accord. Accusant la direction de mener une politique de "casse industrielle et sociale", la CGT, premier syndicat du groupe, a appelé "les salariés partout sur les sites en France à la mobilisation dans l’unité syndicale".

Philippe Verbeke, délégué CGT, a demandé aussi que "Lakshmi Mittal ait le courage de venir voir les salariés", déplorant un accord qui "entérine la fin de la filière liquide". Pour FO, Norbert Cima a dit que son syndicat "ne reconnaît pas la légitimité de l’accord", le qualifiant de "tissu de mensonges". "On enterre Ulcos, on nous sort Ulcos II sur lequel on investit deux fois moins et dont on n’est même pas sûrs qu’il sera implanté à Florange", a dit M. Cima.

La CGT et FO avaient déjà annoncé leur décision de bouder les travaux de la commission de suivi des engagements, créée pour veiller à la bonne application de l’accord et confiée au sous-préfet de Thionville (Moselle) François Marzorati.

De son côté, la direction du groupe sidérurgique et minier ArcelorMittal a estimé ce soir que le comité central d’entreprise (CCE), s’est "déroulé dans un climat de dialogue constructif", mais a regretté le départ des syndicats FO et CGT de la réunion. "La direction d’ArcelorMittal Atlantique et Lorraine regrette le refus" de la CGT et de FO d’assister à la réunion et "espère que leurs représentants reviendront rapidement participer aux prochaines rencontres", selon la direction.

"La rencontre s’est déroulée dans un climat de dialogue constructif avec les organisations syndicales présentes", juge cependant le groupe à l’issue de ce CCE extraordinaire, consacré à l’accord passé le 30 novembre entre le gouvernement et le géant de l’acier. Et, après des éclats de voix médiatiques, CGT, CFDT et FO, les trois forces formant l’actuelle intersyndicale rappellent qu’elles sont plus que jamais unies, malgré quelques actions individuelles au coup par coup.

Voilà : nous avons donné au dessus le compte-rendu des commentaires syndicaux : il n’y a rien là dedans pour offrir une perspective de lutte des travailleurs !

Conclusions : l’entreprise industrielle Mittal est un exemple typique de désinvestissement capitalistique mondial en défaveur de la production. C’est une politique systématique, globale, mondiale…

Inutile de souligner que les profits vont bien, le capital choisit quand même de se désinvestir, même si ce désinvestissement commence par couter avant de rapporter puisque Mittal devient un financier qui joue sur les marchés…

La chute des emplois suit la chute des investissements productifs…

Or Arcelor désinvestit massivement (en moyenne de 11%) tous les ans depuis 2009 !

Ce ne sont pas des délocalisations !

Ainsi, en Belgique, un accord vient d’être trouvé avec les syndicats pour la fermeture de la phase « à chaud » du site de Liège, qui entraînera la suppression de 795 emplois, dont 314 départs en retraite anticipée et 481 reclassements. Un dénouement précédé d’un long conflit social autour de cette usine dont Arcelor prévoyait déjà de fermer les hauts fourneaux en 2003.

Au Luxembourg, 282 salariés sont en arrêt de travail depuis la fin 2011 sur les sites de Schifflange et Rodange, dont 150 anciens de Gandrange reclassés au Luxembourg après la fermeture de l’aciérie en 2009. Le luxueux siège du groupe à Luxembourg-ville, trop coûteux, va lui-même être fermé en 2013. En Espagne, une partie de l’activité du site de Valleverde, près de Madrid, a été arrêtée « pour une durée indéfinie », entraînant le reclassement de plus de 300 salariés. Début 2012, le groupe a annoncé la suppression de 1000 postes en Pologne, 1100 en Roumanie, 630 en République Tchèque.

Comme dans le cas de PSA, de Renault et de nombre de trusts, industriels, les capitalistes désinvestissent pour avoir du cash et spéculer..

Mais de cela, du fait que c’est tout le capitalisme qu part en quenouille, les dirigeants syndicaux ne veulent pas entendre parler car cela nécessiterait une lutte de classe à laquelle ils ont renoncé depuis longtemps !

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