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La crise mais quelle est cette prétendue crise ?

vendredi 29 mars 2013, par Robert Paris

La crise mais quelle est cette prétendue crise ?

C’est l’agence de notation Fitch elle-même qui l’a reconnu : la proposition de taxer les comptes en banque des particuliers de Chypre n’est pas une bonne idée car elle risque d’inquiéter tous les propriétaires de comptes en banque d’Europe et d’ailleurs, fragilisant encore les banques qui ne tiennent plus que sur ces deux pieds : l’aide indiscutée des Etats et banques centrales d’un côté et la confiance des particuliers de l’autre… Donc on peut en conclure que les banques risquent bel et bien de chuter définitivement à la moindre vague de perte de confiance du public !

Cela déjà, ce n’est pas une crise. Dans une crise capitaliste, on laisse chuter les canards boiteux et la société capitaliste en ressort renforcée. Cette fois, il n’y a pas de « canards boiteux ». Ce n’est pas des entreprises affaiblies qui chutent, ce n’est pas des Etats faibles qui sont en faillite. La faillite est générale, tous pays confondus, tous secteurs confondus.

Qu’est-ce qu’une crise qui ne s’arrête pas malgré des centaines de milliards d’investissements des Etats et banques centrales plus de six ans après ?

Qu’est-ce qu’une crise dans laquelle les Etats suppléent complètement au capital privé dans les investissements productifs, pourtant les seuls dans lesquels est produite la plus-value ?

Crise de quoi ? Crise d’un secteur ? Non ! Crise de la finance ? Même pas ! C’est le secteur industriel qui est directement frappé ! Crise due à la baisse des ventes ? Pas du tout !

Est-ce que dans les crises « classiques », tous les capitaux privés se sont massivement retirés de leurs investissements productifs ? Non ! Est-ce qu’ils se sont tous tournés vers la spéculation et la banque ? Non ! Est-ce que dans les crises précédentes on a assisté à des aides massives des Etats au point de ne laisser chuter aucun grand trust ni aucune grande banque sous prétexte de risques systémiques ? Non ! Est-ce que tous les Etats ont injecté des masses colossales d’argent dans l’économie dans l’une des crises économiques du passé ? La réponse est une fois de plus : NON ! Ce n’est nullement une crise capitaliste classique…

Maintenant, on reconnait en France que le Bâtiment est en crise alors qu’on nous a bassinés pendant des semaines sur la « crise de l’Automobile ». On reconnaît que le secteur de l’industrie pharmaceutique l’est aussi. On reconnait que la chimie chute et que l’effondrement du repreneur d’Arkema n’est qu’un signe avant-coureur. On reconnait même la chute du secteur de la pétrochimie !

Mais quel secteur ne chute pas ? Quel Etat n’est pas en faillite dépassée depuis longtemps ?

Au début de cette prétendue « crise », on nous a dit c’est la « crise des subprimes », puis c’est devenu la « crise des liquidités et de la confiance inter-banques », puis la « crise des dettes souveraines », puis la « crise de l’Europe », puis la « récession ». Et maintenant tout le monde ne reconnaît qu’une seule chose : qu’on n’en est pas sortis… Mais personne ne veut nous dire ce que c’est que cette maladie systémique du capitalisme !

Et personne signifie absolument personne !

Ni les classes dirigeantes, ni les gouvernants, ni les banques centrales, ni aucune institution, ni les média, ni les spécialistes économiques, ni les politiciens d’aucun bord, ni les dirigeants syndicaux ne veut nous dire la moindre vérité sur cette question….

Et cela pour une raison très simple : le constat dépasse toute situation à laquelle ces gens-là s’estiment capables de faire face. Même l’extrême gauche liée aux appareils syndicaux, gangrénée par le « réalisme » de l’action quotidienne dans les appareils syndicaux, ne peut pas envisager d’étudier vraiment la situation et surtout pas de le dire en clair aux travailleurs.

Car il faut bien dire que, si les travailleurs et les milieux populaires voient bien leurs pires inquiétudes se vérifier avec la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie puis Chypre en crise, avec des secteurs de plus en plus nombreux qui licencient massivement en France, avec des attaques anti-sociales qui se confirment avec la gauche, la nouvelle mise en cause des retraites, des allocations familiales, des allocations chômage, de l’hôpital public, du service public ferroviaire, l’inquiétude certes est là mais chacun essaie de se dire qu’il ne sert à rien de se faire du souci et qu’il vaut mieux prendre la vie comme elle vient. Les entreprises qui licencient se retrouvent à se battre seules. Les syndicats organisent… l’isolement. Il est caractéristique que la principale critique des militants syndicalistes au congrès de la CGT ait été le manque de coordination des luttes mais cela n’a pas empêché ce congrès d’acclamer l’organisateur en chef de cet isolement, Bernard Thibaut et son successeur Thierry Lepaon qui a un passé qui augure mal de la suite…

Le plus caractéristique est qu’aucun moment de ce prétendu congrès syndical n’ait été consacré à échanger des avis sur la signification de cette fameuse « crise mondiale ». Le minimum que l’on aurait été en droit d’attendre n’est-il pas que cette prétendue direction de la classe ouvrière se penche sur la signification de la situation du monde capitaliste.

Une autre caractéristique du monde syndical actuel est qu’il n’en émane aucun espèce de perspective, aucun but général qui permettrait à la classe ouvrière de savoir qu’elle se bat dans le sens d’un vrai changement de société. Certains ont voulu croire que la déconnexion de la CGT avec le Parti communiste français était une « ouverture » mais, en réalité, l’essentiel est ailleurs : la CGT a suivi le PCF dans son acceptation de ce qui est appelé hypocritement l’ « économie de marché » et la CGT en a conclu qu’elle devait avoir un rôle plus « positif », c’est-à-dire plus négociateur que contestataire. C’est loin d’être un progrès. En tout cas, inutile d’attendre de la CGT une véritable discussion, entre militants ou avec les salariés, sur la signification de la situation économique mondiale…

Cela n’a rien de particulier à la CGT. Tous les syndicats se refusent à analyser la catastrophe qui frappe le système, les uns affirmant, comme la CGT, qu’il n’y a aucune crise puisque des riches s’en sortent bien et que la catastrophe provient seulement des politiques d’austérité et les autres syndicats considérant qu’il y a bien une crise et qu’on doit tous faire des efforts pour sauver le système…

De même, aucun syndicat, aussi radical soit-il en parole et aussi révolté se dise-t-il contre les licenciements, les fermetures et les sacrifices, n’est pour la constitution de comités de salariés, estimant que le syndicat suffit en termes d’organisation des travailleurs. Cependant, il faut remarquer que les syndicats ne cherchent nullement à permettre aux salariés de discuter entre eux mais seulement à discuter avec les patrons et les cadres. D’autre part, toutes les centrales considèrent que des comités dirigeant les luttes contesteraient leur rôle à elles…

C’est pourtant l’essentiel de ce qui manque : que les travailleurs s’assemblent pour réfléchir ensemble à ce qui est en train d’arriver au vieux monde. Personne ne va le faire à notre place. Ce n’est pas le blabla des politiciens, les mensonges des gouvernants, les non dits des centrales syndicales qui vont répondre à nos questions.

Bien sûr, l’essentiel point faible de la classe exploitée, c’est le manque de confiance en elle-même. Mais cette faiblesse, nous n’y pallierons pas juste par des manifestations, des grèves ou autres formes de protestation. Ce qui nous manque, c’est de chercher ensemble des explications, des points de vue, des idées. Sans la construction de comités de salariés qui débattent de l’avenir de la société humaine, alors que le capitalisme n’a plus d’avenir, cet avenir est hypothéqué !

Il ne faut pas que nous placions toute notre lutte sous le drapeau de la défense de l’ancienne société car, pas plus que les aides étatiques massives n’en sont capables, nous n’allons pas la faire ressortir de son tombeau.

Il ne faut pas que tous nos efforts soient orientés à défendre un site, une entreprise, un secteur d’activité, un pays, un groupe de pays. Non seulement cela ne marchera pas quels que soient les sacrifices qu’on accepte pour soi-disant le sauver. Mais surtout parce que cela nous orientera dans le sens de nous diviser. Les salariés d’Aulnay voudront sauver Aulnay pendant que ceux de Rennes voudront sauver Rennes. Les salariés de Renault, eux, ne se préoccuperont que de Renault. Les salariés du nord de l’Europe pourront être opposés à ceux du sud. Tout le monde occidental pourra aisément être opposé à la Chine, unie à la Russie, le Brésil, l’Iran et l’Afrique du sud. La classe ouvrière sera ainsi piégée dans les affrontements entre impérialismes qui se préparent et seront la seule issue auquel le système en berne nous prépare.

Prendre conscience de la signification de l’effondrement capitaliste, ce n’est pas plus démoralisant que de fermer les yeux. Nous ne sommes pas une classe démunie, incapable d’ouvrir de nouvelles perspectives sociales historiques, contrairement à ce que l’on a bien voulu nous dire, suite à la chute du bloc de l’Est. Ce système stalinien n’était nullement une création des travailleurs et du socialisme mais au contraire le produit d’une politique de l’impérialisme.

Bien entendu, aucun travailleur des pays riches n’imagine aujourd’hui que son pays pourrait entrer en révolution, même pas comme l’ont fait les travailleurs et les masses populaires d’Egypte ou de Tunisie. Bien entendu, les travailleurs occidentaux, comme ceux d’Egypte et de Tunisie, ne se voient pas gouvernant eux-mêmes la société, en ayant renversé les classes dirigeantes. Toute la question est justement comment, par quelles étapes, cette prise de conscience pourra se faire jour. L’erreur essentielle, diffusée notamment par les extrêmes gauche officielles, consiste à faire croire que des mobilisations défensives des syndicats pourront résoudre ce problème. Le syndicalisme même radical est une forme du réformisme et elle n’est pas moins dangereuse que la forme collaborationniste car elle illusionne la partie la plus radicale du prolétariat !

Quelle crise systémique du capitalisme et quelles conséquences possibles ? Notre réponse : la dynamique capitaliste est morte et les perspectives sont révolution sociale ou guerre et fascisme car il n’y a pas de solution économique pour relancer les investissements productifs privés à laquelle les investissements publics massifs ne peuvent que servir de palliatif momentané.

A nouveau la crise ? Mais quelle crise ?

Pourquoi parler de crise du capitalisme est insuffisant et peut être trompeur pour caractériser la situation actuelle ?

Que s’est-il passé en 2007-2008 ?

Pourquoi l’économie capitaliste ne repart pas ?

Le capitalisme joue-t-il à se faire peur ou est-il à bout de souffle – Les contradictions insolubles du capitalisme

Une discussion sur la crise actuelle

Crise grave, crise systémique ou bout du monde pour le capitalisme ?

Quand les économistes, capitalistes, banquiers et financiers sont très pessimistes sur l’avenir du système

La haute finance se prépare à un risque d’effondrement….

Les trusts se transforment en banques et la société capitaliste en faillite générale

Nouvelle crise mondiale et limites du capitalisme

Crise de conjoncture et crise systémique (révolutionnaire) du capitalisme

Effondrement en 1997, puis 2000 et la chute totale en 2007… Ceci n’a été que retardé ! L’effondrement inégal et combiné du capitalisme

Pas de sortie de crise aux USA, pas plus que dans le reste du monde

Vous appelez encore ça le capitalisme ou la transition vers le chaos ?

Etat et économie, des relations beaucoup plus contradictoires qu’il n’y paraît…

La faillite des mairies, des collectivités locales et des services publics

A quel mur infranchissable se heurte le développement capitaliste mondial ?

La crise, c’est l’euro ? C’est l’Europe ? La solution, c’est le retour au produire français ? C’est le retour au franc ? C’est un discours qu’on commence à entendre dans les milieux syndicaux, socialistes, communistes, chez les patrons, et chez les hommes politiques de droite comme de gauche. Eh bien , c’est la porte ouverte non seulement vers la démagogie de Le Pen mais vers le national-socialisme, c’est-à-dire le fascisme !

La question n’est pas d’accepter ou pas les sacrifices, mais de ruiner ou pas l’avenir de l’humanité en l’accrochant à un système qui n’a aucun avenir…

Le capitalisme peut-il s’effondrer de lui-même définitivement ?

Le crépuscule du Capital n’est pas encore… l’aurore du Travail

Rassurez-vous ! On va sauver la Grèce ! On va sauver l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et l’Italie ! On va sauver le AAA de la France ! On va sauver les banques européennes ! On va sauver l’euro ! On va sauver les Etats de la faillite ! On va sauver l’Etat américain et l’économie américaine ! On va sauver le Japon ! L’économie de la Chine va continuer à grimper vers le ciel ! On va sauver les trusts ! On va sauver les bourses ! On va sauver vos emplois, vos salaires, vos services publics, vos comptes en banque et vos épargnes, vos enfants, leur avenir … Mais, désolé, ce qui précède n’était que le mensonge des classes dirigeantes et des politiciens à leur service. On ne va rien sauver du tout. Prolétaires, sauvons nous nous-mêmes en renversant le pouvoir capitaliste et bâtissons la société humaine qui ne sera plus celle du grand capital !

Capitalisme : l’effondrement et après…

Débat ouvert sur la signification de la crise mondiale systémique

Quand le système est en crise, il faut aller de l’avant et pas regarder derrière soi....

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  • Ernst Lohoff, auteur avec Norbert Trenkle de La grande dévalorisation, un livre qui paraitra chez Post-éditions le 22 Mai, dira pourquoi la spéculation et la dette de l’État ne sont pas les causes de la crise (sous-titre du livre). Puis une discussion collective s’ensuivra grâce à vos interventions.

    Extrait de la quatrième de couverture : Qui porte la responsabilité de la crise financière et économique qui maintient le monde entier en haleine depuis 2008 ? Sont-ce les « banquiers cupides » ou les « États accro à l’endettement » ? D’après Ernst Lohoff et Norbert Trenkle du groupe allemand « Krisis », aucune de ces réponses n’est satisfaisante. La cause de la crise est en effet selon eux bien plus profonde. Ils analysent l’énorme gonflement des marchés financier au cours trois dernières décennies comme une conséquence de la crise structurelle fondamentale du mode de production capitaliste, dont l’origine remonte aux années 1970.

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