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Les deux manières de mourir du capitalisme

mercredi 15 mai 2013, par Robert Paris

Les deux manières de mourir du capitalisme

Il y a la mort qui permet de renaître ensuite plus solide et plus fort, celle des crises cycliques, dans laquelle les crises sont suivies de reprises et ont permis de supprimer les « canards boiteux », de faire faillite aux entreprises qui n’ont plus assez de profitabilité, plus assez de débouchés ou qui ne font plus assez de profits. Dans ce cas, non seulement on laisse les entreprises faillies chuter et disparaître mais le capitalisme lui-même favorise leur chute, ne fait rien pour les retenir.

Il y a la crise actuelle, depuis 2007, dans laquelle on ne laisse aucun trust ni aucune banque chuter, pourtant toutes sont en faillite. C’est donc une autre sorte de mort que celle pour renaître… Dans les crises précédentes, on n’a jamais sauvé l’ensemble des banques et des trusts. Jamais !

C’est une autre sorte de phénomène auquel on assiste donc. Car il y a une autre sorte de mort qui, loin de permettre une renaissance, propage partout autour d’elle la mort, qu’elle soit économique ou autre.

La biologie connaît ces deux sortes de mort : l’apoptose et la nécrose.

L’apoptose permet aux cellules vivantes qui ne sont plus nécessaires ou ne sont pas à leur place de disparaître en s’auto-détruisant. Le tissus en ressort d’autant plus sain et plus capable de se développer, même si un très grand nombre de cellules ont été détruites au passage. C’est un processus aussi indispensable à la dynamique du vivant que la crise cyclique est indispensable à la dynamique du capitalisme.

La nécrose, au contraire de l’apoptose, loin de détruire des cellules bien choisies, celles qu’il convient de détruire, sans danger pour les cellules voisines saines, propage la mort de part en part, dès qu’une cellule se nécrose. La mort d’une cellule entraîne la dispersion de poisons internes, entraînant la nécrose des cellules voisines.

Dans l’une de ces formes de mort, c’est la vie qui l’emporte et dans l’autre, c’est la mort. Dans l’une, les poisons sont détruits, dans l’autre, ils se dispersent partout dans le reste du corps.

Dans le capitalisme nécrosé, plus le capital se retire du fonctionnement permettant de produire de plus en plus de plus-value, de l’investissement productif, plus ce capital s’enrichit sur des bases purement spéculatives, plus il détruit la rentabilité du capital investi dans la production, plus il développe des formes nécrophiles d’investissements, titrisations de dettes privées ou publiques et autres titres pourris fondés sur des effondrements économiques, monétaires ou étatiques.

L’apoptose détruit des individus pour favoriser le fonctionnement général. Si on conserve des cellules nécrosées, elles vont contaminer toutes les autres, détruisant progressivement l’ensemble du fonctionnement.

Pourquoi le capitalisme ne peut pas se relever de sa chute en 2007. parce qu’il n’avait pas chuté, buté, été en crise, mais parce qu’ayant atteint ses limites d’investissements productifs rentables face aux investissements spéculatifs, il est complètement nécrosé et les interventions consistant à sauver ses cellules nécrosées, ne fait que généraliser la nécrose économique menant inéluctablement à la mort générale.

Il ne faut pas dire qu’on a déjà vu qu’il était capable de se sortir de ses crises car personne n’a jamais vu un capitalisme nécrosé. C’est la première fois et on ne le verra pas se relever.

L’humanité par contre peut s’en relever ou en mourir. Personne ne peut dire ce qui va se passer. On peut seulement choisir de se mentir ou se dire la vérité pour se préparer à un autre avenir…

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