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Accueil du site > 10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS > Lire sur la grève générale

Lire sur la grève générale

mercredi 25 septembre 2013, par Robert Paris

Lire et réfléchir sur la grève générale

D’habitude, les appareils syndicaux s’entendent à n’organiser que des actions entreprise par entreprise, secteur par secteur. Ces derniers temps, dans l’Europe frappée par les plans d’austérité, en Tunisie, au Brésil, on a entendu parler à nouveau de grèves générales mais il s’agissait seulement de journées d’action.

L’expression "grève générale" est employée souvent et à tort pour désigner des journées d’action, d’un secteur ou d’un pays. Un ou même deux jours de grève nationale, ne provenant d’aucune initiative ouvrière de base, ne sont nullement une grève générale. Il y a entre les deux toute la différence entre une protestation et une remise en cause de la mainmise des capitalistes sur l’économie et de l’Etat sur le pouvoir....

Demander (voire exiger) aux appareils syndicaux réformistes qu’ils organisent une vraie grève générale équivaut à demander (ou exiger) d’un bouc qu’il donne du lait !

Les centrales réformistes peuvent faire de ces fausses "grèves générales" des journées où l’activité économique est morte mais où l’activité ouvrière se résume en promenades et où l’organisation autonome, l’initiative et le dynamisme de la classe ouvrière sont morts eux aussi...

Loin de préparer la vraie grève générale, les journées d’action en dissuadent et fatiguent les mouvements et ceux qui font croire qu’elles permettent ou peuvent permettre de faire monter la mobilisation sont des trompeurs.

Mais même de vraies grèves générales (qui sont des crises de la domination sociale de le bourgeoisie) se distinguent entre elles par le caractère explosif ou pas de l’action de la classe ouvrière.

Un simple mot d’ordre de grève générale lancé d’en haut n’est pas identique à un mouvement des travailleurs allant d’une entreprise à une autre pour généraliser la lutte comme on peut citer l’exemple des "grèves de solidarité" en Pologne.

Il existe aussi des grandes grèves générales politiques menées par des nationalistes et dans lesquelles le prolétariat n’a nullement une politique indépendante en tant que classe. Même le caractère offensif et violent n’est alors nullement un gage de succès pour le prolétariat puisque celui-ci n’intervient pas alors sous son propre drapeau.

La grève générale vise à unir la classe prolétarienne, à lui permettre de sentir sa propre force face à ses adversaires, d’exprimer plus clairement ses aspirations, de transformer la défensive en offensive mais elle peut servir de butoir aux réformistes, permettant d’éviter la révolution. Il faut militer en sa faveur face aux tentatives de dispersions des luttes sur des objectifs partiels mais ne pas séparer la grève générale, qui serait purement défensive, de la nécessité de renverser l’appareil d’Etat de la bourgeoisie. Ne pas suivre les directions réformistes sous prétexte de grève générale et de front unique mais la relier à la nécessité de l’auto-organisation par des comités de travailleurs. Seuls ces comités peuvent être l’embryon d’un pouvoir aux travailleurs. C’est en leur sein qu’une politique révolutionnaire peut donner à la classe ouvrière les perspectives indispensables pour transformer l’action générale en révolution sociale.

Le slogan de grève générale ne doit pas se substituer à une politique ouvrière révolutionnaire. Certes le caractère général de la lutte a une grande importance mais le caractère de la conscience des travailleurs l’est encore bien plus et leur auto-organisation a une influence considérable. Il ne faut pas qu’il découle de ce slogan qu’une grève démarrant localement serait inutile ou nuisible. Il ne faut pas s’imaginer qu’une grève générale débouche plus facilement sur la révolution car alors les appareils réformistes seraient forcément débordés. Ce n’est nullement ce que nous enseigne l’Histoire....

L’idée que la révolution découle mécaniquement du fait de croiser les bras n’est pas révolutionnaire. Les travailleurs ne sont pas seulement une classe qui produit et certainement pas une classe qui peut se contenter de refuser de produire pour voir s’effondrer l’édifice bourgeois. Pour qu’il y ait crise révolutionnaire, il faut d’abord et avant tout que la classe dirigeante soit dans une impasse et que les travailleurs en soient conscients. C’est cette conscience qui est déterminante.

Il ne faut donc pas attendre la grève générale pour

- généraliser les luttes

- les organiser par des assemblées générales interprofessionnelles

- pousser à la formation de comités, de conseils, de coordinations, ...

- et surtout militer dans le sens de la conscience de classe et de l’organisation de classe

Il ne faut pas que l’idée du nombre nous mène à la passivité. Au contraire, la grève doit avoir un caractère dynamique, autocontrôlé par les travailleurs eux-mêmes, s’étendant par eux-mêmes et non par les appareils, décidant elle-même de ses mots d’ordre, de ses objectifs et de ses moyens d’action.

Il convient d’abord que la force de la lutte entraîne et enthousiasme le prolétariat lui-même... Une grève peut être générale et ressembler à une kermesse, à une promenade ou à un enterrement si elle est menée par des adversaires cachés de la lutte des classes.

Une grève générale qui n’est pas dirigée par des comités de base est certaine d’être trahie...

Une grève générale fondée sur des conceptions de collaboration de classe n’est nullement un renforcement de la classe ouvrière...

Une grève générale fondée sur l’idée que la classe ouvrière peut se contenter d’avertir seulement la classe capitaliste ou son gouvernement est une duperie...

Une grève générale qui diffuse l’idée qu’on peut s’entendre avec la bourgeoisie et qu’une "bonne réforme" est possible ne fait que mener droit à l’échec et que détruire la confiance en elle-même de la classe ouvrière....

Une grève générale qui diffuse l’idée qu’un gouvernement bourgeois de gauche va nous sauver fait naufrage...

Une grève générale à durée limitée n’est qu’une manière de secouer le carcan mais en annonçant par avance quel jour on le reprend...

Une grève générale illimitée qui diffuse l’idée que l’appareil d’Etat de la bourgeoisie va rester l’arme au pied mène au bain de sang....

Pelloutier

Pouget

CGT, 1906

Commission des grèves et de la grève générale de la CGT - la grève générale révolutionnaire - réponse à Jaurès

Quand la CGT était pour la lutte des classes révolutionnaire

Jean Jaurès

Guesde

Rosa Luxemburg

Lénine, 1899

Lénine, 1906

Trotsky, 1905

Trotsky, 1932

Gramsci

Malatesta

Jack London

Le rêve de Debs

Emile Armand Aristide Briand

Victor Serge

Barta

Stéphane Just

Broué, la grève générale dans la révolution hongroise

Un point de vue anarchiste

Le point de vue de Rosa Luxembourg

Le point de vue de Lénine

La grève générale belge de 1902

L’expérience d’Octobre 1905

L’expérience de novembre 1905

L’expérience de décembre 1905

La grève générale insurrectionnelle

Leçon de décembre 1905

La grève générale belge de 1913

La grève générale suisse de 1918

La grève générale en Allemagne contre le putsch de Kapp en 1920

La grève générale anglaise de 1926

La grève générale en Espagne en 1931

La grève générale de mai-juin 1936 en France

La grève générale de 1960-61 en Belgique

A lire : la brochure de Serge Simon, La Grève générale belge : (20 décembre 1960-20 janvier 1961)

Lire aussi

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La grève générale de mai 68 en France et la politique des révolutionnaires

Le point de vue de Pouvoir Ouvrier

Le point de vue de Organisation Communiste Libertaire

Quand les réformistes ou les staliniens parlent de grève générale prétendant ainsi empêcher la montée fasciste en Allemagne

La grève générale et le soviet

La grève générale de 1926 en Angleterre

La grève générale de 1936 en France

Les retraites en France en 2010 : quand les centrales syndicales ne voulaient pas aller à la grève générale

Le mythe de la grève générale pacifique et uniquement revendicative pour éviter la révolution sociale et politique pour renverser l’Etat et éradiquer l’exploitation

La grève générale, panacée universelle ?

Le radicalisme du slogan

Méthodes de lutte des centrales syndicales et méthodes ouvrières

D’autres lectures sur ce thème dans Matière et Révolution

Quelle politique doivent défendre les révolutionnaires face à la crise sociale actuelle et à venir ?

Le nombre ne fait rien à l’affaire

Les grèves générales dans l’actualité sociale mondiale

Le point de vue de Voix des Travailleurs

Le 5 octobre, Bernard Thibaut déclare à l’AFP : « Personne ne peut prétendre faire participer sous la même forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d’une pétition à la participation à une multitude d’initiatives locales, voire aux manifestations lors des journées interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer ».

Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : "Cela ( la grève générale) n’a jamais été pratiqué dans l’histoire sociale de notre pays (...) C’est un slogan pour moi tout à fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient à élever le niveau du rapport de forces."

1 Message

  • Lire sur la grève générale 18 août 2014 14:20, par R.P.

    Léon Trotsky :

    « La grève générale ne peut avoir d’influence décisive que si elle est le prélude d’un conflit entre le prolétariat et la force armée de l’ennemi, c’est-à-dire d’une insurrection. Le prolétariat ne peut trancher le problème du pouvoir, problème fondamental de toute révolution, qu’en brisant la volonté de l’armée qu’on lui oppose. La grève générale entraîne des deux côtés la mobilisation et permet une première appréciation sérieuse des forces de résistance de la contre-révolution, mais seuls les développements ultérieurs de la lutte, après le passage à l’insurrection armée, déterminent le prix de sang que doit coûter au prolétariat la conquête du pouvoir. Mais qu’il faille payer avec du sang, que dans sa lutte pour conquérir le pouvoir et le conserver, le prolétariat doive savoir mourir et savoir tuer, de cela nul révolutionnaire véritable n’a jamais douté. Déclarer que le fait de la plus âpre lutte du prolétariat et de la bourgeoisie, une lutte à mort, "prend toute l’évolution à rebours", c’est tout simplement montrer que les têtes de certains idéologues respectés ne sont que des chambres obscures - camera obscura - dans lesquelles les choses apparaissent à l’envers. »

    "Terrorisme et communisme"

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