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Film "L’armée du crime"

lundi 14 avril 2014, par Alex

Cet Editorial de Barta daté du 23 février 1944 me semble être la meilleure critique du film "L’armée du crime".

DEFENSE DES TERRORISTES

Vingt-quatre "terroristes" sélectionnés viennent d’être livrés à la publicité par la Gestapo, pour dégoûter de l’armée clandestine qui lutte contre l’impérialisme allemand, la "bonne société" et les petits-bourgeois conformistes. Regardez-les, disent les scribes de la Gestapo, ces faces "rusées et cruelles" de Juifs, de Polonais, d’Italiens, d’Espagnols communistes : ces gens prétendent juger du destin de la France !

Certes, d’après les prostitués de la presse bourgeoise ce sont les Doriot et les Goering aux faces bouffies, et tous les engraissés du régime de terreur bourgeois qui doivent décider du sort de la France...

Regardons-les bien, travailleurs : ces visages que le photographe et les commentaires des affiches veulent nous empêcher de voir sont des visages d’opprimés, des visages de travailleurs : ils sont notre propre visage. Comment ces têtes d’opprimés et d’exploités de plusieurs pays qui luttent à mort contre le régime capitaliste d’exploitation et de misère, ne feraient-elles pas écumer de rage les bourgeois gavés au marché noir et vautrés dans les bras de prostituées qu’ils entretiennent avec le sang et la sueur des ouvriers ?

Regardons-les bien, camarades, ces têtes énergiques de jeunes qui bravent à leur "procès" les canailles galonnées chargées de les faire fusiller : leur courage doit servir d’exemple à tous les jeunes, à notre époque de guerres impérialistes et de guerres civiles.

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"Ils ont des dizaines de crimes sur la conscience", profèrent leurs bourreaux, experts dans l’assassinat de milliers d’hommes en un seul jour, en une seule bataille...

"Ils ont suivi l’école du crime", clament les professeurs qui enseignent l’"art" de la tuerie à des milliers de jeunes de 16 ans arrachés à leurs familles contre leur gré...

"Ils ne sont pas la France", affirment les tortionnaires du peuple français qui n’ont pas assez de leur milice, de leur police, de leur garde-mobile, des bandes fascistes et des troupes d’occupation spéciales pour venir à bout des dizaines de milliers de réfractaires à la déportation et au travail pour la guerre impérialiste, et qui se gardent bien de publier les listes des jeunes gens qu’ils abattent par dizaines tous les jours.

"Ce sont des bandits", écrivent les journaux à solde, en exposant certains cas particulièrement suspects. Mais si l’activité de véritables bandits, parmi lesquels il ne faut pas oublier des bandits de la milice, de Doriot et de Déat, se poursuit impunément, n’est-ce pas là le résultat de l’anarchie croissante dans laquelle le capitalisme et la guerre ont jeté la société ?

° ° °

LA CLASSE OUVRIERE EST RESOLUMENT POUR CEUX QUI ONT PRIS LES ARMES CONTRE LES BOURREAUX FRANCAIS ET ALLEMANDS QUI MARTYRISENT LES PEUPLES ; ELLE ACCUEILLE AVEC MEPRIS LES MANOEUVRES DE DIVERSION DE LA BOURGEOISIE.

Mais la classe ouvrière est inquiète ; elle ne comprend pas pourquoi des militants qui autrefois combattaient sans compromis la bourgeoisie de tous les pays, mènent actuellement leur lutte sous le drapeau tricolore et au bénéfice des armées de Washington, de Londres et d’Alger. Les ouvriers savent qu’ils n’ont rien à attendre d’une victoire d’armées capitalistes qui ne feraient que relever les armées allemandes dans leur rôle de gardes-chiourme pour maintenir le capitalisme. Ils savent que Roosevelt en Amérique et Churchill en Angleterre prennent contre la classe ouvrière les mêmes mesures que Hitler en Allemagne.

LE PROLETARIAT CHERCHE DES MILITANTS ET UN PARTI QUI LUTTENT DIRECTEMENT POUR SES INTERETS, pour son relèvement économique et culturel, pour ses conquêtes de juin 1936, conquêtes qui sont également odieuses et qui rencontreraient la même résistance de la part de tout gouvernement capitaliste, totalitaire ou parlementaire.

Servir la classe ouvrière, c’est lutter pour les Etats-Unis socialistes d’Europe, pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile pour le socialisme. Lutter pour le triomphe de soidisant démocraties sur le fascisme, c’est renouveler la trahison de 1914 quand les partis socialistes de l’Entente se mirent du côté de leur bourgeoisie sous prétexte de vaincre le militarisme.

De même que la grande majorité des ouvriers socialistes comprirent la trahison de leurs chefs et passèrent à la IIIe Internationale de Lénine et de Trotsky pour accomplir leur devoir de classe, de même la grande majorité des ouvriers communistes doit cesser de s’accrocher aux restes pourris de ce qui fut autrefois la IIIe Internationale pour lutter avec les militants de la IVe Internationale, PARTI MONDIAL DE LA REVOLUTION SOCIALISTE.

Les militants combattants du PC restés fidèles à leur classe doivent se convaincre que le réveil de la classe ouvrière, par l’activité croissante de ses éléments les plus avancés et l’assaut de celle-ci contre le régime capitaliste, n’ont rien de commun avec la lutte sous le commandement des officiers réactionnaires de De Gaulle.

La IVe Internationale appelle les meilleurs militants de la classe ouvrière à serrer leurs rangs autour du drapeau rouge communiste, qui triomphera envers et contre tous de la barbarie capitaliste et de la guerre !


"L’ARSENAL DES DEMOCRATIES" ...

Depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis, Londres et Washington, qui jusqu’à maintenant n’ont mis en ligne que peu de troupes pour la défense de la "démocratie", font volontiers étalage de leur production d’armement et se proclament "l’arsenal des démocraties"...

Nous savions déjà qu’en ce qui concerne l’armement de la résistance française, De Gaulle ne voulait pas "mettre les points sur les i", que pour les partisans yougoslaves les alliés font "tout ce qu’ils peuvent" (c’est-à-dire pas grand-chose), que l’armement des troupes gaullistes en Afrique du Nord n’a commencé qu’après l’entente Giraud-Roosevelt au sujet de 300.000 hommes à fournir aux Etats-Unis pour lutter contre le Japon (d’autres clauses restant secrètes), que l’aide à l’URSS est compensée par le ravitaillement de Hitler à travers l’Espagne.

Et voilà qu’aujourd’hui Radio-Alger rappelle l’attention sur la situation de la Chine. L’armée de Tchang-Kaï-Chek qui compte plusieurs millions d’hommes et qui, bien armée, pourrait balayer l’impérialisme japonais de la Chine, manque complètement d’armes.

Londres et Washington, qui se sont payés d’avance en s’emparant des dépouilles de leurs alliés vaincus (Hollande, Belgique, France, Grèce, etc.) et qui ont pris sous leur "protection" les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, ne sont pas l’"arsenal des démocraties", mais deux arsenaux impérialistes, qui utilisent leurs armes pour recouper la carte du monde suivant les intérêts des capitalistes américains et anglais.

L’armement des peuples contre leurs oppresseurs n’est possible que par la montée révolutionnaire du prolétariat contre la bourgeoisie et la fraternisation socialiste entre les soldats ouvriers et paysans quel que soit leur uniforme.


PAR OU COMMENCER ?

Quel est l’ouvrier de France qui ne se souvient avec fierté de la poussée révolutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux défilés, aux grèves ? En ce temps-là la classe ouvrière, inquiétée par les attaques fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en oeuvre toute son énergie. Les meilleurs militants, syndicalistes, socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, après le travail et le dimanche, dans les réunions et les meetings de grévistes. La vague révolutionnaire avait soulevé les couches les plus profondes du peuple opprimé, les ouvriers entraînant les employés, la ville entraînant la campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effrayé par les occupations d’usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat dut céder ; une nouvelle vie sembla de-voir commencer : ce furent la semaine de 40 heures, les congés payés, les contrats collectifs, le relèvement des salaires. A l’usine, l’ouvrier releva la tête ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il commença à vivre plus dignement. L’organisation de classe avait déterminé la victoire, à son tour, la victoire, par la diminution des heures de travail, permettait à l’ouvrier de consacrer du temps à la lutte organisée. A toute une vie de déboires et d’incertitudes l’ouvrier trouvait une issue dans l’action de classe qui, à son tour, déterminait une amélioration de ses conditions de vie. L’existence des syndicats, des partis, d’universités populaires, de meetings, d’une presse ouvrière, de brochures, de livres, augmentait la conscience de la classe ouvrière, ainsi que sa confiance en soi et sa force offensive.

° ° °

Aujourd’hui, après les défaites subies, la situation économique des travailleurs est devenue terrible : la journée de dix heures, les salaires de famine, le manque complet de vivres, la déportation en Allemagne, le chantage au départ pour ceux qui restent, le travail forcé, l’aggravation des conditions de travail (travail aux pièces, etc.). La vie politique est presque nulle : et en absence d’une activité politique propre, les ouvriers manquent de perspectives claires et en sont réduits à espérer une amélioration de leur situation d’un débarquement et d’une victoire alliée.

Le patronat est arrivé à ses fins : il a devant lui un prolétariat désorganisé, désorienté et passif ; depuis longtemps les choses n’allaient plus si bien pour lui.

Mais la classe ouvrière ne peut tolérer qu’une telle situation se prolonge indéfiniment : sa passivité dans des événements qui mettent en jeu le sort du monde, entraînerait son asservissement pour toute une génération. Les ouvriers savent que la bourgeoisie n’a jamais rien cédé sans une action décidée de leur part ; et la puissance de cette action dépend de leur organisation. La période de la meilleure situation économique du prolétariat fut celle de sa plus grande activité politique organisée.

Certes, la situation est difficile : la longueur de la journée de travail, la nécessité de se ravitailler à la campagne, la police, les mouchards, sont autant d’obstacles sur la voie de l’organisation. Mais c’est justement pour cela qu’il faut renverser la vapeur. L’amélioration de notre situation ne peut pas venir d’événements militaires qui sous la conduite de la bourgeoisie ont pour but l’écrasement des peuples. Tout au contraire, l’attente passive de la classe ouvrière est un facteur important qui permet aux impérialistes de continuer la guerre.

Une amélioration de la situation ne peut provenir que d’un changement dans le rapport de forces entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, c’est-à-dire d’une action de classe décidée, qui suppose auparavant une organisation et une volonté offensive.

Aux ouvriers avancés incombe aujourd’hui le devoir de donner l’exemple en faisant le premier pas dans cette voie. Le débrouillage au jour le jour n’a jamais rien résolu de grand ; la situation actuelle met en jeu l’avenir même du prolétariat.

Pour permettre à la classe ouvrière de se regrouper, prendre conscience de sa force et de ses tâches, il faut commencer le travail sur le terrain de l’usine. Les ouvriers les plus sûrs doivent se réunir régulièrement chez l’un d’entre eux pour envisager en commun les problèmes de l’usine, pour lire et commenter la littérature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la mesure du possible, sélectionner parmi les jeunes les meilleurs éléments capables de s’instruire et de trouver dans l’étude du mouvement ouvrier la volonté et la méthode qui mèneront à la victoire dans les combats à venir.

Les ouvriers feront ainsi leur propre éducation démocratique, exerceront leur esprit critique et choisiront les meilleurs d’entre eux pour coordonner leur action et multiplier les liaisons sur une échelle de plus en plus large.

La classe ouvrière a pour elle le nombre, la place indispensable qu’elle occupe dans la production et l’incapacité de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps la société.

La conquête du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se faire par d’autres au nom du prolétariat ; elle ne peut pas être la conséquence d’un coup de main. "La dictature du prolétariat qui aura pour tâche la socialisation des moyens de production, ne peut être le fait d’une masse menée par quelques-uns, elle doit être et elle sera l’oeuvre des prolétaires eux-mêmes devenus, déjà en soi et par une longue pratique, une organisation politique."

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