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Les arnaques de la campagne de la bourgeoisie en faveur du « durable »

samedi 5 avril 2014, par Robert Paris

Les arnaques de la campagne de la bourgeoisie en faveur du « durable »

Du 1er au 7 avril, c’est la semaine du développement durable en France. Collectivités, associations, entreprises, établissements scolaires… organisent des manifestations partout en France autour du thème "Consommer autrement". Recyclez, réemployez, réparez, covoiturez, consommez des produits de saison... Autant de bonnes idées près de chez soi pour contribuer, chacun à sa manière, à une consommation plus responsable et plus durable. Mais la Semaine du Développement Durable, c’est aussi l’occasion de sensibiliser le grand public et les plus jeunes aux enjeux du réchauffement climatique et de la préservation de la biodiversité. C’est très populaire, parmi les jeunes et moins jeunes. C’est une campagne qui, apparemment, ne fait de mal à personne, combat les pollutions, rend les gens responsables de l’avenir de leur planète, etc, etc… Voire… Mais qu’est-ce qu’une campagne de « développement durable » qui cache l’essentiel des causes de pollution (celles de l’industrie chimique, automobile, nucléaire), de ses vrais responsables qui ne sont nullement les pratiques quotidiennes de la population civile, mais les pratiques des capitalistes. Pas un mot en effet dans cette campagne sur l’amiante, sur les déchets nucléaires, sur Fukushima et Tchernobyl, sur les maux d’une industrie du médicament livrée aux intérêts privés, etc, etc…

La campagne pour le durable est une vraie campagne de propagande de la bourgeoisie, visant à faire croire que la crise du monde capitaliste serait une crise des ressources, une crise du climat, une crise des comportements humains, une crise du développement économique en général, une crise écologique, une crise démographique, une crise du modèle de croissance économique, une crise de la suractivité anthropique mais surtout pas une crise du système d’exploitation de l’homme par l’homme… Tout au plus, certains courants écologistes prônent un capitalisme modéré, pondéré, contrôlé, moins sauvage, plus limité, plus ralenti… Ils se gardent de désigner clairement du doigt les intérêts capitalistes. On a bien vu les écologistes français au gouvernement se garder de désigner du doigt les capitalistes du nucléaire, ceux du bâtiment (courtisés par la ministre Duflot), ceux de la chimie, de l’automobile, etc, ces vrais responsables de l’essentiel des pollutions.

Mais il n’existe pas « un capitalisme sauvage ». Il existe seulement un capitalisme pour lequel tout ce qui est rentable est bon… Et ce qui met en cause que ce capitalisme soit durable n’est pas l’écologie, n’est pas la sauvegarde de la planète et n’est même pas la mode du « durable » dans l’opinion publique ou dans les jeunes générations.

On pourrait cependant se dire que, si le durable est très réformiste vis-à-vis du capitalisme, il est cependant progressiste puisqu’il se compose du vivable, de l’équitable et du viable qui sont des notions qui contiennent le bien-être des populations, le social et la démocratie. Mais chacune de ces notions prévoit que l’on doit en passer par ce qui est rentable d’u point de vue capitaliste qui est considéré par cette idéologie comme l’économie en général, le développement en général, comme le seul monde possible…

L’origine de la notion de développement durable est à chercher dans le rapport du Club de Rome de 1972 qui n’était nullement un rapport de chercheurs scientifiques ou d’associations humanitaires ou écologistes mais un rapport de politiciens et d’économistes visant à détourner toute réflexion sur la crise débutée en 1969-1970 et à faire croire que la nécessité de s’attaquer au niveau de vie des populations proviendrait d’une crise démographique et des ressources.

Sous prétexte de défendre la planète, les générations futures, les intérêts des plus démunis, il s’agit de faire croire que ces derniers sont menacés par les comportements individuels et pas par les nécessités du système du profit capitaliste. Développer les notions de transparence, de démocratie, de contrôle, de préservation des richesses naturelles, de lutte contre les catastrophes, de prévention des risques, de combat contre les pollueurs, etc., peut sembler parfaitement sympathique et innocent Mais on constate que la propagande concernant le « réchauffement climatique d’origine humaine (anthropique) » sert à cacher la pollution de l’industrie nucléaire en la faisant passer pour favorable car non productrice de CO² et non utilisatrice des ressources fossiles de la planète.

On constate que les efforts pour rendre responsables les citoyens ne concernent pas les firmes capitalistes. Personne ne s’intéresse à la responsabilité des trusts de la chimie, du nucléaire et de l’automobile dans cette campagne permanente du durable qui envahit tout et qui ne dure pas seulement une semaine… Dans tous les domaines, il est devenu inévitable de faire une courbette au durable et les trusts les plus gros pollueurs sont les premiers à se faire passer pour des militants du durable… Pour la plupart des auteurs, le durable pose surtout des questions techniques : utiliser telle ou telle énergie, telle ou telle technologie, tel ou tel mode d’organisation. Pour aucun, il ne pose la question de fond : faut-il cesser de laisser l’infime minorité d’exploiteurs décider seuls de l’avenir de l’humanité et de la planète ? Plus que jamais, depuis l’effondrement de 2007-2008, le capitalisme privilégie le court terme. Plus que jamais, il est prêt à mettre en coupe réglée la planète et les peuples, à mettre la planète à feu et à sang et ce n’est pas la pollution, dans ces conditions, qui va le gêner… Aucun des grands partisans et théoriciens du développement durable ne met en cause la propriété privée des moyens de production et des capitaux par l’infime minorité capitaliste et le mode de production qui en découle. Tout au plus, certains réfléchissent sur le mode de répartition, ce qui signifie refuser de s’attaquer aux causes réelles et les camoufler sans cesse…

Or les vraies questions ne sont ni démographiques, ni technologiques, ni normatives ou morales mais liées aux intérêts de classes sociales en chair et en os. Les gaz à effet de serre ne se développent que parce qu’ils génèrent des profits capitalistes.

Faire croire que le développement de l’opinion publique au sein de la démocratie bourgeoise suffirait à compenser le poids des lobbys capitalistes par le lobbying de l’opinion est encore un mensonge. Le seul combat contre les lobbys capitalistes ne peut provenir que de la lutte des classes, du combat de la classe ouvrière contre la loi du profit. Donnons pour finir un exemple d’étude dont les auteurs sont conscients que le capitalisme va inévitablement à l’encontre de toute préoccupation durable mais n’ont pas envie de donner cette conclusion pour des raisons bien compréhensibles : voir ici

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