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Vers l’explosion d’une bulle spéculative américaine ?

lundi 1er septembre 2014, par Robert Paris

Vers l’explosion d’une bulle spéculative américaine ?

extraits de la presse bourgeoise :

LE BLOG FINANCES :

Vers une nouvelle crise des crédits dans le secteur automobile aux Etats-Unis ? C’est en tout cas ce que redoutait déjà au printemps dernier l’agence de notation Standard & Poor’s, phénomène qui pourrait survenir dans un avenir proche si on n’y prenait garde.

Une nouvelle bulle d’emprunts dits toxiques – que l’emprunteur ne pourra rembourser compte-tenu de son endettement – pourrait en effet poindre à l’horizon. Cause première : l’industrie financière pourrait une nouvelle fois s’avérer trop laxiste, en octroyant des prêts à des emprunteurs trop fragiles. Certes, si le montant des sommes empruntées a rapidement augmenté, on demeure toutefois bien loin de la situation qui prévalait dans le secteur immobilier en 2007.

Au printemps dernier, déjà, Standard & Poor’s estimait être en présence d’ »un point de retournement en ce qui concerne les performances des prêts automobiles, de la même façon qu’en 2006″, sur le marché immobilier.

Désormais, selon les dernières statistiques de la Réserve fédérale de New York, tout laisse à croire que le secteur financier accorde des prêts de manière un peu trop large … Ainsi, au deuxième trimestre, les Américains se sont endettés à hauteur de 101 milliards de dollars en vue d’acquérir leur véhicule, ce qui correspond au plus fort montant trimestriel observé depuis 2006. Au final, le montant total des dettes liées à un achat automobile s’établit à 905 milliards de dollars … une somme en hausse de 20 % par rapport à la fin 2011.

Autre source d’inquiétude : si les banques du secteur traditionnel détiennent 370 millions de dollars de cet encours, un quart des prêts récents ont été consentis à des emprunteurs jugés à risque («  subprime  »).

Certes, les taux de défaillance sur les prêts automobiles demeurent très faibles à l’heure actuelle. Ils sont de l’ordre de 1 % pour les banques et de 2,5 % pour les instituts spécialisés, comme les filiales financières des constructeurs. Lesquelles semblent tout particulièrement apprécier le risque.

L’EXPRESS :

Subprimes : après l’immobilier, les crédits pourris explosent dans l’automobile

De l’autre côté de l’Atlantique, il n’a jamais été aussi facile d’obtenir un crédit pour acheter une voiture. Mais le système est-il sain ou s’agit-il d’une nouvelle bulle ?

Après avoir largement contribué à rembourser son pavillon de banlieue, le monde finira-t-il par devoir payer pour la voiture d’Homer Simpson ? Si il ne pose pas la question tout à fait en ces termes, le département de la justice américain (Doj) commence sérieusement à s’inquiéter des crédits automobiles, comme le rapporte ce jeudi le quotidien économique Les Echos. Car après les crédits pourris dans l’immobilier et la crise qui s’en était suivie, voici que les "subprimes" explosent dans l’automobile aux Etats-Unis. Qui est dans le colimateur ? Le phénomène prend de l’ampleur outre-Atlantique depuis l’automne 2013, mais c’est seulement au printemps dernier que l’agence de notation Standard & Poor’s a commencé à émettre des inquiétudes sur les conditions de crédit offertes par les géants du secteur automobile américain et la qualité de leurs garanties. Dans son étude de mai, l’agence évoque "un risque accru" sur ce marché et parle de "point d’inflexion". Des craintes confirmées dès le mois de juillet dans une nouvelle étude qui montre que "les pertes nettes et les défauts de paiement continuent à augmenter, comme prévu". Dans la foulée, le Doj a adressé une demande d’information à General Motors, le plus gros acteur du marché automobile américain, qui est aussi le plus grand pourvoyeur de subprimes dans cette catégorie, comme le rapporte le New York Times.

Mais au fait, c’est quoi déjà un subprime ? Un subprime est un crédit conçu sur mesure pour les clients à risque, c’est-à-dire ceux qui présentent des antécédents défavorables (défaut de paiement antérieur, maladie, difficultés financières diverses...). Outre-Atlantique, on les appelle aussi "crédits de la seconde chance". Ils sont caractérisés par des taux d’intérêts élevés pour compenser le risque. C’est ce type de crédit et des défauts de paiement massifs qui, dans l’immobilier, avaient abouti à la crise financière de 2006. Et dans l’automobile, le montant total de ces "crédits pourris" approche les 250 milliards de dollars dans un marché global quatre fois supérieur. Il est surtout en forte augmentation depuis le début de l’année et affiche aujourd’hui une croissance digne des années 2006-2007.

LES ECHOS :

Les prêts auto « subprime » inquiètent aux Etats-Unis

Le montant des encours a rapidement augmenté.Mais on est loin de la situation de l’immobilier en 2007. L’industrie financière américaine est-elle en train de répéter ses erreurs ? Est-elle en train de nourrir une nouvelle bulle toxique, cette fois avec les prêts automobiles, en prêtant trop d’argent à des emprunteurs trop fragiles ? C’est la crainte qui perçait déjà dans une étude de Standard & Poor’s du printemps et qui continue à faire parler d’elle. Selon l’agence de notation, « nous sommes à un point de retournement en ce qui concerne les performances des prêts automobiles, de la même façon qu’en 2006 », sur le marché immobilier. De fait, selon les dernières statistiques de la Réserve fédérale de New York, le secteur financier accorde des prêts auto à tour de bras. Au deuxième trimestre, les Américains en ont souscrit à hauteur de 101 milliards de dollars, soit le plus fort montant trimestriel observé depuis 2006. Le montant total des dettes liées à un achat automobile s’établit désormais à 905 milliards de dollars, c’est 20% de plus qu’à la fin 2011. Les banques traditionnelles détiennent 370 millions de dollars de cet encours. Et un quart des prêts récents ont été consentis à des emprunteurs jugés à risque (« subprime »). Des crédits auto titrisés Comme elles l’ont fait avec leurs créances immobilières, les banques titrisent ces contrats automobiles et les vendent sous forme agrégée à des investisseurs qui ne prennent pas nécessairement toute la mesure des risques qu’ils encourent. Cette année, quelque 12 milliards de dollars de prêts auto ont déjà été titrisés de la sorte, alors que le total de titrisation pour 2013 n’était que de 13 milliards de dollars, selon Thomson Reuters. Les régulateurs, échaudés par les « subprimes » immobiliers, commencent à demander des comptes aux émetteurs. La branche financière de General Motors et Santander Consumer USA ont indiqué avoir reçu des « demandes d’informations » de la part des autorités.

La plupart des analystes ne se font toutefois pas trop de soucis. Il y a de nombreuses différences avec le marché du crédit immobilier de 2006-2007. D’abord, les encours ne sont pas les mêmes. En 2006, les banques avaient dans leurs livres des encours de 2.500 milliards de dollars de prêts immobiliers, dont 450 milliards étaient « subprime ». Les prêts auto sont ensuite d’un montant individuel sensiblement inférieur aux prêts immobiliers. Ils sont à taux fixe, les emprunteurs ne sont donc pas vulnérables à une soudaine hausse des taux directeurs de la Fed. Les emprunts sont en général contractés sur une période beaucoup plus courte. Qui plus est, les Américains sont au total moins endettés qu’auparavant. L’endettement total des ménages est inférieur de 8% à son niveau de la fin 2008. Les taux de défaillance sur les prêts auto sont encore très faibles. De l’ordre de 1% pour les banques et de 2,5% pour les instituts spécialisés, comme les filiales financières des constructeurs, ces dernières ayant clairement un plus grand appétit pour le risque.

LA TRIBUNE :

Bulles spéculatives : la grande incertitude

Depuis quelques mois les milieux financiers et les médias craignent que des bulles sur certains marchés d’actifs (l’immobilier, la Bourse et les obligations à long terme) ne conduisent à une correction brutale et à une nouvelle crise économique. L’opinion publique ne semble guère s’en préoccuper : selon Google le nombre de recherche des termes "bulle boursière" ne marque qu’une légère augmentation, on est loin du pic de 2007, et les termes de "bulle de l’immobilier" ne suscitent qu’un nombre relativement limité de recherches. Pourtant la préoccupation des experts est pleinement justifiée, car la croyance en l’efficacité des marchés ne peut perdurer que si quelques personnes qui n’y croient pas entièrement cherchent à en tirer profit en anticipant le comportement des marchés. Néanmoins l’inquiétude des experts peut être dangereuse, car susceptible de provoquer une réaction exagérée de l’opinion publique qui pourrait entraîner une chute des marchés.

Un niveau de spéculation excessif Les agences internationales ont récemment signalé un niveau de spéculation excessif sur les marchés d’actifs, suggérant ainsi que l’on doive se préoccuper d’un risque de crise. Dans un discours prononcé en juin, le directeur général adjoint du FMI, Min Zhu, a déclaré que dans plusieurs pays (notamment en Europe, en Asie et en Amérique) le marché immobilier montrait "des signes de surchauffe". Le même mois, la Banque des règlements internationaux indiquait dans son rapport annuel que "ces signes ne sont pas inquiétants". Les journaux sonnent l’alarme eux aussi. Le 8 juillet, le New York Times titrait en première page de manière quelque peu hyperbolique, "De la Bourse aux produits alimentaire, ce ne sont que booms et bulles : les prix de presque tous les actifs autour du monde sont élevés, ce qui présente des risques pour l’économie". Le "presque tous" est exagéré, mais le titre témoigne de l’inquiétude qui se développe. Pourquoi s’inquiète-t-on soudainement aujourd’hui, après les cinq ans d’expansion générale des marchés qui ont suivi leur effondrement début 2009 ? Comment s’est dissipée l’insouciance qui permettait de croire à quelques années de plus d’expansion des marchés ? L’influence des records boursiers Il semble que l’opinion publique et les observateurs soient fortement influencés par les récents records de la Bourse, même si les niveaux qu’elle atteint n’ont guère de signification du fait de l’inflation. Il y a seulement un mois, l’indice MSCI-ACWI qui traduit l’évolution des marchés boursiers mondiaux a dépassé son record d’octobre 2007. Le FMI a annoncé en juin la création d’une nouvelle page sur son site internet, Global Housing Watch, qui suit l’évolution du marché immobilier. Elle affiche un indice mondial des prix de l’immobilier pondéré en fonction du PIB qui augmente aussi vite depuis environ trois ans que lors de la période qui a précédé la crise de 2008 - même s’il n’a pas encore atteint le pic de 2006. Les économistes plongés dans l’incertitude Entre en compte également l’annonce de la Réserve fédérale. Si l’économie progresse comme prévu, elle envisage de procéder au dernier achat d’obligations dans le cadre de la politique de relâchement monétaire (qui a débuté en septembre 2012) après la réunion de la Commission fédérale de l’Open Market (FOMC) qui aura lieu en octobre 2014. Ce genre d’annonce semble aussi modifier le point de vue des observateurs, même si ce n’est pas vraiment une nouvelle, dans la mesure où tout le monde savait que la Fed mettrait bientôt fin à son programme de rachat. Il est difficile de prévoir comment l’opinion publique va réagir à un tel changement de politique, à tout signe de hausse ou de baisse des prix ou encore à toute information que l’on fait passer pour être d’une importance cruciale. En raison de l’insuffisance de documents sur l’histoire des grandes crises financières - les données dont ils disposent ne s’étendent généralement que sur quelques décennies - les spécialistes en économétrie peuvent se tromper. La croyance passée en une "grande modération" Jusqu’à la récente crise, les économistes chantaient les louanges de la "grande modération" : les fluctuations économiques allaient s’atténuer et beaucoup de ces économistes ont conclu que la politique de stabilisation économique était de plus en plus efficace. Ainsi en 2005, peu avant le déclenchement de la crise financière, deux spécialistes en économétrie, James Stock (l’un des conseillers économiques du président Obama) et Mark Watson soulignaient que durant les 40 années précédentes les économies avancées étaient devenues moins volatiles et moins corrélées les unes aux autres. Quelques années plus tard, à la lumière de la crise financière ils auraient sans doute tiré une autre conclusion. Le ralentissement économique de 2009, la pire année de la crise, a été catastrophique. Les trois grandes crises du XXème siècle encore largement inexpliquées Il n’y a eu que trois grandes crises au 20° siècle : 1929-1933, 1980-1982 et 2007-2009, ce qui est insuffisant pour les expliquer. D’autant qu’elles ne se résument pas à une simple intensification des petites fluctuations que l’on observe souvent, et que Stock et Watson ont analysées. Ces crises semblent liées à des mouvements des prix provoqués par la spéculation. Ces mouvements ont surpris la plupart des observateurs et n’ont jamais été réellement expliqués, même des années après les faits. Elles furent également liées aux erreurs politiques des gouvernants. Par exemple la crise de 1980-1982 a été déclenchée par la flambée du prix du pétrole due à la guerre Iran-Irak. Mais toutes étaient liées à l’éclatement de bulles d’actifs qui ont provoqué un effondrement financier. Ceux qui avertissent de graves dangers si on laisse se développer une hausse des prix spéculative ont raison de le faire, même s’ils ne peuvent prouver qu’ils ont raison. Leur avertissement pourrait empêcher les booms auxquels nous assistons de se prolonger et de devenir ainsi plus dangereux. Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz • Prix Nobel d’économie 2013, Robert Shiller enseigne l’économie à l’université de Yale aux USA. Il a écrit en collaboration avec George Akerlof un livre intitulé Animal Spirits : How Human Psychology Drives the Economy and Why It Matters for Global Capitalism [Les esprits animaux - Comment les forces psychologiques mènent la finance et l’économie].

Medjdoub Hamed écrit :

La bulle financière devenue la drogue des bulles boursières : on n’est sorti d’une bulle que pour tomber dans l’autre Evidemment, dans un monde pluriel, il est illusoire de songer à un monopole. Les Etats-Unis, bien qu’ils soient la première puissance mondiale, sont pris aussi dans les filets de la globalisation, et donc de la dépendance qui est de leur propre fait : cette consommation américaine sans limite a en fait contribué à soutenir l’activité économique asiatique, surtout chinoise, et par conséquent à enrichir la Chine. Pour ce qui est du pétrole, le même processus de hausse des cours a permis à enrichir la Russie, les pays producteurs de pétrole, en particulier arabes. Ce qui s’est fait au détriment de l’Europe, mais aussi à sa propre économie, la balance des paiements et la position extérieure nette américaine ne cessaient de se dégrader. Barry Eichengreen, professeur d’économie et de sciences politiques à l’Université de Californie à Berkeley, écrit, en mai 2009, à ce propos : « Une approche sera d’accuser les Etats-Unis pour leur manque de régulation, pour avoir assoupli leurs politiques monétaires et pour avoir mal épargné. Une autre, que certains officiels américains en fonction ou non comme Alan Greenspan et Ben Bernanke avancent déjà, sera d’accuser les pays d’Asie du Sud et du Proche-Orient d’avoir accumulé de considérables liquidités en épargnant trop. Tout cet argent, diront-ils, devait bien aller quelque part. Et logiquement, il devait se diriger vers le pays aux marchés financiers faisant le plus autorité, c’est à dire aux Etats-Unis où le prix des actifs a atteint des sommets insupportables. Mais les deux camps sont d’accord sur un point : le déséquilibre de la balance des économies dans le monde - une épargne faible aux Etats-Unis contre une épargne élevée en Chine et sur d’autres marchés émergents -a joué un rôle clé dans cette crise en permettant aux habitants des Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens. Cela a poussé le monde de la finance, soucieux d’obtenir un rendement sur des fonds abondants, à spéculer davantage sur ces instruments. Un argument recueille tous les suffrages : impossible de comprendre la bulle et le crash sans réfléchir au rôle des balances déséquilibrées dans le monde. » Précisément, cette approche pour accuser les uns d’avoir assoupli leur politique monétaire, les autres d’avoir accumulé des liquidités considérables en épargnant trop, a un sens profond.

En d’autres termes, on doit comprendre que les deux protagonistes sont responsables de la « bulle immobilière ». Ce postulat va nous permettre de comprendre le sens réel de la bulle immobilière, et montrer que les millions de ménages américains qui ont laissé leurs fonds dans les prêts hypothécaires ou fait l’objet de saisie de leurs biens immobiliers, ainsi que les pays qui ont épargné, ont été « victimes du système financier mondial et non plus américain ». Les Etats-Unis n’ont qu’une part de responsabilité, même si tout est parti d’Amérique. Comme l’a écrit Isaac JOHSUA : « D’où vient la bulle immobilière américaine ? Elle ne tombe pas du ciel, n’est pas la conséquence de la spéculation, d’une mauvaise gestion ou encore le résultat de l’irresponsabilité de « ceux qui ont joué avec le feu ». En réalité, la bulle immobilière américaine, c’est la crise de la « nouvelle économie », celle de la bulle des nouvelles technologies (2001) qui continue. En 2000, l’éclatement de la bulle boursière a entraîné, comme on pouvait s’y attendre, une chute particulièrement sévère de l’investissement des entreprises et une montée rapide des licenciements. Mais la récession ne s’est pas transformée en véritable dépression, grâce aux dépenses des ménages. D’énormes moyens ont été mis en œuvres pour y parvenir. Le premier d’entre eux a été une baisse extraordinaire du taux de la banque centrale américaine, taux ramené en un temps très court de 6% à 1% (soit un taux réel négatif, si on tient compte de l’inflation). Prolongeant une fuite en avant depuis longtemps engagée aux Etats-Unis, le robinet du crédit a été ouvert à fond, ce qui a grandement facilité le crédit hypothécaire et lancé la bulle immobilière. Le médicament pour soigner la bulle boursière est devenu la drogue de la bulle immobilière : on n’est sorti d’une bulle que pour tomber dans l’autre, et parce qu’on est tombé dans l’autre. C’est ainsi que le taux d’endettement des ménages américains a bondi de 107% en 2001 à 140% en 2006, ouvrant la voie à la crise de surendettement que nous observons aujourd’hui. » Si Issac JOHSUA dit vrai, il reste que les pays créanciers, et la Chine, ont aussi participé à la bulle, comme le fait comprendre le professeur d’économie et de sciences politiques à l’Université de Californie à Berkeley, Barry Eichengreen. Sans l’épargne et les excédents commerciaux de la Chine, de la Russie, des pays arabes, de l’Islande et d’autres pays qui ont investi dans les places financières américaines, il n’y aurait pas eu de bulle immobilière. Ceci étant, et au-delà des explications des économistes, que s’est-il réellement passé pour qu’a priori, la bulle immobilière ait pris de court tout le système financier américain ?

Nous sommes aujourd’hui en 2014, que va-t-il se passer dans les années à venir pour l’ensemble des économies du monde ? Difficile à prédire. Cependant, l’histoire nous apprend ce qui s’est passé en 1929, et nous sommes en 2009, soit quatre vingt ans après. Le monde va-t-il de nouveau connaître ce qui s’est passé dans les années 1930 et 1940 ? C’est-à-dire les horreurs de la plus grande guerre mondiale qu’a connu l’espèce humaine. L’Afrique du Nord, dont l’Algérie, était traversée par les Allemands et les Américains dans les années 40. Allons-nous vers d’autres guerres ? Nous ne pouvons pas savoir, comme au début des années 1930, le monde ne pouvait savoir. Ceci étant, revenons sur le problème économique, qui est peut-être plus mesurable. Le premier cycle du XXIe a débuté en janvier 2001. La Fed a procédé de toute urgence , à la baisse du taux d’intérêt court directeur de la FED de 6,5% à 6%. Les taux directeurs court vont être détendus jusqu’en juin 2003 à 1%, le niveau le plus bas depuis 46 ans. Soit quatre années d’expansion financière. Il ne bougera pas jusqu’à juin 2004, où la FED fait passer le taux directeur de 1% à 1,25%. Plus de trois années de resserrement monétaire vont suivre. C’est la phase descendante du cycle. La baisse des taux de la FED ne surviendra qu’en septembre 2007, avec l’« éclatement de la crise des subprimes ». Elle fait passer le taux directeur d’un demi-point de 5,25% à 4,75%. C’est la fin du premier cycle du XXIe siècle. Le deuxième cycle économique commence. En décembre 2008, le taux de la Réserve fédérale américaine est au plancher à 0,25%. Depuis cinq ans et demi, le taux directeur n’a pas bougé, et est maintenu à 0,25%. C’est la phase montante du cycle. Entre temps, la Fed est dirigée par Janet Yellen, en remplacement de Bernanke, depuis le 31 janvier 2014. Le marché financier mondial est inondé de « Quantitative easing » émanant des quatre grandes puissances monétaires mondiales (États-Unis, zone euro, Grande-Bretagne et Japon). Pratiquement toutes les Bourses mondiales affichent un haut en 2014, dépassant largement les baisses des titres et valeurs enregistrés entre 2007 et 2008. Les questions qui se posent. Combien de temps sera maintenu encore le taux d’intérêt plancher de la FED ? Quand la FED procèdera au relèvement du taux court directeur qui terminera la phase montante du deuxième cycle et ouvrira la phase descendante. Et combien durera la phase descendante, qui se terminera, on ne peut en douter comme toutes les crises précédentes, par de nouveau une crise financière mondiale ? Il est difficile de prédire, mais l’analyse de certains paramètres et leur évolution peut nous permettre d’en faire une projection. Ce à quoi les économistes-prospecteurs sont invités à s’y atteler pour le bien du monde.

La bulle boursière américaine

Le S&P a touché 2001,95 points avant de redescendre à 1997,92 points. Les investisseurs ont été portés par l’annonce de plusieurs opérations de rachat, dont celle de Burger King du groupe canadien Tim Hortons et par la spéculation d’une intervention de soutien supplémentaire de la part de la Banque centrale européenne et de la Banque centrale du Japon.

Il aura fallu 94 jours pour que l’indice passe de 1900 à 2000 points alors qu’il était monté de 1700 à 1900 points en l’espace de 12 mois. 13 ans avaient été nécessaires pour permettre à l’indice d’évoluer de 1500 (22 mars 2000) à 1600 points (3 mai 2013) en raison de la bulle Internet et de la crise financière de 2008-2009. 16 ans au total auront été requis pour le doublement du benchmark de 1000 à 2000 points. La première fois que le S&P 500 avait franchi le seuil de 1000 points avait été le 2 février 1998.

L’indice a grimpé de 8% cette année et n’a pas affiché un repli de 10% depuis 2011.

Plusieurs éléments expliquent cette configuration boursière : les taux d’intérêt proche de 0, des profits record, l’anticipation d’une accélération de la reprise économique, la poursuite d’une politique monétaire accommodante, l’existence d’une inflation limitée.

Une similitude avec la Bulle Internet ?

Le SP 500 a gagné 196 % ces cinq dernières années. Il avait enregistré un saut de 236% sur une période comparable si l’on considère comme référence fin mars 2000 qui correspond au pic du rallye Internet selon les données enregistrées par l’agence Bloomberg. Depuis mars 2009, les rendements annualisés se sont élevés à 24,5%, contre 27,1% entre mars 1995 et mars 2000.

A bien des égards le rallye observé cette fois-ci se différencie de celui vécu en 2000. Lors de la bulle Internet, le S&P 500 se négociait autour de 30 fois les bénéfices futurs à 12 mois. Aujourd’hui le ratio cours sur bénéfices est de 19 fois. De nombreuses publications de résultats ont dépassé les attentes et créé une surprise positive à l’issue du premier semestre de l’année 2014. La progression des profits est de 8,4%.

La tendance haussière concerne tous types de secteurs. 380 sociétés sur 500 ont progressé ces cinq dernières années. A hier, 42 actions ont atteint un plus haut de 52 semaines, contre 27 en 2000.

Si les IPO se sont multipliées ces trois dernières années notamment dans le secteur de la technologie et Internet, avec King Digital Entertainment, Yelp, Twitter…, les sociétés étaient pour la plupart profitables contrairement à ce qui avait pu être acté il y a plus de 10 ans.

3 Messages de forum

  • Et en Europe aussi, une bulle spéculative...

    Les marchés ont "peur de tout" et se replient sur les valeurs refuges comme la dette allemande, qui continue de voir son taux reculer, entraînant toutes les autres avec elle, résume René Defossez, un stratégiste obligataire de Natixis.

    Cette "peur de tout" est alimentée par la mauvaise situation de la zone euro dans son ensemble, qui a stagné au deuxième trimestre, avec plusieurs grands pays en difficulté, et qui voit grossir le risque déflationniste.

    "La détérioration récente des chiffres économiques et d’inflation en zone euro, y compris pour l’Allemagne", explique la baisse des taux obligataires, selon Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux et changes chez Société Générale-CIB.

    Le risque géopolitique, comme la crise ukrainienne, pousse aussi les investisseurs vers les obligations les plus sûres, renforçant le phénomène.

    L’autre raison de ce mouvement généralisé et inédit de baisse trouve sa source à Francfort, au siège de la Banque centrale européenne.

    Depuis des années maintenant, la BCE oeuvre pour maintenir à flot l’économie de la zone euro, baissant ses taux et multipliant les mesures non-conventionnelles.

    Désormais, les spéculations vont bon train sur la possible mise en place d’un programme de rachat massifs d’obligations.

    Cette perspective renforce l’afflux d’acheteurs, vu qu’ils ont la certitude de pouvoir revendre leurs titres.

    "Le marché a maintenant une confiance aveugle dans la BCE", juge Thibaut Prébay, directeur du département taux chez Quilvest Gestion.

    "La dernière phase de ces mouvements (vers les obligations, ndlr) est fragile", estiment les économistes du courtier Aurel BGC. "Elle repose en partie sur l’espoir de voir la BCE mettre en place un programme massif d’achat de titres afin d’+inonder+ les marchés de liquidités".

    UN FAUX SENTIMENT DE SÉCURITÉ

    Mais, les investisseurs ne sont pas à l’abri d’une déception en provenance de la BCE.

    "Les spéculations entourant la BCE sont désormais irréalistes. Les investisseurs risquent d’être déçus" à court terme, juge Société Générale-CIB.

    Au delà du constat peu rassurant sur le pessimisme des investisseurs pour la zone euro, cette situation sur le marché obligataire est une bombe à retardement.

    Elle peut notamment créer "des bulles sur les autres classes d’actifs qui prennent leur justification dans les taux bas", selon M. Prébay.

    "Les actions ont beaucoup monté, les taux immobiliers ont baissé et le +high yield+ (marché des obligations risquées mais à haut rendement) se comporte bien parce qu’il y a une recherche de rendement", poursuit-il.

    Mais si jamais les taux obligataires remontaient nettement, il deviendrait "impossible de justifier les niveaux actuels de valorisation des actions" ou de ces autres actifs, et un mouvement de correction pourrait avoir lieu.

    Enfin, l’autre risque pour certains analystes, plus indirect, serait de voir des gouvernements satisfaits de se financer à bon compte s’endormir sur leurs lauriers.

    "Les rendements très bas donnent un faux sentiment de sécurité aux gouvernements et cela pourrait éventuellement ralentir le rythme des réformes structurelles", estime M. Chaigneau.

    Répondre à ce message

  • La Tribune écrit :

    Sommes-nous en 1937 ?

    Comme en 1937, le pessimisme règne en Europe, après plusieurs années de crise. Il alimente les tensions géo-politiques qui, elles-mêmes, affectent la croissance et contribuent au pessimisme... Jusqu’où faire le parallèle entre notre présent et cette funeste période ?

    Huit ans après le krach boursier de 1929, en 1937, la situation prend un virage catastrophique, l’activité rechute lourdement. La reprise ne sera possible que grâce à une dynamisation économique considérable engendrée par la Seconde Guerre mondiale, conflit qui coûtera la vie à plus de 60 millions de personnes. À l’heure où surviendra enfin la reprise, la majeure partie de l’Europe et de l’Asie ne sera plus qu’un tas de ruines.
    Des parallèles avec 1937 : une inquiétude pour le long terme
    Bien que le contexte mondial actuel soit sans commune mesure avec l’horreur de cette période, plusieurs parallèles peuvent être avancés, notamment par rapport à l’année 1937. Aujourd’hui comme à l’époque, les citoyens sont depuis longtemps déçus, et pour beaucoup plongés dans la détresse. Ils s’inquiètent désormais beaucoup plus de leur avenir économique à long terme. Or, cette inquiétude est susceptible d’engendrer de graves conséquences.

    Les déceptions sur la croissance peuvent engendrer des conflits

    L’impact de la crise financière de 2008 sur les économies ukrainienne et russe pourrait bien par exemple avoir en fin de compte contribué au conflit qui y fait rage depuis peu. D’après le Fonds monétaire international, l’Ukraine et la Russie ont toutes deux enregistré une croissance spectaculaire entre 2002 et 2007 : au cours de ces cinq années, le PIB réel par habitant a augmenté de 52 % en Ukraine et de 46 % en Russie. Cette dynamique appartient désormais au passé : la croissance du PIB réel par habitant n’a atteint que 0,2 % en Ukraine l’an dernier, pour seulement 1,3 % en Russie. Le mécontentement suscité par cette déception pourrait bien en partie expliquer la colère des séparatistes ukrainiens, l’irritabilité des Russes, ainsi que les décisions d’annexion de la Crimée et de soutien des séparatistes de la part du président russe Vladimir Poutine.

    Comme à la fin des années 30...

    Il existe un nom au désespoir qui alimente cette colère apparue depuis la crise financière - et pas seulement en Russie et en Ukraine - à savoir le terme de « nouvelle norme, » formule popularisée par le fondateur du géant obligataire PIMCO, Bill Gross, en référence à l’érosion des perspectives de croissance économique à long terme. Le désespoir observé après 1937 avait conduit à l’émergence de nouveaux termes similaires, parmi lesquels celui de « stagnation séculaire, » évoquant un malaise économique sur le long terme. Le terme « séculaire » nous vient du latin saeculum, qui signifie « génération » ou « siècle. » Celui de « stagnation » a pour connotation une sorte de marasme, véritable terreau des menaces les plus virulentes. À la fin des années 1930, les peuples s’inquiétaient également du mécontentement observé en Europe, qui avait d’ores et déjà contribué à l’avènement au pouvoir d’Adolph Hitler et de Benito Mussolini.

    Un risque de sous-consommation

    Un autre terme apparu comme soudainement dominant aux alentours de 1937 fut celui de « sous-consommationnisme » - théorie selon laquelle l’inquiétude des populations serait susceptible de conduire les individus à épargner de manière excessive, dans un souci d’anticipation de lendemains difficiles. Or, le volume d’épargne souhaité par les individus excède les opportunités d’investissement disponibles. Par conséquent, le désir d’épargner ne s’ajoute pas à l’épargne globale en direction de la création de nouvelles entreprises, de la construction et de la vente de nouveaux immeubles, etc. Bien que les investisseurs puissent procéder à une surenchère quant aux prix des immobilisations existantes, leurs efforts d’épargne ont pour seul effet de ralentir l’économie.

    La dépense découragée, l’économie fragilisée

    « Stagnation séculaire » et « sous-consommationnisme » sont autant de termes trahissant un pessimisme sous-jacent, lequel, en décourageant la dépense, contribue non seulement à la fragilité de l’économie, mais suscite également colère, intolérance et potentiel de violence.

    Dans son ouvrage majeur intitulé Les conséquences morales de la croissance économique, Benjamin M. Friedman a présenté nombre d’exemples de situations dans lesquelles le déclin de la croissance économique avait fait naître - de manière variable et plus ou moins rapide - l’intolérance, le nationalisme agressif, et la guerre. Il en conclut : « La valeur d’une élévation du niveau de vie ne réside pas seulement dans les améliorations concrètes qu’elle génère dans l’existence des individus, mais également dans la manière dont elle façonne l’identité sociale, politique, et en fin de compte morale d’un peuple. »

    La croissance économique ? Simplement vivre mieux que par le passé
    Certains affirment douter de l’importance de la croissance économique. Pour beaucoup, nous serions peut être trop ambitieux, et aurions davantage intérêt à vivre une existence plus agréable et plus divertissante. Peut-être ont-ils raison.

    Mais la véritable problématique réside dans l’estime de soi, ainsi que dans les processus de comparaison sociale, dont le psychologue Leon Festinger a expliqué qu’ils constituaient une tendance universelle chez l’être humain. Beaucoup s’en défendront probablement, mais nous passons nos vies à nous comparer les uns aux autres, et aspirons à gravir l’échelle sociale. L’individu n’appréciera jamais pleinement ses nouvelles opportunités de loisirs si ces opportunités semblent signifier son échec par rapport aux autres.
    L’espoir de voir la croissance économique favoriser la paix et la tolérance se fonde sur la propension des individus à se comparer aux autres non seulement dans le présent, mais également par rapport aux souvenirs qu’ils ont de certaines personnes - parmi lesquelles leur propre être - au cours du passé. Pour citer Friedman, « À l’évidence, il est impossible que la majorité des individus s’en sorte mieux qu’autrui. Mais il est toujours possible pour la plupart des individus de vivre une existence présente plus prospère que leur existence passée, et c’est là précisément ce que signifie la croissance économique. »
    Les sanctions imposées à la Russie pourraient affecter l’activité en Europe
    Le risque existe de voir les sanctions qui ont été imposées à la Russie, en raison de ses agissements en Ukraine de l’Est, engendrer une récession à travers l’Europe et au-delà. Ainsi pourrait-on aboutir à un monde de Russes mécontents, d’Ukrainiens mécontents et d’Européens tout aussi mécontents, dont la confiance et le soutien à l’endroit d’institutions démocratiques pacifiques seraient voués à s’éroder.

    Bien que certains types de sanctions à l’encontre d’agressions internationales semblent nécessaires, il nous faut demeurer attentifs aux risques associés aux mesures extrêmes ou punitives. Nous aurions tout intérêt à nous entendre sur la fin des sanctions, à intégrer plus pleinement la Russie (et l’Ukraine) à l’économie mondiale, tout en combinant ces démarches à des politiques économiques expansionnistes. Toute résolution satisfaisante du conflit actuel n’exigera pas moins que cela.

    Traduit de l’anglais par Martin Morel

    Robert J. Shiller, prix Nobel 2013 d’économie et professeur d’économie à l’Université de Yale, a co-écrit avec George Akerlof l’ouvrage intitulé Animal Spirits : How Human Psychology Drives the Economy and Why It Matters for Global Capitalism.

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  • C’est bien le problème des bulles : l’argent de la Fed est transformé par les banques en achats d’actions en bourse, et cela sans véritable gain d’activités économiques pour les industries (sans aucune liaisons avec les réalités comptables) ; la valeur boursière ne reflète plus la valeur économique !!!!

    le cirque financier continue ...

    plusieurs grandes banques centrales investissent directement dans les marchés d’actions

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