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A la veille du sommet de l’OTAN - Les Etats-Unis et l’OTAN intensifient les préparatifs militaires contre la Russie

vendredi 5 septembre 2014, par Robert Paris

A la veille du sommet de l’OTAN - Les Etats-Unis et l’OTAN intensifient les préparatifs militaires contre la Russie

Par Niles Williamson

Lors de leur réunion de cette semaine au Pays de Galles, les chefs de gouvernement des pays membres de l’OTAN devraient approuver la création d’une force spéciale de réaction rapide forte de 4.000 soldats, capable d’être déployée en l’espace de deux jours dans n’importe quel Etat membre. Ils devraient aussi approuver la mise en place d’une présence permanente de troupes en Pologne et dans les Etats baltes, ainsi que le renforcement de l’équipement et des stocks d’armes en Europe de l’Est.

Le sommet de l’OTAN auquel le président ukrainien Petro Porochenko a été invité, se concentrera sur l’offensive diplomatique, économique et militaire occidentale contre la Russie. Cette offensive n’a cessé d’être intensifiée depuis que les Etats-Unis et l’Allemagne ont déclenché la crise en Ukraine, en février dernier, en organisant un coup d’Etat mené par des fascistes dans le but de renverser le gouvernement pro-russe de Viktor Ianoukovitch.

La Russie a annoncé mercredi qu’elle va modifier sa politique militaire en réaction à l’expansion massive des forces de l’OTAN en Europe de l’Est ainsi qu’à la décision prise par le régime de Kiev d’intégrer l’Ukraine dans l’alliance militaire occidentale dominée par les Etats-Unis.

Mikhaïl Popov, vice-secrétaire du Conseil de sécurité russe, a dit dans une interview accordée à RIA Novosti que « la question du rapprochement de l’infrastructure militaire des pays membres de l’OTAN des frontières de notre pays, y compris par un élargissement, reste une des menaces militaires extérieures pour la Fédération russe. »

Federica Mogheirini, nouvellement élue à la tête de la Politique étrangère de l’Union européenne (UE), a annoncé mardi qu’une nouvelle série de sanctions contre la Russie seraient décidée d’ici la fin de la semaine.

Selon le Wall Street Journal, des restrictions relatives à la capacité d’entreprises publiques russes à lever de l’argent sur les marchés de capitaux, l’extension des restrictions aux banques d’Etat russes et à d’autres sociétés de recevoir de nouveaux prêts syndiqués ainsi qu’une limitation plus importante des exportions de biens à double usage, figurent parmi les nouvelles mesures envisagées.

Le président américain Barack Obama était à Tallinn, en Estonie, la veille du sommet de l’OTAN pour rencontrer les dirigeants des trois Etats baltes – le président estonien Toomas Hendrik Ilves, la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite et le président letton, Andris Berzins. Grybauskaite avait déclaré dernièrement que la Russie était « pratiquement en guerre contre l’Europe. »

L’objectif principal du voyage d’Obama en Estonie est de réaffirmer le statut des Etats baltes en vertu de l’article Cinq du Traité de l’OTAN qui assure la défense collective d’un Etat membre en cas d’attaque par un autre pays.

Les dirigeants droitiers des Etats baltes ont réclamé une augmentation de la présence militaire des Etats-Unis et de l’OTAN dans leurs pays, qui tous partagent une frontière avec la Russie et où vivent de grandes minorités russes. Les Etats baltes furent incorporés en 2004 dans l’OTAN et l’Union européenne et sont les seuls territoires de l’ancienne Union soviétique à être devenus membres de ces deux organisations.

Le journal italien La Republica a fuité des détails d’une session à huis clos du sommet de l’UE de samedi et qui ont été saisis par les médias pour diaboliser le président russe Vladimir Poutine et manipuler l’opinion publique en faveur d’une guerre contre la Russie.

Au cours de la session, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a donné le détail d’une conversation téléphonique qu’il avait eue vendredi avec Poutine. Selon La Republica, Poutine a répliqué aux accusations de Barroso, relatives à des troupes russes en Ukraine, en disant, « Ce n’est pas ça, le problème,c’est plutôt que si je veux, en deux semaines je prends Kiev. »

Yuri Ushakov, conseiller au Kremlin pour la politique étrangère, a dénoncé la fuite des détails choisis de l’entretien entre Poutine et Barroso. « Que ces paroles aient été prononcées ou non, à mon avis, la citation rapportée a été retirée de son contexte et elle avait une tout autre signification, » a-t-il déclaré.

Face à l’attitude agressive de l’OTAN, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a lancé un appel pour que les Etats-Unis et leurs alliés européens favorisent un compromis en Ukraine entre Kiev et les séparatistes pro-russes dans la partie orientale du pays. Il a demandé aux Etats-Unis d’user de leur influence pour tenir en bride Kiev et encourager le régime à résoudre la crise par un processus politique plutôt que par des opérations militaires.

Lavrov a suggéré que la visite prévue du président ukrainien Porochenko à la Maison Blanche le 18 septembre serait « une bonne occasion de mettre les points sur les i en ce qui concerne les intérêts américains ou non » relatifs aux développements politiques dans le pays.

Les pourparlers à Minsk entre les représentants de Moscou, Kiev et des groupes de séparatistes se sont terminés lundi sans avancée aucune et reprendront vendredi. Le gouvernement Obama n’avait pas envoyé de représentant aux pourparlers et est en train d’œuvrer pour empêcher un quelconque accord politique entre Kiev et les séparatistes pro-russes.

Au cours de ces deux dernières semaines, les séparatistes ont réalisé d’importants gains contre les forces armées de Kiev. Jusqu’à 680 soldats ukrainiens ont été capturés par les séparatistes lors de récents combats, un grand nombre d’entre eux ayant été pris aux alentours de la ville d’Ilovaïsk où les rebelles ont été en mesure d’encercler des centaines de soldats ukrainiens.

Les forces armées ukrainiennes se sont retirées mardi de l’aéroport de Lugansk après une nuit d’âpres combats avec les rebelles. Des affrontements auraient aussi eu lieu autour de l’aéroport de Donetsk.

Les rebelles seraient aussi en train de poursuivre leur avancée sur la ville portuaire de Mariupol qui a une importance stratégique. Les séparatistes ont capturé Olenivka, ville clé sur la route menant à Mariupol, ouvrant une éventuelle voie en provenance du Nord. Ils avaient déjà ouvert une route sur l’Est en capturant la semaine dernière la ville côtière de Novoazovsk.

Le conflit qui sévit en Ukraine orientale a fait des milliers de victimes et déplacé jusqu’à un million de personnes. Des centaines de civils ont été tués suite au bombardement aveugle de quartiers résidentiels dans les villes de Lugansk et de Donetsk par les forces armées ukrainiennes.

D’après un rapport de Human Rights Watch, plus de 300 civils ont été tués par des armes explosives dans la ville de Lugansk depuis mai. Le 18 août, des obus ont frappé le marché central de la ville, tuant quatre civils et provoquant un incendie qui a détruit plusieurs magasins. Des obus ont ensuite été tirés sur les équipes de pompiers alors qu’ils s’apprêtaient à faire leur travail, les empêchant ainsi d’éteindre l’incendie.

L’ONU estime que 260.000 personnes ont été déplacées sur le territoire de l’Ukraine, et au mois d’août leur nombre a plus que doublé. Selon les autorités russes, plus de 800.000 Ukrainiens sont arrivés en Russie en quête soit d’un refuge, soit d’un asile provisoire soit d’autres possibilités de logement.

Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, António Guterres, a fait part de sa préoccupation quant à la rapide augmentation du nombre de réfugiés ukrainiens. « Si on ne met pas rapidement fin à cette crise, » a-t-il dit, « elle aura non seulement des conséquences humaines dévastatrices, mais elle a aussi le potentiel de déstabiliser toute la région. Après les leçons des Balkans, on a du mal à croire qu’un conflit de cette envergure puisse se produire sur le continent européen. »

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