English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Lutte de classe à Madagascar

Lutte de classe à Madagascar

lundi 15 décembre 2014, par Robert Paris

Lutte de classe à Madagascar

Deux personnes ont trouvé la mort dans de violentes émeutes à Morondava, après des revendications salariales des employés malgaches dans une sucrière gérée par des Chinois.

La violence gagne du terrain à Madagascar. La gendarmerie est intervenue à Morondava, dans l’ouest de Madagascar, après des troubles sociaux dans une usine sucrière gérée par des Chinois, qui ont fait deux morts.

« Il y a eu deux morts et une destruction d’une partie de l’usine », a précisé à la presse, ce jeudi, le Premier ministre malgache, Roger Kolo, soulignant que les troubles avaient démarré mercredi par des revendications du personnel pour avoir des contrats de travail et des augmentations de salaire.

Des émeutiers armés ont attaqués le siège de la gendarmerie à Morondava, hier. L’arrestation de sept meneurs de grève à la société Sucoma a mis le feu aux poudres.

Effusion de sang à Morondava. La gendarmerie signale un mort et douze blessés dont trois gendarmes, lors d’une attaque de caserne qui a provoqué un séisme dans la ville, aux alentours de 18 heures, hier soir.

Une source auprès de l’hôpital de Morondava indique pour sa part que deux morts et onze blessés graves y sont admis. Des habitants de la ville affirment pour leur part que le nombre de morts est beaucoup plus important. Ils signalent un mort lors des affrontements qui ont éclaté dans la ville, hier soir, un autre à Bemanonga où ont commencé les hostilités, et trois autres à Antsakoameloka, soit cinq morts au total, sans compter les deux corps placés à l’hôpital.

Hier, l’arrestation de sept employés de la société sucrière Sucoma à Bemanonga, montrés du doigt pour être des meneurs d’émeutes a mis le feu aux poudres.

De source de la gendarmerie, ces suspects ont été trahis par les enregistrements des caméras de surveillance de cette entreprise lorsqu’une manifestation des membres du personnel, basée sur des revendications salariales a viré en pillage, vandalisme et agression, le mercredi 26 novembre.

Deux chinois et une femme cadre malgache ont été blessés lorsqu’une meute de grévistes en furie, armés de bâtons et de pierre, ont envahi l’enceinte pour y mener une véritable intifada. Le bâtiment a été la cible de jets de pierres, des vitres ont volé en éclats et cinq tracteurs agricoles, quatre camions, un tractopelle, un gradeur, un fourgon pompe-tonne, un minicar et trois camionnettes ont été mis à mal.

« Les victimes ont porté plainte au parquet. Dans la matinée d’hier, des éléments mixtes ont été dépêchés à Bemanonga pour interpeller les sept meneurs qui ont été identifiés », explique un officier supérieur ayant voix au chapitre auprès de la gendarmerie nationale. À l’entendre, la tension serait montée d’un cran lorsque les suspects ont été conduit au siège de la gendarmerie à Morondava pour être auditionnés. Du coup, leurs sympathisants se sont rameutés à Bemanonga, à 7 kilomètres du centre ville, dès le début d’après-midi. Aux alentours de 16 heures, des représentants de l’Organe Mixte de Conception (OMC) se sont rendus sur place pour entamer des pourparlers mais les manifestants, en état d’énervement total, les ont lapidés.

Revigorés après avoir mis en déroute et chassés les autorités à coups de jets de pierre, ils ont décidé en fin d’après-midi, d’arracher à la gendarmerie leurs collègues placés en garde à vue. « Quoi qu’on dise, il s’agissait bel un bien d’une attaque de caserne. La horde d’émeutiers enragés qui a envahi le camp avait des lances-pierres, des bâtons, des armes blanches et même des fusils de chasse. Les assaillants étaient très dangereux. Malgré des sommations, ils ont tenté un forcing. Du coup, il a fallu les repousser à tout prix », poursuit l’officier supérieur interrogé.

À l’entendre, les pierres pleuvaient de partout. « Des gendarmes tombés dans la nasse des émeutiers se sont défendus avec une grenade offensive », ajoute-t-il.

Le calme n’a été retrouvé qu’hier à des heures tardives de la nuit. Cet état de crise est devenu une affaire gouvernementale. La semaine passée, le ministre de l’Industrie Jules Etienne s’est rendu à Morondava pour désamorcer la tension entre la Sucoma et ses employés mais voilà que l’affaire connaît une autre tournure.

Fin de semaine mouvementée à Morondava. Les employés de l’industrie sucrière Sucoma sont entrés en grève générale. La société, qui constitue l’un des poumons de l’économie de cette capitale du Menabe, a ainsi été véritablement paralysée. À l’origine de ce mouvement, des revendications sociales du personnel, dont la hausse de salaire, une indemnité forfaitaire de 80 millions d’ariary, l’application de la convention collective, la mise en place du comité d’entreprise, le respect de la durée de huit heures de travail légales ainsi que le remplacement du chef personnel et du directeur général adjoint. « Les grévistes ont également pointé du doigt le comportement des Chinois vis-à-vis des employés malgaches. La Sucoma a ainsi été soumise à un véritable blocus », précise une source locale.

Le gouvernement a alors décidé de dépêcher sur place une délégation conduite par le ministre de l’Industrie et du développement du secteur privé, Jules Etienne, pour régler le problème. Une entente a été trouvée, et les dirigeants chinois ont fini par céder à la plupart des demandes des grévistes. Ceux-ci ont annoncé la reprise du travail ce jour.

L’ambiance de travail n’est également pas au beau fixe chez Floréal Ankorondrona. Suite à un préavis de grève émis par des employés insatisfaits du montant des primes de fin d’année, les dirigeants ont décidé de procéder à la fermeture temporaire de l’usine. Un affichage collé hier au portail de l’entreprise mentionne que ce « Lock out » s’étalera jusqu’à lundi, en attendant la finalisation de la médiation de l’inspection du travail. La reprise des activités dépendra de l’évolution de la situation. « Chaque année, la direction générale octroie des primes de fin d’année. Mais compte tenu des circonstances difficiles auxquelles l’usine a fait face, elle a décidé pendant un moment, de suspendre cette habitude. Après négociation, une prime de 10% a été fixée, mais les syndicats en ont demandé 15. C’est la source de cette discorde », relate une source auprès de cette entreprise franche. N’ayant trouvé aucun consensus, les employés ont déposé un préavis de grève.

En réponse, la direction générale a pris la décision de fermer l’entreprise de peur que la grève n’entraîne des débordements. « Pour des questions de sécurité et pour protéger les biens de la société, nous tenons à informer les employés que la direction générale a décidé, dans l’urgence, d’informer l’inspection du travail que l’usine serait fermée ce lundi », mentionne l’affichage. Selon une autre source, cette grève serait illégale, dans la mesure où les différentes procédures n’ont pas été respectées. « Les employés ont déposé le préavis de grève jeudi, indique-t-elle. Selon le code du travail, il faut 48 heures, et arriver au terme de la médiation pour se lancer dans la manifestation et ce au cas où aucun consensus ne serait trouvé. Ce délai n’a pas été respecté et la médiation est toujours en cours. Pourtant, des employés ont déjà arrêté de travailler depuis jeudi. »

Malgré cette annonce, des employés ont avancé qu’ils continueraient à venir sur les lieux. Ils ont également critiqué les mesures prises antérieurement par les dirigeants, par rapport au chômage technique et au congé forcé. « Il y a quelques mois, ils ont envoyé trois cents personnes au chômage technique, avance un employé gréviste. Ils ont promis de ne plus poursuivre cette initiative. Pourtant, quatre-vingt cinq personnes ont encore été concernées. » L’absence de confirmation des commandes par les donneurs d’ordre a été évoquée pour justifier ces décisions.

Les personnels d’Air Madagascar refusent d’assurer les assistances techniques nécessaires à l’atterrissage de l’avion et au débarquement des passagers des avions d’Air France. Il réclament la sortie d’Air Madagascar de l’annexe B de la liste noire de l’Union européenne sur la sécurité aéroportuaire, qui interdit de vol dans son espace aérien deux avions de la compagnie malgache desservant la France.

Pour le moment les vols d’Air Austral, en provenance de La Réunion, de South African, en provenance de Johannesburg et d’Air Mauritius en provenance de l’Ile Maurice, continuent d’arriver à l’aéroport d’Ivato mais les personnels d’Air Madagascar promettent d’étendre leur action à d’autres compagnies s’ils ne sont pas entendus. Madagascar est sous le coup de restrictions de vol de l’UE depuis que ses deux Boeing 767 jugés défaillants ont été interdits de vol sur le territoire européen.

Un autre mouvement de grève désamorcé. Le personnel de l’ex Sirama Namakia appelée Ouest Sucre a observé un mouvement de grève qui a duré quatre jours la semaine dernière. Une manifestation qui a entrainé un véritable blocus de l’usine et donc l’arrêt de la production. Ce sont des revendications sociales et salariales qui sont à l’origine de la grève dont, entre autres, une revalorisation des salaires et aussi des avancements pour certains. Une équipe du ministère de l’Industrie et du développement du secteur privé est descendu sur place ce week-end pour mener les négociations. Les dirigeants chinois de la société ont finalement décidé d’accepter la plupart des revendications. Une convention a été signée entre les deux parties pour la levée du blocus.

« La convention comporte treize points au total. D’une manière générale, ce sont des engagements des dirigeants pour des ajustements salariaux et des améliorations des conditions de travail des employés comme la disponibilité de l’eau potable sur le lieu du travail, par exemple », a expliqué lors d’une conférence de presse Patrick Ravoaraharison, directeur général de l’Industrie et chef de la délégation du ministère, qui s’ést rendu à Namakia.

La grève a entrainé une grosse perte pour la société. Outre l’arrêt de la production, une importante quantité de matières premières a également été détruite ou rendue inutilisable tandis que des cannes à sucre qui venaient d’être coupées n’ont pas pu être ramassées. Selon Fidèle Manjary, conseiller technique du ministère, des dégâts matériels ont également été constatés à l’usine. « Les dégâts n’ont pas été chiffrés mais ils sont assez importants », souligne-t-il.

Ce n’est pas la première fois que les usines de sucre des Chinois ont du faire face à des grèves. Celle de Morondava a également été confrontée au même problème il y a quelques mois. Ce qui remet inévitablement en cause le mode de gestion des opérateurs chinois qui jouissent déjà d’une assez mauvaise réputation. Mais selon les explications de Patrick Ravoaraharison, la faute ne peut pas être rejetée uniquement sur les Chinois car il y a surtout à une différence de culture qui crée des tensions.

« La barrière de la langue est très importante car le directeur général de la Sirama Namakia, par exemple, ne parle ni le français ni l’anglais. Forcément, les discussions qui passent par des interprètes se heurtent à des problèmes », explique le directeur général.

Madagascar dispose de trois unités sucrières en état de marche à l’heure actuelle. Il s’agit de l’ancienne Siranala de Morondava devenue Sucoma et des deux anciennes usines de la Sirama à Ambilobe et à Namakia qui ont pris le nom de Ouest sucre et qui ont une capacité installée de 100 000 tonnes par an. Mais cette production est tributaire de la matière première qui est la canne à sucre. En 2012, cette capacité maximum a été atteinte mais la situation s’était dégradée l’année dernière. Le sucre blond produit par ces usines est très recherché, ce qui fait qu’une grande partie de cette production part à l’exportation. Madagascar importe donc une grande partie de ses besoins qui avoisinent les 160 000 tonnes par an.

L’hôpital de Befelatànana, l’un des plus grands de la capitale Antananarivo, se délabre pour cause de manque de crédits. Les canalisations sont si détériorées que la plupart des chambres ainsi que les toilettes sont sans eau courante. Pour que les malades puissent boire et se laver, leurs familles sont obligées d’aller puiser de l’eau à l’aide de seaux à une fontaine située dans la cour.

La ville de Toliara, capitale du Sud malgache, compte plus de 200 000 habitants. Elle est dans un état déplorable depuis le passage de cyclones en janvier et février derniers. Pratiquement rien n’a été fait, depuis, pour venir en aide aux victimes. La digue qui protégeait la ville des crues, fortement endommagée, n’a été que sommairement réparée alors que la nouvelle saison des pluies approche.

Dans les campagnes, les paysans sont en butte aux « dahalo » (voleurs de bétail et pilleurs en tous genres) qui sévissent en bandes organisées, l’État s’avérant incapable de mettre fin à leurs pratiques.

Madagascar est toujours plongée dans une grande difficulté économique. Le pays qui a connu plusieurs coups d’Etat doit désormais se reconstruire, et tenter de sortir de la pauvreté les 95% des Malgaches qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur le pays. Le Président Héry Rajoa a promis, à son élection, de combattre la corruption et également la pauvreté qui mine le pays.

Pourtant, Madagascar est une île extrêmement riche sur le plan des ressources naturelles et a un potentiel économique très important, selon de nombreux experts.

Les images de gigantesques nuages de criquets pèlerins traversant le ciel d’Antananarivo la capitale, ont été relayées par plusieurs chaines de télévision à travers le monde. Pour les paysans pauvres de ce pays, lorsque ces insectes s’abattent sur les champs de culture, c’est la ruine. Le phénomène n’est certes pas nouveau mais il s’aggrave d’une année sur l’autre. Les pouvoirs publics disent ne plus avoir assez d’argent dans leurs caisses pour faire face au fléau.

Il n’y a pas que les criquets qui prolifèrent. Il y a aussi les voleurs de bétail et ils n’hésitent pas à massacrer les villageois lorsque ceux-ci leur opposent de la résistance. Ils mettent le feu aux habitations des hameaux estimés récalcitrants et bénéficient de complicités multiformes car la police, la gendarmerie et l’armée, sont gangrénées par la corruption.

Au nom de la lutte contre le banditisme, les gendarmes locaux de certaines localités du sud-ouest ont instauré un genre de passeport. Ce nouveau document très difficile à obtenir est exigé par eux aux entrées et sorties des villages, surtout les jours de marché hebdomadaire. Les échanges économiques se trouvent du coup fortement ralentis, avec pour conséquence, l’aggravation de la pauvreté dans ces régions déjà très touchées en temps ordinaire. De nombreuses personnes sont ainsi considérées comme « sans papiers » dans leur propre pays. Le peu d’argent qu’elles possèdent est dépouillé par les gendarmes véreux sans compter les passages à tabac auxquels ils se livrent. A tel point que beaucoup se demandent si ces gendarmes ne sont pas plus à craindre que les trafiquants de zébus qu’ils prétendent combattre.

Le chef de l’Etat continue d’effectuer des tournées à travers le monde, pour ses propres affaires, mais aussi pour solliciter des aides en tout genre auprès des grands de ce monde. Son objectif prioritaire affiché est « la restauration de l’autorité de l’Etat ». Il voudrait aussi que les fonds qui lui avaient été miroités par les grandes puissances et par les institutions qui dépendent d’elles, soient débloqués dans leur totalité, ce qui semble ne pas être tout à fait le cas actuellement. En attendant, il fait fonctionner la planche à billets. L’inflation qui en résulte est tellement forte que les prix ne cessent de flamber et le pouvoir d’achat des classes pauvres ne cesse de dégringoler.

Des grèves ponctuelles éclatent ici ou là, la dernière en date étant celle des agents au sol d’Air Madagascar. Ils protestent contre l’inscription de leur compagnie sur la « liste noire » de l’Union Européenne et contre les menaces qui pèsent sur leurs emplois.

Le travail des enfants gagne du terrain dans le pays. Les textes nationaux relatifs à ce travail délimitent à 15 ans l’âge minimum des enfants pouvant effectuer des travaux légers, mais la réalité est tout autre dans certaines régions telle la carrière du fokontany de Belobaka (province de Mahajanga). Cette carrière est consacrée à la pierre et aux graviers destinés à la construction immobilière et aux routes. Là des enfants de 3 à 4 ans sont obligés de casser des pierres avec leurs parents afin de subvenir aux besoins de la famille. Les pères de familles cassent les très gros blocs afin de faire écrouler les collines, les mères s’assurent de faire réunir en un seul endroit les blocs éparpillés un peu partout et ce sont les enfants qui s’occupent généralement de la casse des pierres proprement dites. Il revient aux plus petits de produire des gravillons à coups de marteau. Ils travaillent mains et pieds nus et lors qu’ils se blessent ils n’ont pas d’autre moyen de se soigner que de laver la blessure à l’eau salée. Cette situation inacceptable existe à Madagascar à cause de l’extrême pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Il existe approximativement 1000 personnes tous âges confondus qui travaillent dans cette carrière. Ainsi chaque famille essaie de faire de son mieux pour gagner le maximum d’argent qui ne dépasse généralement pas les 5000 Ariary par mètre cube (2 euros) alors qu’il leur faudrait une semaine pour le réaliser, soit 20 000 Ariary par mois (8 euros).

De nombreux travailleurs des zones industrielles n’hésitent pas à contacter les syndicats pour défendre leur cause. Les responsables syndicaux se contentent de chercher un terrain d’entente avec les patrons ou à porter certains conflits devant les tribunaux. Entre la corruption des fonctionnaires par les patrons et les lenteurs administratives, de nombreuses affaires trainent en longueur, finissant par lasser les travailleurs.

Cela fait huit mois que le nouveau pouvoir est en place et qu’il a réussi plus ou moins à faire lanterner les classes pauvres. Les « frémissements » actuels dans le monde du travail, aussi timides qu’ils soient, sont-ils le signe d’un début de renouveau de la conscience des travailleurs ? C’est à souhaiter car les travailleurs n’ont aucune illusion à se faire à l’égard du nouveau régime même si contrairement au précédent qui a duré cinq ans, il se prévaut d’être sorti des urnes.

Le pouvoir actuel en place depuis une dizaine de mois se révèle aussi incapable que ceux qui l’ont précédé, de guérir aucun des maux qu’il prétendait éradiquer : La JIRAMA, société qui a en charge les réseaux d’eau et d’électricité du pays, est, peut-être encore plus que précédemment, incapable d’assurer convenablement son rôle. L’eau et l’électricité sont coupées de façon récurrente et les délestages sont nombreux et surtout sélectifs car ils frappent surtout les quartiers pauvres. Il y aurait un détournement de carburants d’au moins 3000 litres par mois. Le ministre de l’énergie Fienena Richard, vient d’être limogé le 22 octobre. Mais c’était surtout un bouc émissaire car les problèmes de la JIRAMA datent depuis bien avant sa nomination à ce poste. Il était N°2 du parti politique MMM qui compte une douzaine de députés et qui choisit du coup de basculer dans l’opposition.

Depuis plusieurs semaines, des enseignants non fonctionnaires au niveau des écoles publiques sont en grève. Ils revendiquent leur intégration au sein de la Fonction Publique. Le Ministère de l’Education Nationale n’a prévu de recruter que 10 mille d’entre eux alors que leur effectif est estimé à 75 mille sur l’ensemble du territoire.

Par l’intermédiaire de la Télé, le gouvernement a récemment fait savoir que grâce à l’action du capitaine Faneva (monsieur Zorro local), et grâce aux Dina (sortes d’organisations traditionnelles d’éleveurs), 2800 dahalo (pilleurs de zébus) sur les 3200 se seraient rendus. La télé a montré des images de nombreuses personnes en tenue verte, déposant leurs armes et se disant prêtes à ne plus recommencer en échange de leur impunité et aussi de l’attribution d’un moyen de subsistance. Des bailleurs de fonds seraient dans le coup pour subventionner cette opération en attendant de leur trouver une occupation rémunérée telle qu’elle leur a été plus ou moins promise avec le concours des églises qui organisent des séances de prières collectives avec ces pauvres gens en haillons recrutés par des maffias qui elles semblent ne pas être touchées. « La religion c’est l’opium du peuple » affirmaient Marx et Engels au 19ème siècle. Mais cet opium ne guérit pas le mal, tout au plus il permet aux classes riches d’anesthésier temporairement la souffrance causée par leur système ignoble et de prêcher la résignation.

En tout cas, tous les ingrédients d’une nouvelle crise sont à nouveau en train d’être réunis car le pillage capitaliste et l’exploitation des classes pauvres ne font que s’aggraver à Madagascar comme partout ailleurs.

Les autres mouvements de la classe ouvrière

11 Messages de forum

  • Lutte de classe à Madagascar 15 décembre 2014 07:14, par R.P.

    "Il y a des potentiels considérables, dans le domaine agricole, dans le domaine énergétique, aussi touristique", a déclaré le président Hollande lors d’une conférence de presse à l’Elysée, à l’issue d’un entretien avec son homologue malgache, Hery Rajaonarimampianina. Des potentiels d’exploitation du peuple malgache pour la bourgeoisie française….

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 4 février 2015 10:41

    L’usine de fabrication de sucre SUCOMA située à Morondava, une grande ville de la côte ouest du pays, est actuellement fermée et gardée par les forces de l’ordre après que les patrons et les cadres, ont été évacués vers Tananarive, la capitale. Il y aurait environ 2 000 personnes à travailler dans et autour de cette usine qui appartenait auparavant à l’État Malgache. Elle est aujourd’hui aux mains de propriétaires venus de Chine.

    Depuis des mois, les travailleurs réclamaient des droits ainsi que des hausses de salaire : les 10% de hausse décrétés par le gouvernement dans tout le pays, ne leur ont pas été accordés par les dirigeants de l’usine ; le salaire minimum n’est pas respecté ; les employés ne sont souvent pas déclarés à la CNAPS ou à l’OSIE, organismes de protection sociale ; les conditions de travail sont déplorables et les règles d’hygiène et de sécurité sont sans cesse violées. Par ailleurs en plus des travailleurs de l’usine, les patrons exploitent des travailleurs saisonniers qu’ils jettent chaque année à la porte dès que la récolte est terminée, que le sucre (17 000 tonnes cette année) est stocké dans les dépôts et évacué en direction des circuits commerciaux nationaux et internationaux. L’adhésion à un syndicat est refusée aux travailleurs et cependant un certain nombre de représentants des travailleurs sont montés à plusieurs reprises à la capitale pour faire entendre leurs revendications auprès des autorités de l’État sans que celles-ci n’interviennent auprès des patrons.

    Suite à ce conflit accompagné de grèves, 6 représentants des travailleurs ont été arrêtés ; les 10 et 11 décembre 2014, 500 employés en colère ont manifesté pour les faire libérer. Les gendarmes ont ouvert le feu et c’est un jeune de 17 ans qui, sur le chemin de l’école, est mort tué d’une balle. Cela a déclenché la colère de la population pauvre qui, munie de lance-pierres, de bâtons etc. a assailli la caserne. Une partie de la population a réussi à rentrer dans l’usine, et quelques tonnes de sucre ont été récupérées par les gens démunis pour être consommées ou vendues. Il y a des dégâts dans l’usine dont certaines parties ont été incendiées ou mises à sac.

    Des 17 000 tonnes de sucre produites, la grande partie a été exportée par les patrons et les autorités disent qu’il en reste 5 000 tonnes dans les entrepôts. Des militaires et des gendarmes ont été dépêchés sur les lieux depuis la capitale pour arrêter l’émeute et empêcher que les travailleurs et la population ne mettent la main sur ces stocks. Dans les affrontements, des éléments des forces de l’ordre ont été tués. Au final il y aurait eu 7 morts en tout.

    Zhou Jianping, porte-parole de la firme, a déclaré : « le salaire de 126 000 Ar (autour de 42 euros par mois) est déjà respecté par la société. Il n’y a pas de SMIC à 320 000 Ar à Madagascar pour des employés agricoles ». Quant au reclassement des employés saisonniers il a déclaré : « Il n’y a aucune loi obligeant une société à les reclasser en des employés permanents ». Il pousse l’arrogance jusqu’à réclamer (à l’État et aux travailleurs) des dédommagements consécutifs aux dégâts lorsque ceux-ci seront évalués par la firme.

    Décidément, ce n’est jamais assez pour les patrons.

    Le ministre de l’Industrie Jules Étienne Roland, estime que l’État a fait son travail depuis le 18 mai par la mise en place d’une cellule de coordination pour apaiser la tension. Pour ce ministre, bien au service du patronat, ce n’est pas l’avidité patronale qui est à la base du déclenchement du conflit mais c’est « un choc de culture qui a causé cette émeute meurtrière. Les chinois voulaient emprisonner tout de suite les meneurs déjà identifiés, alors que nous, nous avons privilégié tout d’abord la négociation avant de passer à cette étape ».

    Ces propos laissent entendre que les 6 délégués qui ont été libérés, ne sont pas à l’abri de poursuite ultérieure et que la répression ne s’arrêtera pas là si les travailleurs se démobilisent.

    Il est difficile de savoir si les travailleurs de cette usine gagneront ou pas la bataille. Mais ce qui est sûr c’est que toute la province et même le pays est au courant de ce combat des travailleurs. Des journalistes et autres animateurs de radios locales et régionales ont fait échos et ont donné la parole à ceux que les patrons et le gouvernement à leur service, qualifient avec mépris, de « meneurs ». Nombre d’entre eux se trouvent dans le collimateur du gouvernement qui les accuse de vouloir le « déstabiliser ». C’est le même langage et la même attitude que les gouvernements qui se sont succédé et qui ont chuté.

    Les travailleurs ont montré leur combativité et leur capacité de mobilisation. Cela pourrait être une première étape dans la prise conscience que sans leur travail, rien ne fonctionne et qu’ils représentent une force.

    Répondre à ce message

    • Lutte de classe à Madagascar 22 mars 2015 11:33, par chen jie

      j’etais un des createur chinois sucoma et je l’ai quittee il y a bien longtemps. a defaut d’information et de communication, j’ai envie d’avoir des nouvelles concernant mes anciens collegues et amis malgaches a travers ce message laisse. mon email : jiechen2210@hotmail.com

      Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 2 avril 2015 19:28

    Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars 2015, des affrontements entre gendarmes et émeutiers ont fait quatre morts parmi les manifestants dans la ville malgache de Mananjary. À l’origine de ces troubles, le décès suspect d’un membre du comité local de sécurité qui aurait été battu à mort par des gendarmes, déclenchant l’attaque de la caserne locale par la foule.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 7 avril 2015 07:29

    Madagascar : enquête après 5 morts dans une émeute, dont l’un tué par un gendarme ivre

    L’enquête sur une émeute ayant fait cinq morts à Madagascar a montré qu’un gendarme ivre avait tabassé l’une des victimes, tandis que les quatre autres ont été tuées par balles en attaquant la gendarmerie locale, a indiqué jeudi la gendarmerie.

    Après ces troubles à Mananjary, sur la côte est, nous avons cinq morts et trois blessés, a déclaré à l’AFP le général Anthony Rakotoarison, directeur de la sécurité et des renseignements de la gendarmerie malgache. Des enquêtes seront ouvertes.

    La version de la gendarmerie a été changeante depuis mercredi, à cause d’un rapport faussé qui a été envoyé au niveau du commandement de la gendarmerie, a-t-il déploré.

    Le calme est revenu à Mananjary, où se sont rendus mercredi le secrétaire général de la gendarmerie et plusieurs membres du gouvernement.

    L’émeute avait commencé lundi après un vol de manioc. Des riverains auraient attrapé et passé à tabac deux voleurs, qui ont toutefois pu s’échapper et rejoindre le camp de gendarmerie locale.

    Pendant que la foule recherchait les voleurs, un quartier mobile - nom donné aux civils aidant la gendarmerie dans la sécurisation de la ville - avait été lui aussi tabassé, puis était mort à l’hôpital, renforçant la colère des habitants.

    Dans l’état d’avancement de l’enquête actuelle, c’est un élément de la gendarmerie qui a tabassé le +quartier mobile+, a indiqué le général Anthony Rakotoarison, qui a expliqué que le gendarme incriminé était ivre au moment des faits.

    La foule en colère avait ensuite pris d’assaut la caserne durant une coupure de courant, vers minuit mardi soir. La gendarmerie affirme avoir tiré en l’air pour disperser les manifestants, dont quatre sont morts de blessures par balles.

    Des balles ont atteint des manifestants, par ricochet probablement. Il n’y a pas eu de tirs sur la foule. Tout s’est passé dans le noir, avait affirmé mercredi le lieutenant-colonel de gendarmerie Jean Benoît Ndriantody.

    Plusieurs affrontements mortels entre manifestants et gendarmes ont eu lieu ces derniers mois.

    A Tamatave, grande ville de l’est, deux manifestants avaient péri dans de violentes manifestations contre les pénuries d’électricité, le 23 décembre et début janvier.

    Début décembre dans l’ouest, l’intervention de la gendarmerie à la sucrerie de Morondava, en proie à des troubles sociaux, avait déjà fait deux morts et neuf blessés. Un gardien de l’usine et un militaire avaient ensuite été tués à l’arme blanche les jours suivants.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 17 mai 2015 06:40

    La population se révolte à Ankazomborona depuis hier matin. Les habitants de la commune rurale située sur la RN 4, dans le district de Marovoay, contestent la démolition des maisons à la suite d’un ordre de démolition sur un terrain borné.

    Un huissier est descendu sur place pour ordonner l’évacuation des squatters, à la suite du verdict du tribunal. Mais les occupants du terrain ont riposté, soutenus par la population, en brûlant des maisons et des magasins de commerce. Ils ont même érigé un barrage pour bloquer la circulation. De plus, les deux parties ont échangé des jets de pierre.
    Le propriétaire du terrain squatté a demandé cette expulsion à la suite d’une plainte, alors que les occupants ont déclaré que la propriété ne lui appartient pas puisqu’il est inclus dans le domaine foncier.

    Revirement de situation après une expulsion de près de six cents personnes à Toliara I en fin de semaine. Aux dernières nouvelles, la soixantaine de familles chassées, du terrain litigieux voient une lueur d’espoir renaître suite à une requête effectuée par les huissiers de justice titulaires de charge auprès du tribunal de première instance de Toliara I, mettant en avant des anomalies lors de l’exécution.

    « La décision d’expulsion a été exécutée par un huissier provisoire du district de Toliara II alors que le terrain est à Toliara I. L’huissier en question est intervenu en dehors de sa juridiction. De surcroît, il ne devrait même pas y avoir d’intervention d’huissier provisoire dans le district de Toliara I. Les textes stipulent que les huissiers provisoires n’ont pas de raison d’être dans un district où la charge d’huissiers titulaires est remplie, ce qui est le cas à Toliara I », tonne Heriniaina Ravelo Andriatsima, président de la chambre nationale des huissiers de justice et des commissaires-priseurs de Madagascar. « L’acte est donc nul pour ce qui s’est passé à Toliara I dernièrement, d’où son annulation par le tribunal », poursuit Heriniaina Ravelo Andriatsima.

    Réveil difficile pour les habitants du fokontany de Nani­­­sana, hier. Les éléments de l’État major mixte opérationnel de la région (Ém­moreg) Anala­manga, ont encerclé, vers 6h30 hier, 25 maisons se trouvant à quelques mètres du bâtiment de la direction régionale de l’Environnement et des Forêts.

    « Les maisons à démolir se trouvent sur un terrain appartenant à l’État. Le propriétaire du terrain a pu récupérer son bien, suite à une décision du tribunal. Les occupants illicites ont été déjà avertis par cette décision du tribunal, mais ils ont refusé de quitter les lieux. C’est ainsi que les forces de l’ordre ont été appelées à la rescousse pour appliquer la loi », a expliqué un officier de l’Émmoreg. Mais les occupants des maisons à démolir ne se laissaient pas surprendre par cette action des forces de l’ordre.

    « Les sifflets ont retenti dans notre quartier à 3h. Les habitants se sont ainsi réunis pour s’opposer à cette démolition », a relaté Tantely Randrianai­vomanana, une mère de famille du quartier. Les « propriétaires » des maisons ont alors attendu de pied ferme l’arrivée des forces de l’ordre munis de banderoles.

    Mais après une âpre négociation, et en apercevant la détermination des éléments de l’Émmoreg transportés dans un camion et dans quelques voitures tout terrain, les « propriétaires » de maisons ont accepté de partir. « Les occupants illégaux du terrain ont demandé deux heures pour quitter le lieu. Mais ils auraient fait semblant de trainer. Les forces de l’ordre ont été ainsi contraintes d’agir », a indiqué une source auprès des forces de l’ordre.

    La démolition des maisons a ainsi débuté par l’arrestation d’une vingtaine de personnes qui ont été relâchées après quelques minutes. Trois grenades lacry­mogènes ont été également lancées par les forces de l’ordre, pour disperser quelques personnes qui se sont alignées devant le bulldozer. « Nous sommes fautifs en achetant le terrain à prix bradé. Mais nous demandons à ce que nous puissions récupérer le matériel de construction. Nous avons dû emprunter 5 millions d’ariary auprès d’une institution financière, pour construire la maison » a supplié une mère de famille.

    Hasina Andriamahery, propriétaire d’une maison démolie, n’est pourtant pas prêt à lâcher prise, et prome­t de se battre jusqu’au bout, en se basant sur une promesse durant la Transition. « Le conseil de gouvernement durant la Transition a déjà fait savoir qu’il n’y aura pas de démolition à Nanisana », relate-t-il.

    Face à toutes ces plaintes, le secrétaire général du ministère de l’Environnement et la Forêt, Manganiriana Randrianarison, venu sur terrain, a avancé que les occupants ont été déjà prévenus de cette décision.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 7 juin 2015 08:00

    La population se révolte à Ankazomborona depuis hier matin. Les habitants de la commune rurale située sur la RN 4, dans le district de Marovoay, contestent la démolition des maisons à la suite d’un ordre de démolition sur un terrain borné.

    Un huissier est descendu sur place pour ordonner l’évacuation des squatters, à la suite du verdict du tribunal. Mais les occupants du terrain ont riposté, soutenus par la population, en brûlant des maisons et des magasins de commerce. Ils ont même érigé un barrage pour bloquer la circulation. De plus, les deux parties ont échangé des jets de pierre.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 19 juin 2015 06:40

    La compagnie Air Madagascar est en grève…

    Les doléances des grévistes sont nombreuses. Ils protestent par exemple contre le non-versement de cotisations à leur caisse de retraite par la société, cotisations prélevées sur leur salaire. Ils réclament aussi le départ de l’actuelle direction qui, selon eux, a fait de mauvais choix stratégiques. L’acquisition récemment de nouveaux avions est, selon le personnel, un nouveau gouffre financier pour la compagnie.

    Le directeur général d’Air Madagascar, Haja Raelison, défend sa stratégie, pour lui la compagnie est en phase de redressement. Et la grève, selon la direction, n’est pas légale : « Le fait qu’il y avait la procédure disciplinaire à l’encontre de certains personnels en interne qui en quelque sorte a déclenché cette grève que je qualifie d’illicite parce qu’il y a certaines dispositions du Code du travail qui n’ont pas été respectées ».

    Les quatre meneurs de la grève ont reçu une lettre de licenciement ce lundi 15 juin. Ils continuent cependant de représenter le personnel dans les actuelles négociations. En attendant qu’un accord soit trouvé, la grève continue. Plusieurs vols ont cependant pu être effectués mardi, car des salariés ont été réquisitionnés.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 5 septembre 2015 12:59

    Onze syndicats sur les quatorze ont appelé à cesser le travail à la société nationale d’eau et d’électricité (Jirama). Une grève peu suivie selon la direction qui évoque 500 grévistes sur environ 6 000 employés dans tout le pays.

    La Jirama est en grande difficulté financière et vit sous perfusion de l’Etat. Elle a reçu 427 milliards d’ariarys de subventions l’année dernière, soit près de 134 millions d’euros. Mais l’administration ne veut plus payer.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 20 octobre 2016 10:03

    Depuis plusieurs mois les habitants de Soamahamanina, un village situé à 70 km à l’ouest de la capitale, protestaient contre l’implantation d’une entreprise, en l’occurrence chinoise, d’exploitation de l’or. Malgré la répression et l’arrestation de cinq personnes, les marches et rassemblements hebdomadaires n’ont pas faibli. Cela a contraint le gouvernement à suspendre le projet d’exploitation et à faire retirer les tractopelles et autres engins entreposés dans le secteur.

    Certaines personnes dans le besoin ont accepté de céder leurs terres en contrepartie de dédommagements proposés par la compagnie mais ce n’est pas le cas de la majorité qui elle, se méfie des promesses de l’exploitant minier et des gens du pouvoir. En effet dans d’autres endroits où des compagnies minières opèrent, les nuisances en termes de pollution et de dégradation de l’environnement, de l’air et de l’eau sont une réalité. Les agriculteurs et les pêcheurs reçoivent quelques indemnités au départ mais ensuite sont contraints d’abandonner leur gagne-pain. Quelques-uns sont embauchés comme ouvriers dans ces mines, mais beaucoup sont perdants.

    Toute la population n’est pas systématiquement contre l’extraction minière, mais il ne faut pas que les conditions d’exploitation se fassent dans l’intérêt exclusif des capitalistes et que ces derniers se croient tout permis. Pour le moment, grâce à la mobilisation des villageois, ils sont tenus de faire des propositions acceptables pour tous.

    Répondre à ce message

  • Lutte de classe à Madagascar 17 novembre 2016 10:29

    A Madagascar, l’organisation du sommet de la Francophonie fait débat et crée la polémique. A quelques jours de l’événement, les organisateurs et les pouvoirs publics semblent tout faire pour cacher la misère et contraindre les pauvres à rester chez eux.

    Ainsi, les mesures liberticides se multiplient. Dans la nuit de lundi à mardi, des centaines de pauvres, qui dorment sur les trottoirs d’Analakely, ont été déplacés du centre-ville en pleine nuit par les forces de l’ordre. Les "4’Mi" comme on a coutume d’appeler les SDF à Madagascar, ont été parqués au service d’entretien des bâtiments administratifs.

    Plusieurs quotidiens malgaches évoquent par ailleurs l’interdiction pour les malgaches de circuler à deux-roues, scooter et moto. Les fameuses charrettes malgaches devraient également être interdites durant la semaine du sommet. Officiellement, lors d’une conférence de presse, ce matin, à la Commune urbaine de Tananarive, relayée par la radio Antsiva, la préfecture de police aurait évoqué des mesures liées au respect de la loi et non à l’organisation du sommet.

    A Madagascar, personne n’est pourtant dupe sur les raisons de telles dispositions, d’autant que les autorités, par l’intermédiaire des présidents de Fokontany, qu’on pourrait qualifier de mairies annexes, ont transmis des messages à la population pour leur recommander de ne pas se balader avec des savates ou des vêtements usagés durant la semaine du sommet. Personne ne sait toutefois comment pourrait être sanctionné ce "délit" pour les personnes mal fagotées.

    Le gouvernement malgache avait déjà surpris la population en décrétant une semaine de vacances scolaires durant l’organisation du sommet. Les petits malgaches resteront donc à la maison pendant l’événement, ce qui est à l’origine de quelques éditos bien salés dans la presse malgache à l’encontre du régime d’Hery Rajaonarimampianina.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0