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Ma grand-mère sans frontière

mercredi 17 décembre 2014, par Robert Paris

La vie de ma grand-mère a été rythmée par cinq grandes catastrophes et deux révolutions sociales. Les catastrophes ont été la mort de ses parents, la guerre italo-turque, la première guerre mondiale, la seconde guerre mondiale et la guerre israélo-arabe. Et les révolutions : la vague révolutionnaire débutée en Russie et attaquant l’empire ottoman et l’Egypte peu avant et après la première guerre mondiale, la vague révolutionnaire de l’après deuxième guerre mondiale atteignant l’Egypte après la deuxième guerre mondiale. Tout le reste a ressemblé à une vie sans histoire, à une vie quotidienne monotone, sans grande particularité, du moins pour quiconque vivait dans le même lieu, à la même époque… Et pourtant une particularité étonnante, ma grand-mère a vécu aux quatre coins du monde et a su connaître tous ces mondes avec une ouverture d’esprit incroyable...

« Sésame ouvre-toi », la phrase clef bien connue d’Ali Baba pour entrer dans les grottes au trésor, aurait pu être celle qui m’a permis d’entrer dans les cachettes aux trésors de ma grand-mère, une petite vieille à la peau parcheminée et plissée, au cuir durci par la vie qui quittait rarement son fichus, un foulard coloré qui n’avait aucun caractère triste ni religieux. D’ailleurs, le sérieux et la tristesse ne faisaient nullement partie des caractéristiques de celle que nous appelions « la Nona », référence à quelques origines italiennes du reste de la famille. Et d’ailleurs cela se prononce "nonena" donc on devrait l’écrire "Nonna" à l’italienne mais, allez savoir pourquoi, l’étymologie qui est restée est Nona !

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6 Messages de forum

  • Ma grand-mère sans frontière 5 septembre 2017 14:45, par Isaac

    Quelle était, pour vous, la philosophie de votre grand-mère ?

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  • Ma grand-mère sans frontière 5 septembre 2017 14:45, par Robert Paris

    Eh bien, ce n’est pas si facile que cela à définir. Ce petit bout de femme, déjà très âgée, qui avait vu tant de monde différents, quelle philosophie en tirait-elle ? De l’éclectisme ? De l’ouverture ? Du fatalisme ? De la révolte ? Non, rien de tout cela assurément ! Elle avait plutôt tendance à s’adresser à dieu en lui envoyant ses reproches véhéments… Qu’est-ce que j’avais besoin de vivre aussi vieille, pourquoi devais-tu me laisser durer pour ne rien faire, seulement pour déranger mes enfants dans leurs maisons, dans leurs vies ? Pourquoi maintenir en vie une vieille qui ne sert plus à rien, qui a mal partout, qui embarrasse tout le monde ? Pourquoi faut-il que les jeunes qui ont besoin, tout enfants, de leurs parents n’en aient pas et qu’ils les aient sur les bras quand ils n’en ont absolument plus besoin ! La vie est mal faite ! On a plein de travail quand on en a trop sur les bras et ensuite, on s’ennuie car il n’y a plus rien à faire ! Le monde est ridicule et les gens se racontent des histoires pour faire comme s’il tenait debout !

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  • Ma grand-mère sans frontière 2 janvier 07:28, par sarah

    quelle est la recette de la sauce téhina de votre grand-mère ?

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  • Ma grand-mère sans frontière 2 janvier 07:29, par Robert

    presser à part beaucoup de citron et enlever les pépins ;
    écraser séparément ail avec sel ;
    ans un grand bol : ail écrasé avec un peu de jus de citron ;
    ajouter le jus de tahin ;
    bien mélanger ;
    ajouter progressivement citron ;
    éventuellement un peu d’eau froide ;
    bien mélanger ;
    jusqu’à avoir une crème légère et onctueuse mais pas trop liquide (ni trop ni trop peu de citron) ;
    ajouter encore sel et cumin en goûtant ;
    goûter et rajouter plus de citron et d’eau si nécessaire.

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  • Ma grand-mère sans frontière 16 janvier 07:58, par alain

    Comment cela vous est venu, l’idée de raconter votre grand-mère ?

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  • Ma grand-mère sans frontière 16 janvier 07:59, par Robert Paris

    Cela faisait bien longtemps que me trottait dans la tête l’envie de raconter cette histoire de ma grand-mère, à sa manière, c’est-à-dire comme une histoire traditionnelle, une « nokta » syrienne, irakienne, ottomane, mésopotamienne, arabe, arménienne ou juive. Malheureusement, je ne possède que la mémoire, mais pas la capacité de raconter des noktas. Je me souviens des histoires que racontait la grand-mère : la nokta d’Abdallah jamais là pour travailler mais toujours là pour manger, de la nokta de la fiancée perdue après une dernière dispute idiote, de la nokta du prince qui avait cessé d’être prince après un verre de trop, mais personne ne m’a raconté la nokta de la vie de ma grand-mère et voilà que je m’y suis lancé… Comme dans toutes les noktas, personne ne peut dire quelle est la part du rêve éveillé et quelle est celle de la réalité.

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