English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > D’où vient l’extrême-droite qui gouverne aujourd’hui en Israël ? Du terrorisme (...)

D’où vient l’extrême-droite qui gouverne aujourd’hui en Israël ? Du terrorisme !

jeudi 14 janvier 2016, par Robert Paris

D’où vient l’extrême-droite qui gouverne aujourd’hui en Israël ? Du terrorisme !

Comme chacun le sait Nétanyahou est aujourd’hui le président d’extrême droite d’Israël.

Membre du Likoud, il est nommé Premier ministre en 1996, par le président Ezer Weizman, après avoir vaincu Shimon Peres, chef du gouvernement de gauche sortant. Il quitte le pouvoir en 1999, après avoir été défait par l’ancien ministre des Affaires étrangères de gauche, Ehud Barak. En 2002, il retrouve une position de force dans la politique israélienne, héritant du titre de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement conservateur et nationaliste d’Ariel Sharon ; ce dernier lui confie, en 2003, le ministère des Finances. Le 20 février 2009, malgré la seconde place du Likoud aux élections législatives, le président Shimon Peres le charge de former un nouveau gouvernement. Il accorde une place importante aux nationalistes, aux ultra-orthodoxes et aux travaillistes. Benyamin Netanyahou succède ainsi à Ehud Olmert au poste de Premier ministre.

Opposé dès l’origine aux Accords d’Oslo, il les considérera pour autant comme « un fait accompli » dès le début de son mandat, à l’exception de la négociation du statut de Jérusalem qui était pourtant prévue dans les engagements pris. D’obédience maximaliste sur le plan territorial, il a eu pour objectif de maintenir un contrôle sur la « Judée-Samarie » (Cisjordanie), en favorisant la construction de nouvelles implantations israéliennes sur cette portion de territoire.

Le 6 juillet 2009, Benyamin Netanyahou, dans un entretien avec le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier, a confié que le retrait des colonies israéliennes de Cisjordanie demandé par les Palestiniens conduirait à rendre ce territoire « Judenrein », qualificatif historiquement utilisé par les Nazis pour parler des territoires dont ils avaient expulsé la population juive. Une fois de plus, l’horreur nazie est chargée de blanchir les crimes d’Etat…

À l’été 2011, il doit faire face au plus important mouvement de contestation sociale depuis la création de l’État d’Israël. Des centaines de milliers de personnes protestent notamment contre le coût de la vie.

Le 8 juillet 2014, à la suite du meurtre de trois adolescents israéliens, attribuée à des Palestiniens alors qu’elle est le fait de la délinquance israélienne, et suite l’intensification des tirs de roquettes, en réponse à la répression, en provenance de la bande de Gaza, il déclenche l’opération « Bordure protectrice », contre le Hamas : plus de 2000 morts Palestiniens qui, pour la plupart, n’étaient nullement des combattants mais des civils désarmés…

Ce qui est moins connu, c’est que les racines politiques de Nétanyahou plongent dans le terrorisme…

Petit-fils d’un rabbin émigré de Lituanie en Palestine en 1920, Benyamin Netanyahou est né à Tel Aviv le 21 octobre 1949 dans une famille militante du « sionisme révisionniste ». Son père, Bension Netanyahou, fut notamment le secrétaire de Zeev Vladimir Jabotinsky, le père spirituel de la droite israélienne au sein duquel naquit plus tard le Likoud.

Jabotinsky, leader de l’aile d’extrême droite du mouvement sioniste, est le fondateur de la « Légion juive » durant la Première Guerre mondiale.

Durant la Première Guerre mondiale, Jabotinsky considère que les Juifs doivent aider les Britanniques à s’emparer de la Palestine, alors territoire ottoman, dans l’espoir que le Royaume-Uni favorisera l’établissement d’un "Foyer National Juif" dans cette région. Il conçoit alors l’idée d’une force militaire juive, la Légion juive. Début 1915, Jabotinsky et Joseph Trumpeldor parviennent à convaincre les Britanniques de créer le "corps des muletiers de Sion", force combattante au service de l’impérialisme anglais. Entre décembre 1918 et décembre 1919, les Britanniques dissolvent ces unités (5 000 hommes à cette date), à la grande fureur de Jabotinsky, qui voulait en faire l’embryon d’une armée juive. Il fonde alors à Jérusalem un groupe d’auto-défense autour du club de sport des Maccabées. Celui-ci rassemble environ 200 membres et interviendra violemment lors des émeutes de Jérusalem début avril 1920 contre les Arabes. À la suite de ces émeutes, Jabotinsky est condamné à 15 ans de prison, peine commuée en un an de prison puis encore réduite. Il rompt en 1923 avec l’Organisation sioniste mondiale dont il était un dirigeant, du fait de l’affaire Petlioura. L’ otaman Simon Petlioura fut le chef du gouvernement indépendantiste ukrainien à partir de 1919 pendant la guerre civile russe. Sous le cri de guerre « mort aux Juifs et aux Bolchéviques », ses troupes commirent de nombreux massacres de Juifs, que certains évaluent à 40 000 victimes5 (elles ne furent pas les seules : toutes les forces participant dans la guerre civile furent impliquées dans les pogroms sanglants de caractère antisémite). Les polémiques sur le nombre de morts, le rôle exact des armées ukrainiennes ou l’implication de Petlioura dans les actions de ses subordonnées ont été et restent aujourd’hui très vives. Mais au-delà de ces divergences sur son rôle exact, Petlioura a été perçu dans les milieux Juifs de l’époque comme un ennemi des Juifs, et cette perception explique l’ampleur de la polémique contre Jabotinsky. En août 1921, le gouvernement ukrainien en exil prit en effet contact avec ce dernier, sachant qu’il avait des sympathies pour la cause indépendantiste ukrainienne. Petlioura lui annonça une prochaine offensive contre le régime soviétique qui finalement n’aura pas lieu. Petlioura proposait à Jabotinsky la création d’une « gendarmerie juive » chargée de sécuriser les zones juives pendant la reconquête de l’Ukraine (sans se mêler aux combats), afin d’éviter des nouveaux pogroms.

Le 17 janvier 1923, le Comité d’action sioniste (l’exécutif élargi de l’OSM) décida d’une commission d’enquête, et demanda à auditionner Jabotinsky. Celui-ci refusa et démissionna de l’exécutif, accusant la gauche d’avoir cherché à le détruire. Jusqu’à sa mort, Jabotinsky défendra avec vigueur cet accord. Il crée en 1925 le « Parti révisionniste », le principal parti de la droite nationaliste sioniste, qui réclame un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi la Transjordanie, l’actuelle Jordanie. En 1928, trois hommes entrent au Parti révisionniste. Ils viennent de la gauche sioniste, mais se sont retourné contre elle, et affichent maintenant des sympathies fascistes. Ce sont le journaliste Abba Ahiméir, le poète Uri Zvi Greenberg et le médecin et écrivain Yehoshua Yevin. Ils organisent rapidement une faction radicale et fascisante au sein du parti de Palestine. Les trois hommes rêvent d’une organisation de « chefs et de soldats ». Les troubles arabes et anti-juifs de 1929 leur donnent une audience grandissante. Le Parti révisionniste a triplé ses voix par rapport à 1929 aux élections internes à l’OSM (environ 21 % des voix). La pente est ascendante, et elle l’est aussi pour les plus radicaux des révisionnistes. Leur groupe contrôle bientôt Hazit Ha’am, le journal de la section ouvrière du parti, dans lequel ils développent leurs thèses. Ahiméir fait bientôt figure d’idéologue marquant du parti en Palestine (qui n’est qu’une section du parti, et pas la plus importante), et influence fortement le Betar. Officiellement il soutient Jabotinsky. Plus discrètement, il le critique, considérant qu’il n’y a plus guère de différence entre lui et la gauche. En 1931, sa faction s’organise au sein d’une association secrète et indépendante de la direction du parti, « Brit Ha’Birionim ». Elle entend lutter contre trois ennemis : • la gauche sioniste, • les Arabes, • le Royaume-Uni, qui n’en fait pas assez contre les Arabes, et commence à fixer certaines limites à l’immigration juive. En secret, les Birionim récupèrent des armes et préparent des attentats, qui n’auront finalement pas lieu. Jabotinsky et le parti critiquent leur radicalisme (dont ils ne perçoivent pas l’ampleur), mais refusent de rompre. En 1932, au cinquième congrès du parti, Ahiméir propose de transformer le parti révisionniste en un parti autoritaire. Jabotinsky déclare : « je considère comme néfaste tout mouvement qui nie le principe d’égalité entre les citoyens […] c’est bien pourquoi je vous considère, Ahiméir, comme un adversaire politique ». À l’inverse, quelques mois plus tard, lors du conflit interne avec les « modérés » du Parti révisionniste qui s’inquiètent de la volonté affichée par Jabotinsky de quitter l’OSM, Jabotinsky s’appuie sur son aile droite pour dissoudre la direction du parti, organiser de nouvelles élections internes, et affirmer ses vues. Au début 1933, Ahiméir déclare dans Hazit Ha’am qu’il y a du bon en Hitler, à savoir la « pulpe anti-marxiste ». Jabotinsky est furieux, mais se refuse de nouveau à rompre. Le 16 juin 1933, le directeur du département politique de l’Agence juive, le socialiste Haïm Arlozorov, est assassiné dans des circonstances troubles (encore aujourd’hui, personne ne sait qui a assassiné Arlozorov). Le matin même, Hazit Ha’am avait lancé une attaque très violente contre lui « le peuple juif a toujours su juger comme il se doit ceux qui vendent son honneur et sa foi. Cette fois encore, il saura trouver la réponse adéquate à cette saloperie qui se fait au grand jour » (un accord d’émigration passé entre l’Agence juive et le Troisième Reich pour l’émigration des juifs allemands, accord dont Arlozorov était le négociateur). Rapidement l’enquête britannique se dirige vers les Birionim. Ahiméir est jugé. Il est acquitté du meurtre, mais les documents trouvés chez lui le font condamner à 18 mois de prison pour incitation à la révolte contre le régime mandataire. La gauche accuse les Birionim de complot fasciste. Après avoir hésité, Jabotinsky engage le parti révisionniste dans la défense acharnée de Ahiméir.

Il sera le principal inspirateur politique de l’organisation terroriste clandestine sioniste et fasciste, l’Irgoun qui pratique le terrorisme juif, anti-anglais et anti-arabe, en Palestine. Depuis le début des années 1930 existait en Palestine une organisation armée clandestine dissidente de la Haganah, la Haganah nationale, aussi connue sous le nom de Irgoun Zvaï Leumi. Jabotinsky était membre de son conseil politique, mais l’Irgoun n’était pas strictement révisionniste : en 1937 la majorité de ses membres rallient la Haganah.

Le 16 avril 1936, en réponse à l’assassinat de deux juifs la veille, l’Irgoun tue deux ouvriers agricoles dans une orangeraie. La généralisation des attaques contre les civils date cependant de 1937, après le départ vers la Haganah du responsable de l’Irgoun, Avraham Tehomi, et de ses partisans, plus modérés. A l’automne 1937, il organise les représailles du « dimanche noir », le 14 novembre 1937, où 8 passants arabes (6 hommes et 2 femmes) sont abattus.

À partir de 1937 et jusqu’en 1939, l’Irgoun est réorganisée comme organisation armée révisionniste (mais indépendante du parti). Jabotinsky en est le chef politique (fonction assez théorique). Le nom « Haganah nationale » est abandonné.

Des dizaines de cadres du parti révisionniste et du Betar sont placés en détention administrative. Des tribunaux militaires sont instaurés, la possession illégale d’armes devient passible de la peine de mort. [...] L’Irgoun doit interrompre ses attaques fin 1937 ».

Mais le 29 juin 1938, un militant de l’Irgoun, Ben Yosef, arrêté pendant la préparation d’un attentat en 1937 est pendu par les Britanniques. La réaction de l’Irgoun sera violente. Il est décidé de ne pas viser les Britanniques, pour ne pas pousser trop loin l’épreuve de force. Alors que la grande révolte arabe se calmait, il est décidé de cibler la population palestinienne. « Il faut créer une situation ou la vie d’un Arabe ne vaudra pas plus que celle d’un rat. Comme ça, tout le monde comprendra que les Arabes sont de la merde, que nous sommes nous et non eux les véritables maîtres du pays ». Jabotinsky approuve la nouvelle orientation. (Voir aussi L’Irgoun et la question de la violence.)

Le 27 février 1939, 27 Arabes sont tués au hasard dans les rues de Haïfa, Tel Aviv et Jérusalem, ce qui entraîne les félicitations de Jabotinsky : « votre réponse aux manifestations de victoire des ennemis de l’État juif a produit un effet énorme et positif. »

L’Irgoun se met alors à commettre de plus en plus d’attentats, en particulier contre les civils palestiniens (200 à 250 morts). L’organisation grandit, se renforce, s’arme, attire à elle les révisionnistes les plus radicaux. La violence aveugle contre les civils est condamnée par la gauche et le centre droit (sionistes généraux). Jabotinsky lui-même est parfois troublé. Mais la violence est aussi un moyen de mobiliser les nationalistes les plus radicaux.

Jabotinsky s’allie ensuite avec la Pologne antisémite et fascisante…

En 1936, le gouvernement polonais lance une campagne anti-juive de grande envergure. Le parti au pouvoir (OZON) interdit l’adhésion des juifs. Le gouvernement indique qu’il souhaite le départ de tous les juifs de Pologne en quelques années. Il prend contact avec le gouvernement français pour explorer l’hypothèse d’un départ des juifs vers Madagascar (sans succès).

Jabotinsky décide alors d’engager le Parti révisionniste dans la direction d’un soutien au gouvernement polonais. Il essaye de convaincre celui-ci que c’est vers la Palestine que les Juifs doivent être dirigés. Le gouvernement le reçoit, et les deux parties s’affichent volontiers ensemble. L’objectif de Jabotinsky est de trouver un allié pour faire pression sur la Grande-Bretagne, dans le but d’augmenter le nombre des visas d’immigration que la puissance mandataire limite nettement depuis le début des années 1930.

Mais au-delà du politique, la collaboration des révisionnistes avec la Pologne a également un volet militaire. À la suite des entretiens d’octobre 1937 entre Jabotinsky et le chef des armées, le maréchal Rydz-Smigly et le ministre des affaires étrangères, le colonel Beck, un soutien concret est apporté à l’Irgoun. Avraham Stern est chargé du dossier du côté de l’Irgoun, en tant qu’envoyé spécial. De l’argent est versé en 1939. Cinq milles fusils sont livrés la même année. Au printemps 1939, l’armée polonaise donne à 25 officiers de l’Irgoun « un stage d’entraînement militaire et de sabotage ».

Cette expérience aura deux conséquences :

• La Pologne était, bien plus que la Palestine, le grand centre du Betar et du Parti révisionniste. Mais si les Juifs de Pologne pouvaient accepter un accord technique favorisant l’émigration, le « mariage d’amour » avec un régime antisémite n’est pas accepté. Le Parti révisionniste en sortira durablement affaibli.

• Chargé des contacts militaires, Avraham Stern et ses proches retiendront que des relations fructueuses peuvent être mises en place avec un gouvernement antisémite, pour peu que les deux parties y aient un avantage. En décembre 1940, ils tenteront de prendre contact avec l’Allemagne nazie pour leur lutte contre la Grande-Bretagne Après la mort de Jabotinsky, Avraham Stern crée avec quelques nationaliste radicaux, comme Yitzhak Shamir, futur premier ministre d’Israël, un scission qu’il appelle d’abord « Irgoun Tsvai Leumi beIsraël », puis « Lohamei Herut Israël » (Combattants pour la liberté d’Israël) ou Lehi. Les Britanniques l’appellent le « Stern gang » traduit en français par « groupe Stern ». Cette scission se livre à des attentats contre les Britanniques ou des Juifs « collaborateurs » et tente même de prendre contact avec les Allemands, au nom de la différence entre le « persécuteur » (l’Allemagne), préférable à « l’ennemi » (les Britanniques qui empêchent l’État juif).

Ancien responsable du Betar de Pologne, considéré comme plus radical que Jabotinsky, mais pas aussi à droite que Stern, Begin arrive en Palestine en 1943 avec l’armée polonaise du général Anders, évacuée d’URSS vers l’Iran. Il prend rapidement la direction de l’Irgoun, qui connaît une crise interne assez grave depuis la mort de Ratziel. À partir du début 1944, l’Irgoun reprend les attentats. Le Lehi les a aussi repris, mais dans le cadre d’un nouveau positionnement idéologique qui ne se revendique plus officiellement du révisionnisme. L’orientation est maintenant pro-soviétique, même si des courants très droitiers restent actifs au sein de Lehi. Dans un cas comme dans l’autre, ce ne sont plus les Arabes qui sont visés, ce sont les Britanniques. De 1944 à 1948, des centaines de soldats britanniques, de fonctionnaires et de policiers seront tués.

À partir de novembre 1947, l’Irgoun cesse le gros de ses opérations anti-britanniques (il y aura encore quelques attentats contre les Britanniques, à la suite de heurts ponctuels), mais se lance dans de sanglantes réprésailles contre la population civile arabe…

En 1948, Menahem Begin, maintenant le chef incontesté des Révisionnistes, crée le Hérout, qui agrège anciens de l’Irgoun et du parti Révisionniste.

Le Hérout reprend l’idéologie du parti Révisionniste : annexion de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et de la Jordanie, pour former un « grand Israël » sur les deux rives du Jourdain, attachement au libéralisme politique et au libéralisme économique, anti-communisme, hostilité à la gauche, exaltation de l’armée.

Le Likoud s’inspire très largement de l’idéologie du Parti révisionniste (créé en 1925 par Vladimir Jabotinsky) puis du Herout (créé en 1948 par Menahem Begin), dont il apparaît comme le successeur.

Il est créé en 1973, sous la direction de Menahem Begin, jusqu’alors responsable du Herout. Il remporte les élections en 1977 et met ainsi fin à un demi-siècle de domination de la gauche sioniste sur le Yichouv puis sur l’État d’Israël. Il participe à tous les gouvernements israéliens de 1977 à la fin 2005, sauf entre 1992 et 1996, puis entre 1999 et 2001. Le Premier ministre de ces gouvernements a toujours été Likoud (sauf entre 1983 et 1985, où il participe au gouvernement de Shimon Peres). Ariel Sharon est la figure emblématique du Likoud jusqu’à ce qu’il fonde Kadima, fin 2005. À la suite de cette scission, le Likoud ne fait plus partie des trois partis politiques dominants en Israël. Mais il revient sur le devant de la scène en 2009, avec la nomination de son chef, Benyamin Netanyahou, au poste de Premier ministre.

Sur la naissance de l’extrême droite israélienne, on peut lire notamment le roman "La tour d’Ezra" d’Arthur Koestler...

9 Messages de forum

  • Vous imputez à tort la responsabilité de l’assassinat des 3 adolescents israéliens à la "délinquance israélienne" : voici un petit rappel des faits concernant cette affaire avec en prime, à la fin de l’article, une interview de Khaled Mechaal réalisée le 22 août 2014 par Yahoo News reconnaissant l’implication d’activistes du Hamas dans l’enlèvement et l’assassinat des jeunes israéliens.

    http://www.conspiracywatch.info/Auc...

    Répondre à ce message

  • Cher lecteur, tu te trouves face à deux versions et il n’est pas facile de faire son opinion, reconnais-le au moins !

    L’offensive militaire du gouvernement de Nétanyahou contre Gaza a été politiquement préparée durant tout le mois précédent, à commencer par l’enlèvement et le meurtre, le 12 juin, de trois adolescents israéliens qui ont été enlevés alors qu’ils faisaient du stop depuis une colonie sioniste illégale de la Cisjordanie occupée.

    Le gouvernement Netanyahu a lancé une campagne de propagande d’envergure en utilisant le hashtag #BringBackOurBoys, en accusant sans la moindre preuve le Hamas pour l’enlèvement. Sous prétexte de rechercher les jeunes gens, le régime israélien a lancé la répression dans la Cisjordanie occupée, arrêtant plus de 560 Palestiniens, dont des responsables en vue liés au Hamas. 200 d’entre eux au moins sont toujours emprisonnés sans chef d’accusation.

    Après la découverte des corps des trois jeunes gens le 30 juin, les autorités ont rendu public l’enregistrement d’un appel téléphonique fait par l’un d’eux à la police et qui se termine par le bruit de coups de feu. Les responsables de la sécurité ont reconnu que dès le début ils étaient parvenus à la conclusion que les trois jeunes gens avaient été tués immédiatement après leur enlèvement. Mais ils l’ont dissimulé au public, en imposant une consigne de silence aux médias israéliens et ont même menti aux familles.

    Le gouvernement Netanyahu était déterminé à exploiter pleinement l’incident pour réaliser une série d’objectifs politiques. Il a cherché à utiliser la répression en Cisjordanie, en y impliquant les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP) qui est censée gouverner le territoire, comme un moyen de saborder le pacte de réconciliation auquel l’AP était parvenue avec le Hamas. Cet accord a conduit à un nouveau gouvernement d’union qui est tacitement reconnu internationalement, mais qui est amèrement rejeté par Israël.

    Il a aussi utilisé l’enlèvement pour détourner les critiques internationales à l’égard de Tel Aviv accusé d’avoir sabordé la dernière série en date de plusieurs décennies de « pourparlers de paix » par la reprise de l’expansion des colonies sionistes en Cisjordanie et de n’avoir pas poursuivi sa promesse de relâcher des prisonniers politiques palestiniens.

    Et enfin cet épisode a été utilisé pour fomenter le nationalisme sioniste de droite et des sentiments anti-Palestiniens virulents au sein de la population d’Israël. Netanyahu lui-même a qualifié les Palestiniens d’ « animaux humains » et a parlé de « vengeance. »

    Dans un article révélant les manipulations de l’enlèvement par le régime israélien, Max Blumenthal, auteur de Goliath : Vie et Haine dans le grand Israël, écrit de Netanyahu et de l’appareil militaire et du renseignement : « Par le biais d’un mélange toxique de propagande, de subterfuges et d’incitations, ils ont embrasé une situation précaire, en manipulant les Israéliens pour faire qu’ils soutiennent leur programme jusqu’à rendre inévitable un cauchemar totalement évitable. »

    Le journaliste allemand Christian Sievers, au bout d’une enquête minutieuse, a dévoilé lors de l’émission Auslands Journal de la chaîne allemande ZDF que l’assassinat des trois jeunes Israéliens le 12 juin dernier n’a pas été commis par des Palestiniens.

    Selon ce journaliste allemand, il s’agit d’un crime civil commis par un citoyen de confession juive pour des raisons d’ordre économique. Les jeunes gens ont été assassinés un jour après leur enlèvement, et après avoir brûlé leur voiture, leurs corps ont été abandonnés près de la ville d’Hébron.
    Conformément au rapport présenté par Sievers, le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, était au courant de tous les détails de l’appel passé par un des garçons durant leur séquestration, mais a été obligé par Netanyahou à cacher cette information afin que l’assassinat puisse être utilisé comme prétexte pour débuter une nouvelle offensive contre Gaza.
    Le journaliste a accusé le gouvernement israélien de conspiration et de manipulation de la population civile dans le but de commettre des crimes de guerre contre le peuple palestinien.

    Le journaliste allemand Christian Sievers révèle lors de l’émission « Auslands Journal » du 16 juillet 2014 de la chaîne de télévision allemande ZDF. « Les trois jeunes israéliens, affirme-t-il, ont été assassinés par un Juif pour de sordides raisons d’argent et de vol. ». Et il poursuit que « l’Agence de renseignement israélien Shim Bet était au courant dès la découverte des corps jetés à Hebron, mais le Premier ministre israélien Netanyahu a tenu à conserver secrète l’information afin que le crime puisse servir de prétexte à la guerre en préparation. ». Le journaliste accuse le gouvernement d’Israël de « manipulation de l’information en direction de l’opinion de son pays et internationale pour pouvoir accomplir ses crimes de guerre en toute impunité. »

    Le meurtre a servi de prétexte aussi à une annexion !

    Israël a décidé de s’approprier 400 hectares de terres situées en Cisjordanie dans le secteur de Bethléem, en réponse au meurtre de trois jeunes Israéliens en juin dans le territoire occupé, a indiqué l’armée dimanche 31 août. Les autorités ont annoncé le lancement de la procédure déclarant propriété de l’Etat israélien ces 400 hectares proches de la colonie de Gva’ot, a indiqué l’armée. Les parties concernées ont quarante-cinq jours pour faire appel.

    La décision a été prise par « les instances politiques » après le meurtre, en juin, de trois étudiants israéliens enlevés au bord de la route dans le même secteur, connu des Israéliens sous le nom de Gush Etzion, un groupe de colonies que les Israéliens entendent bien conserver dans toute éventualité de règlement du conflit avec les Palestiniens.

    Lire ici

    Lire aussi

    Répondre à ce message

  • Je poursuis ma réponse. Tout dépend ensuite de la confiance que l’on porte aux gouvernants, qu’ils soient Israéliens ou pas, et de leur capacité à inventer des histoires pour justifier leur politique ! Bien des historiens reconnaissent que l’incendie du Reichstag, Pear Harbour ou Timisoara ont été des coups montés ou des prétextes à des politiques, décidées à l’avance par les classes dirigeantes. Peut-on faire confiance en un gouvernement dont les ministres font des déclarations de type fasciste. M. Avigdor Lieberman a demandé à ses services juridiques d’étudier la possibilité d’un transfert des citoyens arabes israéliens.
    Haaretz du 26 mars 2014 :

    « Le ministère des affaires étrangères a préparé un avis juridique autorisant le transfert des régions israéliennes du Triangle et de Wadi Ara à majorité arabes à un Etat palestinien, si un tel Etat voyait jamais le jour. Dans son avis, rapporté hier par Barak Ravid dans Haaretz, le conseiller juridique du ministère Ehud Keinan écrit que ce serait légal selon le droit international, sous certaines conditions.
    (…) Le simple fait que le ministère des affaires étrangères discute du transfert d’une partie de la population à l’extérieur des frontières de l’Etat d’Israël pour des raisons ethniques et nationalistes est inacceptable dans son principe.
    Le fait qu’un ministère soit engagé dans la promotion d’un plan d’échange de population, ce qui signifie le transfert, en raison de leur appartenance ethnique, de centaines de milliers de citoyens du territoire israélien souverain à la souveraineté d’un autre pays, envoie un message extrêmement grave à la population arabe d’Israël — environ un cinquième de la population totale du pays. Le ministre des affaires étrangères, et maintenant son ministère, disent aux citoyens arabes de l’Etat d’Israël qu’ils ne sont pas les bienvenus, et que leur citoyenneté est temporaire et conditionnelle.
    (…) Le plan de Lieberman, comme l’avis émis par le conseiller juridique de son ministère, a un seul but : transformer Israël en un Etat ethniquement et religieusement pur. Par conséquent, l’objectif de ce plan ne peut pas être décrit autrement que comme un nettoyage ethnique — même s’il n’est pas réalisé par la force des armes.
    Le plan et l’avis juridique qui l’autorisent doivent être rangés immédiatement dans les tiroirs. La minorité arabe continuera à faire partie d’Israël, et l’Etat doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour les intégrer, au lieu d’essayer de les en faire sortir. »
    Lors des massacres de Gaza en 2008-2009, Liberman a suggéré au gouvernement israelien(dont il ne faisait pas partie encore) d’utiliser l’arme atomique "comme les Américains l’ont fait avec les Japonais".
    Il a aussi proposé de bombarder le barrage d’Assouan en Egypte.
    Il a menacé de guerre l’Iran (pays qui n’a jamais attaqué Israel).
    Il avait déjà proposé "le transfert" des Palestiniens citoyens d’Israel en Cisjordanie ou carrément en Jordanie (càd un nettoyage ethnique pur et simple).
    Il a recommandé de "noyer dans la mer morte" les prisonniers Palestiniens.
    Etc etc…

    Le ministre Lieberman prône ouvertement l’épuration ethnique, la noyade des prisonniers palestiniens en mediterrannée et la vitrification de Gaza.
    Commentaire de l’historien Shlomo Sand : « Dans sa Moldavie natale, il exerçait le métier de videur de boîte de nuit. Maintenant, ce sont les Arabes qu’il veut vider. »
    Le ministre de l’économie Naftali Bennett , qui n’est autre que le dirigeant du parti politique ultra-nationaliste d’extrême droite "Foyer juif", défraye la chronique à la suite d’une conversation relayée dans un rapport de Yedioth Ahronot et reprise par le site israélien 972mag.com et l’édition américaine du Huffington Post. En effet, le ministre affilié à l’extrême droite rétorquait au conseiller sur la sécurité nationale que "lorsque vous attrapez des terroristes, vous devez simplement les tuer". Pire que cela, il a réfuté la question de l’"illégalité" d’une telle pratique émise par le conseiller Ya’akov Amidror en affirmant : "J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça".

    En juin déjà, Naftali Bennett n’avait pas hésité à exclure clairement l’idée d’un Etat palestinien en taxant cette cause de totalement "inutile".

    Nétanyahou a adopté (par 14 voix contre 6) un projet de loi remplaçant la définition d’Israël comme "Etat juif et démocratique" par "Etat-nation du peuple juif".
    Ha’Aretz (centre-gauche) dénonce une "loi qui stipule que l’arabe (langue de 20% de citoyens israéliens) perdra son statut historique de langue officielle, que la Halakha [Loi religieuse] primera sur la loi israélienne et que la définition d’Israël comme Etat juif prévaudra sur sa définition comme Etat démocratique.

    On ne peut pas faire confiance à des gens fascistes contre les Palestiniens pour nous dire s’il est exact que ce seraient les groupes palestiniens qui auraient tué les trois adolescents alors qu’aucun groupe palestinien n’a revendiqué cet attentat !

    Répondre à ce message

  • Un exemple qui illustre les multiples capacités du couples présidentiel à faire de l’argent...

    En termes de scandale politique, celui qui touche Sara Netanyahou, l’épouse du Premier ministre israélien, représente certainement une grande première. L’affaire qui éclabousse la campagne électorale de son mari, à l’approche des législatives de mars, concerne en effet... des bouteilles consignées.

    Selon les médias israéliens, Sara Netanyahou aurait encaissé pendant des années de l’argent versé pour le retour en magasin de bouteilles consignées. Rien de scandaleux jusqu’ici. Sauf que les bouteilles avaient été, dans un premier temps, achetées pour le compte du bureau du Premier ministre. Et l’argent de la consigne aurait donc dû y revenir, plutôt que d’aller dans la poche de madame Netanyahou.

    Le couple avait déjà remboursé 1 000 dollars il y a deux ans, et l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais l’affaire prend actuellement de grandes proportions depuis qu’un ancien employé a révélé au quotidien Haaretz que la somme détournée dépassait de très loin le montant de ce remboursement.

    La polémique a fait sortir de ses gonds Benyamin Netanyahou, qui a adressé sur Facebook un message sans équivoque aux médias israéliens, accusés de porter "des attaques calomnieuses contre [lui] et [son] épouse en vue de faire tomber le Likoud et de favoriser l’arrivée au pouvoir de la gauche".

    Toujours selon Haaretz, l’affaire des bouteilles consignées pourrait masquer un scandale de bien plus grande ampleur concernant les dépenses excessives du couple.

    Répondre à ce message

  • Le parti ultranationaliste Yisraël Beiteinu, qui campait dans l’opposition depuis les législatives du printemps 2015, a réintégré mercredi la majorité gouvernementale. Son chef de file, le député Avigdor Lieberman, a signé en fin de matinée un accord de coalition avec Benyamin Nétanyahou. Il devrait être nommé la semaine prochaine à la tête du ministère de la Défense en remplacement de Moshe Yaalon (Likoud). L’attribution de telles responsabilités à un homme connu pour ses prises de positions outrancières envers les Palestiniens, les Arabes israéliens et même certains États voisins d’Israël ont suscité ces derniers jours des réactions inquiètes dans le pays comme à l’étranger. Lors d’une conférence de presse, le futur chef des armées a tenté mercredi d’apaiser ces craintes en promettant de mener une politique « responsable et raisonnable ».

    Les négociations, qui se poursuivent avec le parti d’extrême droite Foyer juif, devraient déboucher la semaine prochaine sur la formation d’un gouvernement d’ores et déjà présenté comme le plus à droite de l’histoire d’Israël...

    Répondre à ce message

  • Un Palestinien a été tué vendredi près de la barrière de sécurité qui sépare la bande de Gaza d’Israël, lors d’une manifestation organisée par le groupe islamiste Hamas au contrôle de l’enclave palestinienne, contre un projet de loi israélien interdisant l’utilisation de haut-parleurs dans les mosquées lors de l’appel à la prière, a indiqué le ministère de la Santé à Gaza.

    Les affrontements se sont déroulés à l’est du camp de réfugiés palestiniens al-Bureij dans la bande de Gaza.

    "Mohammed Abou Saada, 26 ans, est décédé après avoir été atteint à la poitrine par des balles tirées par les soldats israéliens à l’est du camp (de réfugiés) d’al-Bureij", a précisé le ministère dans un communiqué.

    Répondre à ce message

  • Déjà visé par une enquête pour corruption dans une affaire de "cadeaux illégaux", le Premier ministre israélien est soupçonné d’avoir tenté d’acheter le soutien du plus puissant quotidien de l’Etat hébreu.

    D’autres révélations mettant en cause le gouvernement israélien et Benyamin Netanyahou pourraient bien rejaillir sur la coalition politique à la tête du pays. Israël avait annoncé qu’il était sur le point de signer un protocole d’accord avec l’Allemagne pour l’achat de trois sous-marins de guerre supplémentaires, pour un montant total de 1,2 milliard d’euros. Mais derrière cette commande se profile une affaire de corruption.

    C’est toute la méthode de gestion de Netanyahou qui est remise en question. Elle fait désordre au moment où les Israéliens disqualifient l’Autorité palestinienne, accusée de corruption. Jusqu’à présent des maires et des membres de certains partis israéliens étaient concernés par la vague de malversations. Mais aujourd’hui la corruption atteint les plus hautes sphères de l’État.

    Certains dirigeants politiques accusent Netanyahou d’avoir agi tout seul comme s’il voulait cacher quelques points de la transaction. Il semble que le cabinet du Premier ministre ait été le seul à négocier en secret les termes du contrat. Des responsables de l’industrie militaire se sont étonnés d’avoir été mis à l’écart de cette décision alors qu’ils ont toujours été consultés pour concevoir des armes de combat complémentaires. Ils n’ont jamais été approchés pour donner leur avis sur le projet. Ils qualifient ce comportement du Premier ministre d’exercice solitaire du pouvoir.

    Répondre à ce message

  • Du terrorisme et de la corruption !

    Depuis bientôt un an, chaque samedi soir, des milliers d’Israéliens manifestent pour accélérer les poursuites dans les nombreuses affaires concernant Nétanyahou et son entourage.

    Depuis plus de quarante semaines, plusieurs milliers d’Israéliens se réunissent le samedi soir à Petah Tikva pour un défilé anticorruption.

    Le Likoud a poussé certains élus et habitants de la ville à exiger en justice l’interdiction « de ces rassemblements trop bruyants ». Mais la Cour suprême leur a donné tort. Unique concession des juges : dorénavant, seules 500 personnes seront autorisées à manifester !

    Les sondages montrent en tout cas que 65 % souhaitent que les enquêtes arrivent à leur terme.

    Répondre à ce message

  • En Israël, des milliers d’Arabes israéliens manifestent contre une loi qui institutionnalise le racisme et l’ethnisme... Les Kurdes israéliens en font autant.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0