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Actualité ouvrière à Renault Lardy

vendredi 6 novembre 2015, par Robert Paris

Ghosn contre Macron, deux adversaires

Le bras de fer qui oppose Ghosn et l’Etat français ne peut pas laisser les salariés indifférents car c’est leur emploi que les uns et les autres jouent ainsi à la roulette russe. Et on voit ici, que ce soit de la part des capitalistes japonais représentés par Ghosn ou de la part des capitalistes français représentés par Macron, que l’intérêt des salariés est le cadet des soucis de ces gros manitous de la finance, prêts à tout pour défendre les intérêts des gros actionnaires. Nous n’avons pas à prendre parti dans cette guerre mais à nous battre pour nos intérêts à nous, salariés, qui ne sont jamais, guerre intestine ou pas entre capitalistes, les mêmes que les intérêts du grand capital.

Ghosn, grand baratineur

Renault a annoncé à grands sons de trompette l’heureuse nouvelle qu’il embauchait massivement. Tous les média se sont emparés de ce signe de relance des embauches dans l’industrie automobile. Mais la réalité est tout autre et on le sait bien dans l’entreprise : on ne voit pas arriver les nouveaux et on voit partir les anciens. Officiellement, il y a une embauche pour huit à dix partants mais la réalité est encore pire. Les nouveaux, quand il y en a, sont surtout des prestataires. Le patron n’est pas à un mensonge près, tout comme VW…

Ne prenons pas sur notre santé

Le manque d’effectifs est criant dans tous les secteurs et il l’est en permanence. La direction réplique en augmentant les pressions de l’encadrement, les incitations à augmenter son efficacité personnelle alors que l’efficacité de la direction en termes de salaires et de progression des salariés est en berne… Dans tous les types de réunions, aux demandes d’effectifs, la direction et l’encadrement font la sourde oreille, en affirmant que ce n’est pas au menu. Ce qui l’est, c’est l’augmentation permanente du taux d’exploitation. Et la direction tire sur la corde en attendant qu’elle casse. Elle espère que cela ne cassera que sur notre dos. Eh bien, ne la laissons pas mettre en cause notre moral et notre santé !

Ça s’en va et ça revient (air connu)

Aux dernières nouvelles, la direction cherche des opérateurs au PIM pour travailler en 2x8. Oui, vous avez bien lu : en 2x8 ! Il s’agit pourtant d’horaires qui devaient disparaître puisque les bancs automatiques du PIM, très évolués, devaient avoir une efficacité 1,7 fois plus grande que les bancs « normaux » ! La direction a besoin d’opérateurs ? Pas étonnant : elle refuse d’embaucher, elle refuse de rétribuer à un niveau correct, elle ne remplace même pas les rares mutations autorisées alors qu’il serait nécessaire de doubler les effectifs. Elle ne parvient même pas à trouver des CUET pour le PIM, vu sans doute le trop haut niveau des précédents !

Le travail est imposé et les repos et congés aussi !

Le 30 octobre dernier, c’était le RTT général imposé. A Renault, on a pris l’habitude que le patron nous dicte ses volontés en termes de RTT comme de cinquième semaine de congés. Tant qu’on a un compte CET transitoire à écluser, on peut prendre des jours sans être embêté mais ensuite cela signifiera qu’on ne pourra s’arrêter que quand cela arrange le patron ! On est très loin de la semaine de trois jours de travail « à la française » qui n’est que dans l’imagination d’un Jep Bush et de ses compères capitalistes américains !

Grand spectacle au Pôle NVH

Le 8 octobre, la direction fêtait les dix ans du Pôle NVH. La presse était même invitée ! Lors de son discours, le nouveau dirlo disait que « cette journée valorise le travail de nos équipes » ! On aurait pu croire que ce qui valorise le travail des équipes, c’est l’augmentation de salaire ? Par exemple 300€ pour tous ! Mais non ! Anniversaire ou pas, la direction n’est pas prête à partager le gâteau avec ses salariés !

Ça l’affiche bien !

Qu’est-ce que c’est que cette direction qui ne veut pas voir des salariés représentant leur patron chéri adoré y compris dans leurs dessins les mieux sentis ? Et pourtant, c’est ce qui s’était produit au CE lors d’une distribution de tracts syndicaux qui avait été illustrée de quelques dessins suggestifs du patron et de son fabuleux salaire. Eh bien, cela a profondément déplu à Mr Simpson au point qu’il a cru devoir interdire ces dessins. Mais, n’en déplaise à tous les censeurs patronaux, les locaux du CE ne sont pas un lieu de dictature patronale : tous les salariés, syndiqués ou non, peuvent venir y afficher leurs dessins, textes et autres déclarations de manière libre et démocratique !

Gaston, ya le téléfon qui son !

Derniers avatars en date des téléphones portables professionnels : il faudra que les salariés le déclarent au fisc comme « avantage en nature ». Heureusement que les salariés de base n’ont pas de véhicules de direction avec carburant fourni et autres avantages « en nature », sinon nos maigres salaires ne suffiraient pas à payer les impôts !

Cinecitta, film catastrophe

Suite aux problèmes de sous-traitance du PIM, qui de provisoire devient pérenne et étendue, monsieur le Vicomte a fait une tournée des popotes pour expliquer sa politique : eh oui, il ne trouve pas des Renault pour aller bosser au PIM. Mais en cherche-t-il vraiment ? Se donne-t-il les moyens d’avoir des arguments convaincants ? Quand on voit l’écart entre la complexité du travail d’opérateur et la faiblesse des coefficients, on ne s’étonne pas que les postes en soient pas attrayants… La solution de l’embauche étant écartée – sous prétexte que le contrat de compétitivité signé par certains syndicats empêcherait d’embaucher, du coup la politique de précarisation des emplois s’amplifie. Nous ne voulons pas devenir les intermittents du spectacle automobile !

VW, un exemple pour Renault ?

Bien entendu, il ne s’agit pas de prétendre que l’entreprise Volkswagen aurait des leçons à donner à la firme au losange en matière de camouflage des résultats des tests de pollution. Non, là où Renault devrait prendre exemple sur la firme VW, c’est en matière de pollution de la vie des personnels par des mails trop nombreux, intempestifs, inutiles et surtout au-delà des heures de travail… Car à VW, on interdit les mails au travail en dehors des horaires, pendant les vacances ou les congés. Pas de mail du chef après 18 heures trente ! Et il y a même des trusts qui ont un concours des chefs pour le minimum de mails professionnels. On sait le stress qu’occasionne le fait d’être inondés de mails, de pressions en somme pour en faire sans cesse plus, mails qu’on n’a même pas le temps de lire, sans parler d’y répondre ! Mais Ghosn ne semble pas prêt de suivre l’exemple : ses responsables inondent tout le monde de mails à toute heure !

Le syndicalisme d’accompagnement

Le syndicat FO de Renault titre un tract : « Un malaise qui diminue la performance de l’entreprise ». Diffusé au TCR, l’entreprise où ce « malaise » a amené le suicide de salariés, il y a gène ! Et FO Renault débute son tract ainsi : « Les salariés de l’ingénierie prouvent chaque jour leur implication et leur engagement dans le travail. » En somme, voilà un syndicat de salariés (en théorie) qui se préoccupe d’abord de la rentabilité capitaliste et de l’intérêt des investisseurs, avant de les relier à l’intérêt des salariés qui devrait, selon lui, en être le synonyme. Pour FO, les salariés ont confiance dans leur direction mais « ils ont besoin qu’on leur fasse confiance ». Le syndicat FO a effectivement fait confiance au patron en signant l’accord compétitivité-emploi et il prétend maintenant que cette confiance aurait été trompée ? Dans le domaine, le syndicat CFDT ne vaut pas plus cher. « Carlos Ghosn a dit qu’il ne mettrait pas de frein à des investissements futurs », se rengorge un militant CFDT cité par La Voix du Nord. « Il a aussi précisé que Renault irait au bout de l’accord de compétitivité et qu’il respecterait tous les thèmes de cet accord. » Décidément, les illusions engagent ceux qui en ont.

« Dialogue social », le grand mot est lâché !

Hollande a une idée sur ce qui serait bon pour les salariés : accepter les gifles et dire merci du moment que celui qui vous frappe vous propose d’en discuter ou qu’il vous tend la main ! Si on vous impose de travailler plus en gagnant moins, en vous menaçant de licenciement si vous refusez, en vous traitant de « voyou » si vous vous révoltez, en venant vous arrêter à six heures du matin à votre domicile et en vous menaçant de cinq ans de prison ferme pour… avoir défendu votre emploi, votre salaire, votre famille, parce que vous estimez dangereux de conduire des centaines d’heures en plus des avions avec la responsabilité de la vie des passagers, aurez-vous envie de serrer la main qui vous frappe, de bavarder gentiment avec le patron qui vous fait subir ce chantage, avec le gouvernement qui le cautionne ?!! Ce n’est pas comme cela qu’on vous a posé le problème dans les média, dans le discours des gouvernants et des hommes politiques, c’est-à-dire des patrons et de leurs défenseurs. Certainement pas ! C’est à vous, salariés, de le poser ainsi parce que, n’en déplaise à tous les Hollande, à tous les défenseurs du « dialogue social », s’ils défendent le dialogue, c’est qu’il y a bel et bien deux camps en présence, les salariés et les patrons, et que chacun ne peut que choisir son camp ou être trompé par le discours selon lequel nous aurions tous les mêmes intérêts, qu’on soit patron ou salarié, selon lequel l’Etat et le gouvernement seraient impartiaux et seraient là pour équilibrer les deux camps. Et les deux camps, ce sont bel et bien les deux classes sociales fondamentales de la société, les travailleurs et les exploiteurs !

Dans l’affaire des licenciements à Air France, on a bien vu que le gouvernement a déclaré « être entièrement du côté du patron » ! De même qu’il était entièrement du côté du patron de l’APHP (hôpital public) qui veut supprimer des repos et des congés, qui veut surexploiter les personnels. De même qu’il était entièrement du côté du patron de Radio France qui démolit le service public de radio comme des patrons de France Télévisons ou de l’AFP qui font de même ou du PDG de la SNCF, chargé de détruire le service public du Rail, ou encore du côté du patron de Total ou d’Areva qui suppriment massivement des emplois, du patron de PSA qui licencie ou du patron de Renault qui bloque les salaires et supprime massivement des emplois.

Quand le gouvernement a développé des crédits d’impôts, quand il a commencé à casser le droit social, supprimant les pénalités des licenciements abusifs par exemple, où a-t-on vu un gouvernement faisant l’équilibre entre patrons et salariés, quand des patrons ont lancé des plans de licenciements comme à Peugeot, à Goodyear ou ailleurs, a-t-on vu le gouvernement s’opposer une seule fois aux licenciements en prenant le parti des salariés ? Nulle part ! A-t-on une raison de le croire quand il dit essayer d’éviter les licenciements à Air France alors qu’il veut seulement peser en faveur du chantage patronal, faire accepter des reculs sociaux et faire passer les licenciements comme une conséquence d’un manque de solidarité des syndicats et des salariés ? Mais est-il exact que les syndicats de salariés auraient refusé le dialogue social ? Même à Air France, n’est-ce pas les syndicats de pilotes qui ont forcé les pilotes à reprendre le travail, de même que ce sont les syndicats qui ont forcé les salariés à reprendre le travail dans la grève de Radio France, qui ont imposé aux agents de l’hôpital public la négociation alors que les personnels de l’APHP affirmaient qu’il n’était pas question de discuter avec Hirsch de sa réforme bidon !

Hollande et Sarkozy, comme les média, font semblant de s’en prendre à des syndicats radicaux et irresponsables, mais ce sont les travailleurs eux-mêmes et non les centrales syndicales, qu’ils visent en réalité. La lutte des classes, c’est exactement cela qui les motive pour agir ainsi. Ils défendent les intérêts de la même classe, qu’ils soient de partis bourgeois de droite, de gauche ou d’extrême droite, ce sont des partisans de la même classe, de la classe capitaliste et des adversaires déclarés des travailleurs.

Et, dans toutes ces affaires qui ont rythmé la vie sociale de ces dernières années, où a-t-on vu que les syndicats aient refusé de négocier jusqu’au bout et même de continuer à négocier après l’annonce des attaques scandaleuses, et même ensuite de négocier pour discuter de leur mise en place ? Nulle part !

Ce qui a manqué à Air France, ce serait paraît-il le dialogue social. C’est ce qu’affirme Hollande, applaudi par les syndicats patronaux. Selon lui, l’entreprise, l’économie, le pays, c’est une seule et même barque dans laquelle tout le monde, patronat, salariés et gouvernement, est embarqué et on ne peut pas s’en désolidariser. Il y aurait bien sûr des intérêts divergents mais la seule solution serait de négocier gentiment, de se comprendre et de s’entendre. Cela suppose d’accepter des réformes, traduisez des reculs sociaux causés paraît-il par les difficultés économiques. On a entendu ce discours à toutes les sauces dans la bouche des hommes politiques, des gouvernements, dans les média.

Mais qui refuse le dialogue social ? Certainement pas les syndicats de salariés ! Certes CGT et SUD ont, pour une fois, refusé symboliquement de participer à une mise en scène de la « concertation sociale » juste après une attaque en règle contre les salariés d’Air France. Mais de là à en tirer l’idée qu’ils refusent toute concertation, qu’ils mènent la lutte des classes, de manière radicale, il y a du chemin ! Ces deux syndicats continuent à négocier avec la direction de la SNCF alors que le plan de casse du service public du Rail est en chemin. Ces deux syndicats continuent à négocier à Radio France, à France Télévisions, et partout où les attaques contre le service public sont menées tambour battant. Ils avaient négocié malgré les huées des agents de l’hôpital public APHP lors de l’attaque contre la Santé menée par le PDG de l’APHP Hirsch. Tous les syndicats ont participé à la négociation sur les retraites complémentaires, comme ils l’avaient fait aussi sur le chômage, sur le plan de sauvegarde de l’emploi, les suppressions d’emploi à Areva ou à Mory Global, sur les blocages de salaire à Renault ou à la Société Générale, avec au bout de ces négociations la signature de certains syndicats mais la caution de tous puisque tous acceptaient le cadre des négociations !!! Mais oui, n’en déplaise à Hollande, les syndicats négocient, dialoguent, ne cessent de dialoguer et le niveau social recule, ne cesse de reculer, au rythme même des négociations. Même avec Sarkozy, les syndicats ne cessaient de dialoguer, de négocier…

C’est cette tromperie sociale qui mène, de négociation en négociation, à la réduction des aides sociales, des retraites, de la santé publique, de la sécu, de l’hôpital public, de l’école publique, des allocations chômage, du code du travail et de tout droit social. Tous les syndicats, qu’ils signent ou pas ces reculs, ont accepté de les négocier !

Même la CGT, présentée par Hollande comme un syndicat de lutte de classe radicale, comme les plus rouges des rouges, a sauvé le PDG d’Air France de la colère des salariés, a dénoncé les « violences » des salariés en colère « autant que celles des patrons », a revendiqué le « retour au dialogue social calme et responsable à Air France », de même que c’est la CGT qui a fait croire à l’époque du mouvement des retraites que la grève générale n’était pas à l’ordre du jour, que le seul moyen de défendre les retraites consistait à virer Sarkozy en faisant élire Hollande ! Et c’est encore la CGT qui se refuse à défendre les salariés arrêtés, menacés de prison et de licenciement, par le seul moyen de défense qu’aient les travailleurs : en appelant les salariés d’Air France à la grève générale. C’est encore la CGT qui menait des négociations clandestines à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, discrètes pour ne pas être dérangée par les agents hospitaliers en colère. C’est encore un dirigeant CGT, qui allait devenir par la suite le secrétaire général national du syndicat, et qui a fait le rapport au Conseil Economique, social et Environnemental en faveur de la privatisation de la SNCF ! C’est toujours la CGT qui a voté à Renault en faveur du plan social de Ghosn ou encore en faveur du PDG quand il était contesté notamment pour avoir accusé mensongèrement ses collaborateurs d’espionnage.

Non, aucune centrale syndicale ne défend la lutte des classes et moins encore le syndicalisme révolutionnaire, aucune ne défend le combat contre le système capitaliste, aucune ne défend même l’idée que l’entreprise ne serait pas le lieu d’une entente de classe, que l’on ne doit pas collaborer avec son ennemi. Aucune ne défend l’idée que les travailleurs sont porteurs d’une autre société, fondée sur l’intérêt collectif de la population et pas sur celui de l’infime minorité des possesseurs de capitaux. Aucune ne prône la suppression de la propriété privée des moyens de production. Aucune n’est pour en finir avec un Etat entièrement au service de la classe capitaliste. Aucune centrale syndicale ne vit essentiellement des rentrées d’argent des cotisations et pas des sommes données par le patronat et l’Etat. Toutes les centrales syndicales passent l’essentiel du temps de leurs militants à des réunions avec nos ennemis du patronat et du gouvernement.

Eh bien, si la classe ouvrière, si les salariés ont besoin d’un dialogue, c’est celui entre travailleurs et pas avec nos ennemis car nous n’avons rien dont nous puissions les convaincre par la discussion alors que nous avons absolument besoin d’échanger entre nous pour développer notre programme de défense face à l’attaque patronale et gouvernementale, pour unir nos luttes, pour préparer notre avenir face à un capitalisme en faillite qui ne peut que nous préparer comme avenir que des guerres, des terrorismes et des guerres civiles, que de la misère et des violences de toutes sortes.

Alors oui au dialogue social entre ceux qui ont les mêmes intérêts à défendre : les travailleurs du public et du privé, les travailleurs en CDI et ceux en CDD, les fixes et les précaires, les actifs et retraités, ceux ayant un emploi et ceux au chômage, avec ou sans papiers, de n’importe quelle origine nationale, raciale, religieuse, ethnique et autres ! Si nous prenons conscience, malgré les divisions que l’on veut entretenir entre nous, que nous sommes une seule et même classe, nous sommes alors la classe la plus forte de toute la société et nous n’aurons aucun mal à imposer nos solutions, nos programmes, à en faire la base d’un nouveau fonctionnement de la société. Si, au contraire, nous nous solidarisons avec les mensonges des gouvernants contre d’autres salariés, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer quand nous serons nous-mêmes attaqués et, comme les salariés d’Air France, nous serons livrés à des coups de colère au lieu d’avoir un programme d’action collective à défendre et des perspectives réelles de changement social.

Oui, dialoguons avec les travailleurs de nos bureaux, de nos ateliers, des services publics, des entreprises privées, du service d’à côté, de l’entreprise d’à côté, de nos voisins de palier, du quartier, pour préparer les liens qui nous permettront de nous informer mutuellement de nos revendications, de nos luttes, pour tisser un réseau nous permettant d’unifier nos luttes et de les organiser par nous-mêmes. Le véritable dialogue social est celui au sein de notre classe sociale, celle de tous ceux qui n’exploitent personne, qui ne licencient personne, qui n’expulsent personne, qui ne font fermer le compte en banque ni le courant de personne, qui ne cassent les salaires de personne, des travailleurs de toutes professions et de toutes catégories, c’est-à-dire de l’immense majorité de la population, celle qui fait fonctionner toute la société par son travail et qui en tire de moins en moins les bénéfices. Les seuls avec lesquels nous ne devons pas dialoguer mais que nous devons combattre sont ceux qui nous combattent, ceux qui préfèrent protéger leurs milliards de profits que nos emplois, que nos salaires, que nos vies. On ne dialogue pas avec les patrons bandits, les patrons maîtres chanteurs, les patrons preneurs d’otages, les patrons casseurs des emplois, les patrons qui précarisent, qui poussent au suicide, qui harcèlent, qui fliquent les salariés, qui les terrorisent, qui les exploitent, qui réduisent leur durée de vie, qui sont cause des morts au travail, qui détruisent les vies de famille, en somme toute la classe capitaliste et ses suppôts gouvernementaux.

Tant que nous ne prendrons pas conscience qu’il y a deux classes, exploiteurs et exploités, et que la démocratie est un leurre, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer de ne pas avoir vu la réalité en face.

Hollande a déclaré que « L’alternative, c’est la réforme ou la rupture. », bien persuadé que les centrales syndicales choisissent toutes le réformisme et pas la révolution. La seule réponse que peut lui donner la classe ouvrière, comme à tous les défenseurs des intérêts du grand capital, c’est de lui donner de « la rupture », c’est-à-dire de la révolution sociale. C’est la seule chose que lui et ses semblables n’auront pas volée ! Soyons persuadés que les classes dirigeantes pousseront les travailleurs à bout comme ils le font à Air France, comme ils l’ont fait en Grèce, et plus tôt nous nous préparerons à cette situation d’explosion sociale mieux cela vaudra.

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