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Grève et révolte à Gafsa en Tunisie

jeudi 1er mai 2008, par Robert Paris

Site : Matière et révolution

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Gafsa la rebelle est en ébullition

Émeutes / lundi 28 avril 2008

Les manifestations et grèves se multiplient dans la région minière de Gafsa. Les forces de l’ordre sont débordées et le charmant régime de Ben Ali peine à ramener le calme. Même la matraque ne marche plus ! Oubliée du « mirage » économique tunisien, la région du gouvernorat de Gafsa, dans le sud-ouest du pays, se meurt à petit feu. Déjà délaissée du temps de Bourguiba, ce qui reste aujourd’hui de l’exploitation des phosphates ne suffit pas à nourrir les habitants, touchés par un taux de chômage record. Alors, lorsqu’en janvier dernier la Compagnie des Phosphates de Gafsa, la CPG, l’un des rares gros employeurs de la région, organise un concours pour recruter, c’est l’espoir au sein de la population.

Ben Ali et les rebelles © Khalid Las, on ne se refait pas et le népotisme est une pratique bien ancrée au pays du jasmin ! Selon un habitant de Gafsa, « plus de 60 postes ont été attribués à des personnes du gouvernorat voisin dont est issu le gouverneur de Gafsa et ses deux cousins, à savoir le président de la CPG et le directeur de l’usine chimique locale ». Résultat : un vaste mouvement de grève et de manifestations qui dure maintenant depuis plus de trois mois et touche principalement les trois villes minières de Redeyef, Oum Elaraïes et Métlaoui. Ouvriers, diplômés chômeurs, lycéens et habitants : tout le monde s’y met, parfois à coups de jets de pierres. Les manifestants ont même installé pendant un mois et demi des tentes de manière à bloquer la circulation des trains entre les carrières et les usines, gelant ainsi les activités de l’industrie du phosphate. La matraque, y a que ça de vrai ! Dans un premier temps, les autorités tunisiennes, réputées pour avoir la matraque facile, se sont contentées d’adopter une stratégie d’encerclement des manifestants sans intervention massive. Des milliers de policiers ont d’ailleurs été rapatriés des quatre coins du pays pour assurer le service d’ordre. Objectif des autorités : éviter un embrasement de la région, ce qui en dit long sur les tensions qui y règnent. Il faut dire que, comme en témoignent ces deux vidéos, on assiste dans la région à des scènes rarissimes en Tunisie depuis que le général-président-à-vie Ben Ali s’est emparé du pouvoir en 1987 : (jeter un oeil sur cette vidéo et sur celle-ci sur bakchich.info). Puis, début avril, la flicaille a repris ses bonnes vieilles habitudes répressives. Le 6 avril, une manifestation organisée dans les rues de Redeyef a violemment été dissoute et une trentaine de personnes auraient été arrêtées. Puis, le lendemain, des responsables locaux de la grande centrale syndicale l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens ainsi que des leaders grévistes ont été embastillés après avoir été passés à tabac par la police, toujours à Redeyef. La rafle a eu lieu alors qu’ils revenaient de Tunis où ils avaient assisté à une réunion. Boujemaa Echrayti, secrétaire général du syndicat de la santé de Redeyef, Taïeb Ben Othman, enseignant syndicaliste, et Adnane Hajji, secrétaire général du syndicat de l’enseignement de base de Redeyef, ont notamment été arrêtés.

1 Message

  • Des milliers de Tunisiens ont manifesté jeudi dans la ville du Kef (nord-ouest), où une grève générale a également été observée pour protester contre la marginalisation et réclamer un développement plus équitable entre les régions, a constaté un correspondant de l’AFP.

    A l’appel de la société civile, les manifestants se sont rassemblés devant le siège du bureau régional du syndicat UGTT, avant de défiler sur les principales artères de cette ville de quelque 50.000 habitants située à 180 km à l’ouest de la capitale Tunis.

    "Travail, liberté, dignité", "le développement du Kef est un droit" ou encore "Oh Kéfi (habitant du Kef, ndlr) opprimé, ta pauvreté a augmenté", ont scandé les participants, qui ont notamment fustigé les "promesses non tenues" du gouvernement.

    Institutions publiques et privées, boutiques et cafés ont pour leur part répondu à l’appel à la grève générale, laissant leurs rideaux baissés, selon le correspondant de l’AFP. Seuls les hôpitaux, pharmacies et boulangeries sont restés ouverts.

    Pour Rached Salhi, un professeur, "cette manifestation et cette grève sont importantes pour faire passer un cri de colère face à une situation qui ne peut plus durer".

    "La région du Kef est marginalisée par le pouvoir central depuis l’indépendance. Elle a été ignorée par tous les gouvernements qui se sont succédé après la révolution, et Youssef Chahed (l’actuel Premier ministre, ndlr) a fait la même chose", a renchéri auprès de l’AFP Kamel Saihi, secrétaire général adjoint du bureau régional de l’UGTT.

    Il a ainsi qualifié de "message négatif" le déplacement effectué le même jour par M. Chahed à Sfax, ville côtière et deuxième agglomération du pays. "La grève générale est au Kef et Youssef Chahed est à Sfax !", s’est emporté M. Saihi.

    La Tunisie connaît de nouveau depuis plusieurs semaines, d’importants mouvements sociaux dans des régions périphériques, comme à Tataouine (sud) et Kairouan (centre).

    Au Kef, les protestations sont parties au début du mois de rumeurs de délocalisation d’une importante usine de la ville pour Hammamet, une région côtière plus développée.

    Six ans après sa révolution, l’unique pays rescapé du Printemps arabe n’est toujours pas parvenu à résoudre les maux (pauvreté, chômage, corruption...) à l’origine de la révolte contre la dictature de Zine el Abidine Ben Ali.

    L’an dernier, la plus importante contestation depuis la révolution de 2011 était partie de Kasserine, elle aussi située dans une région défavorisée, à la suite de la mort d’un jeune durant une manifestation pour l’emploi.

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