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Est-il vrai que le rire est le propre de l’homme ?

mardi 11 octobre 2016, par Robert Paris

Le rire, c’est l’homme par opposition à l’animal ?

Ils me font bien rire tous ces grands auteurs qui se croient supérieurs à l’animal... par le rire !!!

« L’homme est le seul animal qui ait la faculté de rire »

Aristote, « Parties des animaux »

« Mieux vaut traiter du rire que des larmes Parce que rire est le propre de l’homme. »

Rabelais, « Gargantua »

« Il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain... Plusieurs ont défini l’homme « un animal qui sait rire ». Ils auraient aussi bien pu le définir un animal qui fait rire, car si quelque autre animal y parvient, ou quelque objet inanimé, c’est par une ressemblance avec l’homme, par la marque que l’homme y imprime ou par l’usage que l’homme en fait. »

Bergson, « Le rire »

Le rire de Bergson

« Le rire est le propre de l’homme, car l’esprit s’y délivre des apparences. »

Alain, « Système des Beaux-Arts »

« Il n’y a que les hommes qui rient… Les hommes et même les tout petits enfants, ceux qui ne parlent pas encore… Le rire, c’est une chose humaine, une vertu qui n’appartient qu’aux hommes et que Dieu, peut-être, leur a donnée pour les consoler d’être intelligents….  »

Marcel Pagnol, « Notes sur le rire »

« Nous savons que nous allons vers la mort et, face à cette occurrence inéluctable, nous n’avons qu’un instrument : le rire. Les bêtes, qui ne savent pas qu’elles doivent mourir, ne rient pas. »

Umberto Eco, Interview Télérama 2003

« Ainsi saura-t-on qu’il est homme, parce qu’il sait rire. »

Jean Donne, « Paradoxes et problèmes »

« L’homme : la marche triomphale vers la station debout, vers le chant, vers le rire, vers l’amour, vers l’homme et sa pensée, il y a quelques dizaines de milliers d’années à peine, un clin d’oeil, un fétu de paille. De quoi lui tourner la tête et le rendre ivre d’orgueil au lieu de l’accabler, comme il faudrait, d’un sentiment d’humilité parmi tant de grandeur. »

Jean d’ Ormesson, « Comme un chant d’espérance »

« Le rire est le propre de l’homme ! »

Raymond Devos, « Matière à rire »

Dans "L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux" publié en 1872, Darwin démontre clairement que les coordinations utilisées pour exprimer la surprise, la peur et la tristesse chez les grands singes sont les mêmes que pour l’homme. Il remarque que le comportement se rapprochant le plus du sourire et du ricanement est le comportement de défiance qui consiste à montrer ses canines. Il établit ainsi un lien phylogénétique entre le sourire, le ricanement et le comportement d’agression.

« Néanmoins la différence entre l’esprit de l’homme et celui des animaux supérieurs, aussi grande soit-elle, est certainement une différence de degré et non de nature. Nous avons vu que les sentiments et les intuitions, les diverses émotions et facultés, tels que l’amour, la mémoire, l’attention, la curiosité, l’imitation, la raison etc., dont l’homme se fait gloire, peuvent se trouver à l’état naissant, ou même parfois bien développé, chez les animaux inférieurs. »

Darwin, La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe – 1871- Chap IV

« Il ne s’agit pas seulement de demander si on a le droit de refuser tel ou tel pouvoir à l’animal (parole, raison, expérience de la mort, deuil, culture, institution, technique, vêtement, mensonge, feinte de la feinte, effacement de la trace, don, rire, pleur, respect, etc. – la liste est nécessairement indéfinie, et la plus puissante tradition philosophique dans laquelle nous vivons a refusé tout cela à l’« animal »), il s’agit aussi de se demander si ce qui s’appelle l’homme a le droit d’attribuer en toute rigueur à l’homme, de s’attribuer, donc, ce qu’il refuse à l’animal, et s’il en a jamais le concept pur, rigoureux, indivisible, en tant que tel. »

« L’Animal que donc je suis », Jacques Derrida.

« L’animal n’est pas une machine. Les grands singes sont comme nous, ils souffrent,ils ont des sentiments, de l’empathie…. Si on fait le bilan de ce que l’on a observé depuis 30 ans chez les chimpanzés, on s’aperçoit que tout ce que l’on avait cru voir se manifester en termes d’adaptation uniquement chez les hommes, c’est-à-dire la bipédie, l’outil, la chasse, le partage de la nourriture, la sexualité, les systèmes sociaux, le rire, la conscience, l’empathie, la sympathie, les chimpanzés le font aussi. Donc, soit ils ont tout acquis indépendamment, soit cela vient du dernier ancêtre commun, ce qui est plus plausible. Cela veut dire que déjà dans le monde des forêts, il y a 6 à 7 millions d’années, toutes ces caractéristiques que l’on a cru propres à l’homme existaient et font partie d’un bagage ancestral commun. »

Pascal Picq

Le propre de l’homme, il y a de quoi rire

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