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Qui manipule le terrorisme et instrumentalise la « lutte contre le terrorisme » ? Ce sont les classes dirigeantes capitalistes ! Et leur véritable cible, c’est le prolétariat ! Leur vrai but est le triomphe de la contre-révolution !

mardi 14 juin 2016, par Robert Paris

Qui manipule le terrorisme et instrumentalise la « lutte contre le terrorisme » ? Ce sont les classes dirigeantes capitalistes ! Et leur véritable cible, c’est le prolétariat ! Leur vrai but est le triomphe de la contre-révolution !

L’attentat d’Orlando, pour horrible qu’il soit, est malheureusement loin d’être un cas unique. Aux USA, il ne passe pas de mois sans un crime de masse. Les armes circulent librement et dès, qu’un citoyen pète un plomb, il tient à ce que cela marque l’opinion en se faisant passer pour terroriste ! Il n’est nullement besoin de Daesh, mensongèrement appelé « Etat islamique », pour expliquer cela ! L’extrême droite américaine est responsable de bien plus de tueries aux USA qu’Al Qaïda ou Daesh et les crimes individuels font infiniment plus de victimes aux USA que le terrorisme !

Par contre, il est maintenant facile à tout criminel américain de se faire connaître en prétendant qu’il n’a fait que suivre le groupe terroriste d’Irak et de Syrie et affirmer ainsi punir les pays occidentaux pour leur immoralité et leurs guerres. Le criminel est sûr ainsi d’avoir la une des média qui vont plus vite que l’enquête pour décider si un crime est terroriste ou pas et qui n’ont le plus souvent pas de gène à employer l’amalgame entre le terrorisme et l’islam.

Rien n’arrête ces mensonges médiatiques et politiciens qui accusent l’ensemble des musulmans, même pas le fait qu’ils font le jeu de leur prétendu adversaire. En effet, affirmer que tous les musulmans seraient, qu’ils le veuillent ou pas, des soutiens potentiels de Daesh, c’est les jeter directement dans les bras de telles organisations criminelles !!

Peu importent aussi les énormes contradictions qui amènent les USA à soutenir en Syrie Al Nosra, groupe affilié à Al Qaïda, sous prétexte de lutte contre le dictateur Assad et le groupe terroriste Daesh. Comment faire accepter aux victimes du 11 septembre 2001, notamment au World Trade Center, que les USA appuient et financent le groupe des assassins ? Mais ces contradictions ne gênent pas les mensonges officiels ! On accuse des populations qui sont les premières victimes et on soutient les criminels !!!

Islamisme ou pas, tout est devenu du terrorisme aux actualités, du moins dans le discours médiatique et politicien, et il n’est plus possible d’écouter des informations sans entendre parler de terrorisme. C’est au point qu’une simple grève en France est taxée par le patronat de terrorisme, le syndicalisme est accusé de terrorisme, la lutte des Air France contre les licenciements et la déchirure d’une chemise d’un cadre est taxée de terrorisme. L’interdiction des manifestations sociales, ou même de simples réunions d’information syndicale, est réalisée sous l’égide de « l’état d’urgence contre le terrorisme ». Dès que les pays occidentaux mènent des guerres aux quatre coins du monde, ne croyez pas qu’ils interviennent pour y défendre leur exploitation du pays, y positionner des dictateurs à leur solde. Non ! Ils luttent contre le terrorisme ! Et quand ils sacrifient les aides sociales, la santé, les services publics, les salaires et les emplois, aident les patrons et les banquiers, détruisent les luttes sociales, c’est encore pour mieux nous sauver… du terrorisme.

L’exploitation politique du terrorisme n’est pas seulement le fait d’individus détraqués ou criminels, elle n’est pas seulement le fait de groupuscules marginaux et violents, qu’ils revendiquent ou pas d’une religion ou d’une autre, on le voit bien avec la déclaration de Donald Trump, candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, qui accuse toute la communauté musulmane des USA, rien que ça !, de complicité avec le « terrorisme islamique ». Trump a un but évident : non seulement faciliter son élection mais détourner toutes les colères sociales et politiques (qui ne manquent pas alors que la misère et l’exclusion grandissent aussi aux USA) contre une seule communauté en divisant les travailleurs et les milieux populaires. Et une partie des classes dirigeantes estime que c’est une bonne chose. L’autre partie se garde de démolir vraiment le discours de Trump : on l’a bien vu avec le silence de Clinton face au discours incendiaire de Trump !

Et ce n’est pas particulier aux USA. En France, par exemple, tous les courants politiques bourgeois ont la même dérive, de Valls à Sarkozy, de Morano à Le Pen. Tous, de la gauche à l’extrême droite, accusent la religion musulmane d’être la source du terrorisme. Tous affirment que la France est laïque et chrétienne, comme si les deux étaient compatibles ! Tous laissent entendre que l’islam n’est pas forcément compatible avec la démocratie ! Tous omettent de reconnaître que le terrorisme en question assassine et terrorise d’abord des musulmans, les obligeant à fuir et à devenir des migrants, rejetés par tous les pays y compris les prétendues démocraties. Ce terrorisme développe son action violente dans des pays où il n’y a que des musulmans éventuellement.

Tous ces menteurs omettent de reconnaître que les pays occidentaux, dont le leur, ont soutenu, financé et armé ces groupes terroristes, d’abord contre le bloc de l’Est puis contre les régimes politiques qu’ils voulaient renverser, qu’il s’agisse de Saddam, de Assad ou de Khadafi, mais surtout contre la volonté des peuples de renverser ces dictateurs par la révolution sociale comme en Egypte et en Tunisie. Tous omettent de reconnaître que ce sont les guerres menées par les pays occidentaux qui ont permis de détruire les Etats, livrant les pays aux bandes armées. Tous affirment que, devant la menace terroriste, la lutte sociale doit s’arrêter.

Oui, c’est bel et bien la lutte des classes qui est le premier adversaire commun des terroristes et des anti-terroristes qui s’y entendent à prendre en étau les peuples entre deux bandes criminelles. Il n’y a pas plus grand adversaire de la lutte des classes que les terroristes à part les dirigeants capitalistes de la planète ! Et ils savent que, dans les périodes où les travailleurs menacent de relancer la lutte des classes, le meilleur moyen d’y faire face pour défendre les intérêts des classes capitalistes, c’est de lancer d’autres guerres, d’autres guerres civiles, d’autres haines, d’autres bains de sangs (fascismes, génocides, guerres mondiales, terrorismes, guerres ethniques ou raciales…)

Cette propagande politique et sociale, celle de l’anti-terrorisme » vise à affirmer qu’il n’y a pas deux camps en lutte, la classe capitaliste et la classe des travailleurs, mais deux camps : les terroristes et les anti-terroristes. Et, pour certains, c’est encore plus pourri : les deux camps sont les musulmans et les anti-musulmans ! On se souvient que Georges Bush père proclamait agir dans le monde comme chef de guerre d’une croisade chrétienne ! Sarkozy a, lui aussi, levé le drapeau du christianisme dans sa campagne et Le Pen en fait de même !

Il n’y a pas si longtemps, déjà pour casser la réalité de la lutte des classes, tous les événements étaient interprétés en termes de « lutte des blocs », de combat du « monde libre » contre les pays de l’Est staliniens, mensongèrement intitulés « communistes », lutte qui avait pris la suite de la lutte du « monde libre » contre le fascisme. Aujourd’hui, c’est la prétendue lutte du « monde libre » contre le « terrorisme islamique » qui est censé expliquer chaque événement et même chaque fait divers, chaque crime, chaque attentat, chaque violence.

Comme autrefois, avec le prétendu affrontement des blocs, Est contre Ouest, la « lutte contre le terrorisme » sert non seulement de prétexte à lancer de nouvelles guerres mais sert aussi à interdire les grèves et les manifestations, à casser la lutte sociale et la perspective de la révolution sociale. A chaque fois, les grandes puissances prétendent lutter pour la démocratie, la paix et la sécurité des citoyens et, à chaque fois, elles prennent prétexte de cette lutte pour casser le camp des travailleurs et soit l’annexer soit l’accuser de collaborer avec l’ennemi. A chaque fois, elles prennent les peuples en étau entre deux menaces mortelles et lui imposent des guerres qui ne défendent nullement les intérêts des peuples et des travailleurs. Aucune des guerres des grandes puissances n’ont eu pour but la défense des populations, pas plus les guerres mondiales que les guerres coloniales ou les combats contre les pays de l’Est ni aujourd’hui leurs guerres de l’Irak à l’Afghanistan, en passant par la Syrie ou la Libye, ou encore en Afrique. Aucun peuple n’a été sauvé par leur intervention militaire. Comme le rappelait l’historien américain Howard Zinn, « Comment peut-il y avoir une « guerre contre le terrorisme » quand cette guerre est elle-même du terrorisme ? »

Oui, le tueur d’Orlando aux Etats-Unis peut à la fois être détraqué, homophobe, fasciste et terroriste. Mais il est loin d’être un cas isolé. Ces trois objectifs ne convergent pas que chez ce tueur. Donald Trump et tout le courant qu’il dirige peuvent recevoir les mêmes qualificatifs ! Ce n’est pas seulement un fou qui cumule ainsi toutes les haines et les fait converger. Les objectifs sociaux et politiques des classes dirigeantes vont dans le même sens. Il s’agit d’imposer un « ordre moral » de manière violente en prétendant ainsi redresser une société trop libre et pervertie et la défendre contre des menaces mortelles et aussi d’utiliser cette démagogie pour terroriser la population et s’attaquer à ses libertés. Cela est nécessaire pour écraser préventivement les travailleurs, en prévoyant que l’effondrement du système économique ne peut qu’entraîner une recrudescence des luttes de classe.

Et c’est bien cela qui a toujours été l’objectif du fascisme, son utilisation violente par les classes dirigeantes contre la classe ouvrière.

C’est à tort que certains donnent un caractère religieux au terrorisme, accolant indûment les termes terroriste et « islamique », alors que la vague actuelle de terrorisme a un caractère d’extrême droite bien marquée qui n’est pas particulier à une religion ou à une région du monde.

Par exemple, l’extrême droite chrétienne de Serbie ou d’Ukraine est à la fois homophobe, fasciste et terroriste, de même que l’extrême droite chrétienne du Centrafrique ou que l’extrême droite américaine ou encore l’extrême droite hindoue. Un français d’extrême droite a également été attrapé en Ukraine porteur d’armes et prêt à faire un attentat en France pendant l’Euro 2016. Le point commun de tous ces attentats n’est pas la religion mais l’extrême droite que l’on fait monter partout dans le monde et qui menace nos vies. De nombreux attentats ont été ainsi marqués par l’extrême droite, des USA à l’Europe – rappelez-vous Breivik à Oslo ou l’attentat de Waco aux USA… Et dans bien des pays, à la faveur des guerres, des guerres civiles, des violences contre les migrants, les extrêmes droites ont le vent en poupe et surfent sur la crise mondiale… Elles sèment la haine contre des peuples, soutiennent des actes de terreur sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Rien d’étonnant si le journal d’extrême droite italien de Berlusconi en est à diffuser en supplément « Mein Kampf » d’Hitler !!!

En effet, ce ne sont pas des actes isolés ou le fait de groupes sans appuis. Au contraire, les grands groupes terroristes ont tous reçu le soutien de grands Etats, qu’ils soient occidentaux ou pas. Partout, c’est face à la crise économique et sociale qui déstabilise le pouvoir que les classes dirigeantes se sont mises à appuyer des bandes armées fascistes. Le plus souvent, ce sont les grandes puissances occidentales qui l’ont fait elles-mêmes dans les pays où elles craignaient la vague révolutionnaire dite des « printemps arabes » débutée en Egypte et en Tunisie. La terreur en question, elle n’est pas dirigée des peuples musulmans contre les pays occidentaux mais contre les populations d’origine musulmanes, contre les Libyens, contre les Irakiens, contre les Syriens, contre les Afghans, contre les Yéménites, contre les Tunisiens et on en passe… La démagogie des terroristes, prétendant défendre la pureté des Musulmans, est la réplique de la démagogie d’un Hitler prétendant défendre la pureté des Aryens… Encore une fois, les extrêmes droites se rapprochent, qu’elles soient anti-juives, anti-arabes, anti-occidentales, anti-caucasiennes, anti-chinoises, anti-chrétiennes et autres… Elles convergent par les méthodes et par les buts.

Ces démagogies ont pour but de prendre en otage les peuples, de les placer entre deux violences barbares, contraintes de choisir un des camps de tueurs.

Et il faut bien dire que l’un de ces camps de la terreur, qui prennent en étau les peuples, est le plus souvent celui des puissances occidentales dont les « guerres contre le terrorisme » sont aussi du terrorisme contre les populations civiles, bombardées, terrorisées, contraintes vers l’exil, ruinées, repoussées de partout, sans aucun appui, ni local ni par les puissances occidentales qui prétendent agir militairement dans l’intérêt de ces peuples…

Les guerres impérialistes se sont appuyées sur les bandes terroristes pour détruire les Etats irakien, syrien, libyen, afghan et autres. Ils ont ainsi créé la situation permettant à ces bandes armées de conquérir d’immenses territoires. Et ils ont parfois armé eux-mêmes et même financé des bandes armées terroristes.

Mais la principale racine de ce terrorisme est à chercher dans la crise mondiale qui déstabilise les classes dirigeantes, à commencer par les Etats les moins stables, ceux du monde arabe. Et ces pays sont loin d’être les seuls à être menacés. Partout dans le monde, les groupes violents montent, interviennent de plus en plus fortement comme on l’a vu en Ukraine, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, en Grèce, etc…

Les classes dirigeantes souhaitent détourner vers cette démagogie d’extrême droite la colère sociale qui monte car elles craignent que cette révolte prenne plutôt la tournure d’une révolution sociale et s’en prenne au pouvoir bourgeois ainsi qu’à la propriété capitaliste sur toutes les richesses. Il faut remarquer que c’est dans ce but, de détournement démagogique de la colère sociale à potentialités révolutionnaires, qu’a été fondée l’extrême droite qui se cache sous le drapeau de l’Islam et ne défend que les classes dirigeantes. C’est ce qui s’est passé en Algérie après la révolte sociale de 1988. C’est ce qui s’est passé également en Egypte après la révolte sociale qui a renversé Moubarak. C’est également ce qui s’est passé pour contrer les révolutions sociales et politiques contre les dictateurs de Syrie et de Tunisie. Et les terroristes ont eu le soutien des classes dirigeantes, nationales comme occidentales, pour opérer cette vaste tromperie sanglante.

La seule réponse véritable à tous les terrorismes, celui des groupes armés ou celui des classes dirigeantes et Etats, c’est bel et bien la lutte des classes. Il faut bien comprendre que les grèves, les manifestations, les luttes sociales ne peuvent déboucher que si elles prennent un tour politique, si elles développent à nouveau une conscience de classe, celle de la nécessité pour les travailleurs d’organiser un nouveau type de pouvoir, la démocratie prolétarienne, celle des comités, des conseils, des coordinations, des assemblées de travailleurs et mener ces formes d’organisation à renverser le pouvoir des capitalistes, même quand celui-ci se camoufle derrière la prétendue démocratie du vote. Il ne faut pas oublier que, même en démocratie bourgeoise, on n’élit pas les généraux, les préfets, les commissaires, les chefs religieux, les chefs médiatiques, les chefs de la justice, les chefs de l’école, les chefs des banques, des trusts, des sociétés publiques, privées ou mixtes et qu’on ne vote jamais pour décider des orientations fondamentales de la société qui ne peuvent être remises en cause qu’au travers de révolutions.

C’est le capitalisme à l’agonie qui détruit la stabilité sociale en détruisant le bien-être social, et qui produit des assassins de toutes sortes pour nous imposer de continuer à obéir à son ordre de plus en plus inique et violent.

Contrairement aux mensonges des réformistes de tous poils, il n’y a pas moyen d’améliorer le monde actuel en conservant ses principes de base c’est-à-dire le pouvoir des capitalistes, on ne peut que le renverser pour mettre en place une société au service des masses populaires ! Ce monde capitaliste n’est pas « le monde libre » mais le monde aux mains de l’infime minorité des possesseurs de capitaux et c’est eux qui ont besoin que le monde bascule dans la violence fasciste comme ils en avaient besoin à l’époque d’Hitler.

Face à tous les terrorismes qui se développent sans cesse sur le terreau fertile de l’effondrement du capitalisme, une seule solution : la révolution sociale, conçue, organisée et dirigée par les travailleurs eux-mêmes !

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