English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > L’hôpital public n’est pas en vacances !!!

L’hôpital public n’est pas en vacances !!!

mercredi 13 juillet 2016, par Robert Paris


LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


L’hôpital n’entre pas en période de vacances mais en état de pénurie

L’été arrive et, comme tous les ans, avec les beaux jours, on voit arriver les fermetures de lits, de services, d’opérations, toutes les fermetures possibles… Évidemment, quand on est en service minimum toute l’année, dès qu’on diminue encore les effectifs, cela signifie une charge de travail accrue pour ceux qui restent. Et, à effectif minimum toute l’année, pour les vacances du personnel, il n’y a plus aucune marge. Le seul moyen : arrêter de fonctionner en flux tendu, à effectif minimum en embauchant toute l’année.

Les « bons comptes » de l’APHP

On avait presque pris l’habitude des comptes dans le rouge de l’APHP et cette fois, bonne nouvelle ( ?), on nous annonce des profits comme si la santé publique devait être bénéficiaire. Mais ne vous inquiétez pas : les hôpitaux individuellement sont souvent dans le rouge, ce qui permet d’imposer de nouveaux sacrifices, de nouvelles fermetures, de nouveaux regroupements et une pression constante sur les effectifs et les moyens !

Hirschexit !

Les personnels de l’hôpital Bichat ont bloqué pendant plusieurs heures l’entrée pour marquer leur opposition radicale à la « réforme Hirsch ». Ça ne passe toujours pas pour l’immense majorité des personnels de l’hôpital public et, même si beaucoup ne voient plus comment contester les réformes de Hirsch, Touraine ou El Khomri, puisque les directions syndicales ont continué à négocier alors qu’elles affirmaient que ce n’était pas négociable, qu’elles ont désorganisé et dispersé la lutte qu’elles prétendaient rassembler, il n’empêche que les personnels sont toujours en colère et au prochain coup de colère, il faudra se décider à nous organiser nous-mêmes en coordonnant des comités de grèves élus et révocables sur chaque établissement. C’est la seule manière de ne pas dépendre de directions syndicales liées au gouvernement et à l’Etat bourgeois qu’elles prétendent combattre.

L’épidémie mondiale de fièvre jaune revient ?

C’est en Angola et en République du Congo que la fièvre jaune a fait sa réapparition et commencé à tuer massivement. Cela ne veut pas dire que ces deux pays ont reçu immédiatement la masse de vaccins nécessaires pour faire face à l’épidémie ainsi que les pays voisins qui sont les premières victimes désignées. On attend une fois de plus que l’épidémie s’étende, fasse beaucoup de victimes et que la maladie menace des pays riches, pour commencer à donner de l’argent aux trusts pharmaceutiques et que ceux-ci envisagent des productions de vaccins en masse.

De « nouveaux emplois » à l’APHP !

Comme chacun sait, il manque des emplois dans tous les services. Pourtant, la direction de l’APHP a créé… de nouvelles activités ! La première est la personne qui est spécifiquement chargée de passer voir les patients hospitalisés pour récupérer leurs pièces et s’assurer qu’ils vont bien payer et elle est dédiée à cette tâche hautement rentable. La seconde est celle qui est chargée de s’assurer que les lits sont le plus remplis possible et tant pis si la rapidité du turnover des malades augmente la transmission de maladies ! Le taux maximum d’utilisation des lits, des matériels et des personnels est recherché à tout prix. Et on ne compte plus les projets de la direction de l’APHP ! Un troisième emploi pourrait s’assurer prochainement qu’aucun personnel n’a quelques minutes en trop pour souffler. Un quatrième emploi pourrait servir à rechercher les personnels en arrêt-maladie et les relancer pour les ramener au travail quelle que soit l’état des personnes. Un cinquième pourrait se charger de jongler encore plus durement avec les plannings pour éviter les embauches et l’utilisation de précaires remplaçants. Une sixième pourrait faire la chasse aux RTT. Uns septième pourrait contacter les personnels pour leur imposer des heures sup. Etc, etc…

Grande équipe généralisée = qualité dégradée

La direction veut absolument faire tourner la grande équipe partout et désorganiser les plannings, y compris quand ça tournait bien entre équipes sur le matin et l’après-midi ou certains jours de repos fixes. Désorganiser nos plannings de vie personnelle, voilà le « progrès » et la « réforme » imposée par Hirsch pour encore plus de mal-être au travail !

Comme le lait sur le feu….

Travailler prétendument moins… quelques minutes par jour pour nous piquer nos RT et ouvrir plus longtemps les services de consultation, donc nous faire travailler plus, plus durement, plus souvent seul, voilà comment les direction entendent avoir le beurre et l’argent du beurre mais la crémière ne va pas continuer longtemps à sourire dans la pub de Hirsch !

Après les soins, les huissiers…

La direction de l’APHP reconnaît que « des patients qui ont très rapidement reçu un avis d’huissier suite à des facturations non honorées. Les délais actuels peuvent créer des situations non conformes et dramatiques. » Elle écrit : « Les frais d’huissiers sont facturés par les cabinets d’huissiers agissant pour la Direction Spécialisée des Finances Publiques dans un but de recouvrement des titres de recettes émis par l’AP-HP. » Sauf exception, les frais d’huissiers sont à la charge des patients… Tant pis pour les patients !

Qui sont les casseurs ?!!!

La casse de l’hôpital Necker a été bien médiatisée et exploitée par le gouvernement, au point que le grand public n’a pas tellement apprécié que Hollande et Valls s’en servent de manière aussi grossière contre les manifestants et contre les grévistes qui se battent contre la loi El Khomri et contre toutes les attaques pro-patronales du gouvernement. La ficelle était un peu trop grosse et les deux casseurs, probablement appointés par des services spéciaux, qui ont brisé quelques vitres, ne suffisent pas à discréditer les travailleurs qui se battent contre un recul social sans précédent organisé par le gouvernement dit « de gauche ».

On a bien sûr exploité le fait qu’il s’agissait d’un hôpital et que la santé des enfants et la sécurité des personnels étaient en cause. Mais, quand il s’est agi d’imposer la « réforme Hirsch », quand il a été question de rentabiliser, de rationaliser, de fermer des hôpitaux publics ou des maternités, des services de chirurgie ou des services de psychiatrie, on ne s’est pas occupés ni des personnels, ni des patients, ni des enfants ! Les larmes de crocodiles des Hollande-Valls-Cazeneuve ne tromperont pas grand monde. Tout au plus, elles vont servir auprès de la petite bourgeoisie, afin de l’opposer aux salariés, présentés comme des profiteurs, comme des privilégiés, comme des arriérés incapables de se réformer, incapables de renoncer à des avantages acquis alors que la situation nécessiterait de faire des efforts. Bien entendu, ce n’est pas aux classes dirigeantes que les gouvernants tiennent ce discours des sacrifices puisque, malgré des fonds publics très bas, l’Etat offre aux capitalistes des « crédits d’impôts », des « soutiens à l’économie », des « soutiens à la recherche », des « soutiens à l’innovation », des « soutiens à l’embauche » sans aucune garantie d’embauché réelle.

Et, comme les fonds publics ont des limites, le gouvernement organise systématiquement la casse des services publics, casse les emplois publics, casse la santé publique, l’enseignement public, la recherche publique et privatise des services comme La Poste et la SNCF !

Quoi de meilleur que des « casseurs » pour justifier la répression des manifestations et même leur interdiction ? Quoi de meilleur que de créer un climat de guerre civile pour ensuite le dénoncer et mettre en cause les travailleurs et les jeunes qui n’acceptent pas qu’on détruise tous les droits sociaux ? Quoi de meilleur aussi qu’un faux affrontement entre syndicats et gouvernement avec des journées d’action et pas de généralisation des grèves ni de coordination entre elles, pour casser le moral des travailleurs et les convaincre que la lutte des classes ne mène qu’à des impasses comme lors de la lutte des retraites ?

Posez-vous la question : pourquoi n’y a-t-il des casseurs que lors des manifestations de travailleurs et de jeunes ? Pourquoi pas lors des manifestations militaires, religieuses, commerciales, festives ? !!! Sinon parce que les casseurs ne sont programmés que pour discréditer les actions sociales ! Il est tout aussi remarquable que, sur les milliers de personnes arrêtées, un tout petit nombre soit présenté à la justice !

Les organisations syndicales ont été accusées ainsi de mener une lutte radicale contre le pouvoir et même de soutenir les casseurs ! En fait, dès le début, le service d’ordre de la CGT a même pris à parti physiquement les manifestants qui voulaient se défendre contre les charges de la police face aux manifestants. Bien entendu, les média ne se sont pas étonnés que les forces de l’ordre n’aient pas arrêté les casseurs professionnels qui avaient été entourés durant la manifestation du premier mai.

Un autre des buts recherchés par Valls-Cazeneuve est d’entraîner les forces de l’ordre à devenir plus violents à l’égard des manifestants, afin de durcir la répression étatique et antisociale et mener à un état de plus en plus policier pour appuyer le mouvement initié par l’ « état d’urgence ». Le terrorisme a servi de prétexte à la casse de la démocratie et les casseurs servent à appuyer le même mouvement visant à terroriser ceux qui contestent.

Mais qui casse les hôpitaux, qui casse la sécurité des personnes et des biens sinon le gouvernement au service de l’infime minorité de profiteurs ? Qui casse la sécurité sinon des forces de l’ordre au service exclusif des patrons et de leurs prétendues réformes ? De la même manière, qui casse les emplois, le bien-être collectif, les aides sociales, les services publics sinon ce gouvernement exclusivement au service des capitalistes ? L’Etat ne vient-il pas de débourser des milliards pour soutenir les trusts, les banques, les bourses et les spéculateurs suite à la chute financière du au Brexit anglais ? Défendons-nous nous-mêmes contre les vrais casseurs de nos vies : les capitalistes et leurs gouvernants ! Et organisons nous-mêmes nos luttes, par des comités de grèves coordonnés nationalement, pour les étendre et les faire gagner !

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0