English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS > Que signifierait une lutte sociale menée en tant que lutte de classes (...)

Que signifierait une lutte sociale menée en tant que lutte de classes ?

dimanche 30 octobre 2016, par Robert Paris

Que signifierait une lutte sociale menée en tant que lutte de classes ?

Eh bien, cela signifierait que ce soit une lutte politique et pas seulement économique, que ce soit une lutte ne s’arrêtant pas aux limites de la sacrosainte propriété privée des moyens de production mais affirmant au contraire vouloir la remettre en question, que cette lutte permette à la conscience de classe de s’affirmer, de s’étayer et de se développer, c’est-à-dire que l’on y développe par tous les moyens l’idée que, d’une entreprise ou d’une autre, d’une corporation ou d’une autre, d’une profession ou d’une autre, avec ou sans CDI, avec ou sans papiers, quelle que soit la nationalité, la religion, l’origine communautaire, de banlieue ou pas, quelle que soit la région d’origine, l’ethnie, la couleur de peau, l’âge, le sexe, le genre, nous travailleurs sommes une seule et même classe, par-delà les frontières, par-delà toutes les divisions que les classes dirigeantes ont bien voulu dresser entre nous, par-cela les haines par lesquelles ils entendent nous opposer violemment par des guerres, des guerres civiles, des fascismes et des terrorismes, nous sommes une seule classe de salariés, c’est-à-dire d’exploités mais aussi potentiellement de révolutionnaires, la classe sur laquelle repose la production de richesses et la production de profits, la classe grâce à laquelle le capitalisme a pu se développer et qui a atteint aujourd’hui sa fin, ses limites, le stade où elle ne peut que se transformer en son contraire : de société de production en société de destruction… Et que cette classe ne roule pas pour le capitalisme mais pour l’avenir de l’humanité.

Mais, d’abord, qu’est-ce que cela veut dire des luttes sociales qui ne sont pas menées en tant que luttes de classes ? Cela signifie des syndicats, qui se proclament apolitiques, qui militent contre l’activité politique dans la classe ouvrière, qui n’interviennent en politique que pour semer des illusions dans tel ou tel parti bourgeois, dit « de gauche », et des illusions dans le prétendu rôle social de l’Etat bourgeois. Cela signifie des travailleurs qui ne possèdent aucune forme d’organisation, d’action, de revendication politique. Cela signifie que la classe ouvrière est dépossédée de la conscience de représenter une alternative face à un capitalisme s’effondrant, s’auto-détruisant. Cela signifie que le caractère de force sociale capable de devenir une nouvelle direction politique de la société, un nouveau pouvoir, le pouvoir aux travailleurs, les organisations qui jouent un rôle dirigeant dans la classe ouvrière ne défendent même plus l’idée que nous sommes une seule classe.

Ainsi, lors d’une vague de licenciements dans presque tous les sites de Peugeot, ils mènent une lutte dont le slogan, même lorsqu’ils rendent visite à d’autres sites, est « Non à la fermeture d’Aulnay ». Lors de la vague de licenciements et de fermetures dans les usines sous-traitantes de l’Automobile, ils mènent des luttes entreprise par entreprise et ne cherchent nullement à organiser la lutte tous ensemble. Cela signifie que, lors des attaques dans tous les services publics, avec des suppressions d’emplois, des privatisations, des politiques d’austérité et autres attaques, au lieu d’unifier les hospitaliers aux cheminots, les Radio France aux France Télévisions et aux Agence France Presse ou encore aux agents de La Poste, ceux de la RATP ou ceux des bus, ils séparent les grèves et les journées d’action et n’essaient même pas de les faire converger si, par un hasard du calendrier, ces journées et ces grèves ont lieu le même jour. Ils affirment même à la SNCF que la lutte des cheminots n’est pas la même que la lutte contre la loi El Khomri, comme si ce n’était pas une seule et même attaque du même gouvernement, avec un seul et même but social et politique, et de politique violemment antisociale même. Il faut dire que c’est une politique agressive du gouvernement que ces syndicats avaient d’une seule voix appelé de leurs vœux lorsqu’ils affirmaient que la lutte des retraites de 2010 n’avait échoué que parce que Sarkozy gouvernait, pas à cause de leur refus de généraliser la grève et de sortir des journées d’actions inefficaces. Hollande aura rapidement démontré que, loin de remettre en question la contre-réforme des retraites de Sarkozy, il l’aggravait…

Le refus de la lutte des classes, c’est d’abord le refus de comprendre que l’Etat national n’est pas au service de l’ensemble des citoyens mais seulement d’une classe sociale infime, moins de 1% de la population, qui est possesseur des capitaux et des entreprises de production, des assurances, des banques et autres trusts.

Bien sûr, on nous serine que nous serions tous des « classes moyennes » parce que nous possèderions, en plus de notre brosse à dents, d’une véhicule et parfois d’un logement (avec les crédits qui nous lient aux banques pour de longues années), quelques actions des entreprises et un compte en banque souvent dans le rouge… Mais, même les véritables classes moyennes, les artisans, les petits paysans, les petits commerçants, les patrons des petites entreprises, les marins-pêcheurs sont certes propriétaires d’une bonne part de leur outil de travail mais ils ne peuvent fonctionner qu’avec l’appui financier des banques et en sont très dépendants. Contrairement aux banques et aux trusts, aux assurances et aux bourses, ils ne bénéficient pas d’un soutien automatique des Etats et des banques centrales en cas de faillite et ils ne sont, contrairement aux capitalistes, que rarement sauvés par des interventions financières sur fonds publics. Le « trop gros pour mourir » ne vaut pas pas pour la petite-bourgeoisie. On peut laisser crever le petit commerce ou le petit artisanat sans prendre de risques systémiques !!!

Oui, il y a bel et bien trois classes sociales principales : la grande bourgeoisie capitaliste, la petite bourgeoisie et le prolétariat. En période de prospérité, la petite bourgeoisie ne peut que s’accrocher au système capitaliste pour assurer ses propres revenus et tenter de cultiver les profits de la petite entreprise dans le cadre du capitalisme. La petite bourgeoisie ne peut pas, alors, souhaiter l’avènement du socialisme. Le prolétariat lui-même, dans une situation prospère d’un pays riche stable et dynamique, ne risque pas de développer des tendances importantes vers une revendication, une organisation et une action révolutionnaires communistes, c’est-à-dire remettant en cause la propriété privée des moyens de production et des capitaux. C’est seulement lors des grandes crises du capitalisme qu’une fraction importante du prolétariat a pu prendre conscience de son rôle historique et révolutionnaire.

Bien sûr, en temps normal, les travailleurs souhaitent que « leur » entreprise marche bien et leur assure un emploi, que « leur » patron s’en sorte le mieux possible et leur assure un salaire, que « leur » pays gagne dans la compétition et même éventuellement dans les guerres, que « leur » Etat soit fort et prospère, que « leur » économie nationale soit concurrentielle, qu’il soit bien géré, qu’il soit démocratique, que « leur » armée que « leur » police soient capables face aux menaces pour la sécurité des citoyens, etc. Les travailleurs ne sont nullement préparés à l’idée qu’un beau jour, il leur faudra décider que tout cet appareil d’Etat devra être mis à terre, renversé, désarmé, détruit par une révolution sociale et qu’il leur faudra à eux, travailleurs, qui ne prennent aucune décision politique en tant que classe, qui n’ont en propre aucun parti politique et même aucune association, aucun syndicat, toujours en tant que classe, devenir la nouvelle classe dirigeante. Cela leur paraît aussi étrange et étranger que si on leur disait qu’il faudrait que la Terre tourne dans l’autre sens autour du Soleil ! Et pourtant, les événements amènent parfois, dans des circonstances historiques particulières, les masses travailleuses à prendre des responsabilités qu’elles n’envisageaient en rien et auxquelles elles n’étaient nullement préparées.

Le plus frappant, ce n’est pas que la masse des travailleurs ne l’envisagent pas : c’est que les organisations qui se réclament de la classe ouvrière, syndicats, associations, groupes politiques et partis politiques n’y préparent nullement la population.

En effet, dans les luttes sociales, ils diffusent l’idée que l’Etat, c’est-à-dire le gouvernement bourgeois, son armée, sa police, son administration, devrait défendre les intérêts de l’ensemble de la population, qu’il devrait « normalement » défendre l’emploi, le salaire, la retraite, la sécurité des citoyens. Ils diffusent l’idée qu’on doit pouvoir négocier avec les patrons et l’Etat dans l’intérêt commun de la population. Ils prétendent qu’il y aurait des solutions qui pourraient convenir à tout le monde. De telles idées sont diamétralement opposées à celle de lutte des classes selon laquelle les intérêts des exploiteurs et des exploités sont irrémédiablement inverses.

Dans chaque conflit social, les syndicats et les militants politiques qui y participent laissent croire que l’on doit proposer des « solutions », que l’on doit participer à des négociations. Même lorsque les travailleurs sont très opposés à l’idée de négocier les attaques violentes du patron, comme à l’Hôpital public, à Radio France », dans certaines entreprises qui licencient, cela n’empêche pas les syndicats de négocier, comme s’il était possible de « trouver un accord ».

Or, nous sommes dans une période où le patronat est le couteau entre les dents et exige du sang, où il veut casser les emplois, les droits sociaux, les salaires, les horaires, les garanties sociales, les services publics, il est moins que jamais possible de négocier quoi que ce soit. Alors que ce que patronat et gouvernement appelle « réforme » n’est que des contre-réformes violentes, les dirigeants de ces organisations de salariés continuent de faire croire qu’on pourrait défendre « la bonne réforme ».

Alors que, du point de vue du capitalisme, c’est-à-dire de l’accumulation privée de profits sur le dos des travailleurs engagés dans la production – ce qu’on appelle la plus-value tirée du travail humain -, l’emploi salarié de travailleurs est considérée comme non-rentable sur toute la planète depuis les années 2000, les organisations de salariés, ces réformistes, affirment encore qu’on peut faire marcher le système capitaliste dans l’intérêt général !!!

Et ils continuent de négocier, de signer des accords, de proposer des solutions, de les défendre dans des journées d’action, alors qu’il est évident que la société ancienne s’écroule à grande vitesse, que les accords ne font qu’entériner des reculs d’ampleur !

Cela ne signifie pas que la lutte des classes serait dépassée, que nous autres, partisans de cette lutte de classes, serions dépassés par l’évolution de l’Histoire. Car les capitalistes et leurs représentants du gouvernement et des partis politiques, eux, défendent de plus en plus ouvertement un point de vue de classe, violemment opposé aux intérêts des travailleurs. Il est plus clair que jamais, dans tous les pays du monde, que les Etats sont aux bottes des capitalistes, sont prêts à jeter les peuples travailleurs dans la misère, dans le chômage de masse, dans des guerres et des guerres civiles pour mieux défendre l’infime minorité de possesseurs de capitaux. Mais les dirigeants des organisations qui se revendiquent des salariés semblent ne pas avoir pris conscience de cela ou ne veulent pas que les travailleurs en prennent conscience.

Ces gens-là tiennent à faire croire en la pérennité du système, au moment même où les capitalistes, eux, sont sceptiques, n’y croient pas, ne veulent pas, eux, se sacrifier pour faire fonctionner le système.

Le point de vue de classe, qui défendrait exclusivement les intérêts des travailleurs et des milieux populaires devrait partir du point de vue complètement opposé, affirmer que les capitalistes ont besoin des travailleurs pour réaliser la plus-value mais que les travailleurs, eux, peuvent faire tourner l’économie sans avoir besoin du profit privé. Ils devraient affirmer que, puisque ce sont les fonds publics qui font tourner l’économie, il faudrait que celle-ci soit entièrement aux mains du public ! Ils devraient affirmer que, puisqu’on paie des impôts pour aider les capitalistes et les banquiers, leurs armées et leurs polices, il serait temps qu’on mette sous notre propre direction l’Etat au lieu de le laisser aux mains d’une minorité qui détruit l’immense majorité de la population. Tel n’est nullement le discours des organisations de travailleurs !

Prenons un exemple : la privatisation du rail. Les cheminots s’étaient autrefois opposés par des grèves à cette privatisation mais on les a laissés se battre seuls alors que cette question concerne tous les travailleurs, ne serait-ce qu’en tant qu’usagers, on s’est bien gardé de relier la lutte des cheminots et celle des agents de l’hôpital public, de Radio France ou de La Poste, sans parler d’Areva, de l’Alstom, de Goodyear ou d’Air France. Pire, le représentant syndical de la CGT au Conseil Economique, Social et Environnemental, un certain Lepaon, avait présenté le rapport d’Etat de la privatisation de la SNCF, voté par tous les syndicats de salariés, de patrons et les représentants de l’Etat alors gouverné par Sarkozy, ce rapport affichait sa volonté de se débrouiller pour imposer la privatisation en évitant une vraie lutte de classe, Lepaon affichait qu’il fallait éviter de voir le drapeau rouge flotter sur les gares !!! Et c’est ce personnage qui allait ensuite devenir le secrétaire général de la CGT, puis, après sa mise à l’écart au cours de laquelle personne n’avait évoqué cet épisode glorieux de collaboration de classe, il a obtenu des postes de l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, comme la direction de la Francophonie ou de la lutte contre illettrisme. Demandez-vous en remerciement de quel service auprès de la classe dirigeante ? Voilà ce qu’est le contraire d’une politique de lutte de classes des organisations de salariés.

Mais cela ne concerne pas seulement tel ou tel dirigeant, telle ou telle organisation de salariés prônant le consensus social, les « bonnes réformes » mais toutes ! De la social-démocratie qui s’effondre partout dans le monde au syndicalisme de consensus, de négociations, de réformes, qui atteint lui aussi ses limites, la classe capitaliste ayant cessé de négocier autre chose que des reculs massifs.

A partir du moment où le capital privé ne veut plus investir dans l’exploitation de la main d’œuvre humaine, il n’est plus tenu de chercher un accord avec la classe exploitée, il a seulement besoin des aides d’Etat et des banques centrales, pour disposer sans cesse des capitaux lui permettant de mener ses opérations financières, boursières, bancaires, puisque tous les trusts se sont transformés en banques, en boursicoteurs, en financiers, en spéculateurs plutôt qu’en investisseurs dans la production de richesses.

Du moment que les relations sociales se tendent parce que les capitalistes veulent casser le moral des travailleurs et les saigner, il est parfaitement inutile de clamer que l’on veut l’entente des classes, que l’on souhaite des négociations pour trouver un terrain d’accord entre les classes, que l’on croit que l’Etat va servir de tampons entre elles, il est tout à fait inutile de semer des illusions dans la possibilité d’une réforme quelconque. Ce sont les classes dirigeantes qui radicalisent l’affrontement des classes. Même en Inde où les patrons ont mis au pouvoir un fasciste, ancien dirigeant de génocides interreligieux, Modi, les syndicats répondent à la révolte des travailleurs indiens, au plus haut niveau historique, par des journées d’action programmées par une intersyndicale, une stratégie que l’on connaît bien et qui, de la Grèce au Brésil et de la France à l’Inde, n’a jamais fait reculer aucune classe dirigeante. Rien à voir avec la stratégie de classe de l’extension des grèves, par l’occupation des entreprises, avec la remise en cause du droit des patrons sur « leur » propriété qui a été développée par la classe ouvrière lors des grandes luttes de classes, comme en 1936 en France ou comme les travailleurs polonais.

Ce qui serait nécessaire, dans la situation d’effondrement mondial du vieux monde capitaliste, c’est que la lutte de classes des travailleurs développe un programme politique et social d’alternative à la vieille société d’exploitation, que ce programme ne consiste nullement en un plan de réformes du capitalisme dans lequel on proposerait aux classes dirigeantes, qui nous attaquent plus violemment que jamais, de se transformer brusquement et on ne sait pour quelle raison, de loups en moutons ! Non, il nous faut un programme socialiste révolutionnaire des travailleurs qui parte des besoins de toute la société, non seulement les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les jeunes, les femmes, les sans papiers, les sans logis, mais aussi les petits paysans, les petits artisans, les pêcheurs, les petits commerçants. Il faut que la classe ouvrière, au travers de ses luttes, n’apparaisse pas du tout comme une corporation visant des intérêts égoïstes mais comme une classe d’avenir proposant un autre avenir que le capitalisme, puisque celui-ci a atteint ses limites et n’est plus capable d’offrir un avenir à l’humanité. Loin de nous sacrifier inutilement pour sauver un capitalisme auquel la classe dirigeante elle-même ne croit plus, elle qui est frappée par des idéologies nouvelles comme effondrisme, déclinisme, toutes formes de pessimisme social et économique, nous, la classe des travailleurs avons besoin de développer la confiance dans la perspective d’avenir que représente notre classe, si elle décide de prendre le pouvoir et de bâtir la société nouvelle.

Certains nous répondrons bien sûr que nous voulons retomber dans le stalinisme mais c’est exactement le contraire. Tourner la page du stalinisme, c’est renouer avec la révolution socialiste du prolétariat, c’est nous refaire confiance en construisant nos conseils de travailleurs, nos comités de lutte, au travers desquels nous discutons de l’avenir du monde à inventer. C’est la seule manière de ne pas nous laisser envahir par les guerres, les guerres intercommunautaires, interreligieuses, inter-civilisationnelles, les dictatures et les fascismes de toutes sortes auxquels les classes dirigeantes comptent nous livrer.

Un programme socialiste porté par le lutte des classes affirmerait que nous comptons imposer dans l’immédiat que les revenus de toutes les couches sociales qui vivent de leur travail soient garantis, que tous les emplois et toutes les petites entreprises le soient également, que les salaires, les aides sociales, les retraites, les allocations chômage soient également garantis. Quant aux trusts, aux banques, aux assurances, au grand capital, s’il menace de se mettre en faillite, s’il recommence à faire appel aux capitaux publics, qu’ils soient réquisitionnés sous contrôle des travailleurs de l’entreprise organisés en comités de salariés. Que tout capitaliste qui entend licencier, chantager, supprimer des emplois soit immédiatement réquisitionné de la même manière.

Il faut cesser d’admettre comme une religion d’Etat le respect sacro saint de la propriété privée des moyens de production et des capitaux. Il faut que la lutte gréviste des salariés s’adresse aux couches moyennes menacées elles aussi par la crise capitaliste, qu’elles leur proposent des perspectives, au lieu d’attendre que celles-ci basculent dans le fascisme.

La lutte des classes au quotidien, cela signifie ne pas marcher dans la concurrence entre ouvriers d’usines concurrentes, ne pas marcher dans les guerres où on veut nous envoyer, ne pas marcher dans les démagogies fascistes et sécuritaires car, dans les luttes de classe, les polices et les armées ne sont pas de notre bord, ne pas marcher dans la haine des peuples, des races, des prétendues « civilisations » différentes, des couleurs de peau, des religions, entre sexes, entre jeunes et vieux, entre régions, entre nations et bien d’autres. C’est préparer un avenir dans lequel la classe ouvrière soit une classe dirigeante, qui organise toute la société et qui retire le pouvoir à l’actuelle classe dirigeante et à ses généraux.

Voilà ce que signifie mener les luttes des salariés comme des luttes de classes et il ne faut pas attendre des organisations réformistes ni opportunistes de développer un tel programme ! Il ne faut même pas chercher à les en convaincre. C’est leurs buts, le rôle d’encadrement qu’ils s’attribuent à l’intérieur même du système capitaliste, qui sont diamétralement opposés à ceux du prolétariat révolutionnaire, même si leur base n’en a pas conscience et n’a pas de tels buts. Le seul moyen d’en sortir, ce n’est pas de changer les partis réformistes et opportunistes, les syndicats, les associations qui n’ont rien de révolutionnaires, ce n’est pas de se mettre d’accord avec eux, c’est d’unir les travailleurs dans des comités de lutte. Chacun pourra y participer, quelles que soient ses convictions et ses appartenances éventuelles, chacun se déterminera ainsi, pour ou contre la lutte révolutionnaire, décidée en commun, organisée en commun, sous le contrôle de tous. Il n’y a pas d’autre avenir que la classe ouvrière dirigeant elle-même ses propres luttes en se préparant à diriger demain toute la société…

3 Messages de forum

  • la bourgeoisie a son Etat,ses partis politique qui défont son interet. nous la classe ouvrier il nous faut un parti qui défont son relâche
    les interet des exploitée.

    Répondre à ce message

    • Oui, mais que veut dire qu’il nus faut un parti si on ne précise par sur quelle politique il va se constituer, quelle attitude il aura dans les luttes sociales, quelle attitude vis-à-vis des appareils syndicaux, quelle analyse de la situation du monde et des tâches de l’heure, des perspectives historiques ? On ne peut pas former un parti par la seule proclamation : "il nous faut un parti" !!!!

      Répondre à ce message

  • L’ex-GDF-Suez a programmé la suppression d’au moins 1.900 emplois en France dans sa branche énergie d’ici à 2019, a affirmé mardi la CGT.

    Mim, enseigne de mode, supprime 800 emplois...

    SFR supprime 1974 emplois...

    Tati, en redressement, prépare des suppressions d’emplois...

    Coca rajoute 1200 suppressions d’emplois à ses annonces précédentes...

    Thyssen supprime des emplois...

    EDF supprime 7000 emplois en quatre ans...

    Whripool supprime 570 emplois...

    Areva supprime 2700 emplois d’ici 2017.

    Le bruit a filtré d’un plan de suppression de 2133 emplois PSA...

    Les banques suppriment massivement des emplois. HSBC, premier groupe bancaire européen, envisageait de supprimer à lui seul 50 000 postes d’ici 2017. Aujourd’hui, au prétexte de l’entrée dans le monde digital, les banques françaises s’apprêtent à opérer une nouvelle saignée. La Caisse d’Épargne de Midi-Pyrénées a annoncé d’ici 2020 la fermeture de 35 agences, soit une réduction de 17 % de son réseau. Entre 2010 et 2020, c’est plus de 29 % de son réseau qu’elle aura supprimé.

    Emmanuel Macron veut supprimer 120.000 emplois publics...

    Et, dans tout cela, croyez-vous qu’il y aurait une coordination interentreprises des luttes contre les suppressions d’emplois, les licenciements, les fermetures d’entreprises et le chômage, la misère qui monte ? Non ! Parce que nous ne dirigeons pas nos luttes nous-mêmes. Ce sont les appareils syndicaux qui les dirigent et ils divisent nos luttes entreprise par entreprise !

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0