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Mozart, ce radical !!!

lundi 16 octobre 2017, par Robert Paris

Mozart, ce radical !!!

Le "Don Giovanni" de Mozart, marqué par la philosophie des lumières, s’exclame six fois "viva la liberta !" tout comme Beethoven est un fan de ... la révolution française.

La flûte enchantée :

« Alors qu’un nègre passe pour affreux,

N’ai-je pas aussi un cœur ?

Ne suis-je pas fait de chair et de sang ? »

« Nous vivons en ce monde pour nous efforcer d’apprendre toujours, pour nous éclairer les uns les autres au moyen d’échanges d’idées, et pour nous appliquer à aller toujours plus loin en avant dans la science et les arts. »

L’attention que porta son père Léopold dans la gestion de la carrière de ce fils prodige a contribué à cette célébrité précoce, mais elle est aussi révélatrice de la condition précaire du musicien du 18ème siècle dans sa quête indispensable de reconnaissance à la fois sociale et vitale au sein des réseaux aristocratiques. Cette vie de valet révolte Mozart, qui reprochera à son père de bien trop souvent courber la tête devant toutes les formes de pouvoir.

Mozart a eu certes du succès de son vivant. Cependant, cela ne signifie pas que sa vie ait été un boulevard et qu’il n’ait eu aucune difficulté pour s’imposer. Le prince-archevêque Colloredo de Salzbourg, à la différence de son prédécesseur, tolère moins les voyages de la famille Mozart. Mais le jeune musicien se résigne mal à rester dans sa ville natale. En outre, son nouvel employeur lui impose la forme des pièces qu’il doit composer pour les cérémonies religieuses. À dix-sept ans, il a du mal à accepter ces contraintes, et ses relations avec le prince-archevêque se dégradent au cours des trois années qui suivent.

En 1776, Mozart qui a alors vingt ans, décide de quitter Salzbourg. Mais le prince-archevêque refuse de laisser partir son père, et lui impose de démissionner de son poste de maître de concert. Après une année de préparatifs, il part avec sa mère, tout d’abord à Munich, où il n’obtient pas de poste, puis à Augsbourg, et enfin à Mannheim, où il se lie d’amitié avec de nombreux musiciens. Toutefois, ses démarches pour obtenir un poste restent, là aussi, infructueuses. C’est à Mannheim également qu’il tombe éperdument amoureux de la cantatrice Aloysia Weber, ce qui suscite la colère de son père, qui lui demande de ne pas oublier sa carrière. Couvert de dettes, Mozart comprend qu’il doit reprendre ses recherches, et part pour Paris, au mois de mars 1778.

De retour à Salzbourg, Mozart doit suivre son employeur à Vienne, où le prince-archevêque le traite publiquement, après des remarques du jeune musicien jugées impertinentes, de « voyou » et de « crétin » avant de le congédier le 9 mai 1781.

En 1781 Mozart était à Vienne, sous la protection de l’empereur Joseph II, lui-même En 1781 Mozart était à Vienne, sous la protection de l’empereur Joseph II, lui-même maçon et protecteur de la Franc-Maçonnerie. Wolfgang se lia aux maçons du cercle de la comtesse Thun où dominait le courant rationaliste et progressiste qui devint celui des Illuminés et propagea ultérieurement les idées révolutionnaires.

Toutes les hésitations de Mozart s’entendent parfaitement dans l’Andante du quatuor à cordes K 428. Enfin décidé, Wolfgang fut, tout naturellement, initié à la Loge « La Bienfaisance » à Vienne le 14 décembre 1784. C’est son ami de longue date Otto von Gemmingen qui en était le Vénérable-Maître. Son entrée dans la vie maçonnique, par la conjonction du Rituel, de la tradition et du symbole porta Mozart vers la Lumière. A l’issue de cette cérémonie, Wolfgang ne fut plus jamais le même. Quoi qu’il advenait, il était Franc-maçon et cela ne peut pas être effacé. Sa production musicale fut encore modifiée, enrichie par les nouveaux symboles auxquels il eut désormais accès.

Sur les colonnes il allait rencontrer des FF (frères maçons) tels que Goethe (fervent Mozartien), Herder, von Born (qui lui inspira le rôle de Sarastro dans « la Flûte Enchantée »). Mozart fut aussi l’inspirateur de l’initiation de son père Léopold et de son ami Joseph Haydn. Il fréquentait avec une même assiduité sa propre loge et celle d’Ignaz von Born. Le 10 janvier 1785, Wolfgang composa le quatuor à cordes (K464) dont l’andante se rapporte au rituel de réception. Quatre jours après son exaltation à la maîtrise qui eut lieu le 13 janvier 1785, il composa un quatuor à cordes (K465) « Les Dissonances » qui se réfère au grade de compagnon.

Il développa ses idées dans une collaboration très étroite, pour 3 de ses opéras majeurs, avec le librettiste Lorenzo Da Ponte. Destiné au sacerdoce, sur l’initiative de son père, Da Ponte, né en 1749, devient abbé sans pour autant renoncer aux plaisirs amoureux qui jalonnèrent sa longue existence. Eveillé à la poésie grâce à l’œuvre de Dante, il aimait tout d’abord les femmes en trompe-l’œil avant de devenir un insatiable libertin et était l’ami de Casanova, lui aussi maçon.

Da Ponte écrivit le livret des « Noces de Figaro » d’après Beaumarchais. Cette œuvre, où soufflait une réelle revendication sociale égalitaire, était considérée en 1786 comme responsable des troubles agitant la France. Mozart a horreur des classes sociales, des différences flagrantes entretenues entre les aristocrates et le petit peuple. Il choisit ces opéras pour dénoncer les injustices qui le rendent malade. Mozart est, avant Beethoven, le premier compositeur révolutionnaire. Un an plus tard, le duo Da Ponte-Mozart fut confirmé dans une œuvre contenant une réelle critique sociale : « Don Giovanni ». Leur collaboration se termina en 1790, alors que la Révolution Française venait d’éclater, par « Cosi fan tutte », œuvre imposée par l’empereur, mais où Da Ponte et Mozart surent faire ressortir les idées qui leur tenaient à cœur, malgré la pauvreté du sujet.

Mozart voulu ouvrir une Loge accessible aux femmes pour son épouse Constance : elle aurait dû s’appeler « Grotta ». Il ne put réaliser ce souhait avant son décès. Quant à « La Flûte Enchantée » (1791), si bien accueillie par Goethe, le librettiste officiel fut Emmanuel Schikaneder (maçon exclu en 1789 pour liberté de mœurs). On peut facilement imaginer que von Born a largement suggéré les idées, Schikaneder les a découpées en canevas et rédigea les scènes comiques alors que Johann Georg Metzler dit Giesecke (autre maçon qui était le bras droit de Schikaneder) rédigeait les scènes sérieuses, le tout en collaboration intime avec Mozart. Wolfgang y développe aussi une égalité qui lui tient à cœur : l’égalité initiatique de la femme à venir grâce au rôle de Pamina. Cet ultime opéra majeur est dans sa totalité lié au symbolisme et au rituel maçonnique avec une moralité évidente que Mozart a cultivé tout au long de sa vie et particulièrement sur les colonnes. Le cadre fantastique de « La Flûte » n’est qu’un prétexte et cet opéra a conquit dès ses premières représentations tous les publics pour la raison qu’il peut être vu soit comme un conte de fée, soit comme une comédie bouffe, soit comme une tirade philosophique soit comme une initiation maçonnique. Son cadre, l’Egypte, son apothéose à la gloire d’Isis et Osiris, les 4 épreuves (terre, air, eau, feu), le nom même de Sarastro inspiré de Zoroastre ne peut pas laisser planer le moindre doute. « La Flûte Enchantée » peut être considérée à plus d’un titre comme le testament philosophique de Mozart.

Peu après, les frères se réunirent en tenue funèbre à l’occasion du décès du au syndrome de Schoenlein-Henoch, le 5 décembre 1791, de leur cher frère passé à l’Orient Eternel ; une oraison funèbre fut imprimée et lue devant tous les frères. C’est Carl Philipp Hensler qui prononça ce texte :

« Le Grand Architecte de l’Univers vient d’enlever à notre Chaîne fraternelle l’un des maillons qui nous étaient les plus chers et les plus précieux. Qui ne le connaissait pas ? Qui n’aimait pas notre si remarquable frère Mozart ? Il y a peu de semaines, il se trouvait encore parmi nous, glorifiant par sa musique enchanteresse l’inauguration de ce Temple. Qui de nous aurait imaginé qu’il nous serait si vite arraché ? Qui pouvait savoir qu’après trois semaines, nous pleurerions sa mort ? C’est le triste destin imposé à l’Homme que de quitter la vie en laissant son œuvre inachevée, aussi excellente soit-elle. Même les rois meurent en laissant à la postérité leurs desseins inaccomplis. Les artistes meurent après avoir consacré leur vie à améliorer leur Art pour atteindre la perfection. L’admiration de tous les accompagne jusqu’au tombeau. Pourtant, si des peuples pleurent, leurs admirateurs ne tardent pas, bien souvent, à les oublier. Leurs admirateurs peut-être, mais pas nous leurs frères ! La mort de Mozart est pour l’Art une perte irréparable. Ses dons, reconnus depuis l’enfance, avaient fait de lui l’une des merveilles de cette époque. L’Europe le connaissait et l’admirait. Les Princes l’aimaient et nous, nous pouvions l’appeler : « mon frère ». Mais s’il est évident d’honorer son génie, il ne faut pas oublier de célébrer la noblesse de son cœur. Il fut un membre assidu de notre Ordre. Son amour fraternel, sa nature entière et dévouée, sa charité, la joie qu’il montrait quand il faisait bénéficier l’un de ses frères de sa bonté et de son talent, telles étaient ses immenses qualités que nous louons en ce jour de deuil. Il était à la foi un époux, un père, l’ami de ses amis, et le frère de ses frères. S’il avait eu la fortune, il aurait rendu une foule aussi heureuse qu’il l’aurait désiré. »

On est loin de la légende d’un Mozart méconnu, méprisé, pauvre et mort dans le dénuement. En 1791, Wolfgang avait perçu plus de 6 000 florins en plus de son salaire à la cour, salaire qui était proche de celui de Salieri, compositeur officiel à la Cour. Mais Mozart avait des dettes (de jeu ?) et ses amis maçons après sa mort eurent à coeur de rétablir très vite la situation financière de sa veuve par quelques concerts sur souscription et la vente de manuscrits du Maître. Abordons enfin le mythe de l’enterrement du compositeur avec l’image de la tempête de neige, du cortège dispersé et de la fosse commune. Il est établit qu’un de ses frères a conseillé à sa veuve l’enterrement le plus économique possible. Mozart eut une sépulture et le bulletin météo de l’époque nous indique qu’il faisait « un temps doux avec brouillard fréquent » et une température variant entre « + 2,6° et + 3° » avec un « vent d’est faible ». L’éloignement de la tombe de Mozart est dut à ce que sa paroisse à Vienne était dépourvue de cimetière, or une épidémie de choléra venait de sévir dans cette ville peu de temps avant la mort de Mozart. Or, un décret impérial interdisait à quiconque de suivre l’enterrement de toute personne morte de maladie inconnue si le cimetière n’était pas attenant à l’église. Reste l’oubli dans lequel sa tombe fut tenue par sa veuve Constance, vite et bien remariée à Georg Nissen, diplomate Suédois.

D’ailleurs, Wolfgang n’était pas un homme isolé. Il vivait entouré de ses amis maçons. Nous venons de le voir, Wolfgang-Amadeus Mozart a vécu cette fin de XVIIIème siècle dans l’avant-garde de la philosophie des Lumières. Il fut épris de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais pour lui, ce ne furent pas de vains mots. Il mit toute sa vie en conformité avec ses idées novatrices. Wolfgang refusa d’être considéré comme un domestique en étant le premier compositeur indépendant ce qui lui priva d’un certain confort financier. Toute la musique qu’il composa est empreinte de ses aspirations. Son engagement en Franc-Maçonnerie fut un prolongement de ses idéaux les plus nobles et lui permit d’attendre la mort en toute sérénité. Non seulement doué et génial, franc-maçon généreux, compositeur respecté et admiré, fils respectueux, père et mari affectueux, il chercha toujours à concrétiser son travail intérieur. Mozart était de ces esprits éclairés dont cette époque d’asservissement fut si riche en vivant en homme libre.

Au-delà du Mozart libertin, du Mozart franc-maçon, il y a Mozart partisan des Lumières, Mozart qui ne veut plus que le musicien soit un domestique et, surtout, Mozart influencé par la montée des idées révolutionnaires… En s’installant à Vienne, Mozart avait choisi de refuser le statut de laquais … N’oublions pas que Bach et Haydn, avant lui, s’étaient battus pour voir le droit de composer la musique comme ils l’entendaient à une époque où le musicien n’était pas libre de publier, pas libre de choisir même ses modes musicaux… Mozart fut sensibilisé très jeune aux idéaux démocratiques qui soufflaient sur l’Europe à cette époque grâce à l’esprit des Lumières. Plusieurs événements ont progressivement dirigé Wolfgang vers la franc-maçonnerie, à l’époque considérée comme une sorte de confrérie très charitable et généreuse avec les démunis. Les épreuves qu’il traversa le poussèrent à se questionner, à l’âge où les enfants sont insouciants. Le Prince-Archevêque de Salzbourg Colloredo, son premier protecteur avec qui Mozart, trop indépendant, eut des relations houleuses, aurait lui-même été maçon. A 11 ans, Wolfgang a subit de nombreuses maladies assez graves pour l’époque dont la petite vérole. Il adressa à son médecin, une ariette en remerciement sur un texte maçonnique (fourni soit par le médecin lui-même soit par le curé d’Olmütz). L’année suivante il fit jouer « Bastien Bastienne », parodie en vaudeville du « Devin de village » de J.J. Rousseau, dans les jardins du Docteur Mesmer, lui aussi maçon, son commanditaire. A 16 ans, il composa une aria sur les paroles d’un hymne rituel (O heiliges band). En 1773, il est choisi par Gebler, haut dignitaire maçon, pour écrire la musique du drame maçonnique « Thamos » après la défection d’un autre compositeur maçon : Glück. Dans cette œuvre, on y relèvera certaines analogies avec « La Flûte Enchantée ». Quand il vint à Paris en 1778, c’est avec la recommandation de von Gemmingen pour les maçons de la capitale française. Le même Otto von Gemmingen fut son librettiste de « Sémiramis » (1778), adaptation de la tragédie de Voltaire (maçon). Mozart souhaitait alors faire ressortir, par le biais de ses créations musicales, et de manière claire, que la laideur des sentiments (dissonance) ne put se résoudre que par l’harmonie des cœurs (consonance). Ce fut aussi sa manière d’appréhender le pavé mosaïque. Il considérait que seules les lois de l’esthétique peuvent contenir le bien et le mal.

Mozart fut donc, bien qu’encore profane, déjà sérieusement éclairé, son esprit s’éleva vers une philosophie d’ordinaire inaccessible aux jeunes de son âge. Dès « Zaïde » (1780) et « L’enlèvement au Sérail » (1782), l’œuvre de Mozart renvoie à un courant de pensée, celui auquel « les Lettres Persanes » de Montesquieu (maçon) avaient donne le branle dès 1721. « L’enlèvement au Sérail » comporte déjà de nombreux éléments qui soulignent l’esprit de liberté anglaise, par le personnage de Blonde. En 1781 Mozart était à Vienne, sous la protection de l’empereur Joseph II, lui-même maçon et protecteur de la Franc-Maçonnerie. Wolfgang se lia aux maçons du cercle de la comtesse Thun où dominait le courant rationaliste et progressiste qui devint celui des Illuminés et propagea ultérieurement les idées révolutionnaires.

Toutes les hésitations de Mozart s’entendent parfaitement dans l’Andante du quatuor à cordes K 428. Enfin décidé, Wolfgang fut, tout naturellement, initié à la Loge « La Bienfaisance » à Vienne le 14 décembre 1784. C’est son ami de longue date Otto von Gemmingen qui en était le Vénérable-Maître. Son entrée dans la vie maçonnique, par la conjonction du Rituel, de la tradition et du symbole porta Mozart vers la Lumière. A l’issue de cette cérémonie, Wolfgang ne fut plus jamais le même. Quoi qu’il advenait, il était Franc-maçon et cela ne peut pas être effacé. Sa production musicale fut encore modifiée, enrichie par les nouveaux symboles auxquels il eut désormais accès.

Il allait rencontrer Goethe (fervent Mozartien), Herder, von Born (qui lui inspira le rôle de Sarastro dans « la Flûte Enchantée »). Mozart fut aussi l’inspirateur de l’initiation de son père Léopold et de son ami Joseph Haydn. Il fréquentait avec une même assiduité sa propre loge et celle d’Ignaz von Born. Le 10 janvier 1785, Wolfgang composa le quatuor à cordes (K464) dont l’andante se rapporte au rituel de réception. Quatre jours après son exaltation à la maîtrise qui eut lieu le 13 janvier 1785, il composa un quatuor à cordes (K465) « Les Dissonances » qui se réfère au grade de compagnon.

Il développa ses idées dans une collaboration très étroite, pour 3 de ses opéras majeurs, avec le librettiste Lorenzo Da Ponte. Destiné au sacerdoce, sur l’initiative de son père, Da Ponte, né en 1749, devient abbé sans pour autant renoncer aux plaisirs amoureux qui jalonnèrent sa longue existence. Eveillé à la poésie grâce à l’œuvre de Dante, il aimait tout d’abord les femmes en trompe-l’œil avant de devenir un insatiable libertin et était l’ami de Casanova, lui aussi maçon.

Da Ponte écrivit le livret des « Noces de Figaro » d’après Beaumarchais. Cette œuvre, où soufflait une réelle revendication sociale égalitaire, était considérée en 1786 comme responsable des troubles agitant la France. Mozart a horreur des classes sociales, des différences flagrantes entretenues entre les aristocrates et le petit peuple. Il choisit ces opéras pour dénoncer les injustices qui le rendent malade. Mozart est, avant Beethoven, le premier compositeur révolutionnaire. Un an plus tard, le duo Da Ponte-Mozart fut confirmé dans une œuvre contenant une réelle critique sociale : « Don Giovanni ». Leur collaboration se termina en 1790, alors que la Révolution Française venait d’éclater, par « Cosi fan tutte », œuvre imposée par l’empereur, mais où Da Ponte et Mozart surent faire ressortir les idées qui leur tenaient à cœur, malgré la pauvreté du sujet. Mozart voulu ouvrir une Loge accessible aux femmes pour son épouse Constance : elle aurait dû s’appeler « Grotta ». Il ne put réaliser ce souhait avant son décès.

Quant à « La Flûte Enchantée » (1791), si bien accueillie par Goethe, le librettiste officiel fut Emmanuel Schikaneder (maçon exclu en 1789 pour liberté de mœurs). On peut facilement imaginer que von Born a largement suggéré les idées, Schikaneder les a découpées en canevas et rédigea les scènes comiques alors que Johann Georg Metzler dit Giesecke (autre maçon qui était le bras droit de Schikaneder) rédigeait les scènes sérieuses, le tout en collaboration intime avec Mozart. Wolfgang y développe aussi une égalité qui lui tient à cœur : l’égalité initiatique de la femme à venir grâce au rôle de Pamina. Cet ultime opéra majeur est dans sa totalité lié au symbolisme et au rituel maçonnique avec une moralité évidente que Mozart a cultivé tout au long de sa vie et particulièrement sur les colonnes. Le cadre fantastique de « La Flûte » n’est qu’un prétexte et cet opéra a conquit dès ses premières représentations tous les publics pour la raison qu’il peut être vu soit comme un conte de fée, soit comme une comédie bouffe, soit comme une tirade philosophique soit comme une initiation maçonnique. Son cadre, l’Egypte, son apothéose à la gloire d’Isis et Osiris, les 4 épreuves (terre, air, eau, feu), le nom même de Sarastro inspiré de Zoroastre ne peut pas laisser planer le moindre doute. « La Flûte Enchantée » peut être considérée à plus d’un titre comme le testament philosophique de Mozart.

Peu après, les frères se réunirent en tenue funèbre à l’occasion du décès du au syndrome de Schoenlein-Henoch, le 5 décembre 1791, de leur cher frère passé à l’Orient Eternel ; une oraison funèbre fut imprimée et lue devant tous les frères par Carl Philipp Hensler :

« Le Grand Architecte de l’Univers vient d’enlever à notre Chaîne fraternelle l’un des maillons qui nous étaient les plus chers et les plus précieux. Qui ne le connaissait pas ? Qui n’aimait pas notre si remarquable frère Mozart ? Il y a peu de semaines, il se trouvait encore parmi nous, glorifiant par sa musique enchanteresse l’inauguration de ce Temple. Qui de nous aurait imaginé qu’il nous serait si vite arraché ? Qui pouvait savoir qu’après trois semaines, nous pleurerions sa mort ? C’est le triste destin imposé à l’Homme que de quitter la vie en laissant son œuvre inachevée, aussi excellente soit-elle. Même les rois meurent en laissant à la postérité leurs desseins inaccomplis. Les artistes meurent après avoir consacré leur vie à améliorer leur Art pour atteindre la perfection. L’admiration de tous les accompagne jusqu’au tombeau. Pourtant, si des peuples pleurent, leurs admirateurs ne tardent pas, bien souvent, à les oublier. Leurs admirateurs peut-être, mais pas nous leurs frères ! La mort de Mozart est pour l’Art une perte irréparable. Ses dons, reconnus depuis l’enfance, avaient fait de lui l’une des merveilles de cette époque. L’Europe le connaissait et l’admirait. Les Princes l’aimaient et nous, nous pouvions l’appeler : « mon frère ». Mais s’il est évident d’honorer son génie, il ne faut pas oublier de célébrer la noblesse de son cœur. Il fut un membre assidu de notre Ordre. Son amour fraternel, sa nature entière et dévouée, sa charité, la joie qu’il montrait quand il faisait bénéficier l’un de ses frères de sa bonté et de son talent, telles étaient ses immenses qualités que nous louons en ce jour de deuil. Il était à la foi un époux, un père, l’ami de ses amis, et le frère de ses frères. S’il avait eu la fortune, il aurait rendu une foule aussi heureuse qu’il l’aurait désiré. »

On est loin de la légende d’un Mozart méconnu, méprisé, pauvre et mort dans le dénuement. En 1791, Wolfgang avait perçu plus de 6 000 florins en plus de son salaire à la cour, salaire qui était proche de celui de Salieri, compositeur officiel à la Cour. Mais Mozart avait des dettes (de jeu ?) et ses amis maçons après sa mort eurent à coeur de rétablir très vite la situation financière de sa veuve par quelques concerts sur souscription et la vente de manuscrits du Maître. Abordons enfin le mythe de l’enterrement du compositeur avec l’image de la tempête de neige, du cortège dispersé et de la fosse commune. Il est établit qu’un de ses frères a conseillé à sa veuve l’enterrement le plus économique possible. Mozart eut une sépulture et le bulletin météo de l’époque nous indique qu’il faisait « un temps doux avec brouillard fréquent » et une température variant entre « + 2,6° et + 3° » avec un « vent d’est faible ». L’éloignement de la tombe de Mozart est dut à ce que sa paroisse à Vienne était dépourvue de cimetière, or une épidémie de choléra venait de sévir dans cette ville peu de temps avant la mort de Mozart. Or, un décret impérial interdisait à quiconque de suivre l’enterrement de toute personne morte de maladie inconnue si le cimetière n’était pas attenant à l’église. Reste l’oubli dans lequel sa tombe fut tenue par sa veuve Constance, vite et bien remariée à Georg Nissen, diplomate Suédois.

D’ailleurs, Wolfgang n’était pas un homme isolé. Il vivait entouré de ses amis maçons.

Nous venons de le voir, Wolfgang-Amadeus Mozart a vécu cette fin de XVIIIème siècle dans l’avant-garde de la philosophie des Lumières. Il fut épris de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais pour lui, ce ne furent pas de vains mots. Il mit toute sa vie en conformité avec ses idées novatrices. Wolfgang refusa d’être considéré comme un domestique en étant le premier compositeur indépendant ce qui lui priva d’un certain confort financier. Toute la musique qu’il composa est empreinte de ses aspirations. Son engagement en Franc-Maçonnerie fut un prolongement de ses idéaux les plus nobles et lui permit d’attendre la mort en toute sérénité. Non seulement doué et génial, franc-maçon généreux, compositeur respecté et admiré, fils respectueux, père et mari affectueux, il chercha toujours à concrétiser son travail intérieur. Mozart était de ces esprits éclairés dont cette époque d’asservissement fut si riche en vivant en homme libre. (écrit Laurent sur weblettres)

Des « Noces de Figaro » à « Cosi fan tutte », la question sociale est sans cesse présente. Rappelons le vers de Beaumarchais prêté à Figaro : « Par le sort de la naissance / l’un est roi, l’autre est berger / Le hazard fit la distance / L’esprit seul peut tout changer / De vingt rois que l’on encense, le trépas brise l’autel / Et Voltaire est immortel… »ou encore « Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie… » (Le mariage de Figaro)

La musique est politique. Mozart serait-il en cela le précurseur de Beethoven et de Verdi ? Plus qu’un intuitif, qui aurait senti et recueilli mais de loin, le souffle de la Révolution française, Mozart, peintre du coeur, est aussi, un formidable portraitiste de la pensée politique de son temps. Homme libre, homme auto affranchi, il dispose de son destin hors des contraintes des conventions sociales. Il le montre lorsqu’il démissionne de son poste auprès de Coloredo ; il l’écrit surtout sans réserve : "... ; et valet ou comte, du moment qu’il m’insulte, c’est une canaille", écrit-il en 1781. Peu lui importent les avantages abusifs, le rang acquis par la naissance ; ce qui l’attache et l’émeut, c’est la noblesse d’âme, le coeur loyal et droit. Compositeur engagée certainement. Mais aussi, homme et musicien du coeur. L’un n’empêche pas l’autre.

Contrairement à ce que l’on dit, le génie de Mozart, s’il est inné et en apparence, aussi déconcertant que naturel, n’a pas empêché le compositeur de travailler, toujours, constamment, sans relâche. Aucune de ses oeuvres ne fut conçue avec légèreté mais au contraire comme l’aboutissement d’une réflexion et d’une analyse approfondie des effets et des procédés utilisés. En cela, les affirmations de Wagner sont infondées : Mozart n’a jamais sacrifié la qualité de ses livrets. Il s’est montré de plus en plus intraitable dans l’écriture des textes. Exigeant un peu plus, chaque année, de ses librettistes. Musicien "pur" : quelle incompréhension ! Autant musicien que dramaturge ! C’est d’ailleurs à l’aune de cette exigence exemplaire que l’on réévalue aujourd’hui, avec raison, la perfection de la Clemenza di Tito, son dernier seria, écrit au même moment que le Requiem et que la Flûte (août/septembre 1791).

La réussite des Noces, c’est, tout en respectant l’interdit impérial qui autorisait de lire la pièce de Beaumarchais mais non de la représenter, sa réalisation cohérente sur la scène lyrique, qui en dépit de la censure, n’a en rien édulcoré la portée séditieuse du texte. Et même, au final, la comparaison des deux textes, entre la pièce et le livret de l’opéra, entre le Mariage et Les noces, montre la radicalité voire l’insolence permanente des vers chantés par les interprètes de Mozart. La dernière entrevue de Mozart et de son employeur, l’infâme Coloredo, a été très violente. Démissionaire en mai 1781, Mozart se voit jeté à la rue avec violence par le comte Arco, chef des cuisines de l’Archevèque. Coloredo qui voulait avoir le dernier mot, chasse Mozart à coup de pieds, par traîtrise, comme le dernier des serviteurs. Comment ne pas considérer les mots de Figaro à l’endroit du comte, comme la revanche du musicien contre les nobles, scélérats et imposteurs ?

La cavatine de Figaro (Acte I, scène3 :" Se vuol ballare, signor contino") est un menuet parodique : le menuet, danse de la noblesse, est ici étranglé par la langue musicale de Mozart, réorchestré contre les convenances. Au final, la conjonction des mots de Beaumarchais et de la musique de Mozart, égale les pointes de Beaumarchais, même s’il a fallu couper dans le texte de la pièce : la scène du procès et les déclarations féministes de Marcelline, surtout le monologue de Figaro à l’acte V.

Mais, davantage qu’un registre acide, Mozart choisit la vérité du coeur, celle des femmes pour dénoncer la barbarie de l’ordre social de l’Ancien Régime : la Comtesse demande à ses domestiques de punir son époux. C’est par la voix des femmes que la vérité et le propos politique de l’oeuvre se réalisent. La finesse de Mozart est là. Contre l’ordre phalocratique, contre le système machiste : Figaro lui-même perd pied face à l’intelligence de Suzanne. Mozart a choisi délibérément d’être du côté de ses héroïnes. Qu’imaginer d’autre d’ailleurs, lorsque l’on sait les sentiments qu’éprouvait le jeune compositeur pour Nancy Storage, la délicieuse soprano anglaise qui créa le rôle de Suzanne ?

Lorenzo Da Ponte, le librettiste libertin de Mozart, franc-maçon, ami des Limières et ami… de Casanova, est un des témoignages de l’ambiance idéologique dans lequel évoluait le maître… Ainsi, le Don Giovanni de Mozart n’est pas le Dom Juan de Molière. Tous deux ont fait du mythe une oeuvre, ou plutôt le mythe a été mué en un autre mythe. Et ne parlons pas du fait que ces deux-là (mais lesquels, tout de même...) ont été repris dans le mouvement de l’élaboration de la légitimité des mythes personnels...

Dom Juan de Molière est lié au Dom Juan de Tristan de Molena, celui de Mozart et de Da Ponte bien plus à la figure quasi-révolutionnaire - n’oublions pas que cette oeuvre s’inscrit dans le duo Da Ponte - Mozart : Les Noces de Figaro, Cosi Fan Tutte et Don Giovanni. Tous ces opéras ont risqué de ne pas être joués de par le scandale qu’ils impliquaient ; des personnes et non plus des dieux, des servantes qui osent parler, sans compter sur le fait qu’un aristocrate courtisent des paysannes et que ces paysannes se jouent de lui, etc.. L’Air du champagne, notamment, est symbolique). La révolte n’est pas la même dans les deux cas, bien que le fond soit identique : sociale (la hiérarchie, l’ordre sociale et métaphysique. Mais ce grand chamboule-tout qui se dit avec une finesse extraordinaire (alors que Don Giovanni, par exemple, ne chante / parle quasiment pas.

Mozart et la Révolution

Mozart’s music in revolutionary times

Mozart was a political revolutionary

The revolution in action

Artist and Revolutionary

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