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La répression anti-ouvrière et antipopulaire… en marche !

mardi 6 juin 2017, par Robert Paris

Edito

Casser la classe ouvrière, c’est leur programme à tous, de Macron à Poutine, en passant par Merkel, Erdogan et May…

La répression du droit de manifester se répand sur toute la planète, de la Turquie à la Russie, de l’Espagne à la France, des USA au Brésil et à l’Inde, sans parler l’Afrique, l’Amérique latine et le Moyen-Orient… Dans nombre de cas, cela faisait des décennies que cela n’était pas arrivé, le droit de manifester au moins pour les organisations syndicales reconnues n’y ayant pas été interdit ni limité ni réprimé depuis la dernière guerre mondiale. Certains de ces pays ont même établi de nouvelles législations, provisoires ou permanentes, qui autorisent les forces de l’ordre à employer la violence, à matraquer, à gazer, à arrêter, à traduire en justice les manifestants, sous prétexte du contexte international ou national. Désormais, même des manifestations pacifiques, défensives, syndicales, traditionnelles, des manifestations de salariés qui luttent contre des licenciements ou la fermeture de leur entreprise, contre des conditions de travail inacceptables, des chômeurs, des jeunes des quartiers populaires qui dénoncent des violences policières, des associations environnementalistes qui dénoncent la duplicité des Etats et des trusts, qui ne sont même pas des manifestations politiques d’opposition radicale aux régimes, ne sont plus seulement réprimées en Afrique, en Orient ou en Asie mais dans le monde entier, y compris dans les démocraties occidentales, y compris dans les récentes « démocraties » de l’Est… Et si la planète entière se met progressivement au régime « interdit de manifester », ce n’est pas dû à des circonstances locales mais générales, à une transformation de la situation mondiale, de l’économie capitaliste elle-même. Le durcissement des Etats et des classes possédantes ne se marque pas seulement dans le droit de manifester, mais dans tous les droits politiques et sociaux, dans toutes les relations entre les classes possédantes et la population.

On l’a vu dans des pays dits démocratiques comme la France, y compris gouvernée par des prétendus socialistes, les Hollande-Ayrault-Valls-Cazeneuve qui ont développé la répression, courtisé les forces de l’ordre, affirmé la reconnaissance de la Nation à ses policiers et militaires, envoyé plus que jamais ses flics contre les jeunes et les salariés, assumé l’assassinat de Rémi Fraisse, justifié des violences invraisemblables de guerre civile contre les environnementalistes dénonçant la COP21, effectué à cette occasion des arrestations préventives n’ayant rien à voir avec le terrorisme, multiplié les violences policières dans les luttes sociales, comme celles contre la loi El Khomri, y compris contre des cortèges syndicaux pacifiques, réprimé la manifestation du premier mai, comme cela se faisait autrefois seulement dans les dictatures ! Sans parler de la multiplication des violences policières contre les jeunes de banlieue. Sans parler aussi des violences contre les migrants, à Calais, à Paris ou ailleurs….

Cela s’est couplé avec l’Etat d’urgence, législation d’exception sous prétexte de terrorisme, qui autorise un surcroît d’intervention et de violences des forces de l’ordre, des interdiction de manifestations et une intervention policière qui va bien au-delà d’une lutte contre le terrorisme dans laquelle les forces de l’ordre sont loin de s’être illustrées par une quelconque efficacité, sauf pour manipuler des terroristes par les services du contre-terrorisme, agents retournés qui se retournent une deuxième fois et mènent des actions violentes, comme on l’a vu de Merah au terroriste de Manchester…

Bien entendu, aucun gouvernement n’admet qu’il réprime les travailleurs pour durcir les relations sociales, par casser la classe ouvrière, parce que les classes possédantes se préparent à un avenir où l’instabilité du système capitaliste deviendra violente du fait de nouveaux effondrements financiers, pires sans doute que 2007-2008, les interventions massives des Etats et banques centrales sur fonds publics, si elles ont retardé l’effondrement, n’ayant fait qu’aggraver la racine même de la crise : l’excès de capitaux par rapport aux investissements productifs rentables, la suraccumulation massive et mondiale du grand capital…

Du coup, les capitalistes veulent se préparer à l’éventualité d’une explosion brutale des luttes sociales et politiques qui est prévisible vu que la crise de 2007-2008 avait déjà entrainé des explosions sociales en Egypte, en Tunisie, au Maghreb et en Orient puis en Afrique, dans les pays de l’Est et au Brésil… Un nouvel effondrement du capitalisme ne pourrait qu’entraîner de nouveaux troubles sociaux d’ampleur et même des révolutions dépassant de simples révoltes démocratiques.

Les classes possédantes tentent donc actuellement une offensive anti-ouvrière et anti-populaire préventive, qui va des guerres, avec une manipulation du terrorisme et du contre-terrorisme, dans des pays où se déroulaient des révolutions comme en Ukraine, en Syrie, en Libye ou au Yémen, des dictatures violentes dans des pays qui avaient connu des soulèvements politiques et sociaux, comme en Egypte, en Turquie ou en Tunisie, un surcroît de violences policières dans des pays où la contestation politique ou sociale grandit comme en Russie, au Venezuela, dans les pays de l’Est, etc. Cette offensive préventive comprend des attaques antisociales qui ne sont pas seulement justifiées par l’avidité économique du grand capital mais par la nécessité de casser le moral des travailleurs, leur confiance de leurs capacités de se défendre, de s’organiser, de s’exprimer, d’échanger des opinions, de développer leurs luttes de classes.

Cette offensive frappe les droits politiques, les droits sociaux, les droits syndicaux, tous les droits démocratiques. Bien entendu, les premiers à être violemment frappés sont les militants les plus radicaux de la classe ouvrière, de la jeunesse et des milieux populaires. Ce n’est pas seulement le droit de manifester qui est violemment remis en question, c’est le droit de se rassembler, de se réunir, de s’exprimer, de faire grève, c’est aussi le contrat de travail, le code du travail, le droit de se défendre en justice face à un patron, le droit de contester des licenciements, individuels et collectifs, y compris reconnus comme abusifs, le droit de dénoncer les actes délictueux d’un patron, etc.

La classe possédante a un besoin vital de dictature sociale et politique parce qu’elle n’a plus confiance dans l’avenir, non seulement dans le développement économique, dans les investissements productifs de plus-value, mais dans le rapport de forces qui maintient la domination de l’infime minorité de possesseurs de capitaux face à la grande majorité de ceux dont les revenus chutent ou vont chuter, dont les épargnes et les assurances-vie elles-mêmes vont être volées par les banquiers, les trusts et les financiers. La classe possédante ne croit pas que la démocratie bourgeoise sera désormais capable de suffire pour mettre au pas les aspirations populaires. Les élus sont discrédités à peine en postes. La colère monte parce que les profits se maintiennent alors que les investissements productifs et les emplois chutent. Les régimes se durcissent, deviennent de plus en plus dictatoriaux parce qu’il est de plus en plus difficile de retarder l’explosion sociale.

Si tous les Etats et toutes les banques centrales de la planète se sont mis d’accord pour sauver tous les trusts et toutes les grandes banques, tous les grands financiers, toutes les bourses et toutes les grandes assurances, tous en faillite, ce qui ne s’était jamais vu dans une crise du capitalisme, ce n’est pas parce qu’ils ont trouvé que c’était une bonne solution économique – en fait, cela signifiait que désormais il n’y aurait plus aucune solution économique -, mais parce que c’était le seul moyen de retarder la chute et d’en profiter pour casser la classe ouvrière mondiale, pour lui démolir le moral, pour casser sa confiance dans ses propres forces, pour briser ses organisations, pour les discréditer, pour les caporaliser ou pour les interdire. Et la bourgeoisie continue de profiter des années qu’elle a tenu depuis 2008 pour casser, pour détruire, pour réprimer.

Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, ils ont cassé le droit de manifester, de s’assembler, de protester, ils ont mis en place des surveillances policière et militaire, y compris dans les démocraties. Sous prétexte de lutte contre les violences urbaines et le banditisme, ils ont augmenté les forces de police. Sous prétexte de guerre mondiale contre le terrorisme, ils ont multiplié les forces armées. Sous prétexte de menace de guerre mondiale, la course aux armements a repris de plus belle, interrompue par la chute du mur de Berlin. Et maintenant, sous prétexte de lutte contre le chômage, ils cassent le contrat de travail, l’emploi fixe, le salaire fixe, les horaires fixes, la charge de travail fixe. Ils multiplient la sous-traitance, la maltraitance des salariés, le harcèlement, le stress, les suicides, et ont mis en place une véritable attaque systématique consistant d’abord et avant tout non seulement à augmenter l’exploitation mais à démolir moralement la classe exploitée, au-delà même d’un but économique, au-delà de l’intérêt de l’exploitation elle-même. Elle démolit également les travailleurs politiquement à leurs propres yeux et à ceux des milieux populaires, des jeunes et de la petite bourgeoisie, afin de diminuer le risque que la classe ouvrière prenne la tête de tous les opprimés, de tous les révoltés.

C’est une véritable campagne de propagande mondiale qui s’en prend à la classe ouvrière : traitée de profiteuse, de corporatiste, d’égoïste, de passéiste, de conservatrice, de voleuse à l’égard de la jeunesse, de fainéante et on en passe… Ils ont tout fait pour convaincre les travailleurs qu’ils n’étaient pas une force, qu’ils n’étaient pas une perspective, qu’ils étaient gangrénés par le terrorisme et pas le fascisme, qu’ils étaient manipulés comme des moutons par les appareils syndicaux alors que ces derniers sont sans perspective à partir du moment où la classe possédante se détourne progressivement de la démocratie bourgeoise.

La casse sociale se poursuit donc de plus en plus vite, avec la casse des emplois de fonctionnaires, la casse des emplois dans les banques, dans le nucléaire, dans les trusts pharmaceutiques, dans l’Automobile, dans le Bâtiment, etc… S’y rajoute l’ubérisation des emplois, la transformation des salariés en auto-entrepreneurs, la sous-traitance poussée à l’extrême en sous-traitance de la sous-traitance, les trusts étant transformées en plate-formes d’entreprises qui fournissent juste les ordres globaux et le logo !!

Le monde du grand capital est plus que jamais à la tête du pouvoir d’Etat, que ce soit avec les milliardaire et les généraux qui gouvernent avec Trump ou avec le gouvernement Macron, le président étant l’homme des banques, son premier ministre l’homme d’Areva, Hulot l’homme de Total, la ministre de la santé la femme des trusts pharmaceutiques, et ainsi de suite les représentants des lobbys du vin, et autres secteurs du grand capital.

La classe possédante, plus usuraire que jamais, plus suceuse de sang des finances publiques que jamais, plus violente que jamais, plus voleuse, plus destructrice que jamais, plus guerrière et fasciste que jamais, tourne de plus en plus à une politique contre-révolutionnaire face à laquelle le réformisme de la gauche de la gauche de la gauche, de l’extrême gauche officielle, des appareils syndicaux, de tous les opportunistes, n’est plus du tout capable de répondre, de proposer une quelconque perspective, n’est même pas capable de dire la vérité sur ce qui signifie la situation économique, sociale et politique. Car cela supposerait d’avoir le courage de dire aux travailleurs que le système capitaliste est dépassé historiquement et que la révolution sociale est la seule perspective d’avenir, que la manière d’avancer dans les luttes sociales n’est plus l’intersyndicale avec son dialogue social, ses »bonnes réformes » et ces petites journées d’action et autre promenades dans les rues. L’avenir est aux comités de travailleurs dans les entreprises et dans les quartiers. L’avenir est à l’action directe. L’avenir est aux assemblées interprofessionnelles. L’avenir est à la lutte des classes et à la révolution sociale, avec pour aboutissement le renversement du pouvoir d’Etat bourgeois et la mise en place d’un pouvoir aux comités de travailleurs, d’un pouvoir révolutionnaire !

2 Messages de forum

  • En arrêtant la grève, la CGT a montré au gouvernement qu‘elle n‘utiliserait pas sa principale arme, sa capacité à causer des pénuries de carburant entrainant des peturbations de l‘activité économique, et des pénuries d‘essence durant un week-end de grands départs.

    Une poursuite de la lutte pendant le week-end de Pentecôte aurait signifié une collision directe avec le gouvernement Macron et des médias favorables au patronat qui s‘étaient déjà montrés virulents lors de la lutte de 2016 contre la loi El Khomri.

    L‘appel à la fin de la grève est un avertissement que, malgré les préparatifs du gouvernement Macron à des attaques historiques contre l‘emploi, les salaires, les acquis sociaux et les droits démocratiques des travailleurs, et à la guerre, ce syndicat ne prépare pas une lutte sérieuse contre lui.

    Après avoir appelé à voter pour Macron au second tour de l‘élection présidentielle, la CGT n‘a d‘ailleurs cessé, depuis son élection et la nomination du nouveau gouvernment, de signaler, comme dans ses discussions avec Macron sur sa loi Travail II, qu‘il ne le mettrait pas en difficulté. Il a signalé en même temps, malgré les déclarations à cet effet en direction de ses membres, qu‘il ne remettait pas en question le principe des ordonnances, ni l‘instrument de répression politique et sociale que représentent les dispositions de l‘état d‘urgence.

    En fait, sa tentative de ménager le nouveau gouvernement découle de toute l’orientation de la CGT, qui s‘auto-proclame « contestataire », mais qui est résolument hostile à une lutte politique contre le patronat. Ce qu‘elle a déjà démontré maintes fois au cours de son histoire, depuis l‘union préconisée par les staliniens avec le patronat français dans le Front populaire de 1936 et à la Libération, jusqu‘au mouvement de grève contre la loi El Khomri l‘an dernier.

    Durant les grèves de 2016 contre la loi Travail elle s‘est opposée à une grève générale qui aurait remis en cause le gouvernement avec le slogan d‘une « généralisation des grèves » et a finalement appelé à la fin du mouvement, début juillet.

    La pseudo-gauche s‘est, cette fois encore, précipitée pour protéger la CGT et prétendre que, malgré le fait qu’elle n’a pas adopté la bonne stratégie, elle reste un instrument de lutte contre le patronat et son gouvernement.

    Le site Révolution permanente, publié par la fraction moréniste du NPA, écrit ainsi dans un article du 1er juin : « On peut s’interroger sur la décision de la levée de la grève par la direction de la CGT, alors que la majorité des pompes étaient à sec en Ile-de-France. (...) Avec une stratégie visant à étendre le mouvement., on aurait aussi pu imaginer que ce mouvement de grève aurait pu être un premier tour de chauffe pour préparer le combat contre la loi Travail 2 ». S’interroger seulement ?!!!

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  • Rencontre nationale du Front Social

    Samedi 10 juin de 10h à 17h à la bourse du travail de Paris.
    Parti de La Belle Etoile il y a quelques mois avec le meeting du 1er Tour Social, ce Front Social s’est élargi et appelle à manifester dès le lundi 19 juin à 18h, au lendemain des législatives, contre les attaques sur le droit du travail qu’annonce le gouvernement.

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