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Pourquoi les élections n’offrent aucune solution aux peuples ?

mardi 27 juin 2017, par Robert Paris

Edito

Quand le système est en panne, le vote « anti-système » existe moins que jamais et la révolution sociale devient une nécessité

Un président élu par une fraction minime du corps électoral, comme pis-aller, représentant uniquement la classe possédante, avec un parlement à la botte, composé uniquement de députés issus des couches les plus aisées de la population, l’exclusion complet des travailleurs du système électoral, une majorité de ceux-ci ainsi que des couches populaires de la petite bourgeoisie ne se considérant pas comme représentés, voilà le résultat du système prétendûment le nec plus ultra de la démocratie, en France, à un moment où l’affrontement social se profile…

Jamais la population n’a eu autant le sentiment que le système politique était discrédité. Mais cela n’a rien d’une particularité française ! Les élections américaines ont montré, sous des formes différentes, la même crise de la démocratie électorale et politicienne. Et cela reflète une crise bien plus profonde que celle des institutions. Les crises de corruption des régimes atteignent aussi bien la Corée du sud que le Brésil.

Jamais les peuples n’ont eu autant le sentiment de ne pas être représentés par le pouvoir politique, de ne pas pouvoir s’exprimer au travers des élections bourgeoises. Jamais les élus n’ont été discrédités aussi vite. Jamais les pays riches n’ont autant méprisé leurs gouvernants, leur personnel politique, leurs média officiels, leur classe dirigeante.

Un autre fait remarquable de l’élection française, présidentielle puis législative, c’est la destruction de l’ensemble des partis classiques de la bourgeoisie. Bien entendu, même si cela est parfois mis à son crédit, Macron n’est pas parvenu à la force de ses petits poignets à un tel résultat étonnant. Ce n’est pas lui qui a détruit le PS, pas plus qu’il n’a agi pour détruire la droite ou le centre-droit, ou l’extrême droite, sans parler du PCF. Il y a eu un autre acteur : c’est la crise économique et sociale qui est à la racine de la perte de confiance dans les forces politiques classiques. On notera ainsi que l’Italie ou l’Espagne ont été devancière de la France en la matière, des mouvements comme Podemos ou Cinq Etoiles y battant les grands partis classiques. On notera surtout l’action de gouvernements comme celui de Hollande-Valls pour démolir le PS, Valls déclarant même que « le PS peut mourir » ! Mais surtout on remarquera l’action de ce gouvernement dans le sens de la démolition systématique de la démocratie bourgeoise, sous prétexte du terrorisme, avec la mise en place permanente de l’état d’urgence, avec le développement d’une occupation militaire et policière du pays, avec une guerre tous azimuts, intérieure et extérieure. Et on notera encore les tendances putschistes de nombreux généraux français. Si la démocratie bourgeoise a du plomb dans l’aile, ce n’est pas à cause des abstentionnistes ni à cause de la « corruption des élites ». C’est prendre l’écume de mer pour la cause de la vague ! La vraie raison de la destruction de la démocratie bourgeoise est à chercher dans la crise économique et sociale. Cette démocratie a toujours été une tromperie sociale, l’immense majorité de la population, travailleuse, populaire, pauvre ou petite bourgeoise, n’y étant nullement représentée réellement. Mais, en cas de crise économique grave, cette tromperie devient trop évidente pour permettre un fonctionnement durable d’institutions démocratiques. Les classes dirigeantes préparent alors l’alternative…

Les élections bourgeoises, en temps normal avaient pour rôle de servir de soupape de sûreté face au mécontentement des masses, tout comme les crises et faillites servaient de soupape de sûreté face au fonctionnement aveugle du système, de régulation des emballements et des surproductions. Eh bien, les deux fonctionnements de sécurité sont bloqués en même temps. Et ce n’est nullement un hasard, ni un concours de circonstances. C’est le système capitaliste lui-même qui est en panne et cela dure depuis 2007 sans qu’il y ait de « plan B »…

La panne du fonctionnement du capitalisme s’est effectivement montrée publiquement lors de la crise dite des subprimes qui n’est que la manifestation d’un détournement massif des investissements vers des produits financiers de plus en plus délirants qui masquent le phénomène fondamental : le refus des capitaux de s’investir dans la production.

La source de tous ces changements radicaux que nous constatons depuis quelques années est sciemment occultée par la classe dirigeante. A la racine de ces changements, il n’y a ni un changement climatique, ni un changement des flux migratoires, ni un changement politicien, ni un changement des mœurs des peuples, ni un changement générationnel, ni un changement technique, ui un changement dû au terrorisme, ni un changement dans les rapports des grandes puissances. Tous ces changements sont des conséquences et non des causes du changement global.

Le blocage de tous les mécanismes de sécurité, de toutes les régulations, à l’échelle mondiale, n’est pas accidentel : c’est une nécessité pour la classe possédante face aux risques pour la pérennité de sa domination. La conservation de celle-ci au pouvoir nécessite de détourner tous les fonctionnements habituels. C’est le cas des mécanismes de la sécurité intérieure et extérieure, qui, en temps normal, servent à diminuer les tensions et les affrontements. Les mécanismes antiguerre des relations diplomatiques intergouvernementales, les mécanismes militaires et policiers, les mécanismes des services sociaux, les mécanismes de régulation sociale en général sont complètement grippés tout comme ceux de régulation des relations inter-sexuels, inter-raciaux, inter-religieux, inter-ethniques, inter-genres, entre les classes d’âges, etc…

Il n’y a aucun hasard dans le fait que tous ces systèmes de protection de la société soient grippés en même temps. La domination de la bourgeoisie sur le monde a du plomb dans l’aile. Cela se manifeste nécessairement à la fois dans tous les domaines où se réalise ce pouvoir de la classe dirigeante et de son système, dans toutes les relations économiques et sociales, mais aussi dans les domaines politiques, policières, militaires, sociétaux, sociaux, de relations entre les classes sociales comme au sein de chaque classe sociale. Tout est blackboulé dans les relations habituelles. Pas étonnant que les peuples perdent la boussole : il n’y a plus de nord !

Car « le nord » du magnétisme, si l’on peut dire, du système capitaliste, a toujours été, crise ou pas crise, l’attraction spontanée et massive des capitaux vers les investissements productifs qui permettent, au travers de l’exploitation de la force de travail, de créer encore davantage de capital, c’est-à-dire de la plus-value. Les crises du capitalisme ont été multiples, multiformes, de gravité et d’extension variés, mais elles n’ont jamais mis en cause ce mécanisme fondamental : les capitalistes n’ont jamais eu besoin d’incitations à réinvestir leurs profits dans la production. Et pourtant…

Pourtant, cette réticence des possesseurs de capitaux à investir s’est manifestée, non dans un seul pays mais dans tous en même temps, de manière massive et même générale, dans tous les secteurs d’activité, dans les années 2000 qui sont celles où tous les gouvernants et toutes les institutions financières ont été contraints de multiplier toutes les manières de pallier à ce détournement des capitaux qui refusaient de se tourner vers l’investissement productif.

La montée massive du chômage dans tous les pays du monde ne provient pas d’une autre raison que le désinvestissement du grand capital. Bien sûr, dans chaque pays, les gouvernants donnent bien d’autres explications à la chute des emplois. Ils cachent la responsabilité des possesseurs privés de capitaux. Ils affirment que ce seraient les droits sociaux, que ce serait la concurrence internationale, que ce seraient les délocalisations, que ce serait le climat mondial de méfiance dû à des causes politiques, gouvernementales, guerrières ou terroristes qui seraient la cause. Mais tout cela n’est que des mensonges pour cacher le fait que les possesseurs privés de capitaux, malgré les incitations financières des Etats et des banques centrales, se détournent complètement des investissements productifs et cassent ainsi les emplois.

Les gouvernants prétendent lutter contre le chômage en aidant les capitalistes, alors qu’ils le font même si ces capitalistes continuent à détruire les emplois ! Ils ne conditionnent nullement leurs aides publiques au capital privé sur des embauches. Et ces aides publiques ne se limitent nullement aux aides financières massives sur fonds publics. Elles consistent en travaux d’Etat massifs, comme la construction de bâtiments dans tous les ministères, de celui de la Santé, à celui de l’Education en passant par celui des Armées. Elle consiste en aide aux trusts pharmaceutique, en aide aux trusts de l’armement, en aide aux trusts de la sidérurgie et on en passe… Sans l’aide des Etats, aucun trust et aucune banque ne serait encore en fonction…

Cela peut paraître absurde : pourquoi le capital refuserait-il de s’accroître ? Pourquoi refuserait-il systématiquement d’exploiter la main d’œuvre salariée ? Pourquoi ne plus vouloir accumuler la plus-value extraite du travail humain ? Pourquoi le grand capital pourrait-il risquer ainsi de détruire entièrement le système qui est celui qui défend ses intérêts ?

Bien entendu, ce choix n’a rien d’idéologique, de purement politique. Le grand capital n’a pas changé de nature. Il continue à fonctionner sur les mêmes bases que précédemment. Il ne peut que s’investir dans les secteurs les plus rentables. Il n’exploite pas le travail pour le principe mais pour le profit. Et si le profit lui dicte de se détourner de l’investissement productif, il ne peut que s’y conformer. C’est ce qui se produit depuis que la rentabilité d’un investissement industriel est passé bien au-dessous de celle d’une spéculation sur la chute des sociétés, sur la chute des Etats, sur la chute de tout le système… La faillite générale est devenue un objet de spéculation tel qu’il rapporte bien plus au grand capital que de miser sur la pérennité du système. Le système devient donc nécrophile et mise sur sa propre chute !!!

Par contre, le peuple travailleur, lui, n’a pas d’autre solution, tant qu’on vit sous le capitalisme, que de se chercher un travail, que de courir après un exploiteur. Il en résulte qu’une fraction considérable de la population du monde se trouve aujourd’hui suspendue par un fil au-dessus du gouffre !

Eh bien ! dans ces conditions, on s’aperçoit que les élections dits démocratiques ne permettent absolument pas de donner la parole aux travailleurs qui voudraient dénoncer cette situation. Les tentatives de vote dites « anti-système » ont été celles de la candidature Trump comme de la candidature Le Pen ou Mélenchon. Aucune véritable candidature contre le capitalisme, pas plus en France qu’ailleurs. Aucune candidature pour dire que le capitalisme a atteint ses limites et doit céder la place. Aucune candidature aux élections bourgeoises pour dire le capitalisme n’a plus d’autre avenir à offrir que le chômage et la misère, avec comme mesures d’accompagnements la guerre qui s’étend, la dictature qui s’étend, les fascismes qui se développent…

La suite

1 Message

  • En livrant en pâture les turpitudes des politiciens à la colère populaire, les classes dirigeantes ont attisé le mécontentement mais ils ont ainsi dirigé l’opinion publique vers une voie sans issue : l’élection présidentielle qui ne permet pas au peuple travailleur de changer quoique ce soit. Ils ont donné aux petites gens l’impression d’agir en politique mais c’était une tromperie qui s’achève avec Macron.

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