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Capitalisme, Nationalisme, Ethnisme et Race

mercredi 26 juillet 2017, par Robert Paris

Capitalisme, Nationalisme, Ethnisme et Race

Depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, certains affirment que la crise ne serait pas une crise du capitalisme mais une « crise du monde occidental », une « crise de la civilisation occidentale », une « crise de la domination idéologique et des mœurs de l’Occident », quand ce n’est pas « une crise de la chrétienté » ou une crise de la « domination de la race blanche ». Ils prétendent défendre ainsi d’autres civilisations, d’autres idéologies, d’autres mœurs, celles d’Afrique ou d’Asie, par exemple.

Mais le capitalisme est-il spécifiquement « occidental » ?

Est-ce que le capitalisme serait un produit de la race blanche ? Est-ce un produit de la culture occidentale ? Est-ce un produit spécifiquement européen et américain ? Est-ce un produit chrétien, catholique et protestant ?

Déjà les développements du capitalisme en Russie, au Japon, en Inde ou en Chine, au Brésil et en Afrique du sud, pour ne citer que ceux-là, démentent ce caractère prétendument spécifique à l’Occident et à la « race blanche ».

Et ce n’est pas seulement une histoire récente, liée à la phase dite de « mondialisation ». Le capitalisme du Japon a décollé avant la première guerre mondiale. D’autres pays ont tenté eux aussi de décoller et, s’il y a eu une intervention des puissances impérialistes occidentales, c’est au contraire pour faire obstacle au développement de pays concurrents et d’autres développements capitalistes régionaux.

Le même type d’argument laisse entendre que le racisme, que l’esclavage serait seulement celui des Blancs contre les Noirs ou les Jaunes.

Mais le capitalisme n’est rien d’autre qu’un mode de production parmi d’autres, fondé non sur une race mais sur des rapports de production et des forces productives. Ainsi, l’esclavage n’est ni blanc, ni jaune, ni noir, ni occidental, ni africain, ni asiatique, ni moyen-oriental, mais tout cela à la fois. C’est un mode de production qui s’est étendu à la planète, comme d’autres modes de production, c’est-à-dire à un niveau donné des forces productives et des rapports de production. Ce n’est pas une idéologie qui a produit le capitalisme, même si sa mise en place a nécessité des changements économiques mais aussi sociaux, politiques, et aussi, bien entendu, idéologiques.

Le lancement du capitalisme n’a pas été tenté seulement en Angleterre et aurait pu se faire dans bien d’autres régions. La Chine semblait même le candidat le plus probable, avec un développement de la bourgeoisie bien plus grand que dans le reste du monde et à une époque (celle dite de Jésus-Christ ou année zéro) où l’Europe était très en arrière. L’Inde a connu, elle aussi, un grand développement de la bourgeoisie fondée sur le grand commerce et sur l’industrie textile. Chine et Inde ont été défavorisées par l’existence des empires et de leurs forces répressives qui ont, à chaque époque cruciale pour le succès de la bourgeoisie, réussi à casser la montée de la bourgeoisie. Si l’Europe féodale a été un terrain plus propice, c’est d’abord à cause de la faiblesse du pouvoir des seigneurs de guerre, très inférieur à celui de la Chine ou de l’Inde. D’ailleurs, la bourgeoisie européenne n’a pu se développer et faire grandir également son pouvoir politique qu’à la faveur des guerres intestines de la féodalité, en particulier de la guerre de Cent Ans, sur le continent, et de la guerre des Deux Roses, en Angleterre. En France, aussi, ce sont les affrontements internes à la féodalité qui ont favorisé la montée de la bourgeoisie, notamment lors de la Fronde. Louis XIV a favorisé la bourgeoisie pour casser la contestation des grands féodaux qu’il a été obligé de casser pour établir son règne et développer le pouvoir de l’Etat.

Si le capitalisme a pris son envol en Europe, ce n’est pas pour des raisons religieuses, ethniques, idéologiques, raciales, mais parce que la bourgeoisie a réussi à y prendre le pouvoir politique.

Le débouché de la crise actuelle du capitalisme serait-il dans des affrontements remettant en cause le monde actuel sur le plan racial, sur le plan religieux, sur le plan ethnique ?

Certains courants politiques veulent mettre en avant cette perspective. On y trouve pèle-mêle des racialistes, des islamistes, des racistes, des terroristes, des radicaux de l’ethnisme, et autres nationalistes. Cela va d’une réaction contre le colonialisme (inventant une espèce de décolonisation contre les peuples occidentaux) à un antisionisme exacerbé (un Nétanyahou à l’envers).

Ces courants s’affirment pour une lutte des races remplaçant la lutte des classes et appuyent leurs perspectives politiques sur une analyse raciale du passé, qui renverse la thèse de la supériorité du Blanc en proposant une supériorité des autres races. Ils inventent également des fondements nouveaux à la crise du monde capitaliste dont la crise des valeurs, des mœurs, des idéologies, et on en passe, le monde marchant sur sa tête…

Les déclarations colonialistes des leaders bourgeois français sont l’occasion de répliques dans le sens racialiste.

Comme si le colonialisme et le néo-colonialisme puis l’impérialisme « occidentaux » agissaient au service et à la demande des « peuples occidentaux », comme si ces derniers n’avaient pas eux-mêmes leurs esclaves salariés et comme si ces salariés étaient des privilégiés complices.

Aux côtés des thèses d’un « capitalisme blanc », d’un « capitalisme occidental », on trouve également la thèse selon laquelle le capitalisme serait judéo-chrétien.

Les extrêmes-droites chrétiennes ou juives, pro-capitalistes, avaient déjà été inspiratrices de ce type d’idées. Elles sont reprises par des extrêmes droites anti-chrétiennes et anti-juives, qui se disent parfois anticapitalistes !!! Voir ici : « L’idéal judéo-chrétien de liberté, d’égalité et de fraternité est donc pour l’auteur fondateur de la civilisation du capitalisme »

Les premiers veulent une nouvelle croisade chrétienne pour sauver l’humanité et les seconds une nouvelle lutte raciale, dans le même but !

Il est certain que, sur la base de la crise profonde du système capitaliste, des barbaries de toutes sortes semblent prêtes à fleurir…

Bien entendu, tous ceux qui dénoncent le racisme, le fascisme, le colonialisme et tous les crimes du capitalisme ne défendent pas une thèse d’extrême droite pseudo anticapitaliste. Il est fréquent que les sionistes qualifient tous les antisionistes d’antisémites, que les défenseurs de telle ou telle religion qualifient ceux qui les combattent de pro-terroristes, que les sociaux-démocrates ou la droite qualifient les extrêmes gauches de « racisme à l’envers ». Ces défenseurs du capitalisme, y compris de ses guerres et de ses crimes, ont beau jeu de se prétendre les défenseurs de la démocratie !

Et, dans cette période de crise où il de bon ton de pousser aux communautarismes d’un bord sous prétexte de combattre le communautarisme de l’autre bord, on a vite fait de passer de la dénonciation de propos complices des terroristes à des propos complices des fascistes ! On passe vite ainsi de la prétendue défense de la laïcité à des idéologies d’extrême droite type « riposte la laïque ».

La discussion sur les origines du capitalisme, sur son caractére prétendument racial, ethnique, national, religieux, de mœurs, d’idéologie, est loin de s’en tenir au propos scientifique et historique et mène ainsi à des perspectives radicalement opposées et très radicales, même si ce n’est pas sur le terrain de la remise en cause du capitalisme.

Les communistes révolutionnaires prolétariens ont à se démarquer de ces pseudo-radicaux qui radicalisent en fait le racialisme, l’ethnisme, l’intégrisme et autres sexismes… L’avenir de l’humanité n’est pas dans une croisade ni dans un djihad, ni dans un bain de sang inter-religieux, inter-ethnique, ni inter-racial. Il est dans la remise en cause du capitalisme qui suppose la suppression de la propriété privée des moyens de production et de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le capitalisme n’était ni blanc, ni chrétien, ni juif, ni musulman, ni occidental et le communisme le sera encore moins !!

La thèse d’un « eurocentrisme » du capitalisme mondial

La thèse d’un « capitalisme racial »

Une interprétation opposée à la nôtre sur la réussite en Europe du capitalisme

Quand les économies asiatiques semblaient devoir dominer le monde : non loin de l’époque de Jésus-Christ…

La civilisation chinoise n’a pas été fondée par l’empire mais l’empire a bloqué le développement de la bourgeoisie chinoise

La grande duperie de la prétendue « civilisation occidentale »

Sortie des classes, l’identité menace - La race à la casse !

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