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Le système de cavalerie financière à la Madoff, une survie illusoire d’un capitalisme mondial en bout de course

lundi 7 août 2017, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Le capitalisme sans investissement productif privé, ne fonctionnant qu’avec une cavalerie financière à la Madoff, qu’en spéculant sur des actions pourries, qu’en misant sur des dettes, qu’en ponctionnant les finances publiques et en mettant en faillite Etats et banques centrales, est en bout de course : en avant vers des krachs financiers mortels !

Le 7 août 2007, débutait la plus violente crise du capitalisme depuis le krach d’octobre 1929 avec la décision de BNP Paribas de geler la valorisation de trois de ses fonds. Elle s’est mondialisée en trois temps avec l’effondrement du crédit consécutif à la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, la tourmente de la zone euro à compter de 2009 puis le choc sur les émergents à partir de 2013.

Dix ans après la crise de 2007, le capitalisme est proche de tomber dans un nouveau krach financier et il risque d’être plus destructeur encore que le précédent. Ce n’est pas nous qui le disons : c’est l’Autorité des Marchés Financiers.

Hugo Gerlier écrit pour Contrepoints : « Le rapport annuel de l’Autorité des Marchés Financiers était expressément attendu et la sanction est tombée, la crise (ou le krach) risque de survenir à n’importe quel moment. L’AMF explique que « les marchés financiers ont connu, en 2016, plusieurs épisodes de stress, avec de forts mouvements de prix et des pics de volatilité expliqués par la multiplication de nouvelles inattendues que les prix des actifs ont dû intégrer durant l’année ». Puis elle affirme « la difficulté des marchés à évaluer à leur juste valeur les actifs, dans un environnement marqué par des politiques monétaires expansionnistes. ». Sur les marchés financiers, il ne faut pas sous-estimer les risques de secousse. L’AMF note qu’il ne faut pas oublier que « le début de l’année 2016 a été ainsi été marqué par des périodes de stress notables, lorsque les craintes sur la croissance mondiale ont entraîné une chute des valorisations ». Le rapport redoute une correction des marchés financiers, et l’AMF indique qu’au niveau macroéconomique, la croissance qu’ont connu les pays occidentaux a été un succès modeste mais que les marchés financiers ont été soumis à de fortes fluctuations, à des « pics de volatilité ». De nombreux analystes notent que les « marchés sont trop chers », surtout le NASDAQ et le Dow Jones, aux Etats-Unis, où les augmentations des valeurs des actifs sont beaucoup plus rapides que celles de la croissance et de la croissance des bénéfices des sociétés. De plus, l’AMF s’inquiète de l’endettement, public et privé, mais surtout du niveau d’endettement privé des entreprises françaises non financières (avec aujourd’hui des taux très bas, mais si les taux remontent, il y a de gros risques). Faut-il craindre une bulle financière du côté Nord-Américain ? L’inquiétude majeure concerne donc une correction des marchés financiers. Malheureusement, on ne sait où, ni quand, et c’est un danger conséquent. »

La situation de 2007 se reproduit à encore plus grande échelle. Comme l’écrit Simone Wapler pour Contrepoint, « Les taux de défaut montent dans l’automobile et le pétrole de schiste aux États-Unis. Exactement comme à la fin de 2006 avec l’immobilier. nous sommes dans une « bulle de tout ». Les marchés sont truqués par le crédit illimité et presque gratuit fourni par les banques centrales. Ceci a gonflé les prix des actions, des obligations, de l’immobilier presque partout dans le monde. D’habitude les bulles sont localisées. Tout le monde a en mémoire la « bulle internet » de 2000 ou celle du crédit immobilier subprime titrisé de 2008. Par le passé, nous avions eu la bulle des tulipes (1637), les bulles des chemins de fer (1847), la bulle immobilière en Floride (1926) et enfin la bulle de Wall Street et 1929. Rien de neuf sous le soleil. Qui dit bulle dit krach. Dans une économie ouverte, l’éclatement d’une bulle fait des dommages collatéraux considérables, comme nous l’avons vu en 2008. Le krach suivant aura une ampleur inédite et pulvérisera notre système monétaire. Nous vivons dans une économie ouverte mais non dans une époque de libre marché. Nous vivons dans une période où une minorité forge la loi et a accès au crédit illimité et gratuit. J’appelle cette minorité « Parasitocratie » car elle vit et prospère à notre détriment. La création monétaire de ces 10 dernières années s’est faite dans le but de protéger la Parasitocratie de la faillite. Elle pénalise les épargnants qui mettent de côté pour financer un projet (immobilier, retraite, investissement dans l’outil de travail). Mais elle permet d’éviter la chute des gros maillons faibles de l’économie notamment dans le secteur financier, elle finance à crédit des dépenses publiques permettant d’acheter des voix d’électeurs. Cette « bulle de tout » craquera, bien entendu, comme toutes les bulles. Cette fois ne sera pas différente des autres, sauf évidemment par l’ampleur du krach qui s’ensuivra. Les emprunteurs faibles dépendent du crédit illimité et gratuit. Comme en 2003-2004, face à la bien timide tentative de la Fed de relever ses taux, les emprunteurs subprime commencent à craquer. Cette fois, ce n’est pas l’immobilier qui craque comme en 2008. Ce sont les emprunteurs du pétrole et gaz de schiste et de l’automobile. En reprenant le parallèle de l’immobilier subprime, la Fed avait haussé ses taux de 2004 à 2006, les augmentant de 1% à 4,25%. Ensuite, elle les avait gelés pour les baisser à nouveau en 2007 sans toutefois parvenir à enrayer la montée des défauts. Le prochain krach sera infiniment plus dévastateur car il devrait définitivement discréditer les banquiers centraux et cette folle prétention de vouloir contrôler les prix du crédit. Le système monétaire mondial en sortira profondément modifié. »

Voir ici « Pourquoi les pétroles de schiste sont les nouveaux subprimes »

Voir ici « Les prêts étudiants, nouveaux subprimes »

Voir ici « Les subprimes automobiles »

Au secours, les subprimes reviennent : Donald Trump s’y emploie et l’Europe acquiesce

Donald Trump invite les banques américaines à réinventer les subprimes

Depuis la crise de 2007-2008, la situation qui avait entraîné la crise s’est encore aggravé à tous les points de vue : la dette privée s’est considérablement accrue et elle s’additionne à une dette publique massive, les investissements productifs privés ont continué à chute, les spéculations type subprimes se sont multipliées, etc.

La dette de l’ensemble du monde, publique et privée, est passée de 190 % à 230 % du produit intérieur brut entre 2001 et aujourd’hui.

"La dette mondiale cumulée s’élève à 100.000 milliards de dollars."écrit en 2014 le journal bourgeois La Tribune et depuis cela s’est encore aggravé : Lire ici

Ces 36 dernières années, la dette des États-Unis a été multipliée par 22. Il avait fallu 220 ans pour atteindre 10.000 milliards de dollars de dette, et Obama a réussi à doubler cette dette en seulement huit ans.

En Chine, ce sont les entreprises qui ont multiplié par deux leur endettement depuis 2008 : il culmine aujourd’hui à 160 % du PIB. Dans ce pays, la croissance excessive du crédit menace de provoquer un ralentissement brutal de la croissance, susceptible de se propager à l’économie mondiale par les canaux du commerce international, des prix des matières premières ou encore du choc de confiance. L’endettement croissant de l’économie chinoise pointe du doigt le caractère non durable de celle-ci. L’économie chinoise n’a pas se sauver du krach et de l’effondrement que par des astuces techniques étatistes drastiques : blocage des ventes en bourse, contrôle policier de tous les actes boursiers, manipulation gouvernementale des leviers de la politique économique, fausse réforme des entreprises publiques, resserrement du crédit, prétention à une réorientation de son modèle de croissance vers la consommation intérieure. Aucune de ces « solutions » n’est durable ni vraiment efficace pour combattre le mal.

De même, la politique d’aides massives publiques du capitalisme japonais et son insuccès total à produire une quelconque relance économique, et notamment celle des investissements privés, pointe du doigt le fait que la dynamique capitaliste, qu’on l’aide ou pas, est durablement grippée et même définitivement arrêtée.

Dans une étude publiée en septembre dernier, le cabinet spécialisé Addenda Capital se demandait « si la politique monétaire, étant donné son faible impact sur la croissance économique malgré le degré d’interventions sans précédent, est l’instrument approprié ». D’autant qu’« on constate une appréciation marquée des prix de plusieurs actifs financiers gonflés par l’abondante liquidité malgré la faiblesse économique. Étant donné le vieillissement de la population et le ralentissement sinon l’épuisement des gains de productivité, l’acharnement monétaire semble vain. Pire encore, le prix des actifs financiers augmente de façon dangereusement rapide relativement au rythme de la croissance économique sous-jacente. »

Les « solutions » employées par le capitalisme mondial pour bloquer l’effondrement de 2007-2008 n’ont pas non plus réglé quoi que ce soit durablement et en particulier leur politique dite de « quantitative easing » consistant notamment à acheter des obligations pourries ou des billets de trésorerie émis imprudemment par les entreprises, à reprendre les actifs douteux de banque ou à les garantir.

Depuis 2007-2008, le capitalisme n’est plus ce qu’il était. Les capitalistes ne se lancent plus dans des investissements privés productifs sans de solides interventions étatiques et des garanties sur fonds publiques. Les résultats de l’enquête mondiale menée par Legg Mason sur les comportements d’investissement (Global Investment Survey) montrent clairement l’impact de la crise financière de 2007/2008. Dans les 17 pays concernés par cette enquête, plus de la moitié (57 %) des investisseurs actuels affirment que leurs décisions d’investissement restent influencées par le krach boursier de 2007/2008 et la récession qui a suivi. Le Global Investment Survey de Legg Mason en 2017 montre clairement que la crise financière de 2007/2008 continue d’influencer le comportement des investisseurs et les discours rassurants sur la « sortie de crise » dix ans après n’y fait rien.

La vraie question est de savoir si les économies capitalistes des différents pays et les Etats seront mieux préparés qu’en 2007 pour affronter le prochain choc. La croissance reste artificiellement soutenue par les aides des banques centrales…

Krishen Rangasamy, économiste Banque Nationale Marchés financiers, de conclure qu’en injectant trop de liquidités trop longtemps, en maintenant des taux d’intérêt trop bas trop longtemps, « les banquiers centraux ont probablement semé les germes de la prochaine crise financière. Le crédit bon marché a fait monter les prix des actifs tels que les obligations, les actions et les maisons au cours de la dernière décennie, déclenchant l’alarme d’un krach futur. »

C’est la presse économique capitaliste qui pose la question : « Dix ans après la crise des subprimes, sommes-nous à la veille d’un nouveau krach ? » voir ici

On considère désormais les pays qu’on avait présentés comme les « moteurs » de la croissance mondiale après 2008, la Chine et les économies dites « émergentes », comme les plus susceptibles de déclencher une nouvelle crise mondiale.

La dévaluation soudaine de la monnaie chinoise, lors d’un ralentissement marqué de son économie et d’un krach de sa bourse, laise craindre que la crise est bien plus profonde qu’on ne l’avait pensé. L’Amérique latine, l’Europe de l’Est, l’Asie et l’Afrique font face au rapatriement massif de capitaux vers l’Occident. Leurs bourses, leurs marchés obligataires et leurs devises chutent, et le fardeau de leur dette est alourdi par la hausse conséquente du dollar américain.

Derrière tous ces développements se trouve une montée mondiale de pressions déflationnistes, reflétée dans la baisse continue des cours des matières premières – pétrole, gaz naturel, cuivre, fer et autres métaux.

L’Europe et le Japon sont en récession, et la « reprise » américaine s’avère à la fois fragile et creuse. Aucun pays ou groupe de pays ne semble être en position de sauver le capitalisme mondial du désastre.

« L’économie mondiale est comme un paquebot sans canots de sauvetage », écrit Stephen King, économiste chez HSBC, troisième banque mondiale. Il met en exergue trois dangers : le risque d’un krach, l’échec des fonds de pension et des assureurs à satisfaire leurs obligations, et la perspective d’une récession chinoise qiu ferait glisser les États-Unis dans une dépression.

King appelle la Chine « l’amortisseur de l’économie mondiale, un sac de boxe qui peut amortir des coups qui auraient autrement totalement déraillé la croissance mondiale. (...) Il serait sans doute sensé pour la Chine aujourd’hui de résoudre ses déséquilibres internes. Mais si elle le faisait, le reste du monde aurait besoin de trouver un nouvel amortisseur. Il n’est pas du tout évident qu’il y ait une autre économie à la hauteur. »

King observe que depuis 2008, la dette mondiale a grimpé de 40 pour cent à 200,000 milliards de dollars, soit près de trois fois la valeur de l’économie mondiale. Ce surendettement massif limite sévèrement la capacité des Etats et des banques centrales de faire face à une nouvelle crise.

Le Wall Street Journal a publié un article intitulé « Les États-Unis manquent de munitions pour la prochaine crise ». Il remarque que la Réserve fédérale ne peut pas réduire les taux d’intérêt en cas de nouvelle crise, après les avoir tenus près de zéro depuis décembre 2008, et qu’elle est déjà chargée de dettes, ayant quadruplé son bilan à plus de quatre mille milliards de dollars. Le Journal s’inquiète donc qu’il n’y a plus de tampons pour amortir la prochaine crise.

Même l’économie US est loin de rassurer… Jean-Paul Betbeze écrit : « L’économie américaine pourrait de nouveau entrer en récession. Certains facteurs sont en train de s’additionner pour qu’elle puisse s’installer. »

Les faillites des établissements commerciaux sont en hausse aux Etats-Unis, et la Banque des règlements internationaux envoie un message inquiétant.

L’Europe ne va pas mieux : une faillite à venir…

Les banques centrales ont eu beau se mettre en quatre au point de devoir reculer pour ne pas chuter elles-mêmes, elles sont accusées maintenant d’effrayer les investisseurs !!!

Nick Hubble écrit : « Robert Shiller, le célèbre prix Nobel d’économie et spécialiste des marchés financiers, n’est pas exactement du genre à vous donner un avertissement clair. Mais le ratio qu’il a conçu, le CAPE, est presque à 30 en ce qui concerne les actions américaines. Un tel niveau n’a été atteint qu’à trois occasions dans l’histoire – 1929, 1999, 2007. Ai-je vraiment besoin de vous rappeler ce qui a suivi chacune de ces dates ? Le CAPE mesure le ratio cours/bénéfices (PER), c’est-à-dire le prix que vous payez pour chaque dollar de bénéfice. Par exemple, une entreprise dont l’action cote 50 $ et dont le bénéfice annuel par action est de 10 $ affichera un PER de 5. Les propriétaires de petites entreprises valorisent généralement leur entreprise à environ 5 fois les bénéfices annuels. Avec un CAPE de 25, cela signifie que les investisseurs payent en moyenne 25 $ chaque dollar de bénéfice. C’est extrêmement cher. Le ratio CAPE du FTSE 100 est encore plus élevé, il atteint plus du double de sa moyenne historique, qui s’établit à 15. Si les profits n’augmentent pas fortement, le prix des actions va plonger. » Source

Le journal Le Monde commente : « En dépit des « plus jamais ça » et des nouvelles régulations, les excès de la finance sont de retour. Avec le risque d’un nouveau krach. » Lire ici

Qu’est-ce qui distingue la situation actuelle, de chute générale et permanente, due à une suraccumulation du capital des anciennes crises classiques du capitalisme ?

Tout d’abord, il convient de rappeler comment fonctionne, en temps normal, le mécanisme d’accumulation du capital, qui est, rappelons-le, le mécanisme central qui dicte son fonctionnement au système capitaliste.

Voici comment Marx exposait la chose : Lire ici

Marx envisageait-il dans "Le Capital" l’hypothèse d’une surproduction de capital ?

Marx et Engels disaient-il que le capitalisme ne pouvait pas se détruire lui-même ?

Voici pourquoi la situation actuelle est une crise de suraccumulation du capital : lire ici

Dans Le Monde du 16 juillet 2012 :

La crise expliquée par le sous-investissement productif aux USA -1960-2010 Voilà un an, l’examen du taux d’investissement des entreprises nous a conduit à examiner les relations entre l’accumulation du capital et la crise. Dès cet hiver, nous avons plaidé pour la thèse suivante : la crise n’est pas une crise financière, mais la crise d’une économie financiarisée. Une économie est financiarisée quand les phénomènes de production de richesse, de répartition de revenu, de formation des patrimoines sont intimement liés à une sphère financière avec laquelle ils interagissent en profondeur. L’affaiblissement de la capacité de production de richesse du pays est donc en liaison permanente avec des circuits d’échange de marchandises et de flux financiers qui permettent au système de prospérer en même temps qu’il s’affaiblit. Nous avons tenté d’expliquer que cet affaiblissement avait pour cause ultime la double accumulation de capital – financier et productif – des entreprises placées sous la pression d’une rivalité patrimoniale. L’examen détaillé du rôle des revenus des diverses formes de capital nous a permis de vérifier cette thèse de manière analytique. Cette relation entre l’affaiblissement productif des USA, la montée de sa dépendance extérieure - mesurée par les déficits de sa balance des paiements et de sa balance des flux financiers, la création monétaire systémique de son marché financier stimulée par l’épargne importée, le gonflement de la valeur des patrimoines financiers et l’endettement général qui les accompagne devait se terminer en crise financière. Mais la crise ne peut être uniquement vue comme une crise financière. Nous avons pour notre part mis en exergue un phénomène qui nous paraît essentiel : plus le système productif s’affaiblit, plus les revenus agrégés des ménages américains les plus aisés s’accroissent. Nous avons régulièrement expliqué que les déficits extérieurs étaient très largement le résultat de l’intérêt des ménages les plus riches à contenir la progression des salaires afin de capter une part croissante de la richesse. Dans cette mesure, les déficits qui résultent de la dégradation de la balance commerciale des biens de consommation s’inscrivent dans un modèle de croissance où l’enrichissement des plus riches et les déficits des comptes extérieurs conduisent à la crise financière. La crise financière doit toujours être reliée à l’ensemble des phénomènes avec lesquels elle tisse des liens profonds. Nous voudrions dans ce post montrer que le seul facteur qui explique l’affaiblissement productif de l’économie américaine réside dans la captation d’une fraction grandissante de la richesse par 20 % des ménages (en comptant très large). Pour cela il faut d’abord montrer que ni les coûts du travail au sens large, ni les dépenses publiques n’ont été la cause de la baisse de l’investissement productif aux USA. Nous aurions pu faire ce travail plus tôt. Mais si nous avions commencé par là, il nous aurait été impossible de comprendre le jeu des rivalités patrimoniales entre les détenteurs d’actifs mobiliers et immobiliers, rivalité qui a abouti à faire des entreprises des accumulateurs de capital productif et des accumulateurs de capital financier. De même, il ne nous aurait pas été possible de comprendre la relation entre la montée de l’endettement des entreprises et cette double accumulation alors que les entreprises ont toujours disposé d’une marge d’autofinancement suffisante en théorie si l’on tient compte de leur chiffre d’affaire avant que n’interviennent les soustractions des revenus de la propriété. Et au final, nous aurions été dans l’incapacité de montrer que depuis l’acmé de la crise en 2008-2009, la logique de l’investissement productif est de privilégier l’accumulation financière au détriment de l’investissement productif. C’est cette Logique qui condamne le trésor des USA à soutenir l’économie à coup de billiards de dollars alors que la FED par ces opérations de QE 1 et de QE 2 tend à soutenir le marché financier, et à orienter les entreprises américaines vers des investissements financiers qui ne peuvent extraire le pays de la crise. La persistance du chômage et le gonflement d’un chômage de longue durée n’ont pas d’autre origine. On peut aussi dans cette perspective soutenir que l’économie américaine est condamnée à la rechute. Si l’on doit statuer sur le statut de la crise, il est temps de dire que la dépression actuelle persistera tant que la croissance économique financiarisée sera à l’avantage d’une fraction réduite de la population américaine : toute l’organisation et les (dys)fonctionnements d’une économie financiarisée s’enracinent dans une distribution de revenu où la propriété directe et indirecte du capital est au cœur du transfert de richesse vers le haut de la pyramide sociale. Ce sont les rapports de classe autour de la distribution du revenu qui sont à la base la crise du capitalisme américain et de l’incapacité du pays à sortir de la crise.

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