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« S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! »

mercredi 23 août 2017, par Robert Paris

éditorial de La Voix des Travailleurs :

« S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! »

L’Ancien régime capitaliste (d’un capitalisme à l’agonie) frappe lui aussi avec des accents à la Marie-Antoinette d’une noblesse sur sa fin. Les anciens capitalistes ne valent pas plus cher que les anciens féodaux, les anciens gouvernants bourgeois que les anciens Bourbons.

Vous êtes chômeur, devenez auto-exploiteur ! Vous êtes précaire, devenez contrat de projet, précaire à vie ! Vous n’avez plus de travail, cherchez à devenir milliardaires ! Vous n’avez plus d’APL, vous êtes sans logis, regardez les gouvernants dormir au château de Versailles ! Vous avez rêvé de vacances, dormez dans une gare en panne et courrez d’une gare à l’autre pour trouver un train, Pépy vous expliquera que tout cela est normal, qu’il n’y a aucun problème de maintenance, aucun problème de matériel, rien du tout, et que la marche à pied avec des familles avec bagages qui ont économisé toute l’année pour se retrouver à faire des va-et-vient entre la gare du Nord et la gare Montparnasse pendant quatre jours sur six jours de liberté, c’est ça les vacances ! Vous êtes choqués de la corruption des gouvernants, voici des ministres qui prônent ouvertement le conflit d’intérêt ! Vous en avez assez du discours moralisateur des bandits qui nous gouvernent, désormais vous l’aurez matin, midi et soir ! Vous êtes révolté d’être sans cesse plus pauvre, eh bien le président se charge de vous expliquer que les vraies victimes ce sont les patrons ! Vous craignez le licenciement, le gouvernement vous offre des facilités légales au licenciement… pour les patrons ! Vous craignez les pressions dans le travail et les risques de licenciement abusif, pas de problème, le gouvernement les rend plus faciles et moins coûteux devant les Prud’hommes ! Vous devez passer en prud’hommes, eh bien vous ne pouvez plus être défendu par un collègue de travail et tout est fait pour mettre des bâtons dans les roues pour déposer votre dossier ! Vous voulez profiter de l’existence et respirer un peu, le président vous propose de travailler plus pour gagner moins ! On les entend les « défenseurs de la valeur-travail », on voit bien qu’ils s’occupent surtout de la valeur-capital tirée du travail et on sent leur préoccupation sur notre dos en fin de journée !

Mais à quoi sert de nous plaindre quand nous voyons « nos » dirigeants politiques, comme la social-démocratie, se faire eux-mêmes les artisans de notre destruction économique, sociale et politique, au point de s’autodétruire eux-mêmes ? A quoi sert de nous plaindre quand nous voyons les « chefs » syndicaux se faire les artisans de nos divisions, de l’émiettement, de l’étouffement de nos luttes, des négociations contre-productives avec nos pires ennemis du patronat et du gouvernement ? Comme l’avait dit Karl Marx, c’est seulement quand nous prendrons notre sort en mains, que « les riches vont faire quelque chose pour les pauvres : descendre de leur dos… »

Et ils n’y sont pas portés tout naturellement, les diables ! Ainsi, le journal patronal « La Tribune » écrivait tout naïvement : « Barack Obama a décidé de fixer à 500.000 dollars la rémunération annuelle maximale des dirigeants bénéficiant d’aides publiques. Est-ce une bonne chose ? »

Mais non ! Ce n’est pas une bonne chose de limiter la rémunération annuelle des PDG à 500.000 dollars ! Ce sont les salaires, on vous l’a assez dit, qu’il faut baisser ! Ces salauds de salariés prétendent gagner autant alors que le système est menacé !

Eh oui, quand le soir on en a plein le dos, est-ce qu’on mesure que l’on supporte là le poids cumulé des gros actionnaires, des patrons, des PDG, des gouvernants à leur service, des armées, des polices, des bureaucraties, des potentats, des mafias financières, des banquiers, des financiers, des bourses, des assurances, des mille et uns profiteurs aux dents qui raclent le sol ? On paie aussi tous les média au service des mêmes qui sont là, quand on est censés de reposer pour nous faire le bourrage de crâne à la maison, en famille !!! Pour qu’on allume nous-mêmes le téléviseur qui nous diffuse le discours mensonger des Marie-Antoinette de tous poils et qu’ils nous baratinent toute la soirée…

Oxfam a tout récemment démontré comment 85 individus (oui 85 !) se trouvent être aussi riches que la moitié de la population mondiale ! Eh bien, vous apprenez à la télé que ce n’est pas assez et que les travailleurs empêchent, par leurs exigences exagérées, la société de repartir, l’économie de se relancer, le capitalisme d’avoir un avenir, alors qu’il stagne depuis 2008, malgré des aides financières massives des Etats et des banques centrales, les capitaux privés refusant de s’investir dans la production et n’en exigeant pas moins la rétribution du capital !

Les peuples sont les victimes des guerres et du terrorisme ! Eh bien, les Etats capitalistes occidentaux continuent à les frapper lorsqu’ils sont contraints de migrer, leurs maisons détruites par les bombardements et la terreur occidentale s’ajoutant à la terreur de bandes armées financées et armées notamment par les puissances occidentales ! Ceux-là aussi, les classes dirigeantes leur crient : qu’ils aillent crever ailleurs et qu’ils mangent de la brioche ! Ils le clament à la gueule des Roms, pourchassés dans toute l’Europe comme l’ont été autrefois les Juifs et les Gitans ! Ils le clament aussi à la gueule des Afghans, des Syriens, des Yéménites et autre Irakiens, chassés de chez eux ! Mais, ne demande pas qui reçoit les coups, ils seront aussi demain pour toi !

Pour ces gens-là, « il y a les gens qui réussissent, et il y a ceux qui ne sont rien », il y a « les entrepreneurs » et « les sans-dents », il y a les investisseurs et « ceux qui restent accrochés » à « des privilèges dépassés » de salariés et de fonctionnaires ! Pour ceux-là, les travailleurs sont les profiteurs, ceux qui sont arriérés, qui refusent les réformes indispensables, et patati et patata ! Heureusement que les gouvernants ont le sens des réalités, comprennent qu’il va falloir faire des sacrifices et, en guise de sacrifice, se sucrent à milliards sur les fonds publics qu’ils prétendaient défendre ! Heureusement qu’ils affirment en même temps que les fonds publics sont en faillite et qu’ils vont faire cadeau de leurs impôts ISF aux investisseurs, qu’ils vont pérenniser le crédit d’impôts, qu’ils vont offrir de nouvelles aides à milliards aux entreprises sous tous les prétextes imaginables et inimaginables : innovation, emploi, exportations, recherche, avec des partenariats privé-public, avec des privatisations, avec des subventions, avec des suppressions de taxes et d’impôts et on en oublie. Ensuite, bien entendu, il faudra faire des économies : suppressions de dotations de ministères, suppressions d’aides sociales, suppressions d’APL, suppressions d’allocations chômage, restrictions pour les retraités, hausse de la CSG, suppressions d’emplois d’infirmières, d’aides soignantes, de cheminots, etc. Si cela ne vous plait pas, c’est que vous n’avez pas le sens des réalités, que vous ne comprenez pas qu’il faut réformer, que vous être attachés à des vieux avantages et privilèges ! Arrêtez de profiter de l’Etat, arrêtez de profiter des investisseurs, arrêtez de ponctionner l’économie réelle, laissez le capitalisme se développer harmonieusement, voyez-vous ! S’il ne parvient pas à décoller depuis son effondrement de 2007-2008, c’est parce que vous, salariés, prétendez être payer par un salaire fixe, avec un contrat fixe, des horaires fixes, des charges de travail fixes, alors que vous devriez être plus flexibles qu’un tuyau, plus actifs qu’une machine, plus malléables aussi, et sans jamais de fatigue ! Pas question de burn-out, ça c’est purement psychologique, c’est dans votre tête ! Non, du dévouement que diable !

Alors, si vous n’êtes pas convaincus que nous, salariés, et les classes possédantes, le moins d’1% qui possède la totalité des richesses, nous ne vivons pas dans le même monde et avons des intérêts diamétralement opposés, ne vous inquiétez pas : les possédants iront jusqu’au bout pour vous en convaincre car le bout en question, ce sera de nous transformer en esclaves, chargés même de payer le prix des chaînes et les prisons pour les récalcitrants. Et le prix à payer, ce sera aussi de transformer le monde en guerre permanente et mondiale, avec des massacres et des terrorismes dans tous les coins.

Décidément, il n’y aura que la révolution sociale que ces classes possédantes et leurs petits copains gouvernementaux n’auront pas volée ! Inutile d’attendre que les dirigeants réformistes en soient eux aussi convaincus, ils sont imperméables à la réalité de la lutte des classes et, s’ils vivaient à l’époque de Spartacus, ils négocieraient encore le poids des chaînes ! Les fanatiques du stylo de signature d’accords, ils continueraient de frapper même dans les camps d’internement, même sur les champs de bataille, même devant les forces fascistes !

Ne comptons ni sur les Etats bourgeois, ni sur les partis réformistes, ni sur les élections, ni sur les politiciens menteurs, ni sur les bureaucrates syndicaux, ni sur les chefs militaires ! Organisons nos propres conseils de travailleurs et prenons le pouvoir sur nos luttes comme sur toute la société !

4 Messages de forum

  • Ni politicien, ni média, ni gouvernement,

    Ni partis, ni syndicats, ni patrons,

    Ne laissez personne décider de votre avenir à votre place !

    Organisez-vous pour discuter et décider vous-mêmes !

    Les seules élections qui nous concernent seront celles qui nous permettront d’élire nos délégués aux comités et assemblées interprofessionnelles qui organiseront la liaison de nos luttes sans passer par les appareils bureaucratiques !

    La seule lutte qui se fera craindre du patronat et du gouvernement bourgeois sera menée par les travailleurs eux-mêmes et pas négociée dans notre dos par des centrales qui sont syndicales en titre et qui ne discutent qu’avec les patrons !

    Le seul avenir social qui nous est réservé est la dégradation rapide de nos conditions de travail et d’existence, tant que nous n’aurons pas décidé de nous organiser par nous-mêmes pour prévoir un autre avenir !

    Le capitalisme n’a pas mieux à nous offrir que d’assister à sa propre fin ! Nous, travailleurs, avons un tout autre avenir à organiser, si nous nous en donnons les moyens !

    N’attendons pas que les capitalistes nous licencient, licencions le capitalisme !

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  • En cas de faillite bancaire ou financière, la loi autorise en France le vol des comptes et des épargnes des particuliers !!! Lire ici

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  • Macron, en chute dans les sondages, est largement accusé de favoriser les Français les plus aisés, en repoussant ou en étalant les réformes bénéficiant aux plus modestes (exonération de la taxe d’habitation, baisse de cotisations maladie et chômage sur les salaires…).

    Le ministre devait ainsi confirmer, mercredi, la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière, tout en précisant que l’immobilier professionnel continuera à y échapper, comme le souhaitait le patronat

    De plus, outre le fait qu’il est impossible de s’assurer que les sommes non imposées iront bien irriguer le tissu économique, la réforme risque de favoriser la frange supérieure des Français les plus aisés, des « super-riches » aux très hauts patrimoines, qui détiennent en moyenne davantage d’actions et autres titres d’entreprises, mais aussi des œuvres d’art, des yachts, etc.

    Le gouvernement prévoit la baisse du taux d’impôt sur les sociétés (IS). Il sera ramené à 25 % d’ici à 2022 (contre 33 % aujourd’hui), mais la trajectoire ne sera pas liée à la taille des entreprises, contrairement à ce qu’avait dessiné le précédent gouvernement

    Sur le crédit d’impôt compétitivité emplois (CICE), symbole polémique du quinquennat Hollande, il sera bien transformé en baisse de charge pérenne à partir de 2019, avec un taux abaissé de 7 % à 6 %.

    Et pour le chômage ? Les chiffres sont impitoyables. Et contradictoires : Le nombre d’inscrits à Pôle emploi a augmenté en juillet. Pourtant, d’autres indicateurs montrent une reprise de l’économie.
    Quelle est donc l’explication de ce mystère ?

    Le PIB progresse, pas l’emploi !!

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  • Le PIB progresse, pas l’emploi et pas le niveau de vie !

    D’après l’institut de statistiques, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine est de 20.300 euros, soit 1.692 euros par mois.

    Le niveau de vie des Français encore inférieur à celui de 2008.

    Et ce ne sont que des moyennes ! C’est pire pour les plus bas revenus !

    Macron et les classes possédantes sont effectivement dans le « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! »

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