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Le viol, inséparable des violences de la société de classe

mercredi 18 octobre 2017, par Robert Paris

Le viol des femmes, loin de diminuer, augmente et se banalise à la faveur de la montée des violences sociales, guerrières, fascistes et terroristes des classes possédantes

L’actualité en France et aux USA est marquée par la dénonciation de Weinstein et de ses viols. Car il s’agit bel et bien de viols, même si média et hommes politiques préfèrent parler pudiquement de « harcèlement », montrant ainsi le caractère hypocrite de leur indignation à retardement que l’on avait déjà très bien vu lors du même type d’affaires concernant des responsables politiques, de DSK à Chirac, en commençant par l’idole démocratique J.F. Kennedy pour finir par l’affreux Trump qui se revendique publiquement comme violeur sans causer autant d’indignation mondiale que Weinstein.

Les média présentent la montée des violences comme un produit d’individus détraqués, ce qui est bien le cas, mais pas comme le produit d’une montée de la violence sociale dans toute la société bourgeoise, dérive collective voulue par les classes possédantes et qui autorise et même favorise les dérives individuelles.

L’accroissement des violences contre les femmes ne concerne pas seulement des relations individuelles entre hommes et femmes mais d’abord la société qui les organise et les dirige, la société capitaliste. Or, celle-ci ayant atteint son sommet et est en train de s’effondrer sur elle-même, les classes possédantes ne voyant pas d’autre issue qu’une chute dans la violence généralisée, violence sociale, violence guerrière, violence terroriste et bien d’autres.

La banalisation du viol des femmes étonne parfois chez les hommes, notamment dans une jeunesse déboussolée, violente, qui défend maintenant ouvertement et clairement que toute femme, vêtue librement ou se comportant librement, se désignerait elle-même comme une cible de viols et violences et qui conçoit la sexualité uniquement comme agression physique de la femme.

Pour cette fraction machiste des nouvelles générations, il n’y a que deux images de la femme : celle épurée de leur mère ou de leur future femme, ou celle des femmes montrées dans les films de l’internet porno qui est de plus en plus violente. On y montre des femmes objet, des femmes méprisées, des femmes torturées, des femmes emprisonnées, des femmes dégradées et violentées. La société occidentale, se disant hypocritement adepte de la liberté des femmes quand il s’agit de critiquer le monde musulman, ne combat nullement cette explosion de l’internet porno et de sa tendance la plus violente, qui privilégie le viol et la torture.

Mais la multiplication des violences faites aux femmes dans le monde a une autre cause que les dérives des nouveaux média, que le laxisme d’internet envers la pornographie, c’est la montée des violences de la société de classe, celle voulue par la classe possédante.

En effet, à toutes époques, on a remarqué le lien entre les grandes augmentations des viols et les phases de déstabilisation sociale, de guerres, de guerres civiles et de violences de toutes sortes. Toutes les guerres sans exception ont mené les soldats à pratiquer des viols de masse. Même les prétendues armées chargées de libérer les peuples du fascisme, comme la deuxième guerre mondiale du côté allié, ont mené à exercer des viols en masse contre les peuples soi-disant libérés. Plus récemment, il en a été de même pour les guerres soi-disant chargées de renverser un dictateur, comme en Côte d’Ivoire ou au Centrafrique, soi-disant chargées de sauver un peuple d’une catastrophe, comme en Haïti, soi-disant chargées de combattre le terrorisme comme en Syrie-Irak

Les vagues terroristes, que ce soient celles de bandes armées inofficielles ou celles des grandes puissances qui interviennent militairement partout dans le monde, se sont accompagnées de vagues de viols. Des femmes ont été massivement violées par les bandes armées de toutes sortes, occidentales ou orientales, payées ou non payées, intervenant soi-disant pour sauver les peuples ou ouvertement pour les écraser. Les viols ont été parfois utilisés comme un moyen politique de terreur, comme arme de guerre ou comme moyen d’écraser des peuples révoltés, et parfois comme une des formes de paiement de ces hommes en arme appartenant à ces bandes armées. Viols et violences sont attachés comme le sont également viol et pouvoir, ainsi qu’on peut le constater en ce qui concerne des hommes politiques, des gouvernants, des patrons, des hommes puissants des média, du cinéma, des forces de répression ou d’autres domaines de la vie sociale. Lorsque les forces armées se croient tout permis contre les peuples, elles se croient également tout permis contre les femmes, les tabous tombent, y compris quand ces crimes n’ont que des buts individuels, des buts de « consommations » privées, y compris si ceux-ci ne sont pas autorisés par les gradés.

Les viols ont été légion non seulement de la part des armées coloniales, des armées d’occupation, des armées des dictatures, des armées des guerres interethniques, interreligieuses, interrégionales, des armées nationales réprimant des minorités, réprimant des soulèvements populaires, des armées nationales soi-disant en guerre contre les narcotrafiquants, contres le terroristes et bien d’autres…

Quand un peuple est écrasé, quelle que soit la raison de cet écrasement, c’est toujours directement les femmes qui trinquent, victimes de viols collectifs quand ce n’est pas de tortures et de meurtres de masse. Les exemples ne manquent malheureusement pas, depuis les viols de l’armée française au Centrafrique alors qu’elle était soi-disant intervenue pour sauver la population des violences, les viols de toutes les armées en Yougoslavie, les viols des armées birmane ou indienne, zaïroise ou étasunienne, etc. L’origine nationale, ethnique, religieuse, régionale n’y change rien : dès que la violence est permise aux soldats, ils s’en servent contre les femmes, partout dans le monde, dans toutes les régions, contre toutes les femmes !

Le niveau atteint par le viol des femmes est inséparable du développement général de la violence des classes dirigeantes et ce dernier dépend des difficultés rencontrées par les classes possédantes et leurs Etats pour dominer la société.

Ce n’est pas seulement le niveau de la barbarie individuelle qui est mesurée par les violences faites aux femmes, mais c’est aussi le niveau de la barbarie sociale de la collectivité, déterminée par le niveau de violence exigé par la classe possédante pour terroriser les peuples.

La libération des femmes est inséparable de la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme et sans suppression des Etats au service des exploiteurs, il n’y aura pas non plus de suppression des viols collectifs des forces de répression.

Dernier point, et non le moindre : une telle campagne médiatique, soi-disant contre le harcèlement, peut devenir aisément un moyen de remonter les uns contre les autres les hommes et les femmes, comme on a déjà monté les uns contre les autres les musulmans et les non-musulmans, les jeunes de banlieue et les autres, les migrants et la population ou encore les Roms et les Français…

8 Messages de forum

  • Trump a dit à propos des femmes :

    "Quand on est une star, elles nous laissent faire. On fait tout ce qu’on veut", dit Donald Trump.

    " Prenez-les par la chatte " dit-il également.

    « Il faut les traiter comme de la merde ».

    Il a justifié les agressions sexuelles au sein de l’armée par le fait qu’on « mélange les femmes et les hommes ».

    Il a dit que les femmes qui avortent devraient être punies.

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  • Cette campagne lancée au nom de la protection des femmes et des homosexuels, avec le soutien du milieu de la politique identitaire, sera invariablement utilisée pour renverser les droits démocratiques et sociaux et légitimer les idéologies les plus arriérées et les plus réactionnaires.

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  • Le ministre de la défense, Sir Michael Fallon, est la première tête bien en vue à tomber dans un scandale sexuel qui engloutit la politique britannique, et qui a pris des dimensions de plus en plus artificielles.

    Fallon a démissionné après avoir été obligé de s’excuser d’avoir mis la main sur le genou d’une journaliste il y a 15 ans. Ceci en dépit du fait que la femme impliquée, Julia Hartley-Brewer, ne s’était pas plainte et s’est publiquement dissociée de ce qu’elle a décrit comme une « chasse aux sorcières politique ».

    Fallon est parmi les 40 députés conservateurs à figurer dans un « dossier sale » divulgué au journal The Sun de Rupert Murdoch. Si la plupart des noms sont expurgés, il y aurait les noms de six ministres en exercice. Une quinzaine de noms se rapporteraient à des relations consensuelles, tandis qu’un député conservateur est accusé de « textopornographie » visant une jeune femme qui avait postulé pour un emploi, et un autre est le sujet d’une enquête pour avoir demandé à son assistante personnelle d’acheter un sex-toy pour sa femme.

    Ce scandale sexuel, si ce terme peut être considéré valable, est né dans la foulée de celui portant sur le producteur de films américain Harvey Weinstein, qui s’est amplifié en touchant Kevin Spacey et Dustin Hoffman. Il est affirmé que Westminster est l’équivalent britannique de Hollywood – un endroit où le harcèlement sexuel et la misogynie sont tellement répandus et enracinés qu’ils ne peuvent être traités qu’en « dénonçant publiquement » les personnes impliquées, sans l’ennui fastidieux d’une procédure judiciaire.

    Aucune preuve n’a été fournie pour étayer de nombreuses accusations et, jusqu’à présent, aucune personne n’a été mise en examen.

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  • La nouvelle mode lancée par les classes dirigeantes et propagée par la partie la plus naïve de la petite bourgeoisie : balancez votre voisin !!! La délation est présentée comme la libération de la parole, la vraie démocratie !!!

    Macron se présente comme libérateur des femmes mais fricotte avec Trump et l’Arabie saoudite !!!!

    Vous pouvez dénoncer un ancien conjoint violeur, de manière anonyme, le jeter, sans preuve et sans courage, à la vindicte publique en faisant croire que la violence contre les femmes ce ne serait pas une question collective mais le seul problème d’individus violents.

    Vous pouvez aussi dénoncer de manière anonyme votre professeur, votre médecin, votre hôtelier, votre restaurateur, à la vindicte publique.

    Vous pouvez dénoncer votre voisin pour avoir des biens non déclarés.

    Vous pouvez dénoncer aussi celui qui vous semble avoir des positions louches, type « théorie du complot »... Ou type « lutte des classes »...

    Vous pouvez dénoncer l’infirmière à l’hôpital public ou votre collègue au boulot.

    Tout cela de manière anonyme...

    Bien sûr, tout cela a l’air peu sympathique, pour ne pas dire glauque parfois, mais plein de bonnes intentions.

    Mais du côté des classes possédantes, c’est plein d’intentions sanglantes.

    Chasse aux sorcières, inquisition, fascisme, cela ne vous rappelle rien...

    Une fois l’idée devenue habituelle, savez-vous qui sera désigné à la vindicte publique, quel musulman, quel juif, quel militant, quel syndicaliste, qui encore ?

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  • Pourtant, c’est une bonne chose que le harcèlement des femmes soit dénoncé, non ?

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  • Dénoncé par qui ? Par les femmes et les hommes qui veulent combattre la dérive de la société contre les femmes, contre les étrangers, contre les opprimés et les exploités, oui. Dénoncé par les média, méfiance. Dénoncé par les hommes politiques et les classes dirigeantes ? Hypocrisie ! Un Macron se met particulièrement en avant dans cette affaire ainsi que son gouvernement, mais les mêmes embrassent le macho violent et violeur Trump, vont fricotter avec l’Arabie saoudite oppressive vis-à-vis des femmes, couvre les militaires français qui commettent des viols du Centrafrique à Haïti, les policiers violeurs, etc, etc... La situation des femmes est très liée à l’évolution sociale et économique du capitalisme. A chaque fois, dans l’Histoire, que les affrontements sociaux et politiques montent, les classes dirigeantes aggravent le sort des femmes. Ce n’est pas seulement des comportements individuels d’hommes que subissent les femmes, ce n’est pas seulement le silence complice ou peureux qui les font taire : c’est carrément une instrumentalisation des rapports hommes-femmes qu’utilisent les classes possédantes. Ils nous divisent, ils nous opposent, ils nous montent les uns contre les autres. Au même moment que la société occidentale se donne hypocritement l’image de défendre les femmes, c’est elle qui dégrade leur image, en fait des mannequins dénudés, leur impose d’avoir l’air « plus sensuelles », diffusent partout l’image de la femme soumise du porno, y compris et surtout dans les jeunes générations, laisse entendre que l’étudiante qui n’a pas de sous n’a que se trouver un protecteur-maquereau !!! Les maquereaux ou Macron du pouvoir sont mal placés pour prétendre lutter pour une autre image de la femme : ce sont les arcanes du pouvoir où l’on trouve le plus de potentats-violeurs, de DSK à Kennedy ainsi que tous les autres… La campagne actuelle ne propose pas de lutter contre le harcèlement des patrons contre leurs femmes salariées, ni contre les gouvernants qui utilisent leur position, ni contre les militaires et policiers violeurs. Il propose lâchement de faire de dénonciations médiatiques sans toucher à l’ordre social. Banaliser la dénonciation anonyme, c’est ouvrir la porte au fascisme !

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  • « Balance ton porc ! » Selon le slogan à la mode. Moi je veux bien, mais dans quel sac du tri sélectif le mettre ? Puisque la mode est non seulement à la dénonciation anonyme sans preuve mais la mode est aussi au tri sélectif ! Le tri des harceleurs, il est fait à quoi ? A la dénonciation sur internet ?!!!

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  • Sexual violence and rape are at epidemic proportions in this country. Every 98 seconds someone in the US is sexually assaulted. An estimated 7,700,000 million women have been raped since 1998. This is not the work of strangers. In eight of 10 cases of rape the victim knew the person who assaulted them. It is estimated that one in five women and one in 16 men are sexually assaulted while in college. And more than 90% of these assaults are never reported. And even when rape charges are filed, of those charged with sexual assault, 99% walk away free.
    Sexual violence victimizes society’s most vulnerable people, especially children. One in four girls and one in six boys will be sexually abused before they turn 18. A 2010 study showed that 80% of women farm workers (many undocumented immigrants) said they had been sexually harassed. People with disabilities are twice as likely to be assaulted or raped. Sixty percent of inmates are assaulted by jail or prison staff. Do we need more proof of what a barbaric society this is ?
    This sexual violence arises from the foundations of this society, a society that rests on the right of a very small group of people to control the majority of the wealth. It seems normal that they can decide what to do with the wealth. They can open a factory or close it, without regard for the lives of those affected. They lower our wages, which means more profits for them. Is it a surprise that those in positions of power, who control so many aspects of our lives, think they have the right to control and use our bodies too ?
    These power relations extend throughout the society, those with small amounts of power dominating those with less power. Sometimes this can involve sexual assault or demanding sex. This can end up being one of the many indignities we end up tolerating because we are told that, “This is just the way it is.” To stand up, means to face the threat of losing a job or more. And many do refuse to accept the more blatant abuse and fight back.

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