English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Le trust Renault-Nissan-Mitsubishi menace l’emploi !

Le trust Renault-Nissan-Mitsubishi menace l’emploi !

jeudi 19 octobre 2017, par Robert Paris

« Le constructeur français régional de 2005, dépendant d’un seul modèle, Megane, et d’un pays, la France, est maintenant une entreprise globale profitable, résiliente, multipolaire, et elle le sera encore davantage d’ici à la fin du plan », a conclu M. Ghosn, prétendant ainsi faire le bilan de son action à la tête de Renault. Ce qui est incontestable, c’est que Renault engrange des profits records sur le dos des salariés qui paient plein pot ce succès (blocage des salaires, chute des effectifs, pression maximale dans le travail, charge de travail, précarité, stress, suicides, maladies). Bien entendu, la direction continuera de prétendre que les maladies et les suicides ne sont nullement de sa responsabilité mais des situations individuelles.

Et ce ne sont pas actionnaires qui s’en plaindront : un chiffre d’affaires de 51,2 milliards en 2016, alors qu’il ne dépassait pas les 40 milliards en 2010. Et surtout une rentabilité record. Derrière les 3,54 milliards de bénéfices de 2016 et les 3,5 millions de voitures vendues de par le monde se cache une hausse de la marge opérationnelle de 2,8 % il y a sept ans à 6,4 % l’an dernier. Sur toute sa durée, « Drive the Change » avait généré 5,7 milliards de trésorerie positive.

Avec le nouveau plan de six ans « Drive the Future », Renault compte produire 80 % de ses modèles sur des plates-formes communes avec Nissan, contre environ 20 % en 2016. Tant pis pour les doublons !

Inutile de demander si ce sont les salariés qui vont faire les frais des objectifs follement ambitieux de Ghosn pour Renault : marge opérationnelle qui ne pourra pas descendre sous les 5 %, chiffre d’affaires annuel de 70 millions d’euros, marge opérationnelle de 7 % et flux de trésorerie positif chaque année,

Si, aujourd’hui, l’Europe génère 75% des profits de Renault, Carlos Ghosn estime que l’international devrait en représenter 50% en 2022 ! Cela suppose des désinvestissements en Europe et des efforts plus grands d’investissements ailleurs !

En même temps que Ghosn annonce un effort de production accru de Renault (Thierry Bolloré indique par ailleurs que l’efficacité des usines Renault devrait progresser de 60% " avec un taux d’utilisation des sites passant de " 95% à 120%), il prévoit un désinvestissement en France qui sera la conséquence d’une hausse de l’exploitation des salariés en même temps que d’une mise en concurrence accrue entre les divers sites (davantage de synergie qui devraient, selon Ghosn, permettre de réaliser 5,5 milliards d’euros d’économies en 2018 et 10 milliards d’euros à terme).

Le groupe Renault présent dans 129 pays table sur un chiffre d’affaires de 70 milliards d’euros d’ici cinq ans contre 51 milliards l’an dernier. Dans le même temps Renault vise une marge de 7% contre 5,6% aujourd’hui.

Ghosn annonce que désormais 80% des véhicules du groupe Renault seront produits sur quatre plateformes communes, du fait de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui est désormais la plus grande alliance automobile au monde.

En somme, c’est un ordre du dictateur en chef : Renault international doit impérativement vendre beaucoup plus de véhicules et Renault France doit faire beaucoup plus d’économies. Réaliser beaucoup d’économies signifie évidemment frapper fort les salariés !

Il n’y a une question à laquelle Ghosn ne peut pas répondre et elle s’appelle en anglais « Drive the Struggle » : il n’est pas maître de la réaction ouvrière, de la lutte des classes menée par les salariés qui n’entendent pas se faire tondre la laine comme de vulgaires moutons !

Nous ne parlons pas là des réactions palichonnes des appareils syndicaux, qui, lorsqu’on leur annonce que patronat et gouvernement ont sorti les couteaux pour sacrifier les salariés, réclament de se retrouver autour de la table des négociations et de signer de nouveaux une nouvelle convention collective de la métallurgie. Nous parlons de la possibilité pour les salariés de déborder au contraire leurs prétendus dirigeants syndicaux et de se doter eux-mêmes de comités de lutte et de grève en se battant dans une lutte de classes contre les patrons et le gouvernement, malgré leurs négociateurs syndicaux.

Le redressement d’Opel fait courir de lourdes menaces sur l’emploi de 8.000 salariés. PSA supprime des emplois chez Opel en Grande-Bretagne. Un plan de départs volontaires va concerner 400 des 2000 salariés de l’usine Vauxhall d’Ellesmere Port. L’industrie "automobile " se porte-t-elle bien comme le clame Ghosn ??? Alors pourquoi être obligé de faire jouer les synergies, de supprimer des emplois prétendument en doublons, de licencier, de fermer des usines, de fusionner des groupes ? PSA licencie encore ! Comme Renault avec Nissan et Mitsubishi, les licenciements à venir, suite aux fusions de groupe, nous informent juste que le Titanic coule même si les apparences et l’orchestre continue à jouer la musique "des profits retrouvés".

Non ! Le capitalisme n’est pas florissant ! Ghosn, qui joue à caracoler en tête des trusts automobiles mondiaux, n’est pas plus fringant que les autres. Si les trusts fusionnent à tout va, ce n’est pas parce que l’industrie se porte bien, tout le contraire. Et, bien entendu, pour les classes possédantes, ceux qui trinquent, ce doit être nous ! Ce n’est pas en allant jouer aux négociations qu’on changera le rapport de forces !!!

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0