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Y a-t-il une limite infranchissable à la connaissance humaine du monde ?

vendredi 1er décembre 2017, par Robert Paris

Max Planck dans « Initiations à la physique » :

« S’il y a des gens qui ne peuvent se résigner à adopter cette manière de voir et qui ne peuvent envisager l’existence d’un monde réel, inconnaissable par principe, nous leur ferons observer que, se trouver en présence d’une théorie physique tout achevée dont on peut analyser exactement le contenu et établir que des concepts pris dans le monde sensible suffisent parfaitement à la formuler est une chose et que, édifier une théorie physique en prenant son point de départ dans un ensemble de mesures particulières est une tout autre chose. (…) Jusqu’ici, on n’a pas pu réussir à la mener à bien sans admettre l’existence d’un monde réel indépendant de nos sens humains et, d’autre part, il n’y a pas de raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. (…) Bien qu’il y ait toujours des observations nouvelles à l’origine de tout perfectionnement et de toute simplification apportés au système de l’univers, ce système n’en présente pas moins (et ceci est tout à fait remarquable) une structure qui s’éloigne de plus en plus du monde sensible. Les sensations en sont éliminées de plus en plus et il perd, dans la même mesure, son caractère anthropomorphique primitif. (...) La science admet l’existence d’un monde extérieur subsistant en soi (indépendamment de l’observateur humain NDLR) et, tout aussitôt, elle y rattache la question de la causalité, c’est-à-dire des lois qui régissent tout ce qui se passe dans l’univers, en tant que concept tout à fait indépendant de nos perceptions sensibles ; et elle se fait un devoir de rechercher si, et jusqu’à quel point, la loi de causalité est applicable dans la nature et dans le monde de l’esprit aux divers faits qui s’y produisent. (...) S’il est vrai que la structure du monde de la physique s’éloigne toujours plus du monde des sens pour se rapprocher du monde réel inconnaissable par principe, il est évident que l’image du monde proposée par la physique doit être purifiée dans une mesure croissante de ses éléments anthropomorphiques. »

Y a-t-il une limite infranchissable à la connaissance humaine du monde ?

Il y a eu dans l’Histoire des Sciences, de multiples candidats pour justifier l’existence d’une telle barrière (en fait des barrières très diverses, objectives ou subjectives, inhérentes à la matière ou à l’homme, à la logique humaine ou encore à la relation avec la nature liée à l’opération humaine de connaissance) : péché de la connaissance du jardin d’Eden du judaïsme (humains punis d’esclavage du travail pour avoir voulu rompre l’interdit de l’arbre de la connaissance), empirisme d’Aristote (matière informelle inconnaissable), desseins de dieu impénétrables du catholicisme de Paul, agnosticisme de Hume (impossibilité prétendue de dire si oui ou non la matière existe), contradiction sujet/objet de Kant (« la chose en soi » inconnaissable), inconnaissable du positivisme (impossibilité prétendue d’aller au-delà du phénomène observé), subjectivisme de Bergson (dualisme de la matière et de la vie), empiriocriticisme de Mach/Ostwald/Avenarius(impossibilité de percevoir sans les sens de l’homme ni de dépasser leurs limites), indéterminisme d’Heisenberg (en réalité des inégalités ne limitant pas la connaissance mais montrant que certains paramètres sont corrélés, décrivant des réalités inséparables), théorie quantique de la mesure (l’observation perturbe immanquablement la réalité observée), indiscernabilité quantique des particules, dualisme onde/corpuscule de Bohr-Heisenberg (impossibilité de savoir si on parle d’onde ou de corpuscule alors que ces deux images sont contradictoires), positivisme de l’école de Copenhague, interprétation des fentes de Young (des ondes quand on mesure des ondes, et des corpuscules quand on mesure des corpuscules), idéalisme pur de Schrödinger, métaphysique de l’inconnaissable de Herbert Spencer, théorèmes d’incomplétude de Gödel-Turing-Church (impossibilité d’un système mathématique ou formel de se décrire lui-même, impossibilité de tout expliquer avec une théorie, ni même avec une superposition finie de théories), paradoxe de Russel (contradiction de la théorie des classes), non définissabilité de Tarski (impossibilité de formaliser la notion de vérité), réalisme affaibli de Bernard d’Espagnat (réalité définitivement et objectivement voilée), et on en passe... En particulier, il faudrait rajouter tous ceux qui transforment la dialectique du hasard et de la nécessité, de la physique statistique ou du chaos déterministe en pur hasard.

Nombre de scientifiques et de philosophes, dans le passé, ont affirmé :

- On ne pourra jamais connaître les atomes

- On ne pourra jamais descendre en-dessous du niveau atomique

- On ne pourra jamais connaître la matière des étoiles

- On ne pourra jamais connaître le fonctionnement du Vivant

- On ne pourra jamais connaître l’origine de l’Homme

- On ne pourra jamais savoir s’il existe de la vie dans l’Univers

Et bien d’autres affirmations péremptoires du même genre…

Aucune de ces limites ne s’est révélée absolue, aucune de ces barrières infranchissables, aucun de ces inconnaissables ne s’est vérifié définitivement…

La matière échappe à l’intuition et au bon sens, mais elle n’est pas inconnaissable

Qu’est-ce qui rend le réel énigmatique

Ceux qui veulent que la réalité ne soit que « des phénomènes »

Est-ce que la physique quantique favorise le courant agnosticiste (qui nie la possibilité pour la science d’atteindre ou d’approcher la vérité objective) ?

Peut-on connaître la réalité

Y a-t-il une objectivité de la matière

Le monde matériel existe-t-il objectivement, en dehors de nos pensées ?

Peut-on se débarrasser de l’anthropocentrisme

Hegel a-t-il raison de dire que « Tout ce qui est réel est rationnel » ?

Que savons-nous de la matérialité de l’esprit ?

Les contradictions dialectiques de la connaissance humaine du monde

La philosophie « réaliste » d’Einstein

La réalité physique et nos images humaines

Le réel n’est pas la succession temporelle, linéaire, logique et graduelle des états actuels

Lire sur le Hasard et la Nécessité

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