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Il y a deux pôles... Oui mais lesquels ?!!!

dimanche 3 décembre 2017, par Robert Paris

Edito

Comme la Terre, la société a deux pôles, mais il ne faut pas se laisser déboussoler et tromper sur les pôles…

Dans l’ « espace public », il y a des thèmes récurrents qu’il est difficile d’éviter : islam, femmes, gaz carbonique, terrorisme, jeunes, migrants, roms, violence, menaces de guerre…

Et sur chacun, ce qui est remarquable dans le discours des classes dirigeantes véhiculé par les média, c’est qu’on cherche immanquablement à créer deux pôles opposés : musulmans et non-musulmans, roms et anti-roms, hommes et femmes, pro-terroristes violents et anti-terroristes violents, jeunes et vieux, migrants et anti-migrants, violents et répressifs, sans parler des oppositions entre des camps qui menacent mondialement d’entrer en guerre comme chiites et sunnites, axe du Mal et axe du Bien, USA et le reste du monde, Est et Ouest, Nord et Sud et on en passe…

Sur chacun de ces thèmes centraux de la propagande des bourgeoisies mondiales, on essaie de nous faire croire qu’il n’y aurait que deux camps et, comme par hasard, les deux camps sont aussi pourris l’un que l’autre ! Le fascisme anti-musulmans ne vaut pas plus cher que le fascisme des Daesh et autres Al Qaïda ou Al Nosra ! L’hypocrisie des dirigeants bourgeois qui clamaient « Bienvenu aux migrants » comme Merkel et Hollande ne vaut pas mieux que le discours de ceux qui clament qu’il faut les parquer dans les camps de Libye et les livrer aux esclavagistes ! Le discours guerrier des partisans de la guerre soi-disant contre le terrorisme ne vaut pas mieux que la politique de ceux qui soutiennent en fait les actions terroristes sous prétexte de lutter contre des dictateurs. Les deux vont d’ailleurs ensemble. De même que vont ensemble le discours des Macron contre le harcèlement sexuel et leurs copinages avec tous ceux qui le pratiquent, à commencer par Trump (un spécialiste de la question, selon ses propres dires) et Poutine, sans parler des dirigeants saoudiens…

Dans tous ces domaines, on cherche en fait à opposer les peuples entre eux, à créer des divisions en leur propre sein. Par exemple, on présente la précarité des jeunes comme le produit de la gourmandise des travailleurs les plus anciens. On présente le terrorisme, pourtant produit par les grandes puissances occidentales, comme un produit de l’hostilité des Musulmans à la grande civilisation de liberté occidentale ! On présente l’Occident comme le grand défenseur de la liberté du monde alors que les grandes puissances occidentales n’ont cessé de protéger les dictateurs aux quatre coins du monde. On présente des dirigeants de pays très pauvres comme une menace de guerre mondiale alors que ce sont les dirigeants des pays les plus riches qui menacent la paix mondiale. On présente les migrants comme une menace contre les peuples et même comme des terroristes et des bandits, alors que ce sont les migrants qui sont les victimes du terrorisme et du banditisme des grandes puissances. On vient encore de le voir avec l’esclavagisme imposé en Libye à ces migrants par des bandes armées qui ont été mises au pouvoir par les gouvernants et les armées de France et des USA.

Et partout, les classes dirigeantes attisent les oppositions et même les haines, entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, entre religions, entre régions, entre ethnies, entre nations, entre morceaux de nations, entre races, entre couleurs de peau, entre âges, entre sexes, entre genres, etc.

Ce faisant, ces capitalistes ne craignent pas de détruire tout l’édifice social et la stabilité qu’ils avaient eux-mêmes prétendu construire et défendre. Les USA assassinent les Noirs américains. La France et les USA bombardent les peuples d’Orient.

Les oppositions montent au même moment au sein des populations des pays eux-mêmes : pro et anti Brexit, pro et anti Catalogne, pro et anti flamands de Belgique, pro et anti romands de Suisse, pro et anti musulmans de France, pro et anti noirs aux USA, pro et anti mexicains encore aux USA, pro-chiites et pro-sunnites, pro et anti iraniens dans tout le Proche-Orient, etc…

Tout cela se produisant au même moment, dans un même mouvement, comme une réponse à la fois à la crise économique de 2007-2008 et aux « printemps » qui ont commencé peu après, n’a rien d’un hasard. Tout est lié dans ce monde en crise…

Pourquoi choisir de polariser les peuples, de les diviser, de les opposer violemment, de susciter des crises sur des bases qui ne sont pas l’opposition réelle, et qui reste fondamentale, entre prolétaires et exploiteurs, sinon de chercher à occulter celle-ci ?!!!

Cela ne signifie nullement que les nationalismes, les ethnismes, les intégrismes religieux, les racismes, les sexismes, les xénophobies soient objectivement devenus plus importants pour les peuples que les classes sociales ! Bien au contraire, jamais les oppositions de classe n’ont été aussi déterminantes.

Diviser pour régner, c’est un vieux moyen éculé que les classes possédantes n’ont pas inventé aujourd’hui ni du fait de la crise de 2007-2008 bien entendu ni à cause de la menace d’une révolution sociale provoquée par la crise systémique et remettant en cause la propriété privée des moyens de production, des entreprises et des capitaux. Mais il est certain que ces divisions entre les travailleurs et entre les peuples, ces classes possédantes en ont besoin plus que jamais.

Et ils les radicalisent plus que jamais parce qu’ils s’estiment menacés. Rien de plus étrange pour de nombreux prolétaires qui ont le sentiment inverse : celui d’être bien plus menacés que menaçants !!! Eh bien, cela montre qu’il y a un décalage entre la réalité sociale et la conscience sociale. Ce décalage est d’autant plus important que le but essentiel des politiques d’Etat vise justement à l’établir, à l’approfondir et à l’étayer.

Que ce soient les politiques étatiques sociales et économiques, que ce soient les mesures politiques, que ce soient les guerres et les répressions, tout vise à nous diviser à nous opposer entre travailleurs et entre peuples, à souligner de fausses menaces extérieures, à dissimuler les vraies menaces que le système lui-même craint de forces intérieures, celles de ses exploités, les prolétaires du capitalisme.

Et la violence que les classes dirigeantes sont en train de mettre en place partout dans le monde donnent la mesure de leurs craintes de la classe mondiale des travailleurs. Bien sûr, ils se gardent bien de le reconnaître. Bien sûr, nous savons tous que la plupart des travailleurs n’imaginent même pas cette peur, ayant eux-mêmes tellement la crainte de perdre leur travail, d’être menacés dans leurs vies par l’insécurité sous toutes ses formes. Et pourtant…

Pourtant les classes possédantes savent que le système n’est plus valide, qu’il ne tient que par des ficelles, que grâce à des expédients.

Le dernier en date des moyens de s’en assurer : un rapport « de réflexion et d’analyse » de la BCE de Francfort dans un document de 58 pages publié le 8 novembre 2017 annonce que se profile un très grave krach financier à l’horizon. Il prévient les financiers que les Etats ne disposeront pas des moyens d’intervenir comme ils l’avaient fait en 2008 et dans les années qui ont suivi. Il rappelle que les banques auront alors le droit de rétention de la totalité des comptes en banques des particuliers, de tous les comptes et de toutes les épargnes, sans en excepter une petite partie. La garantie d’une somme par les Etats sera alors un mensonge pieux, puisque les Etats n’auront même pas les moyens financiers de sauver banques, trusts, bourses et monnaies !

La directive européenne DRRB (directive sur le redressement et la résolution des banques) y autorisait déjà les banques européennes, et la loi Sapin 2 y autorise déjà très officiellement les banques françaises.

A l’échelle mondiale, le dernier rapport du FMI démontre qu’il ne voit pas un horizon plus radieux pour le capitalisme…

Cela amène les classes dirigeantes à s’inquiéter pour la durabilité du système. C’est la moindre des choses à une époque où le « durable » est à la mode !!!

Pour notre part, travailleurs, nous ferions bien nous aussi de préparer l’avenir pour qu’il ne soit pas un bain de sang entre les peuples ! Et pour cela, le plus important, c’est d’affirmer haut et fort que le pôle opposé à l’exploitation et à l’oppression capitalistes, c’est le prolétariat international !

4 Messages de forum

  • Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne, Trump enflamme sciemment la question palestinienne et tout le monde arabe !!! Si on ne voit pas là une nécessité pour les classes dirigeantes de pousser les peuples à la guerre et les peuples du prétendu "monde occidental" à se considérer comme agressés par les prétendus "peuples orientaux" !!

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  • Dans un discours de 12 minutes, Trump a qualifié cette décision de « nouvelle approche au conflit entre Israël et les Palestiniens » et « d’un pas en avant pour faire avancer le processus de paix qui aurait dû être fait depuis longtemps ».

    En réalité, cette décision représente un feu vert au gouvernement israélien d’extrême droite du premier ministre Benjamin Nétanyahou pour accélérer l’expansion et la création de nouvelles colonies sionistes et intensifier le nettoyage ethnique des Palestiniens de Jérusalem-Est.

    En même temps, le président américain a eu recours à son autoglorification habituelle, disant que si les précédents présidents avaient promis de déménager l’ambassade, ils avaient « manqué à leurs engagements ». En suggérant qu’il s’agissait d’un manque de « courage », il a proclamé qu’ « Aujourd’hui, je livre la marchandise. »

    Au cours de sa campagne électorale de 2016, Trump avait promis de devenir le « président le plus pro-Israël » de l’histoire américaine et de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem. Cela faisait partie d’un effort calculé de gagner le soutien des chrétiens évangéliques de droite ainsi qu’un secteur beaucoup moins nombreux, mais financièrement crucial parmi les sionistes de droite, le plus important étant le milliardaire propriétaire de casinos Sheldon Adelson, qui a versé 25 millions de dollars dans la campagne de Trump.

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  • Trump a bouleversé sept décennies d’une politique américaine fondée sur l’hypocrisie. Alors que le Département d’Etat a officiellement déclaré que le statut de Jérusalem ne peut être déterminé que sur la base d’un règlement négocié entre Israéliens et Palestiniens, les candidats présidentiels démocrates et républicains américains successifs ont promis de déménager l’ambassade, mais ont fait marche arrière dès qu’ils avaient pris leurs fonctions. De même, le Congrès américain a voté à la quasi-unanimité la décision, tout en fournissant au président une dérogation pour motif sécurité nationale pour reporter le déménagement.

    Le caractère explosif des disputes sur le statut de Jérusalem, qui abrite ce qui est considéré comme des lieux les plus saints de l’Islam, du christianisme et du judaïsme, fut reconnu par la diplomatie internationale bien avant la fondation de l’État d’Israël.

    D’un seul coup, Trump a chamboulé la posture des gouvernements précédents. Ce faisant, il a envoyé un signal clair au gouvernement de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu que son extension des colonies sionistes, l’expropriation des terres palestiniennes, le nettoyage ethnique et la répression en masse bénéficieront d’un soutien inconditionnel de Washington.

    À l’Autorité palestinienne, il n’a rien offert en dehors de la demande qu’elle continue son rôle d’agent de sécurité pour Israël et l’Occident, l’enjoignant à rejoindre une croisade américaine « pour vaincre le radicalisme » et s’assurer que le peuple palestinien « exprime tout désaccord par le débat raisonné, pas la violence ».

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  • Plus fondamentalement, cependant, son acte d’agression politique contre les Palestiniens fait partie de la marche vers la guerre à travers le Moyen-Orient, en particulier contre l’Iran. Le même jour où Trump a prononcé son discours, le Pentagone a reconnu qu’il avait déployé 2000 soldats américains en Syrie – quatre fois le nombre précédemment admis – et n’avait pas l’intention de les retirer après la déroute de l’État islamique.

    À la suite du discours de Trump, il y a eu de nombreux avertissements que le changement dans la politique américaine provoquera de nouvelles attaques terroristes, avec des groupes islamistes comme Al-Qaïda faisant appel à des sentiments religieux. Cela a sans doute été pris en compte dans les calculs de l’appareil de renseignement et l’armée américaine, qui saisira tout nouvel acte de terrorisme comme prétexte à une guerre à l’étranger, notamment contre l’Iran, et intensifiera les attaques contre les droits démocratiques au pays.

    Le discours de Trump a rencontré une condamnation presque universelle, y compris de pratiquement tous les régimes arabes ainsi que tous les anciens alliés de Washington en Europe occidentale.

    La bourgeoisie européenne voit dans l’initiative unilatérale et provocatrice de Washington une entrave à leurs intérêts, risquant de provoquer les populations musulmanes à l’intérieur de leurs frontières, tout en poursuivant une politique anti-iranienne qui leur bloquerait l’accès à des investissements et des marchés lucratifs. En même temps, il ressort clairement de la réponse des gouvernements allemand et français en particulier qu’ils utiliseront la décision de Trump comme une justification pour poursuivre leurs propres intérêts indépendants de grande puissance au Moyen-Orient et ailleurs, y compris par des moyens militaires.

    Quant aux régimes arabes, leurs protestations sonnent de plus en plus creuses. La monarchie saoudienne, la dictature de l’État policier égyptien du général Sissi, la monarchie hachémite jordanienne et l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas avaient tous été informés à l’avance du changement de la politique américaine sur Jérusalem.

    Il y a des informations crédibles que l’homme fort saoudien, le prince héritier Mohammed bin-Salman, avait convoqué Abbas à Riyad le mois dernier pour lui dicter les termes d’une « paix » américano-israélienne qui laisserait tout Jérusalem et pratiquement toute la Cisjordanie des colonies aux Israéliens. L’accord refuserait également aux réfugiés palestiniens le droit au retour et réduirait un « État » palestinien à un patchwork de Bantoustans discontinus dont les frontières resteraient sous contrôle israélien. Abbas aurait reçu l’ultimatum, soit d’accepter cette monstruosité, soit d’être « viré », c’est-à-dire coupé du financement saoudien dont dépend son Autorité palestinienne.

    Les régimes arabes, qui ont trahi les Palestiniens d’innombrables fois au cours des 70 dernières années, n’ont aucun intérêt à s’opposer à Trump et Netanyahu. L’Arabie Saoudite et les autres monarchies sunnites réactionnaires du Golfe veulent s’allier avec eux contre l’Iran.

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