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La Voix des Travailleurs de l’Hôpital public en novembre 2017

mercredi 29 novembre 2017, par Robert Paris

Rétention d’infos

Quand des infos pour le personnel parviennent aux cadres, par exemple sur la manière de prendre nos jours, elles devraient normalement être affichées pour nous être communiquées à tous mais il n’en est rien. Les cadres les gardent pour eux afin de les interpréter en fonction de ce qui les arrange, ce qui leur permet de jouer avec nos plannings et de nous faire perdre des jours. Non seulement, des consignes sont perdues mais aussi des jours que nous ne pourrons pas prendre parce que cela n’arrange pas nos cadres !!! Sans compter que ces gens-là rechignent à nous donner nos jours, même quand on voit sur le planning que c’est possible !

Pas d’effectifs supplémentaires et pas de suppléance !!!

La nouvelle politique d’effectifs de l’APHP, c’est d’aller vers la suppression totale de la suppléance ! La direction s’est avisée qu’elle n’aurait aucun argent à débourser pour celle-ci en nous imposant de nous remplacer entre nous… L’autoremplacement est donc devenu un leitmotiv… même quand celui-ci est rendu impossible par le manque général d’effectifs. On en vient dans certains hôpitaux à des situations folles. Par exemple, à Avicenne, c’est carrément une IDE et une AS de nuit seulement pour la suppléance !!! En somme, c’est une politique de zéro effectif puisqu’on n’embauche pas non plus !

Autogestion ou désorganisation planifiée ?

Désormais, pour les vacances, il faut que les agents de l’APHP trouvent eux-mêmes leur remplaçant ! La direction n’a rien trouvé mieux pour ficher la pagaille ! Au fait, si c’est nous qui faisons le travail, qui l’organisons, qui le gérons, qui nous arrangeons pour tout entre nous, il ne reste plus qu’à virer les responsables ? La direction s’y prépare en supprimant les cadres intermédiaires !

Carence de jours de maladie

Tout est bon pour nous empêcher de prendre des jours de maladie : après les pressions, c’est le retour des jours de carence. Macron prend la suite de Sarkozy ! On sait d’ailleurs que, loin de diminuer les arrêts, cela oblige les gens à s’arrêter plus longtemps. L’APHP en avait fait déjà l’expérience mais ces gens-là n’apprennent rien et ne comprennent rien !

Buzyn soigne les profits

Les IVG ont changé de médicament servant à provoquer la fausse couche, en passant du Cytotec au Gymiso. C’est la même molécule de base, le même dosage mais l’avantage tombe sous le sens : il coûte quarante fois plus cher et rapporte donc plus aux trusts pharmaceutiques ! Pour l’hépatite C, le laboratoire Gilead facturait le médicament contre l’hépatite C 280 fois son coût de fabrication. Pour le gouvernement, le profit des aigrefins du médicament, c’est l’essentiel !

Happy Tal is Money

On tente de nous mettre dans l’esprit que les 12 jours maxi d’enfants malades ne sont plus permis et qu’il faut tout mettre en oeuvre dès la 1ere journée d’enfant malade pour trouver une garde d’enfant. Et en même temps on nous informe que l’entreprise privée Happy tal nous propose de nous le garder, mais bien sûr ce n’est pas gratuit ! Et c’est sans considération pour l’enfant malade qui dans ces moments là a bien souvent besoin de sa mère ou de son père...

Martin, on n’est pas des ânes !

Martin Hirsch nous écrit : « Nous savons que les années à venir seront, sur le plan budgétaire, difficiles. » Ah bon !??? Mais on voit dans tous les hôpitaux des constructions nouvelles coûtant des sommes folles ! L’argent pour les trusts pharmaceutiques et le matériel informatique, lui aussi, coule à flots ! Comment se fait-il que l’argent refusé aux uns se retrouve pour les autres : les vases communicants ?

Ce n’est pas qu’à Amiens mais partout !

Au début du mois, Barbara Pompili a visité l’hôpital psychiatrique Pinel, à Amiens. La députée a dénoncé la situation dans les média. Le constat est alarmant : 11 millions de déficit cumulé depuis 2008, des unités supprimées ou en cours de suppression, surcharge et suroccupation des services et des chambres. "Il n’y a pour ainsi dire personne pour soigner les patients", conclut la députée.

Action du désespoir

Cinq des sept femmes, travaillant à l’hôpital de Bastia, en Corse, ont entamé le 30 octobre une grève de la faim inédite. Elles ont arrêté de se nourrir le 30 octobre pour tenter d’alerter les pouvoirs publics sur la situation catastrophique de l’hôpital de Bastia. Si les personnels en viennent aux actions du désespoir, c’est que les actions syndicales bidon sont désespérantes, tout autant que l’action scandaleuse de la direction et du gouvernement pour casser l’hôpital public !

C’est scandaleux !

Dans son livre, Hirsch écrit qu’il accepte des passe-droits pour faire passer certains malades par-dessus les inscriptions : « Ce fut pour moi, au bout de quelques jours, l’œuf de Christophe Colomb. La preuve que quelque chose était pourri au royaume de l’hôpital, écrit-il. S’il fallait connaître le 06 du directeur général pour être pris en charge au mieux, c’était bien qu’il existait un problème grave. » Vous avez dit pourri ?!!

Comment reconstruire l’unité de la classe ouvrière ?

En menant la lutte des classes vers la révolution sociale !

La division des travailleurs atteint des sommets historiques. Jamais on n’a autant opposé les salariés anciens et les nouveaux. Les premiers ont une retraite et les seconds ne peuvent même pas en rêver. Les premiers peuvent avoir des emplois fixes avec des contrats, les seconds n’ont souvent jamais connu que les emplois précaires (que ce soit sous forme de contrats CCD, de contrats aidés, d’intérim, d’auto-entrepreneurs, de sous-traitants de sous-traitants, de travailleurs au noir et on en passe). Jeunes ou vieux, en tout cas tout est fait pour opposer les précaires et les autres, les chômeurs et les autres, les jeunes et les autres, les femmes et les autres, les étrangers et les autres.

On vient encore de pousser toute l’Europe à considérer que son principal problème serait celui des travailleurs détachés, une resucée du mythe du « plombier polonais » dont le but est clairement de souligner la concurrence entre salariés. Celle-ci est non seulement l’une des bases de la société bourgeoise mais est tout particulièrement une réponse privilégiée des patrons et des gouvernants face à la crise de la domination capitaliste. On oppose non seulement les salariés au sein de l’Europe, les salariés dans chaque pays, les salariés des trusts automobiles et ceux des sous-traitants ou des prestataires (auxquels on interdit de parler aux premiers), mais même les salariés au sein d’un même trust ou regroupement de trust, comme vient de le faire Ghosn avec le regroupement Renault- Nissan-Mitsubishi.

Même le secteur public est touché par le développement d’emplois privés concurrençant les fonctionnaires au sein des établissements, que ce soit des hôpitaux, des postes, des chemins de fer ou des établissements scolaires. Et aussi par la privatisation progressive de tout le secteur public.

Tout est fait non seulement pour que la concurrence entre salariés fasse pression dans le sens de la baisse des salaires, de la hausse des charges de travail, de la flexibilité des horaires, mais même qu’elle fasse pression sur le moral, sur la combativité, sur le stress des salariés. Il s’agit carrément de casser psychologiquement les travailleurs, de les placer sur la défensive, de les contraindre à se justifier, à prouver qu’ils travaillent suffisamment. Cela va même jusqu’à transformer les autres salariés en moyens de pression contre leurs collègues au travers des réunions d’unités de production. Et bien sûr, on transforme l’encadrement en moyens de pression particulièrement violents, avec des propos de plus en plus agressifs, que ce soit dans le privé ou dans le public. Avec toujours une menace renouvelée : la masse de ceux qui n’ont pas d’emploi, qui, eux, sont prêts à travailler à des conditions bien plus dégradées.

Même les actions syndicales ne militent nullement pour l’unité ouvrière. Si les centrales appellent à des « journées d’action » qui sont en théorie interprofessionnelles, elles n’en profitent nullement pour lier entre eux les secteurs de la classe ouvrière. Chacun défile séparément et aucune assemblée générale interprofessionnelle n’est organisée. Et de plus, en même temps que les journées d’action interprofessionnelles contre la réforme du code du travail, auxquels des secteurs entiers de la classe ouvrière ne sont en réalité même pas appelés, il y a de multiples journées d’action sectorielles, pour bien démontrer que les syndicats continuent de flatter tous les préjugés sectoriels, corporatistes, défensifs des travailleurs : les retraités sont appelés à part, les chômeurs séparément, les métallurgistes d’un côté, les pétroliers d’un autre, les routiers d’un troisième, les hospitaliers d’un quatrième, les bus et trams de province d’un cinquième, les cheminots d’un sixième, les enseignants précaires séparément, alors que les syndicats reconnaissent que l’offensive patronale et gouvernementale est générale.

Les luttes contre les licenciements et les fermetures de sites sont toujours séparés, isolées, jamais regroupées, en une lutte d’ensemble de la classe ouvrière contre les suppressions d’emplois. Les Goodyear luttent seuls, les PSA Aulnay, les GM et S, les Coca Cola seuls, etc…

Au lieu de démontrer que c’est la même lutte de classe que mènent les hospitaliers et les enseignants, les cheminots et les métallurgistes, les centrales syndicales font le contraire. Elles produisent des revendications particulières des transporteurs de matières dangereuses, des métallurgistes, des hospitaliers, des cheminots, des retraités, etc. Elles ont des plans de réforme dans tous les secteurs particuliers, réformes qu’elles présentent comme de l’intérêt du secteur, ce qui n’est pas l’intérêt de classe des travailleurs : l’intérêt de la métallurgie, l’intérêt du rail, l’intérêt de l’Automobile, l’intérêt du Transport et, au-delà, tout ce qu’elles estiment général, c’est l’intérêt de « l’Economie » et l’intérêt « du Pays » ! Pas l’intérêt de classe des travailleurs !!!

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