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Le directeur Hirsch s’adresse aux personnels de l’hôpital public APHP

dimanche 17 décembre 2017, par Robert Paris

Demandez le programme

Le 30 novembre 2017, le directeur général Martin Hirsch s’est fendu d’une lettre programme qu’il nous a adressée et qui annonce « la trajectoire financière sur les cinq années qui viennent, jusqu’en 2022 ». Il y affirme donner « des éléments de compréhension », « en toute transparence ». Il donne quelques éléments financiers chiffrés par ci par là, mais de manière tout ce qu’il y a de plus désordonnée et lacunaire. Ainsi, où est le chiffrage des travaux qui se multiplient dans tous les établissements, qui les a payé, combien coûtent les emprunts faits par l’APHP pour les financer, combien ont-ils rapporté aux trusts du Bâtiment, où en sont des dépassements de dépenses, à combien se montent les dépenses à venir et pourquoi ? Or ce poste de dépenses est considéré dans cette lettre comme indispensable, incompressible et irréductible : « Nos tutelles partagent l’objectif de ne pas remettre en cause notre capacité à investir ». Il ne s’agit pas d’investir dans des embauches, ni d’investir dans du matériel médical, là au contraire, il appelle à serrer violemment la ceinture. Il s’agit seulement d’investir dans la construction de bâtiments sans dire pourquoi ? Pourquoi l’argent de la santé publique devrait ne servir qu’à la santé des trusts ?

Les millions qui valsent

Dans les comptes d’Hirsch, il y a de nombreuses bizarreries ! Il compte un bilan dépenses-recettes négatif de 50 millions, encore négatif de 50 millions du fait des dotations de l’Etat en baisse. Sans compter les provisions financières pour obtenir la certification des commissaires des comptes : on s’endette pour faire accepter des comptes !!! Mais Hirsch s’embrouille et déclare par exemple que la baisse de 50 millions des dotations « a bien sûr un impact direct sur nos ressources qui baissent de 15 millions… » Hirsch ne tient aucun compte des économies déjà réalisées sur notre dos : des réductions de dépenses, de lits, de personnels, d’hôpitaux, des ventes de biens de l’APHP, des cessions de locaux au privé, etc… Ce qu’il veut réduire, ce ne sont ni les dépenses de construction, ni celles des appareils médicaux, ni celles des médicaments, etc. Les bons comptes font les bons ennemis et notre meilleur ennemi, Hirsch, on le calcule très bien !

Haro sur les salaires et les emplois !

La seule chose qui est transparente chez Hirsch, c’est l’attaque contre les salaires, les effectifs, les lits d’hôpital… Il écrit ainsi : « Le changement le plus important est relatif à la masse salariale qui ne devra pas dépasser une progression de + 0,65% par an sur cinq ans, alors que nous avions prévu + 1%. Pour que cela ait un impact limité sur nos effectifs totaux, cela implique aussi que nous devrons contenir encore plus les dépenses d’achat ou celles d’hôtellerie. »

Division des personnels et des services !

Pour en rajouter, Hirsch fait clairement dans la division, dans l’opposition des personnels entre eux. Si votre service manque d’effectifs, c’est la faute du service d’à côté !!! Ben voyons ! Voici ce qu’il ose affirmer alors qu’il est clair que c’est le refus d’embaucher qui cause le trou des effectifs : il affirme vouloir « une vision plus transparente des effectifs au niveau d’activité » pour « introduire de l’équité, redéployer le cas échéant des moyens vers les services qui feront apparaître des effectifs insuffisants à partir des services qui, à activités comparables, ont des moyens supérieurs. » En somme, s’il n’y a pas de personnel, c’est parce que les services d’à côté se tournent les pouces !

Humanisme, qualité du service et de la vie au travail, qu’il disait…

Et c’est le mensonge le plus choquant du propos de Hirsch. Alors que le stress des personnels et des patients monte de jour en jour, alors que le manque d’effectifs et de moyens est cause de nombreux accidents et incidents, alors que ce stress est aggravé par les pressions de l’encadrement et de la direction, voilà que le pire responsable nous parle de son humanisme et de sa préoccupation de « qualité » et parle de « faire émerger les idées et les projets qui permettront d’améliorer notre qualité de service ». Mais, en même temps, il affirme « mener à bien des projets de regroupement », générer des économies, « redéployer les moyens » et autres suppressions de lits, d’hôpitaux (comme Garches par exemple sous prétexte de baisse des polytraumatisés !) et d’effectifs. La qualité, l’humanité, le service, tu parles que tu t’en moques !

L’humanité, à Cochin !

L’humanisme et la qualité de vie au travail, cela consiste à Cochin dans le fait de regrouper deux services de réanimation, de fermer la moitié des lits, de supprimer le personnel « supplémentaire » et de prévenir deux mois avant les personnels qui doivent chercher en catastrophe de nouveaux emplois et voir leurs plannings prévus sauter ! C’est pas de l’humanité, ça, monsieur Hirsch ?!!

L’humanité à Tenon !

Il a fallu que les personnels de nuit de Tenon montrent clairement leur mécontentement, soient prêts à s’adresser aux autres personnels et aux autres hôpitaux, commencent à s’assembler pour que la direction estime que, finalement, elle pouvait un peu reconsidérer ses nouvelles manières d’imposer les repos. Ce n’est pas son humanité qui a retenu la direction mais notre colère.

Diviser pour régner

Tous les jours, hommes politiques, partis, gouvernants et média cherchent à créer deux pôles opposés : musulmans et non-musulmans, roms et anti-roms, hommes et femmes, pro-terroristes violents et anti-terroristes violents, jeunes et vieux, migrants et anti-migrants, violents et répressifs, sans parler des oppositions entre des camps qui menacent mondialement d’entrer en guerre comme chiites et sunnites, axe du Mal et axe du Bien, USA et le reste du monde, Est et Ouest, Nord et Sud et on en passe…

Sur chacun de ces thèmes centraux de la propagande des bourgeoisies mondiales, on essaie de nous faire croire qu’il n’y aurait que deux camps et, comme par hasard, les deux camps sont aussi pourris l’un que l’autre ! Le fascisme anti-musulmans ne vaut pas plus cher que le fascisme des Daesh et autres Al Qaïda ou Al Nosra ! L’hypocrisie des dirigeants bourgeois qui clamaient « Bienvenu aux migrants » comme Merkel et Hollande ne vaut pas mieux que le discours de ceux qui clament qu’il faut les parquer dans les camps de Libye et les livrer aux esclavagistes ! Le discours guerrier des partisans de la guerre soi-disant contre le terrorisme ne vaut pas mieux que la politique de ceux qui soutiennent en fait les actions terroristes sous prétexte de lutter contre des dictateurs. Les deux vont d’ailleurs ensemble. De même que vont ensemble le discours des Macron contre le harcèlement sexuel et leurs copinages avec tous ceux qui le pratiquent, à commencer par Trump (un spécialiste de la question, selon ses propres dires) et Poutine, sans parler des dirigeants saoudiens…

Dans tous ces domaines, on cherche en fait à opposer les peuples entre eux, à créer des divisions en leur propre sein. Par exemple, on présente la précarité des jeunes comme le produit de la gourmandise des travailleurs les plus anciens. On présente le terrorisme, pourtant produit par les grandes puissances occidentales, comme un produit de l’hostilité des Musulmans à la grande civilisation de liberté occidentale ! On présente l’Occident comme le grand défenseur de la liberté du monde alors que les grandes puissances occidentales n’ont cessé de protéger les dictateurs aux quatre coins du monde. On présente des dirigeants de pays très pauvres comme une menace de guerre mondiale alors que ce sont les dirigeants des pays les plus riches qui menacent la paix mondiale. On présente les migrants comme une menace contre les peuples et même comme des terroristes et des bandits, alors que ce sont les migrants qui sont les victimes du terrorisme et du banditisme des grandes puissances. On vient encore de le voir avec l’esclavagisme imposé en Libye à ces migrants par des bandes armées qui ont été mises au pouvoir par les gouvernants et les armées de France et des USA.

Et partout, les classes dirigeantes attisent les oppositions et même les haines, entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, entre religions, entre régions, entre ethnies, entre nations, entre morceaux de nations, entre races, entre couleurs de peau, entre âges, entre sexes, entre genres, etc.

Ce faisant, ces capitalistes ne craignent pas de détruire tout l’édifice social et la stabilité qu’ils avaient eux-mêmes prétendu construire et défendre. Les USA assassinent les Noirs américains. La France et les USA bombardent les peuples d’Orient.

Les oppositions montent au même moment au sein des populations des pays eux-mêmes : pro et anti Brexit, pro et anti Catalogne, pro et anti flamands de Belgique, pro et anti romands de Suisse, pro et anti musulmans de France, pro et anti noirs aux USA, pro et anti mexicains encore aux USA, pro-chiites et pro-sunnites, pro et anti iraniens dans tout le Proche-Orient, etc…

Tout cela se produisant au même moment, dans un même mouvement, comme une réponse à la fois à la crise économique de 2007-2008 et aux « printemps » qui ont commencé peu après, n’a rien d’un hasard. Tout est lié dans ce monde en crise…

Pourquoi choisir de polariser les peuples, de les diviser, de les opposer violemment, de susciter des crises sur des bases qui ne sont pas l’opposition réelle, et qui reste fondamentale, entre prolétaires et exploiteurs, sinon de chercher à occulter celle-ci ?!!! Cela ne signifie nullement que les nationalismes, les ethnismes, les intégrismes religieux, les racismes, les sexismes, les xénophobies soient objectivement devenus plus importants pour les peuples que les classes sociales ! Bien au contraire, jamais les oppositions de classe n’ont été aussi déterminantes.

Diviser pour régner, c’est un vieux moyen éculé que les classes possédantes n’ont pas inventé aujourd’hui mais qu’ils relancent violemment du fait de la crise de 2007-2008, à cause de la menace d’une révolution sociale provoquée par la crise systémique et remettant en cause la propriété privée des moyens de production, des entreprises et des capitaux. Ne marchons pas dans leurs mensonges et leurs divisions fallacieuses !

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