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La classe ouvrière lutte-t-elle seulement pour préserver des « acquis » ?

jeudi 31 mai 2018, par Robert Paris

édito

Sauver le monde d’hier ou construire le monde de demain ?

Nous, travailleurs, sommes-nous seulement en lutte pour empêcher la roue de l’Histoire de nous écraser ? Devons-nous seulement regretter l’époque révolue des services publics, des entreprises nationalisées, des retraites, de la sécu, de la santé publique, des aides sociales, de l’enseignement et de la recherche publics, de l’énergie et des communications publiques ? Devons-nous nous contenter de nous battre pour retarder, pour freiner des transformations, certes destructrices, qui reviennent en arrière sur des décennies de progrès social ? Devons-nous seulement revendiquer de revenir à l’ancien code du travail, aux anciennes règles des retraites, des allocations chômage, des aides sociales, des embauches de fonctionnaires avec leurs droits et statuts, et en même temps avec les droits des sans-papiers (quand il n’y avait pas besoin de papiers !).Devons-nous seulement être sur la défensive en laissant au gouvernement et aux classes possédantes être les seuls à être offensifs, à affirmer avoir une perspective d’avenir ?!!! Pourquoi la classe ouvrière ne devrait-elle pas, tout en luttant face à toutes ces attaques qui sont en fait une seule et même contre-révolution sociale, accompagnée d’attaques contre les libertés, de policiarisation de la société, de guerre générale et permanente, de montée des racismes, des xénophobies, des haines et des peurs face aux migrants, en même temps que des violences, des interventions armées, des fascismes et du terrorisme, montrer qu’elle est une classe d’avenir, qui a un programme social en propre, qui ne reste pas attachée pieds et poings à ce système social.

Pourquoi un réformiste, un politicien bourgeois comme Jean Ziegler peut-il affirmer publiquement que la perspective d’avenir est d’en finir avec la dictature des possesseurs de capitaux et que cela ne soit jamais dit dans les luttes de classe des travailleurs ? Pourquoi la lutte des travailleurs ne peut-elle affirmer haut et clair que, si le capitalisme n’est plus capable d’embaucher, de payer les salaires, de faire progresser la situation sociale de la majorité, de maintenir un monde en paix et en démocratie, alors la classe prolétarienne, elle, saura parfaitement le faire !

Pourquoi devrions-nous laisser toujours la parole aux dirigeants syndicaux qui se refusent virulemment à développer une telle perspective, qui accompagnent tous les classes possédantes, qui s’associent à elles, qui cogèrent la société, et qui refusent en fait de la remettre en cause, fût-ce même en paroles ?

Pourquoi devrions-nous renoncer à notre capacité d’action politique, en laissant cela aux politiciens, soient-ils de gauche, de gauche de la gauche ou d’extrême gauche, alors que l’intervention politique est un élément crucial de notre capacité d’action sociale.

Il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de lutte de classes qui ne soit pas en même temps une action politique. Et pourtant, le credo des dirigeants syndicaux affirme que la lutte syndicale n’est pas une lutte politique, n’est nullement révolutionnaire, ne vise pas à remettre en question le capitalisme, mais seulement à maintenir quelques acquis au sein du capitalisme, à obtenir de « bonnes réformes » qui seraient soi-disant aussi favorables au capitalistes qu’aux prolétaires ! D’ailleurs, ces syndicalistes ne disent ni « capitalisme » ni « prolétaires » parce que de la lutte des classes ils récusent tout, même les termes !!!

On pourrait croire qu’ils ne font que d’adapter à l’opinion publique qui a renoncé depuis belle lurette au communisme, à la révolution, au « grand jour », au rôle du prolétariat, à la lutte des classes, mais ce n’est qu’un prétexte car les mêmes syndicats ne renoncent à rien de leurs privilèges, des aides financières de l’Etat et des trusts, des places privilégiées de leurs appareils dans les institutions, alors que personne ne leur a demandé d’agir ainsi…

Ce ne sont pas les travailleurs qui ont demandé aux appareils syndicaux de militer contre l’organisation de comités de grève, contre les coordinations, contre les assemblées générales interprofessionnelles, contre la liaison interprofessionnelle des luttes et on en passe.

En tout cas, il est certain que l’on ne peut pas compter sur les directions syndicales pour exprimer la capacité de la classe ouvrière à changer la société, à dépasser l’étape du capitalisme pour bâtir une société au service de l’homme. On ne peut pas compter sur eux pour sortir du cadre, devenu étriqué, du système fondé sur la propriété privée des moyens de production, système qui ne favorise plus les investissements productifs mais seulement les spéculations financières et qui a atteint ses limites d’accumulation du capital par le développement économique.

On ne peut même pas compter sur les dirigeants syndicaux pour donner une explication de la situation actuelle, de la crise systémique, et des attaques antisociales, ces dirigeants en restant à présenter comme cause fondamentale : c’est de la faute de Macron comme ils ont affirmé précédemment que c’était de la faute de Sarkozy puis de Hollande ! Comme si cela ne se produisait pas avec tous les gouvernants, et dans tous les pays ! Comme si cela n’avait pas des causes plus fondamentales, une cause rattachée à l’évolution irréversible du système lui-même.

Autrefois, il existait un syndicat en France qui s’affirmait non réformiste : c’était la CGT. Ce n’est plus le cas et toutes les centrales syndicales y vont avec leur bonne réforme, laissant croire que c’est ça le problème, de bien réformer les institutions et le système économique, social ou politique. Et cela justement au moment où le capitalisme s’avère complètement inréformable, ayant des problèmes critiques qui sont liés à ses bases fondamentales de fonctionnement. L’accumulation par les possesseurs de capitaux de la plus-value issue du travail humain a toujours été une base indiscutable du capitalisme et celle-ci a toujours eu un besoin vital non seulement de se maintenir mais de grimper sans cesse plus haut. Le fait qu’elle s’écroule malgré des centaines de milliards de dollars d’aides des Etats et des banques centrales ne suffit pas à réveiller les capacités révolutionnaires (inexistantes) de ceux qui se prétendent les dirigeants de la classe ouvrière !!!

Il y a à cela une raison de fond. Depuis belle lurette, même quand ils avaient un langage plus radical et un activisme plus débordant, les dirigeants syndicaux ne militaient plus du tout pour le renversement du capitalisme et ils sont devenus une institution tampon qui fait autant partie du système que la sécurité sociale, l’inspection du travail ou pôle emploi, même s’ils suscitent d’autres illusions de la part des activistes de la classe ouvrière.

Ces derniers croient que la clef de l’énigme (pourquoi nous n’essuyons plus que des défaites dans les luttes sociales) revient au manque de mobilisation (on ne serait pas assez nombreux), au manque de détermination, au manque de combativité des travailleurs et, bien entendu, il y a un soupçon de vérité. Si le grand capital est à l’attaque de manière aussi offensive et même provocante, c’est que nous ne le sommes pas ! Mais de là à penser que l’activisme des militants va résoudre ce problème, c’est s’engouffrer à toute vitesse… dans une impasse !!!

L’essentiel pour renverser le rapport de forces est ailleurs : cela nécessite de constituer la classe ouvrière de défenseur de quelques droits anciens en classe d’avenir, en classe révolutionnaire et ce n’est pas plus d’activisme syndical, même de bonne foi, ne réalisera jamais, ce n’est pas plus de monde dans la rue ou participant à des journées syndicales qui y parviendra. Ce n’est pas à force de crier : on veut une bonne réforme qu’on parviendra à… une bonne révolution ! Même si ce sont des militants qui se disent de la gauche de la gauche ou d’extrême gauche qui nous l’affirment… A force de tirer, même très fort, sur le pis d’un bouc, on n’obtient pas du lait !

Et on n’arrive qu’à des défaites qui ne servent même pas d’enseignement puisque « nos dirigeants » ne veulent même pas nous dire pourquoi nous sommes attaqués, à quel stade nous en sommes de l’évolution du système capitaliste. Ils se contentent de maugréer, de faire du moralisme au capitalisme en expliquant que ce que font les gouvernants au service des patrons, « ce n’est pas bien » ! Et les patrons et les gouvernants se plient de rire de ces leçons de morale qui ne leur font mal qu’aux côtes mais ne menacent nullement leur système, leur domination et leurs exactions !!!

Bien sûr, ces gouvernants et ces classes possédantes profitent de la manière dont ces dirigeants syndicaux nous placent sur la défensive, pour affirmer que nous, travailleurs, ne sommes que des corporatistes qui nous accrochons à d’anciens privilèges dépassés, gênants, qui nuiraient à la réforme, qui empêcheraient la société d’évoluer, de devenir plus productive, plus concurrentielle, plus moderne. En somme, nous serions des arriérés qui voudrions nous accrocher au monde de grand-mère et empêcherions ainsi la société de progresser.

En fait, par ce type de déclarations, ils d’ingénient à inverser les rôles : c’est eux qui s’accrochent à des privilèges, c’est eux qui s’accrochent à un système dépassé, c’est eux qui refusent de laisser la société humaine dépasser le stade actuel, qui en même temps incapable de perdurer bien longtemps malgré des aides étatiques massives (et même folles, ruinant les institutions centrales pour des générations…).

On pourrait se dire que cela est exagéré, qu’il existe au sein des syndicats eux-mêmes des minorités de gauche de la gauche, d’extrême gauche, ou de syndicalistes affirmant qu’il faudra sortir du capitalisme, que celui-ci n’est pas l’horizon indépassable de l’humanité ! C’est vrai qu’ils existent mais ils se gardent bien de remettre en cause les perspectives inverses dressées par les dirigeants syndicaux. Ils se gardent bien de mener une véritable propagande publique pour dévoiler les vraies causes des attaques antisociales actuelles : la fin irrémédiable du système capitaliste mondial du fait de la chute des investissements productifs. Ils se gardent bien de dénoncer publiquement le réformisme et l’apolitisme de ces appareils syndicaux. Ils se gardent bien de les déborder en prenant réellement l’initiative de mise en place de comités de grève dans toutes les luttes, d’assemblées interprofessionnelles, de coordinations.

Ils ne développent plus des « programmes de transition » qui fassent le pont entre les luttes défensives et la révolution. Ils n’ont même plus en tête que la lutte des classes, c’est aussi une lutte au sein de notre propre classe, pour combattre ses propres tendances à s’adapter, à se résigner, à accepter les règles d’un système dépassé, vieilli, devenu un frein au progrès humain. Ils avaient choisi de travailler dans les syndicats pour y exercer une influence politique vers le changement de société et ce sont les appareils syndicaux qui, appuyés sur toute la lourdeur sociale du système, ont eu plus de poids qu’eux et les ont transformé sans qu’ils en aient nécessairement conscience.

Bien sûr, nous sommes conscients que militer au sein de la classe ouvrière en faveur de perspectives révolutionnaires n’a rien d’aisé, que la plupart des travailleurs pensent que, s’ils ne peuvent pas avoir le rapport de forces pour obtenir des réformes positives, s’ils ne l’ont même pas pour maintenir des acquis, c’est qu’ils ne l’auront pas pour changer la société. Mais ce raisonnement n’en est pas moins faux, il est d’ailleurs favorisé par l’action des appareils syndicaux et ce n’est pas en s’alignant sur les modes d’action qu’ils nous proposent que l’on en sortira.

Il faut, au contraire, défendre publiquement contre les méthodes syndicales une autre manière de mener la lutte des classes. Et d’abord, il faut que les militants ouvriers ne se refusent pas à analyser la crise historique du capitalisme, à relier les attaques sociales, aux attaques anti-démocratiques, aux attaques anti-migrants, aux attaques guerrières et terroristes (qui bombardent des peuples entiers sous prétexte de lutte contre des dictateurs et des bandes terroristes).

Il faut que les travailleurs et ceux qui militent à leurs côtés ne craignent pas de dénoncer les prétextes sous lesquels les classes possédantes se cachent pour mener leurs crimes de masse. Par exemple, il faut dénoncer le fait que l’Etat français continue d’aider, de financer et d’organiser les bandes armées terroristes de Libye qu’elles ont appuyé pour renverser le dictateur Kadhafi. On ne peut pas à la fois dire à la population que tout est fait pour démolir le terrorisme et l’appuyer en Libye, l’appuyer en Syrie, l’appuyer en Afghanistan, l’appuyer dans les républiques de Russie à majorité musulmane, etc, comme le font les puissances occidentales dont la France !

On ne peut pas non plus dissocier l’attaque antisociale de l’attaque guerrière, de l’attaque antidémocratique, de la poussée à la xénophobie, au racisme, au fascisme. Les uns appuient les autres, les uns éclairent les autres.

Les uns et les autres nous montrent que les classes possédantes ne croient absolument pas à une capacité du système de sortir de sa crise historique. Ils ne préparent pas une nouvelle période de prospérité du capitalisme. Ils ne préparent que des horreurs et des violences, des dégradations sociales et démocratiques, qui leur sont indispensables pour tenter d’éradiquer au maximum les risques de révolution sociale qu’entraînera inévitablement tout effondrement économique mondial entraîné par la prochaine crise financière. Car alors les institutions financières et les Etats n’auront plus les moyens financiers de la retarder comme depuis 2008.

Loin de nous préparer à la tâche qui sera alors la nôtre, nous prolétaires, les stratégies de lutte des directions syndicales nous envoient sur des voies de garage des prétendues « bonnes réformes ». Si les capitalistes eux-mêmes ont renoncé à réformer le système, ce n’est pas de gaieté de cœur mais parce qu’il est inréformable et que sa crise est désormais liée aux racines même du système, à son mode fondamental de fonctionnement.

Pour les appareils syndicaux, la mort du système capitaliste serait aussi la mort de leur rôle d’intermédiaire, de tampon, de collaborateurs, d’encadrement, et ils ne peuvent nullement se préparer ni nous préparer à la situation qui vient.

Quant à nous, travailleurs, on nous serine que nous aurions plus à perdre à renverser le système qu’à le conserver. Tous les média le répètent. L’immense majorité des hommes et partis politiques le répètent. Les gouvernants de toutes couleurs politiques le répètent. Il faut croire qu’il y a besoin de convaincre l’opinion de cela pour qu’ils fassent tant d’efforts pour nous faire rentrer cette idée dans le crâne ! Non seulement, ils ont tenu à nous faire croire que le stalinisme c’était cela le communisme, mais aussi que la fin du stalinisme serait la fin de toute perspective de pouvoir aux travailleurs. Les mêmes nous serinent aussi l’idée que les travailleurs n’ont aucunement l’idée de prendre jamais le pouvoir d’Etat. Il y a quelque chose de contradictoire là dedans ! Si c’est si évident pourquoi le répéter autant ?

Eh bien, c’est l’inverse qui est vrai : si les luttes sociales doivent nous préparer à ce qui ce qui est en train de venir, c’est-à-dire un effondrement économique brutal, c’est bel et bien en préparant la classe ouvrière à s’organiser sous la forme de comités, au sein des entreprises et des quartiers, organisation capable de se fédérer en choisissant des délégués, élus et révocables, se retrouvant avec d’autres, débattant de nos problèmes, de nos perspectives, de nos moyens d’action.

Il ne faut pas attendre que l’effondrement capitaliste soit là pour implanter l’idée d’auto-organisation. C’est au contraire la tâche immédiate de tous les travailleurs conscients et de tous ceux qui choisissent le camp des travailleurs. La construction d’un réseau de comités de travailleurs est la première tâche de tous les militants qui préparent la classe ouvrière à son rôle historique, en même temps que le critère fondamental pour mesurer les vrais buts de tout parti, de toute organisation, de tout groupe syndical, politique ou associatif. Celui qui ne guide pas son intervention sur cet objectif et prétend qu’on peut s’en passer dans l’immédiat se détourne de seule voie de changement social et politique : la révolution sociale, car aucune classe sociale inorganisée en tant que classe ne pourra jamais développer de perspective historique propre.

Cela ne signifie pas que les luttes défensives soient en elles-mêmes fausses. Elles peuvent très bien être une voie préparatoire si elles permettent à la classe ouvrière de se mesurer, de se reconnaître, de s’emparer de ses armes de classe, à commencer par son programme transitoire, de ses propres perspectives sociales et politiques.

Ceux qui prétendent s’adapter au niveau de conscience et de mobilisation actuelle en se refusant à militer pour des comités de grève, embryons des conseils ouvriers, étape vers un pouvoir ouvrier, refusent toute perspective d’avenir au prolétariat et le livrent pieds et poings liés à leurs ennemis.

4 Messages de forum

  • Manifestation « Le combat continue : généralisons la grève »

    https://paris.demosphere.eu/rv/62842

    L’AG des secteurs en lutte s’est retrouvée à l’EHESS occupée, le 30 mai 2018, pour préparer la manifestation que les directions syndicales n’organisent pas.

    Depuis son élection, le gouvernement Macron intensifie une offensive antisociale, autoritaire et répressive. Les secteurs se mettent en lutte au fil des mois : cheminot.es, postièr.es, hospitalièr.es, étudiant.es, lycéen.es, collectifs de quartiers, travailleur.ses du social, grévistes des catacombes, de MacDo ou de Velib, collectifs de migrant.es, de sans-papiers, et tout.es les citoyen.es insurgé.es, des zadistes aux parents d’élèves, en passant par les retraité.es…

    Aujourd’hui, aucune stratégie d’ensemble, de mise en commun des luttes, des pratiques, des outils, des calendriers, des organisations, n’est mise en place par les directions syndicales.
    Pourtant, des rencontres se sont multipliées, des liens se tissent et génèrent des solidarités concrètes. Dans l’action, des alliances ont permis des victoires : blocages des partiels contre PARCOURSUP, blocages d’entrepôts, manifestations communes, libération des lycéens nassés à la Sorbonne, quartiers populaires en tête de cortège…de nouveaux réseaux se construisent.

    Contre la dispersion organisée, intensifions ce processus et donnons-nous un autre calendrier.
    Nous, secteurs en lutte et collectifs militants, appelons donc à manifester le 7 juin pour défendre ensemble la nécessité de généraliser un mot d’ordre : même Macron, même combat !

    L’objectif est de donner la force de gagner aux secteurs en lutte et à ceux qui ne sont pas mobilisés de rejoindre le mouvement. Généralisons les luttes et préparons la grève générale !

    Manifestation 7 juin, 15h, Gare d’Austerlitz.

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  • Les assemblées générales (AG) constituent le poumon de la lutte. C’est là que les ouvriers (travailleurs du privé et du public, chômeurs, retraités, étudiants précaires, lycéens-enfants de familles ouvrières…) peuvent véritablement s’approprier LEURS luttes, décider collectivement. C’est le véritable lieu de la démocratie ouvrière.

    En étant non catégorielle et non corporatiste, en étant ouverte à tous les autres exploités, l’AG permet de solidariser les différents secteurs de notre classe, elle est le lieu où peut se construire la vie de la lutte et sa massification.

    C’est pourquoi les syndicats concentrent tous leurs efforts pour… les saboter !

    Monopolisation du débat : l’AG n’est pas démocratique. Le cas classique est le délégué syndical qui s’attribue d’autorité le rôle de modérateur, participe aux débats en répondant ou donnant systématiquement son avis. Une variante est un participant dans la salle qui monopolise la parole ou intervient trop souvent.

    Manipulation du débat : l’ordre du jour n’est pas respecté. Lorsque le débat s’oriente précisément vers une action directe, ou un mouvement de grève reconductible, l’ordre du jour est violé et mélangé, afin de brouiller la clarté des débats, et de faire perdre le fil conducteur d’une AG, qui est de répondre à la question "Que faire, et comment ?"

    Non-démocratie de l’AG : le vote n’est pas respecté. Violant l’ordre du jour, on représente au vote plusieurs fois une décision déjà prise, jusqu’à épuisement des suffragants. Souvent, la manipulation intervient en fin de réunion, pour détruire sa cohérence et son offensivité.

    Neutralisation de l’AG : l’AG, aussi riche soit-elle, n’a pas de suite. Souvent, l’AG de travailleurs grévistes est organisée pour faire chambre d’écho à la colère des travailleurs, et neutraliser leur révolte en transformant leur volonté d’action directe par un temps de parole stérile.

    Les points essentiels sont encore ailleurs :

    - l’AG n’élit pas ses délégués vers l’AG des AG

    - les élus ne se réunissent pas en comité de grève, véritable exécutif de l’AG jusqu’à l’AG suivante, pour la réalisation des tâches décidées et pour les propositions à l’AG suivante

    - l’AG n’est pas indépendante des appareils bureaucratiques de collaboration de classe

    - l’AG ne prend pas contact avec les autres secteurs de la classe ouvrière

    NON ! Les AG ne sont pas des chambres d’enregistrement des décisions des bureaucrates !!!

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  • C’est la bourgeoisie qui lutte pour préserver des acquis !!!

    En témoigne le projet de loi Pacte...

    Voici comment la bourgeoisie le commente :

    Le gouvernement a donné son feu vert lundi 18 juin au texte porté par le ministre de l’Economie, Bruno le Maire. Voici quelques unes des principales mesures.

    Comme prévu, le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pace), dont le calendrier a été maintes fois repoussé, a été présenté, lundi 18 juin en Conseil des ministres. Ce texte qui entend flécher davantage l’épargne vers les entreprises, libéralise le marché de l’épargne retraite. Il rend possible une sortie en capital totale pour tous les produits à versement volontaires ou issus de l’épargne salariale, produits qui seront harmonisés fiscalement et dont la portabilité totale sera assurée. Côté assurance vie, le projet de loi reforme au passage les versements de primes, en interdisant l’apport de titres de sociétés. Il comporte également une modernisation de l’eurocroissance.

    Dans l’épargne salariale, il acte notamment la suppression du forfait social pour les sommes versées au titre de l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés, ainsi que sur l’ensemble des versements d’épargne salariale pour celles de moins de 50 salariés. Le texte facilite l’actionnariat salarié dans les entreprises privées, et introduit la notion d’intérêt social de l’entreprise en réformant les articles 1833 et 1835 du Code civil.

    Parmi les autres mesures d’envergure, Pacte veut faciliter la transmission d’entreprise, en simplifiant le Pacte Dutreil (mesure par ailleurs faisant l’objet d’une proposition de loi adoptée au Sénat le 7 juin). Il comporte également une réforme du droit des sûretés, encadrant les nantissements en matière d’assurance vie, les hypothèques en immobilier, ou les warrants en matière commerciale (pratique permettant de mettre en gage certains éléments d’exploitation afin d’obtenir du crédit). Un droit jugé « trop complexe et peu lisible » et dont nombre de ces mesures protectrices du créancier sont aujourd’hui « désuètes ». Enfin, un cadre juridique pour les Initial Coin Offerings (ICO) est aussi prévu, avec possibilité pour l’AMF de délivrer un visa aux acteurs respectant des critères de protection suffisants aux épargnants.

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