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Adresse aux cheminots, à tous les travailleurs et aussi à tous les militants qui s’en revendiquent

lundi 27 août 2018, par Robert Paris

Les visages de la trahison

édito

Adresse aux cheminots, à tous les travailleurs et aussi à tous les militants qui s’en revendiquent

Certains s’étonnent que l’action unie de tous les syndicats de cheminots, y compris les cadres, contre la « réforme » par Macron remettant en question l’ensemble du statut de l’entreprise et de celui de ses fonctionnaires, ait abouti à un échec complet, aucune des mesures prévues dans le sens de la casse du service public n’ayant été retirée. Ils peuvent également s’étonner que leur lutte n’ait même pas retardé les autres attaques antisociales de ce gouvernement, et notamment les privatisations projetées et la casse de l’ancien hôpital public qui va être regroupé avec la santé privée, ni la casse des statuts des personnels de santé, ni encore la vague des privatisation avec notamment les aéroports et Engie. Cela signifie que la lutte des cheminots, telle qu’elle a été organisée par les bureaucraties syndicales, non seulement n’a pas renforcé les cheminots mais a laissé les coudées franches à un gouvernement parmi les plus anti-ouvriers de ces dernières années et tout cela en faisant semblant de mener une longue et déterminée. Il y a bel et bien un problème et même une arnaque !!! Et ce n’est pas seulement le fait de nos ennemis mais aussi de nos faux amis !!!

Non seulement, l’attaque antisociale du gouvernement n’a pas été freinée par la « grève » des cheminots sans vraie grève, mais elle s’étend et s’aggrave.

Qu’est-ce qui a manqué à la riposte ? Qu’est-ce qui affaiblit la classe ouvrière au point que gouvernants et patrons se sentent les coudées franches pour remettre ainsi en cause tout que les réformistes appelaient « les acquis sociaux » ?

Les classes possédantes et le gouvernement sortent de la grève, transformée en journées d’action, convaincus que les syndicats ont évité la grève tout en gardant barre sur les travailleurs, que ces derniers n’ont à aucun moment menacé de s’organiser de manière autonome, et que les uns et les autres n’ont à aucun moment tenté d’entrer véritablement dans une lutte de classe menaçante pour l’ordre social bourgeois, que la minorité radicale est restée impuissante face à la manœuvre des bureaucraties. Aucune raison, donc, de reculer, fût-ce momentanément ou tactiquement et toutes les raisons d’afficher la victoire, en contribuant à démoraliser les travailleurs et à redonner le moral aux patrons.

L’explication que se donnent nombre de travailleurs, cheminots ou pas et de militants syndicalistes est bien différente. Ils incriminent le mauvais climat social qui pousse au fatalisme, à la passivité, au renoncement à lutter et, parfois, mettent en cause les syndicats les plus à droite, ceux qui ne s’opposent même pas à la privatisation du rail. Ils remarquent aussi que les syndicats se sont affaiblis ces dernières années, en forces militantes comme en crédit dans les milieux populaires. Ils accusent bien entendu le président Macron et la rapacité des riches qu’il défend. Ils auraient souhaité que les « journées sans cheminots » soient mieux suivies. Mais pensent-ils vraiment que Macron aurait alors cédé ? Non, pour la plupart ils ne le pensent pas.

Mais pourquoi les syndicats sont-ils affaiblis, pourquoi les travailleurs manquent de confiance dans leur propre force, pourquoi leurs adversaires ont autant d’assurance ? N’est-ce pas le produit d’années et d’années pendant lesquelles les stratégies des bureaucraties syndicales ont consisté à promener les travailleurs dans les rues lors de journées d’action aussi nombreuses que totalement inefficaces. Des années aussi pendant lesquels les syndicats ont semé le corporatisme, les divisions professionnelles et la démagogie patriotique de l’entreprise comme celle du nationalisme. Pas de réel mouvement unissant les cheminots et les agents RATP depuis 1995. Pas de mouvement unissant les postiers. Pas de mouvement d’ensemble entre public et privé. Des journées d’action sont appelées grèves ou grèves générales alors que seule la grève reconductible peut être appelée ainsi. Et lors de certaines journées d’action, les syndicats n’appellent même pas à la grève. Aucune journée n’est préparée par les travailleurs eux-mêmes, se réunissant par avance pour prévoir l’action, les revendications, les liaisons avec d’autres secteurs. Jamais les appareils syndicaux ne laissent les travailleurs s’organiser par eux-mêmes, prendre des décisions, choisir les orientations et les modes d’action. Les militants syndicalistes ont appris du syndicat qu’il fallait se méfier de l’initiative et de la spontanéité des travailleurs. Comment s’étonner que les travailleurs, même lorsqu’ils suivent les syndicats, restent méfiants vis-à-vis des syndicats ?

Mais les militants syndicalistes eux-mêmes se méfient de leurs dirigeants et de leur organisation. Les luttes passées leur ont appris que ces derniers freinaient à des moments qui leur paraissaient absurdes ou négociaient des attaques qu’il ne leur aurait pas semblé devoir même être discutées avec nos adversaires. Les militants les plus conscients savent que les appareils syndicaux ne reflètent pas les désirs des travailleurs, s’en dissocient à des moments déterminants, et lâchent parfois une lutte.

Bien des cheminots ont conscience que le choix de l’intersyndicale, au nom de l’unité, qui a consisté à ne pas lancer une grève reconductible mais une prétendue « grève perlée » avec trois journées d’action par semaine, présentée comme un moyen de faire reculer le gouvernement sans coûter trop cher aux cheminots, a été la cause de l’échec. Mais ils ne font qu’approcher la vérité. Les centrales syndicales, en acceptant de jouer le jeu des négociations sur la réforme ferroviaire alors qu’elles en connaissaient la teneur et savaient qu’il n’y avait rien de négociable, avaient déjà transmis le message aux gouvernants : elles n’allaient que faire semblant de lutter.

Il ne suffit pas de dire que les « trois jours sur cinq » des centrales syndicales étaient une mauvaise stratégie. Il ne suffit même pas de souhaiter que les centrales syndicales appellent à la grève reconductible ou encore qu’elles appellent à élargir la lutte à toute la fonction publique ou à tous les travailleurs. Car ce serait encore semer des illusions.

En réalité, les centrales syndicales sont impliquées dans la réforme de la SNCF depuis de longues années, en cautionnent les buts, en discutent les moyens, sont partie prenante de la réforme. Elles en ont discuté au plus haut sommet de l’Etat et voté les objectifs dès le départ, dès le rapport Lepaon du Conseil Economique Social et Environnemental. Elles se gardent de combattre certaines mesures essentielles, comme celles qui ont trait à la « dette de la SNCF ». Comme Macron l’affirme, ces centrales estiment que cette dette fait partie des dettes de l’Etat et cela leur semble radical d’affirmer cela. En fait, cela revient à demander au contribuable de payer pour des dettes qui ont enrichi banquiers et trusts au lieu de demander à ces derniers de rembourser.

Ces remarques signifient que tout cheminot conscient, tout militant syndicaliste honnête, à l’annonce du rapport Spinetta de destruction du service public de la SNCF, ne pouvait que souhaiter que les travailleurs eux-mêmes prennent en main immédiatement les initiatives de la lutte à venir. Cela supposait, dès l’annonce de l’attaque antisociale entièrement contenue dans le rapport d’Etat, de proposer publiquement aux travailleurs de se rassembler, au lieu d’attendre pendant des jours et semaines, que les responsables des syndicats de cheminots se réunissent en intersyndicale pour pondre la décision, prise sans aucune consultation ni des travailleurs, ni des syndiqués, ni des militants, de la prétendue grève perlée ou non-grève.

On ne pouvait pas espérer donner un coup d’arrêt aux attaques contre la classe ouvrière sans appeler celle-ci à prendre elle-même la mesure de la situation et des décisions à prendre. On ne pouvait pas, au regard de tous les échecs des mouvements précédents organisés par les responsables syndicaux, prétendre qu’il suffisait de l’unité des centrales syndicales pour atteindre l’unité ouvrière nécessaire.

Appeler les travailleurs à se réunir signifiait non seulement préparer une grève des cheminots mais décider ce que l’on voulait faire, si on voulait faire grève même ou plutôt lancer une campagne des cheminots s’adressant à tous les travailleurs, se transformant en militants de la défense des services publics et des droits sociaux, lançant partout de nouvelles formes d’organisation, proposant aux travailleurs de construire leur propre programme social diffusé partout dans toute la population, contestant le droit des capitalistes de détruire les acquis sociaux de tous les milieux populaires, élisant partout leurs délégués de la classe ouvrière, fédérant leurs organisations, reliant entre elles toutes les luttes. Les cheminots auraient pu ainsi se proposer en fédérateurs de toutes les luttes, menaçant ainsi les classes possédantes et leur donnant une motivation pour retirer la prétendue réforme ferroviaire de Macron ainsi que toutes les autres devant une telle menace d’une action de classe unie des prolétaires.

Cela aurait signifié que les premières assemblées générales vraiment souveraines des cheminots militent non pour une action immédiate mais pour une organisation immédiate des travailleurs sur des bases démocratiques et de classe, bases qui n’existent plus depuis longtemps dans les syndicats. Cela ne signifie pas que tous les militants syndicalistes auraient nécessairement été opposés à une telle initiative, étant donné que seuls les bureaucraties syndicales peuvent se considérer comme directement menacées par cette forme d’organisation de masse et de classe. Mais cela supposait qu’existe une fraction des militants syndicalistes cheminots qui soient des révolutionnaires, qui n’aient pas cédé à l’opportunisme à l’égard des appareils, qui n’acceptent pas le diktat des directions bureaucratiques sur les luttes ouvrières, et cela n’a pas été le cas. C’est la racine d’une nouvelle défaite mais ce n’est catastrophique que si aucune minorité révolutionnaire n’en tire les leçons.

Certains pourront estimer que, dans ce texte, nous prenons nos désirs pour des réalités, que la classe ouvrière n’en est pas à ce point, du moins en France ou parmi les cheminots. A preuve : cela ne s’est produit nulle part. Mais c’est inverser le raisonnement : cela ne pouvait se produire que si une fraction révolutionnaire des cheminots, fût-elle faible, lançait un tel mouvement.

Certains diront que les travailleurs eux-mêmes n’auraient pas suivi une action aussi radicale. Ah bon ! Trop radical de se réunir plutôt que de faire grève les yeux fermés ? Trop radical de proposer de demander aux cheminots de diffuser des tracts s’adressant à tous les travailleurs, de coller des affiches, de faire des prises de paroles, de décider eux-mêmes des revendications et des modes d’action, plutôt que de payer cher des journées de grève qui ne mènent même pas… à une grève, qui ne peuvent pas être rejointes par d’autres secteurs de la classe ouvrière, qui ne peuvent pas faire monter la température de la lutte sociale ? Non ! C’est un prétexte : le vrai problème est que ces minorités révolutionnaires ne veulent pas se fâcher avec les directions bureaucratiques de leurs syndicats alors que ces directions ne craignent pas de se fâcher avec ces militants révolutionnaires et de les exclure. Cela signifie que les révolutionnaires sont entrés dans les syndicats pour les influencer et que c’est le contraire qui s’est produit…

Bien sûr, on peut imaginer qu’une telle tentative n’ait pas réussi à entraîner une fraction importante des cheminots ni même d’importants secteurs de ceux-ci, sans parler d’autres fractions de la classe ouvrière et encore moins de faire reculer patronat et gouvernement, sur la réforme de la SNCF et sur les autres. C’est tout à fait possible mais cela aurait quand même signifié qu’une perspective nouvelle commençait à être développée, que ceux qui se posaient la question des raisons de l’échec et des moyens de changer les modes d’organisation et d’action auraient eu des réponses nouvelles à la sortie de cette lutte, des réponses qui préparent l’avenir.

Les travailleurs auraient pu ainsi faire l’expérience par eux-mêmes de l’auto-organisation et de ce qu’elle apporte à la lutte en conscience, en détermination, en perspectives sociales et en craintes suscitées dans les classes possédantes et dans leurs représentants politiques et gouvernementaux.

Il n’y a pas d’autre issue à l’impasse actuelle des luttes syndicales car le réformisme n’est pas une issue quand les classes possédantes ont décidé de sortir les couteaux, qu’elles se tournent vers l’action antisociale violente parce que leur système est menacé des effets de sa crise historique.

Les minorités de travailleurs conscients, ceux qui ne se laissent pas embarquer dans les illusions réformistes, ceux qui ne cèdent pas aux pressions bureaucratiques des appareils syndicaux pas plus qu’aux autres pressions de la bourgeoisie et de son Etat, ceux qui ne se laissent pas non plus embarquer dans la vague nationaliste, hostile aux migrants, aux Roms ou aux Musulmans, ou inversement aux Occidentaux, ceux-là auront à l’avenir un rôle crucial, y compris s’ils restent une infime minorité dans un premier temps. Ils pourront jouer ce rôle s’ils ne se laissent pas impressionner par l’opinion publique car celle-ci est aux mains des classes possédantes, elles-mêmes une encore plus infime minorité et dont les intérêts sont diamétralement opposés à ceux de l’immense majorité.

Bien entendu, il ne suffira pas des arguments d’une minorité révolutionnaire pour entraîner la majorité du prolétariat. Il faudra des faits et des expériences. C’est la crise historique de la domination capitaliste qui les présentera. C’est parce que la classe capitaliste est dépassée par le cours de l’Histoire que la minorité révolutionnaire a des chances d’entraîner la majorité. Mais il ne suffira pas de la crise du capitalisme pour ouvrir une nouvelle perspective de classe. C’est là que les travailleurs conscients et les militants révolutionnaires ont un rôle irremplaçable à jouer.

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11 Messages de forum

  • Le premier ministre Edouard Philippe convoque les syndicats à la fin août pour discuter de l’assurance-chômage et de la santé au travail. Ils savent que c’est pour attaquer la classe ouvrière et en particulier pour camoufler l’attaque des retraites et... ils courent pour aller "négocier", traduisez trahir la classe ouvrière !!!!

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  • D’ailleurs, sur l’assurance-maladie, on sait déjà que le gouvernement renonce à son premier projet de faire payer les patrons et donc fera payer les assurés, les travailleurs !!! Et, le sachant, ils rejouent une fois encore la comédie des négociations !!!

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  • L’édito est bien mais, je pense qu’il serait plus percutant si l’on disait clairement et d’entrée de jeu que tout était prévu d’avance. La machination était bien rodée entre les syndicats et le gouvernement. Elle venait de loin comme vous le dites fort justement. De ce fait les travailleurs ont subi une lourde défaite. Seront-ils capables de s’en remettre ? Il faudra attendre une longue période pour ce faire et repartir au combat. Toutes les autres attaques prévues vont suivre. La route est ouverte "royalement" aux contre-réformes "Macron" et cie comme dans les autres pays.
    Il faut en tirer les leçons et être très dénonciateurs des syndicats.
    Ce serait bien en parallèle de montrer dans les leçons pourquoi les enseignants aux USA, par contre, ont gagné et étendu leurs grèves et revendications ? Parce qu’ils se sont organisés eux-mêmes (auto-organisation en comité contre les syndicats) et ont dépassé le corporatisme dans une défense de toute la classe ouvrière.

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  • Entièrement d’accord avec l’ensemble de l’adresse. La nouvelle défaite du secteur cheminot était importante pour la bourgeoisie car cela restait le dernier symbole d’1 mouvement d’ensemble qui avait su, suite à des grèves reconductibles dans le privé, freiner les attaques anti ouvrières des années 90 en France. La gauche bourgeoise à compris qu’ il fallait endiguer politiquement le mouvement révolutionnaire qui pouvait offrir 1 autre perspective. Les centrales syndicales ont donc ouvert leur instance à ces militants pour mieux les contrôler et les contaminer par leur pratique réformiste quotidienne. La gauche à réussi son coup et à pour l’instant laisser la classe ouvrière sans direction alternative à celle des bureaucraties et des partis bourgeois.

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  • Le Maire nie l’évidence sur le pouvoir d’achat des retraités en affirmant que l’inflation ne va pas rogner les retraites bloquées depuis des années !!!

    En fait, c’est une attaque anti-sociale consciente qui est le produit direct de l’échec des cheminots. Et cela ne sera pas la seule...

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  • Ce sont les manœuvres des appareils syndicaux qui ont cassé les grèves des cheminots, des personnels de l’hôpital public ou d’Air France, des EPHAD et bien d’autres encore, avec la caution de la gauche de la gauche, du NPA, de Lutte ouvrière, d’Alternative libertaire et autres opportunismes soi-disant d’extrême gauche...

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  • Les confédérations syndicales continuent de négocier des reculs et continuent leur cirque. La tenue de cette journée d’action le 9 octobre contre « l’explosion des inégalités et la casse des droits collectifs » a été décidée par les organisations de salariés CGT et FO, les étudiants de l’Unef et les lycéens de l’UNL à l’issue d’une réunion au siège de FO. L’union syndicale Solidaires en a approuvé le principe mais doit valider la date du 9 octobre « lors de son instance nationale la semaine prochaine », selon un communiqué commun.

    Bien entendu, ce n’est pas le même jour que les syndicats appellent à nouveau les cheminots... C’est le 18 septembre et ils ne veulent toujours pas d’une grève reconductible ni s’adressant aux usagers et autres salariés !!!

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  • Les syndicats veulent une journée d’action contre le gouvernement Macron le 9 octobre mais déjà cela se sépare de l’affirmation qu’il y aura une journée syndicale cheminots le 18 septembre… Sans parler d’une journée d’action Air France, etc…

    Sans parler de la CFDT qui ne veut pas de ces journées mais menace d’agir séparément… un autre jour !!!

    Et FO qui propose un autre jour en plus sur les retraites !

    En somme, la politique du gouvernement, ce n’est pas la même chose que la SNCF, pas la même chose que les retraites et demain on nous dira que ce n’est pas la même chose que l’hôpital public, la poste et les banques ou l’énergie ou encore la ratp !!!

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  • Mobilisés isolément, les cheminots sont maintenant réprimés isolément...

    A Nîmes, un délégué CGT est menacé de radiation pour avoir allumé une torche en gare pendant la grève ! A Rennes, c’est cette fois un cheminot Sud-rail qui est menacé de radiation pour avoir simplement déclenché une mesure d’urgence parce que des policiers étaient sur les voies ! A Lille Flandres, on reproche à un cheminot d’avoir envahi les bureaux de la direction…

    etc, etc...

    Pourtant, c’est tout le service public et non la seule SNCF qui est en voie de privatisation : l’hôpital public est unifié de force au secteur privé de santé, La Poste devient un pôle financier, bancaire et assurances sous l’égide d’un capital privé majoritaire, les fondations privées rognent l’université, Engie et Aéroports de Paris sont privatisés, etc, etc...

    Les syndicats continuent de choisir de mobiliser séparément les différents secteurs et corporations. Cette stratégie de division doit être mise en cause par la classe ouvrière mais, pour cela, elle doit s’auto-organiser et non suivre les bureaucraties.

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  • On a assisté, ces 12 derniers mois, à un nombre croissant de grèves locales très combatives. En témoignent, par exemple, la longue grève des postiers dans les Hauts-de-Seine, la lutte des hospitaliers de Pinel ou encore la grève de 77 salariés d’un McDonald’s à Marseille, depuis le 8 août. Les luttes gagnent également des secteurs qui n’avaient pas l’habitude de se mettre en grève, comme chez Deliveroo, Vélib ou encore, en avril dernier, chez Carrefour, où la participation à la grève a atteint 90 % dans certaines régions.

    Ces grèves reflètent une combativité croissante de l’ensemble des salariés. Elles contrastent avec les routinières « journées d’action » appelées par les directions syndicales, au niveau national. Celles-ci ont été de moins en moins suivies, au fil des années, car une large partie des travailleurs a pris acte de l’impossibilité de gagner quoi que ce soit sur la base d’une telle stratégie. Une grande partie des salariés ne voient plus l’intérêt de perdre une journée de salaire dans des « journées d’action » qui n’obtiendront pas de résultat.

    Ce décalage entre des grèves locales combatives et la vaine stratégie des journées d’action, nous amène à l’idée que le rapport de forces pourrait être tout autre si l’énergie et la combativité de la base n’étaient pas dévoyées au niveau national par les directions syndicales. Bien sûr, nous ne prétendons pas que, d’un claquement de doigts, tous les travailleurs sont prêts à se lancer dans une grève générale. Mais le rôle des directions syndicales est d’empêcher qu’émerge la nécessité d’organiser une grève reconductible dans un maximum de secteurs, et cette conscience est indispensable si on veut mettre un coup d’arrêt à la politique du gouvernement.

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  • C’est au tour de Ford Blanquefort d’être touché par les licenciements. Cela faisait belle lurette que ce site en était menacé. C’est un dirigeant du NPA qui y dirige la lutte. Mais cela ne veut pas dire que c’est un exemple de liaison entre cette lutte et toutes les autres, ni un exemple de mise en place de comités de grève, etc... Au contraire, Poutou ne fait q’uy représenter la CGT malgré ses multiples trahisons, dont la dernière à la SNCF !

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