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Hulot : "assez de me mentir"... et de nous mentir avec la biodiversité gouvernementale capitaliste

jeudi 30 août 2018, par Robert Paris

Le mythe de la biodiversité et sa réalité

La propagande du gouvernement français, derrière Hulot-Macron, puis de Macron sans Hulot, essaie de faire croire que ceux-ci seraient en pleine lutte courageuse pour « sauver la biodiversité ». En fait, c’est de la poudre aux yeux et c’est même l’inverse de la réalité. Jamais les profiteurs du secteur du Bâtiment n’ont eu aussi peu de contraintes écologiques pour déverser partout des tonnes de béton ! Ce gouvernement est le plus grand soutien aux fabricants capitalistes de béton, de nucléaire, de produits dérivés du pétrole, de chimie, de pharmacie, avec toutes les conséquences les plus nuisibles qui soient. Il ne propose nullement de surveiller les industries polluantes ou le secteur du Bâtiment, de limiter leur capacité de nuisance. Plus que jamais les gouvernants sont, au contraire, prêts à tout accepter des industriels pour permettre de faire croire à un effort de développement de l’économie capitaliste et préserver momentanément les investissements productifs en chute libre. Du coup, la méthode choisie est celle des compensations : on pollue, on détruit la nature, mais on demande aux industries de créer, « en compensation », des zones « naturelles » !!! Ce serait très drôle si ce n’était aussi catastrophique !!!

La réalité, c’est que le grand capital se moque de la nature ou de sa diversité, comme si ce seul critère pouvait être considéré isolément, et ne tient qu’aux espèces qui sont productrices de profit. Personne ne peut, et personne au pouvoir dans l’Etat bourgeois ne veut ni ne voudra à l’avenir, l’en empêcher. L’opinion publique, si elle est mise à contribution pour soutenir la défense de la biodiversité, n’a aucun rôle dans les décisions de la société bourgeoise ni aucun pouvoir réel, et pas plus dans les sociétés dites démocratiques que dans les autres.

Nous savons tous que l’une des caractéristiques du Vivant est la diversité biologique, une notion rassemblée sous le terme de « biodiversité », diversification qui est l’une des bases de l’évolution des espèces, même si cela ne fonctionne pas tout seul puisque les contraintes de toutes sortes sélectionnent un tout petit nombre d’évolutions parmi toutes les physiquement possibles. Nous savons aussi que le monde capitaliste a pour conséquence de détruire massivement des vies animales, végétales et autres, en se moquant complètement des dangers pour l’avenir, y compris pour l’homme. Un grand nombre d’espèces ont disparu sous l’action de l’homme et c’est une action destructrice dès lors irréversible qui diminue ainsi la richesse biologique de la planète. Le capitalisme actuel n’a fait qu’aggraver de plus en plus cette destruction, tout en tenant un discours hypocrite selon lequel il affirme s’en préoccuper plus que jamais. Sa dernière phase, celle où il développe ses tendances les plus nécrophiles, est aussi celle de sa plus grande hypocrisie : il détruit tout en prétendant protéger !!! Il se dit respectueux, soucieux du durable, pour ne pas dire écologique et bio. Ses gouvernants parlent à n’en plus finir de défendre la planète et ils en font plus que jamais une vraie poubelle pour déchets industriels, chimiques, nucléaires et autres. La défense de la biodiversité fait partie du langage actuel dominant et ce n’est qu’un discours, que de la com.

Pour comprendre ce qu’est véritablement la menace contre le Vivant et contre le siège de ce vivant, la Terre, il convient d’expliquer ce qu’est le mécanisme réel de la biodiversité. Et tout d’abord, il convient de rappeler que le capitalisme peut très bien détruire massivement le Vivant sans même toucher à la biodiversité, qui n’est qu’une des manières de détruire la nature. Quand la société capitaliste exploite le vivant, elle peut détruire de quantités d’individus de chaque espèce sans nullement s’attaquer à la biodiversité. Il suffit qu’il ne s’agisse pas d’espèces menacées. Par exemple, les capitalistes détruisent massivement la forêt brésilienne, et c’est catastrophique même si les arbres et la forêt équatoriale ne sont pas menacés de disparitions !!!

Par contre, la société capitaliste peut inversement détruire la biodiversité, simplement en cultivant une seule espèce invasive. On l’a bien vu dans l’exemple de la perche du Nil cultivée dans le Lac Victoria, à la frontière de l’Ouganda, de la Tanzanie et du Kenya, culture qui a détruit des quantités d’espèces de poissons. Elle peut également détruire des quantités d’espèces en utilisant certains produits chimiques comme le roundup qui génocide les insectes en masse et menace de nombreuses espèces de disparition.

Le capitalisme s’est toujours moqué de détruire la planète. Et aujourd’hui, il s’en moque plus que jamais, son discours écologique n’étant que de la morale en direction des individus et non une politique réelle. On le voit à toutes les propagandes qui affirment qu’il faut faire chacun sa petite révolution de son mode de vie pour soi seul, en réformant nos comportements individuels sans essayer de changer globalement la société.

En occupant toute la terre, l’agriculture capitaliste s’est même moquée de détruire massivement, de génocider, d’ethnocider des peuples indigènes entiers, de réduire à néant des centaines de vieilles civilisations ou ce qu’il en restait, assassinant sciemment et violemment des quantités de populations qui voulaient simplement continuer de subsister sur place. Et le capitalisme continue de le faire dans les guerres actuelles. Ce n’est pas le risque de détruire quelques espèces animales, végétales et autres êtres vivants qui risquerait de l’arrêter dans sa course infernale au profit.

C’est un mythe de faire croire que le capitalisme peut respecter la planète, peut protéger les espèces vivantes, peut défendre la biodiversité. C’est un mensonge de prétendre que l’on peut le lui imposer réellement, sans en finir avec ses principes de base. C’est aussi absurde que de prétendre à un capitalisme qui n’exploiterait plus le travail humain. Capitalisme et respect du vivant sont en contradiction directe et frontale. Pour développer le capitalisme, il faut se jeter le plus vite possible dans toutes les productions nouvelles, sans se donner le temps de s’assurer qu’elles ne pourraient pas être nuisibles à la vie. Pas question de vérifier que les industries nucléaires, pétrolières, chimiques, pharmaceutiques ne sont pas en train de déverser partout des poisons, y compris dans l’homme. Par exemple, pas question de différent la diffusion de produit utilisant des nanoparticules, alors que celles-ci sont à la même échelle que les molécules du vivant et peuvent parfaitement détourner leur fonctionnement et un jour le détruire.

Cependant, il convient de distinguer ce que l’on entend par biodiversité et ce qu’est sa réalité naturelle, en n’oubliant jamais qu’il faut combattre les destructions massives du vivant même si cela ne menace pas la biodiversité et aussi des déformations dangereuses du vivant par des produits chimiques, même si cela ne tue pas les êtres vivants et les espèces (par exemple, en faisant absorber des particules nucléaires par les légumes ou des métaux lourds par les gros poissons). Ainsi, la construction tout azimut soi-disant pour relancer l’économie, en fait pour enrichir les trusts du Bâtiment, ne fait que détruire des aires agricoles ou des forêts et aucune espèce n’en est menacée mais cela ne la justifie pas pour autant.

Les véritables menaces contre la biodiversité sont généralement situées très loin des pays les plus riches qui les réalisent le plus souvent à l’extérieur, dans les pays pauvres. D’ailleurs, l’essentiel de la biodiversité planétaire est concentrée dans les zones tropicales de la planète, les plus pauvres et le plus souvent les moins peuplées, celles où le développement capitaliste est le moins grand mais où le capitalisme frappe quand même la nature de manière irréversible comme dans la forêt brésilienne. Cela ne veut pas dire que le capitalisme n’est pas une menace pour la nature dans le reste de la planète, au contraire !

La biodiversité dans les zones tropicales est véritablement explosive mais elle produit spontanément de nouvelles espèces dont les individus sont en nombre très restreint. Cela signifie qu’il s’y détruit aussi un très grand nombre d’espèces de manière spontanée. En somme, la destruction massive et permanente des espèces est donc aussi spontanée et naturelle que la création massive et permanente d’espèces dans les zones tropicales.

De toutes manières, la protection de la nature, qui ne peut absolument pas être une préoccupation sérieuse pour les capitalistes et les gouvernants, ne signifie pas seulement la protection des espèces menacées de disparition mais la protection de tout le vivant et de son environnement. Les produits chimiques et industriels qui ne détruisent pas les espèces mais sont des poisons pour les animaux et les hommes sont légion.

L’exemple des mers est remarquable. Même quand les espèces de poissons ne disparaissent pas, le capitalisme fait de terribles dégâts dans les mers. Les poissons y deviennent des réceptacles de produits chimiques d’origine industrielle, de métaux lourds, de polluants chimiques, de résidus pétroliers, de résidus nucléaires, de déchets des villes, etc. Il est remarquable que l’essentiel de ces produits ne soient même pas répertoriés quand les localités indiquent les analyses de l’eau dans les stations balnéaires : ils n’indiquent seulement les bactéries liées à la pollution humaine et surtout pas la pollution industrielle. On n’a jamais et nulle part imposé au grand capital de rendre compte réellement de sa pollution des rivières et des mers. Les baigneurs en subissent régulièrement les conséquences cuisantes sans qu’on leur dise quel produit ils ont malencontreusement rencontré ! Et les animaux marins font le même type de rencontre avec des conséquences désastreuses pour eux comme pour les oiseaux !

La plupart des écologistes qui ne sont pas contre le capitalisme se contentent de développer un moralisme qui présente le problème comme une responsabilité humaine et ne veulent surtout pas accuser le capitalisme ni le combattre, même si c’est bel et bien le capitalisme qui dicte y compris les comportements sociaux et individuels. Et ce n’est pas en changeant ces attitudes des individus que l’on peut modifier les choix du grand capital qui trouvera toujours que le profit passe avant toute autre considération, comme l’a si bien montré l’industrie nucléaire.

Ramener la lutte contre les méfaits du capitalisme sur la nature à la lutte pour la biodiversité est erroné à plus d’un titre. Tout d’abord, les capitalistes peuvent parfaitement se servir de la propagande sur la biodiversité pour faire leur publicité tout en continuant à se comporter comme avant et les citoyens naïfs de l’écologie n’y pourront rien tant qu’ils ne voudront pas revendiquer qu’on ôte le pouvoir au grand capital qui détruit la planète. Ensuite parce que ce discours sur la biodiversité nourrit l’idée qu’il ne faut pas changer le monde en faisant la révolution sociale mais que chacun peut, par son comportement individuel, changer le sort de la planète sans renverser surtout la classe exploiteuse qui la gouverne et prétend la posséder !!! Enfin ce discours affirme qu’il faut changer les modes, les mœurs et que le grand capital suivra et effectivement il suivra… son cours, exploitant ce discours à son propre profit, comme on peut le dire dans les articles suivants :

L’équilibre terrestre du climat et de la biodiversité du vivant est paraît-il menacé

Quelques contre-vérités antiscientifiques de l’idéologie morale que l’on nomme écologique

Le bio n’existe pas... au sein du capitalisme

Ecolo, le capitalisme ?

La préoccupation du climat, une couverture de l’industrie nucléaire

Vous avez dit durable ? Pour le monde capitaliste à l’agonie ! Comme s’est bizarre !

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