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Le climat, seul responsable de la recrudescence de la faim dans le monde ?

vendredi 19 octobre 2018, par Robert Paris

C’est la « crise climatique » qui produit la nouvelle crise de la faim dans le monde, ou bien c’est la crise du capitalisme ayant atteint son stade ultime ?

Un nouveau pic de la faim dans le monde, voilà ce qui se produit en 2018, alors que jamais les moyens de produire de la nourriture pour toute la population de la planète n’ont été aussi grands… en termes techniques mais pas en termes de système social. Politiciens, média, gouvernants et même certains scientifiques accusent le climat, incriminant le réchauffement dû, paraît-il à l’excès de gaz carbonique atmosphérique accusé d’engendrer un excès d’effet de serre et donc de chaleur.

Du coup, si on les en croit, ce ne serait pas le capitalisme qui serait à accuser dans la catastrophe actuelle de la faim mondiale, mais… le climat ! Le GIEC (ou IPCC en anglais), organisme international, gouvernemental plus que scientifique, vient encore d’en remettre une couche pour l’affirmer haut et fort. Et, partout dans le monde, on essaie de nous convaincre que toutes les catastrophes actuelles, économiques comme sociales et politiques, des chutes des économies d’Amérique du sud ou d’Europe de l’Est ou d’Asie, des dictatures et du terrorisme aux migrants en passant par l’extrême droite, seraient tous dus au réchauffement d’origine humaine (dit anthropîque).

En 2017, la faim a progressé dans le monde pour la troisième année consécutive, selon cinq agences des Nations-unies. Elles mettent en cause la "variabilité du climat" et considèrent celle-ci comme l’une des "causes principales des graves crises alimentaires" du monde. En 2017, 821 millions de personnes dans le monde étaient en situation de manque chronique de nourriture contre 804 millions en 2016, et moins de 793 millions en 2007. En dix ans, le nombre de victimes de la malnutrition a augmenté de 28 millions. Comme par hasard, les émeutes de la faim de 2008 avaient montré que cette date était une charnière dans la reprise de la famine mondiale ! 2008, c’est la date clef de la crise économique et pas de la crise climatique !!! Et la hausse continue en 2018… Car la crise mondiale n’a pas été réglée en 2008 mais seulement repoussée par des méthodes artificielles qui, loin de résoudre la question de fond posée au débit des années 2000, n’a fait que l’aggraver : la masse extraordinaire de capitaux flottants qui ne peuvent s’investir avec profit suffisant dans des productions et ne font que spéculer. En effet, les aides étatiques et des banques centrales n’ont fait qu’augmenter les sommes disponibles et les possibilités de spéculer sur des dettes en rajoutant les dettes étatiques aux dettes privées. On notera que la hausse des températures prétendue par le GIEC, elle, ne démarre nullement en 2008 et la plupart des climatologues y voient plutôt une époque de baisse conjoncturelle de températures…

La faim serait-elle causée par l’effet de serre et pas par l’effet d’étranglement du grand capital à l’égard des peuples ? On nous dit maintenant que les famines précédentes étaient dues à l’esclavagisme, au colonialisme, au néo-colonialisme et à l’impérialisme et au capitalisme mais cette fois-ci, ils l’affirment le cœur (du côté du portefeuille ou du coffre-fort) sur la main, ce n’est pas le système social et politique qui serait en cause pour les morts de faim à venir… Ils déclarent donc le capitalisme « non coupable » et on devrait les croire sur parole ?!!!

Le réchauffement, et son responsable le CO², devient ainsi la tenue camouflage des nouveaux crimes contre l’humanité du capitalisme.

Bien sûr, certains pourraient nous dire : « Mais non ! Nous n’avons pas dit que le capitalisme et que les gouvernants ne sont pas responsables, mais seulement que tout le monde l’est, y compris et d’abord tous les individus qui peuvent contribuer, par leurs déchets et leurs véhicules notamment, à cette pollution au gaz carbonique qui nuit à la planète et cause notamment la faim, les migrations et autres catastrophes. »

Tous coupables donc aussi bien de la faim dans le monde que des violences et de la misère qui poussent des peuples à migrer en masse ?

Par contre, l’industrie nucléaire serait vertueuse, elle qui n’émettrait pas de CO² et aurait « seulement » quelques déchets radioactifs quand elle n’a pas d’accident grave comme à Fukushima. L’industrie automobile serait elle aussi devenue vertueuse, malgré le dieselgate, puisqu’elle se tourne vers des véhicule propres et électriques. Comme si les batteries électriques, c’était propre !!! Comme si les villes polluées l’étaient par du gaz carbonique et comme si c’était lui qui était cause du grand nombre de malades et de morts dus à la pollution de l’air !!!

Tout ce cirque du réchauffement climatique pour expliquer les catastrophes du capitalisme, dont la nouvelle famine mondiale, est un mensonge à grande échelle. En effet, le climat n’y est pour rien : les pays pauvres qui sont en pleine sécheresse sont aussi frappés que les pays qui subissent des tempêtes ou ceux qui ont un climat modéré et il en va de même des pays dits émergents qui replongent… Ceux qui subissent des froids historiques dans l’hémisphère sud sont aussi frappés que ceux qui subissent des étés chauds dans l’hémisphère nord !

Les uns comme les autres, du chaud et humide au froid et sec, sont pillés par les trusts et ne le sont pas moins depuis la chute catastrophique du capitalisme de 2007-2008 mais le sont plus que jamais. Les anciens pays colonisés sont en passe d’être recolonisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme, avec des armées néo-coloniales qui s’autorisent à y intervenir en permanence avec ou sans l’accord des gouvernants du pays.

Dû au climat, le fait que les anciens pays coloniaux soient à nouveau pillés, à nouveau victimes de guerres sous des prétextes divers, soi-disant pour sauver les peuples ? Ces guerres, qui ont détruit des pays entiers, qui ont contraint des peuples à partir sur les routes, à devenir des migrants, rejetés d’ici et de là, seraient-elles des produits du réchauffement climatique ? C’est le CO² qui cause l’accroissement des dictatures, des fascismes, des violences de toutes sortes contre les peuples ?!!!

Les pays émergents ne plongent pas du fait du climat mais de la crise économique mondiale. Les pays riches n’attaquent pas les droits sociaux, la santé, les minimas sociaux et les services publics à cause de la hausse du gaz carbonique atmosphérique ! L’exploitation capitaliste devient de plus en plus dure partout dans le monde et ce n’est pas à cause de la hausse des températures mais de la hausse des violences des classes possédantes dans la lutte des classes. La hausse mondiale d’un chômage permanent de masse n’est pas non plus un produit du climat. Un demi degré de plus ou de moins ne fait pas fermer des usines, ni ne pousse les capitaux vers la spéculation plutôt que vers l’investissement productif !

En fait, la courbe de la faim dans le monde suit exactement celle de la crise historique du système capitaliste qui a commencé au début des années 2000, a menacé de produire un effondrement mondial en 2007-2008, et a été seulement retardé, avec un accroissement de tous les voyants rouges produit justement par les actions publiques pour éviter, ou plutôt retarder seulement, la chute définitive du système.

La faim dans le monde suit la même courbe que l’économie, que les investissements, que le chômage, que la misère, que la santé, que l’éducation, que la sécurité des personnes, que les maladies, que les guerres, que le terrorisme, qui sont tous des produits d’une même cause : l’agonie du capitalisme ayant atteint ses limites et incapable d’aller plus loin et de porter encore la société humaine. C’est de cela que découle l’agonie de la plus grande partie de la planète, même si la faim n’est encore que marginale dans la partie la plus riche, minoritaire.

Même en Europe, aux USA, au Japon, la faim recommence à frapper, de la même manière que font leur réapparition des maladies de la misère qui avaient depuis longtemps disparu.

La barbarie capitaliste frappe le monde entier, avec un visage qui n’a pas seulement le nom d’extrême droite, de barbarie xénophobe violente, d’affrontements interethniques, interreligieux, interraciaux, intergenre, intergénérationnels et autres. Il a aussi comme visage des dictatures qui reviennent, des guerres qui s’accroissent et aussi la faim qui revient en force.

Oui, c’est bel et bien le capitalisme qui produit l’accroissement de la faim. Si on a les capacités techniques de donner à manger à trois fois la population du monde et qu’on ne donne pas à manger à toute cette population, c’est que le système social qui domine ne le permet pas. C’est le système social qui interdit que les invendus soient donnés aux plus démunis. C’est le système social qui impose qu’on brûle tous les jours les stocks de produits alimentaires. C’est le système social qui impose qu’on accumule la richesse à un pôle et la misère à l’autre. Et c’est le système social, en particulier les trusts capitalistes, qui organisent la misère mondiale, même s’ils essaient de nous enfumer avec leur nuage de gaz carbonique.

6 Messages de forum

  • Et l’espérance de vie qui baisse, la santé et l’éducation qui régressent, le droit au logement qui diminue, dans les pays riches comme USA et Angleterre, c’est aussi le climat ?!!!

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  • Etrangement, alors que de nombreux économistes montrent en exemple les Etats-Unis pour leur quasi plein emploi, avec 4% de chômage, c’est pourtant ce pays qui génère le plus grand nombre de pauvres et d’écarts salariaux au sein des pays développés. Les injustices sociales sont une caractéristique des Etats-Unis. Le candidat à la primare démocrate, Bernie Sanders faisait ce constat en 2016 : "Une vingtaine de personnes détient la même richesse que les 50 % les moins nantis du territoire américain". Plus de 5 millions d’Américains vivent avec moins de 4 dollars par jour et comme le soulignait le prix Nobel d’économie Angus Deaton dans un éditorial du New York Times fin 2017, : "Dans certaines régions [des Etats-Unis] comme le delta du Mississippi et les Appalaches, l’espérance de vie est plus basse qu’au Bangladesh et au Viêt Nam."

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  • Les calculs de taux de chômage aux Etats-unis ne reflètent pas la réalité de la bonne santé économique et sociale des citoyens : des millions de personnes ne sont pas comptabilisées comme étant sans emploi parce qu’elles sont soit en prison, subissant des mini-jobs, malades, ou simplement n’étant pas inscrites dans l’équivalent des pôles-emploi américains. Près de 45 millions de personnes sont considérées comme "pauvres", soit 13,5% de la population . Ces chiffres sont contestés par des universitaires qui estiment que la pauvreté aux Etats-Unis est bien plus importante. Une étude publiée fin 2009 sur la pauvreté des enfants fait ce constat effarant : "Les enfants américains sont ceux qui sont confrontés au plus haut niveau de pauvreté dans le monde occidental développé".

    Les Etats-Unis sont le pays le plus riche du monde, avec les plus hauts revenus par habitants et pourtant une part importante de sa population vit dans de très mauvaises conditions, au point de faire baisser l’espérance de vie de l’ensemble de la nation. Les raisons concrètes de cette baisse sont connues et sont dûes principalement à la mauvaise alimentation, la difficulté d’accès aux soins, la prise de drogues et de médicaments opiacés.

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  • Le Royaume-Uni subit des problèmes d’inégalités sociales et de grande pauvreté depuis des décennies, mais avec une explosion de ceux-ci depuis 2011 : la crise financière de 2008 a incité les différents gouvernements britanniques à appliquer des cures d’austérité budgétaires drastiques.

    La longévité est en baisse au Pays de Galle et en Ecosse et cette baisse est clairement reliée au niveau de vie des habitants : francetvinfo explique que "Dans le quartier le plus cher de Londres, à Chelsea, les riches vivent en moyenne 16 ans de plus que les pauvres".

    La population la plus touchée et la plus fragile au Royaume-Uni est celle des personnes âgées qui ne peuvent souvent pas se payer une alimentation correcte, les prix ayant flambé, pas leurs pensions. Le budget du système de santé a été grévé et de nombreux services ne sont plus fournis, comme les repas livrés à domicile ou les bus en zone rurale. Les prises en charge de problèmes de santé causés par la pollution sont le plus souvent effectuées en urgence. Alcoolisme, prises d’anti-dépresseurs, suicides causés par l’isolement social et économique : les personnes âgées meurent de plus en plus prématurément au Royaume-Uni.

    Interrogé par Le Monde, un chercheur de l’université d’Oxford, Danny Dorling résume la situation : "Si plus de gens vivent sous le seuil de pauvreté, qu’on réduit les aides aux personnes âgées, que le budget du système de santé ne progresse pas, qu’il y a plus de sans-abri, peut-être qu’on ne devrait pas être surpris des conséquences".

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  • Jean Ziegler, expert mondial à l’ONU sur la Faim, à Chambéry : "Le capitalisme est une dictature mondiale du capital financier" et "c’est le capitalisme qui assassine les peuples par la faim".

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  • "l’agriculture mondiale, telle qu’elle est aujourd’hui, pourrait aujourd’hui nourrir 12 milliards d’être humains. Nous sommes pourtant moins de 7 milliards, et chaque jour, ce sont 100 000 personnes qui meurent de la faim ou de ses suites immédiates."

    " Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné par le capitalisme. "

    Jean Ziegler.

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