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L’Etat bourgeois n’interdira pas les licenciements, ni à Ascoval, ni ailleurs ! Faisons-le nous-mêmes !

vendredi 26 octobre 2018, par Robert Paris

édito

L’Etat bourgeois n’interdira pas les licenciements, ni à Ascoval, ni ailleurs ! Faisons-le nous-mêmes !

Il suffit qu’un trust décide de fermer une usine pour qu’il ait le droit de le faire, du moins en droit bourgeois. Peu lui importe que des centaines d’emplois soient supprimées, des centaines ou même des milliers de vies foulées aux pieds, que les investissements d’Etat et les cadeaux fiscaux des gouvernants soient jetés à la poubelle, peu lui importe que le site industriel devienne une friche définitivement inhospitalière, invivable, inconstructible, ayant subi des pollutions que le trust ne nettoiera jamais, que personne même ne nettoiera jamais. Et ce n’est pas sur les gouvernants au service de la bourgeoisie qu’il faut compter pour imposer quoique ce soit aux trusts, pour imposer l’interdiction de la fermeture et des licenciements, y compris quand l’entreprise, comme c’est le cas d’Ascoval, était considérée comme rentable par son patron. Les gouvernants font semblant d’être fâchés, de demander au patron de prendre d’autres décisions, mais le gouvernement ne bouge pas le petit doigt, bien entendu, pour imposer quoique ce soit au trust. Ce n’est pas là son rôle social.

C’est comme cela que les licenciements succèdent aux licenciements, en particulier dans les sites industriels. C’est comme cela que les emplois, industriels ou autres, chutent sans cesse. Il n’est jamais question pour les gouvernants d’imposer aux trusts de tenir des engagements pris pour obtenir des aides d’Etat, pas question d’exiger des trusts de rembourser ces dettes, pas question d’imposer au trust de nettoyer les anciens sites industriels. Le Capital a tous les droits et le Travail n’en a aucun, paravent démocratique ou pas.

Il n’en est pas question non pas parce que ce ne serait pas juste mais parce que les Etats sont exclusivement au service des trusts, c’est-à-dire de cette infime minorité de la population que sont les possesseurs du grand capital, c’est-à-dire moins de un pourcent. Il n’en est pas question même quand le sort de régions entières, de pays entiers, de peuples entiers est en jeu. Aucun Etat bourgeois n’a jamais rien imposé en la matière aux patrons des trusts ni ne le fera jamais.

Les réformistes ont beau crier, pleurer, grogner, protester, proposer, négocier, faire du bruit ou du blabla, ils ne font que réclamer du lait d’un bouc !

L’Etat bourgeois jamais n’interdira les licenciements, n’empêchera les fermetures d’usines, n’imposer quoique ce soit aux trusts et au grand capital !

Pourtant, les syndicats et partis réformistes ne font que cela, réclamer à l’Etat bourgeois d’intervenir alors qu’étant au service du capital, cet Etat ne risque pas d’agir contre ses mandants. Ils ne font qu’agiter le mensonge classique selon lequel « l’Etat devrait être au service de toute la population ». Il devrait disent ces moralistes bidon mais l’a-t-il jamais été ? Non ! Il a été créé pour et par la bourgeoisie. Son droit est celui des propriétaires et l’a toujours été. Son administration, ses hauts responsables sont spécialement sélectionnés pour défendre les intérêts généraux du grand capital, quel que soit les gouvernants, leurs couleurs politiques, quels que soient les époques, crise ou pas crise, bonne affaires ou mauvaises affaires.

Pour tous les défenseurs de la société bourgeoise, les possesseurs de capitaux font ce qu’ils veulent avec et ce n’est pas aux travailleurs de dire ce que doit faire le capital.

C’est ainsi que les réformistes politiques et syndicaux n’offrent aux travailleurs que des perspectives complètement bidon, celles de « faire pression » sur les mamelles du bouc… qu’il ne possède pas, c’est-à-dire de faire appel au sens de l’intérêt général de l’Etat bourgeois, sens qu’il ne possède pas et que la plus grande des impopularités ne pourrait pas lui donner, pas plus que la plus grande des mobilisations syndicale ou sociale.

Les réformistes essaient de faire croire que leurs journées d’action et « mobilisations » sont un moyen d’imposer aux trusts et aux gouvernants de prendre des mesures pour « aider une industrie », pour « sauver une région », pour « imposer l’intérêt général aux trusts » et autres balivernes. Dans la réalité, il n’en a jamais été ainsi, dans aucun pays, à aucune époque. Ce qui n’a pas empêché les menteurs de continuer à mentir.

Et on voit même les représentants les plus considérés de la gauche de la gauche ou de l’extrême gauche opportuniste officielle, faire comme si une grande mobilisation allait permettre que l’Etat recule et cesse de défendre la classe dominante !!!

En fait, ces soi-disant radicaux ne font qu’accompagner, à gauche, les discours et actes des réformistes, ne faisant que les radicaliser dans la forme mais pas sur le fond. Quand ils mettent en avant « l’interdiction des licenciements », c’est toujours en laissant croire qu’on pourrait imposer cette mesure sans révolution sociale, sans renversement du pouvoir de la bourgeoisie, sans remise en cause de la propriété privée des moyens de production, sans suppression radicale du droit des possesseurs du grand capital sur toutes les richesses et sur toutes les décisions, et, en particulier, suppression de la mainmise des capitalistes sur l’Etat par la destruction de l’Etat bourgeois.

Ce type de perspective est complètement exclue par nos bureaucrates syndicaux dont les revenus proviennent pour l’essentiel de ce même Etat bourgeois et des fonds provenus des caisses de ces trusts. Peut-on leur demander de cracher sur la main qui les finance ? Là encore, les gauches de la gauche et les extrêmes gauches opportunistes laissent croire qu’une grande mobilisation pourrait contraindre les bureaucraties syndicales à lancer une lutte imposant aux trusts de ne pas licencier, de ne pas fermer de sites, de ne pas détruire la société et la vie des gens. Là encore, ils continuent à vouloir traire le bouc ou, du moins, à faire semblant que le lait viendra de là !

Un autre mensonge de ces réformistes politiques et syndicaux consiste à dire aux travailleurs de se battre pour leur entreprise, pour leur région, pour leur emploi, sans généraliser jamais cette lutte.

Ainsi, les travailleurs d’Ascoval, à la suite de travailleurs de toutes sortes d’autres entreprises et de pays, sont contraints de contenter de se battre seuls, dos au mur, de pleurnicher après des repreneurs capitalistes et après un gouvernement et un Etat capitaliste, après une justice et un droit bourgeois, pendant que, dans d’autres entreprises, les mêmes fermetures et licenciements ont lieu ou se préparent.

Et, bien entendu, pas question pour les réformistes et leurs cautions politiques de toutes couleurs, de lier l’attaque contre les emplois à toutes les autres attaques antisociales en cours, celles contre les services publics, celles contre les aides sociales, celles contre le droit du travail, celles contre la santé et on en passe…

Alors, pour remettre en question le droit des patrons de licencier, pour remettre en question le droit des patrons de fermer des usines, pour remettre en question le droit des gouvernants de faire des cadeaux financiers aux capitalistes aux dépens de toute la population, il faut renverser la propriété du grand capital, le droit du grand capital et l’Etat du grand capital !

Seuls les travailleurs eux-mêmes peuvent réaliser une telle révolution sociale et, s’ils veulent sauver leurs emplois et leurs vies, ils doivent prendre d’abord le pouvoir sur leurs propres luttes sociales et politiques, c’est-à-dire s’organiser par eux-mêmes, penser par eux-mêmes et discuter entre eux de leurs perspectives sociales et politiques. S’ils ne le font pas, les capitalistes leur réservent un avenir bien sombre. S’ils le font, ils ont devant eux de vastes perspectives.

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