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La toute dernière phase du capitalisme menace d’être celle d’un effondrement social de grande ampleur

jeudi 15 novembre 2018, par Robert Paris

La toute dernière phase du capitalisme menace d’être celle d’un effondrement social de grande ampleur

Trois immeubles se sont effondrés à Marseille et un à Charleville-Mézières mais ce n’est qu’une infime partie de l’effondrement des conditions de logement du prolétariat, et c’est d’autant plus frappant que cela se produit au moment même où on n’a jamais vu dans tout le pays autant de constructions, soutenues, aidées, financées par l’Etat. Il s’agit en effet uniquement de constructions en faveur de couches moyennes ou assez aisées, et très peu pour les travailleurs et les couches les plus populaires qui, elles, s’entassent dans des HLM, dans de l’habitat précaire ou de vieux immeubles qui pourrissent sur pieds faute de travaux de réfection, quand ce n’est pas dans des bidonvilles.

En même temps, les cas d’incendies d’immeubles vétustes se multiplient, avec leurs conséquences dramatiques. Là encore, la loi des propriétaires du capital mène à des catastrophes sociales et humaines.

La question du logement n’est pas la seule à être clairement une question de classe sociale, c’est vrai également de la santé, de l’éducation, des transports, des vêtements, des loisirs, de la retraite, de l’emploi et on en passe.

L’inégalité devant la santé est de plus en plus criante, au point que les prolétaires s’attendent à ne plus pouvoir se soigner , aller voir un médecin ou acheter des médicaments, au même titre qu’ils s’attendent à ne plus bénéficier d’une retraite ou d’une entrée libre et gratuite de leur enfant en faculté.

Chaque jour qui passe voit aussi passer une nouvelle mesure qui casse les droits sociaux des prolétaires, dans les textes de lois ou bien dans la réalité. Pour prendre un exemple, la loi prévoit théoriquement qu’un salarié en arrêt-maladie d’accident de travail ou d’accident de trajet devrait se voir remboursé intégralement par son patron sans passer par sa carte verte de la sécu. Dans la réalité, les professionnels de santé refusent de passer par ce type de remboursement, plus loin et plus aléatoire, et ce droit tombe ainsi à la poubelle alors que la loi affirme qu’il est obligatoire que les professionnels de santé acceptent de se faire rembourser ainsi !

Dans le domaine du logement, on a vu dans l’exemple de l’effondrement des immeubles de Marseille combien l’existence de multiples lois, contrôles, que ce soient ceux de l’Etat ou des mairies, l’existence de la responsabilité des syndics, des propriétaires, ne règle rien, n’empêche aucune catastrophe. Au pays du fric roi, l’immobilier tient la palme pour les saloperies criminelles.

L’entreprise est bien entendu, pour le prolétariat, le lieu central de toutes les exactions, de toutes les pressions, de tous les actes de malveillances à l’égard des salariés, qu’il s’agisse de secteur privé ou du secteur public (on emploie d’ailleurs à juste titre le terme d’ « Etat-patron »). Tous les moyens sont bons pour casser moralement comme physiquement les prolétaires !

Il est de plus en plus difficile pour un prolétaire, y compris dans les pays qui dominent la planète, de gagner sa vie et celle de sa famille. Les salaires réels baissent massivement. La précarité gagne tous les secteurs d’activité. L’exploitation s’accroit. Et tous les efforts politiques et sociaux des classes possédantes visent à casser le moral des travailleurs et leur capacité de lutte et d’organisation. Ces efforts portent pour le moment des résultats.

On pourrait se dire que l’objectif patronal et gouvernemental consiste simplement à accumuler de l’argent sur le dos des travailleurs, mais c’est une erreur. La classe possédante, qui a parfaitement compris, depuis l’effondrement massif et général de 2007-2008, que sa société de classe a du plomb dans l’aile et n’a obtenu à prix d’or (d’argent public) qu’un délai pour son effondrement définitif.

Bien entendu, même si cette classe capitaliste a entendu le son de cloche de la fin du système, elle n’a pas l’intention de renoncer à ce qui fait le fondement à la fois de ses profits et de l’agonie actuelle : la propriété privée des moyens de production.

Cependant, elle est incapable de réformer en quoique ce soit ce qui plombe son système car c’est justement la propriété privée des moyens de production !!! En effet, tant que le capital appartient essentiellement à des propriétaires privés, ceux-ci ne vont pas cesser de se retirer des investissements productifs car ils vont inéluctablement être attirés vers les investissements spéculatifs, ceux-ci étant plus souples, plus rentables, moins bloqués sur le long terme, etc. Et l’intérêt privé des possesseurs de capitaux primera donc inévitablement, y compris sur l’intérêt général du grand capital, y compris sur la but de survie générale du système.

Le serpent a fini par se mordre lui-même la queue. La grand capital dévore ses propres racines. Même la béquille étatique est rongée par lui, de telle manière qu’il ne tiendra pas éternellement et ne pourra pas toujours le sauver.

Certes, les prolétaires ne mesurent cette situation que par le biais qu’ils vivent, à savoir l’augmentation des sacrifices, la perte des droits sociaux, des aides sociales, de l’entente sociale, du tissu social, de tout ce qui était social sous le capitalisme des pays les plus développés. Ils ne mesurent pas du tout à quel point les jours du système sont comptés puisqu’on leur dit que les capitalistes les plus riches ne l’ont jamais été autant ! Le navire « capitalisme » approche de la chute d’eau mais l’eau est calme et le temps est beau !!!

Ne nous laissons pas tromper par ceux qui voudraient que les prolétaires se contentent de pleurnicher pour leurs droits sociaux rognés, pour leurs salaires plombés, pour leurs conditions de travail dégradées : nous, travailleurs, devons nous préparer à prendre la tête de toute la société, la classe capitaliste n’étant plus capable de faire fonctionner la société dans le monde entier. Nous ne sommes pas destinés à rester la classe des opprimés mais à nous transformer, au cours du prochain effondrement mondial du système d’exploitation, de classe opprimée en classe dominante. Et, nous préparer à cette tâche historique, cela consiste à commencer à nous organiser de manière indépendante des capitalistes et des gouvernants capitalistes, ce qui suppose d’être indépendants des bureaucraties syndicales et des politiques réformistes, liés eux aussi à la classe possédante.

Les assassinats de prolétaires se multiplient dans le monde, que ce soit par les crimes sociaux comme ceux du logement ou de la santé, ou dans les guerres, les guerres civiles, le terrorisme et l’antiterrorisme. Mais tous ces crimes ne font que marquer le signal de la dernière phase du système, que le caractère inéluctable de son agonie.

Ne craignons pas de mettre en terre le vieux système d’exploitation qui n’est plus capable de fonctionner et ne peut plus que nous enterrer avec lui. Nous, prolétaires, avons certes entendu tous les discours selon lesquels nous serions plus faibles que jamais, à preuve les licenciements, les reculs sociaux en tous genres. Mais cela est mensonger, ces reculs sont ceux de la société capitaliste qui n’est plus capable de nous garantir un emploi, un salaire, un logement décent, une sécurité, et elle ne marque pas notre faiblesse mais seulement le fait que la lutte réformiste n’est plus d’actualité. Nous entrons dans la phase de transition vers la lutte révolutionnaire et nous devons nous y préparer. Il n’est certes pas facile de mesurer nos possibilités et nos capacités dans un paysage qui change complètement, mais plus vite nous admettrons que le monde n’est plus le même, que le capitalisme calme et prospère ne reviendra pas, plus nous pourrons prendre en mains la tâche qui est la nôtre : libérer l’humanité de toute exploitation et oppression. L’objectif en vaut la peine : il n’y aura plus d’esclavage et plus d’esclaves, pas même des esclaves salariés. La société où seule une infime fraction détient toutes les richesses aura fini d’exister. Même si la majorité des prolétaires a désespéré d’une telle perspective, elle est objectivement d’actualité et les travailleurs ne pourront que s’en convaincre lors des prochains épisodes de la lutte…

Si les travailleurs se sentent faibles dans tel ou tel pays, par exemple dans la vieille Europe désindustrialisée, cela ne signifie pas que le prolétariat soit mondialement faible et rien ne va se jouer dans un seul pays : le combat qui vient se gagnera mondialement ou pas du tout. Le prolétariat est à l’heure actuelle la force sociale la plus considérable du monde et cette force objective est plus grande que jamais. S’il ne se laisse pas diviser, s’il ne se laisse pas tromper par des fausses perspectives réformistes, aucune classe sociale ne sera capable de le battre dans les combats de classe qui viennent.

Bien des travailleurs nous diront : « je ne vois pas cette force, nous ne faisons qu’encaisser des coups ». Eh bien, il va en être ainsi pendant encore un petit moment puis il y aura un retour de bâtons et, là, il faudra que nous soyons capables de nous organiser par nous-mêmes car nous aurons une occasion historique de balayer le vieux monde. Ne nous laissons pas démoraliser et préparons-nous !

Personne ne peut dire d’où viendra le renouveau prolétarien, de même que personne ne pouvait savoir que le prolétariat allait d’abord se relever à l’Est, dans la Russie arriérée, après une guerre mondiale où les prolétaires allaient s’entretuer massivement.

Cependant, il est clair que le prolétariat est aujourd’hui mondial, même s’il n’est pas le premier à en avoir conscience. Les capitalistes, eux, le savent et leurs stratégies guerrières et fascistes sont d’abord dictées par la nécessité de diviser les prolétaires à coups de racismes, de xénophobies, de fascismes, de terrorismes en tous genres.

Malgré ces politiques qui démolissent moralement le camp des travailleurs, il est clair que le seul prolétariat chinois, d’une puissance sans égal, affole déjà les classes possédantes du monde, sans parler des autres prolétaires asiatiques, d’Indonésie, d’Inde, du Cambodge, du Vietnam et du Japon, pour ne citer que ceux-là.

L’avenir viendra peut-être une nouvelle fois de l’Est ? En tout cas, loin de vouloir faire des prédictions, nous pouvons affirmer que l’avenir de l’humanité viendra du prolétariat mondial et de nul autre !

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