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Uber, signe remarquable d’un capitalisme en phase terminale

jeudi 29 novembre 2018, par Robert Paris

Uber : le capitalisme de la honte !!!

Questions-Réponses :

Question : Comment Uber peut-il, en dix ans, passer de zéro à des milliards d’euros et à une domination sans partage, sans investir dans aucune activité réelle, sans rien produire, sans posséder de machines, de matières premières ni d’usines ?

Réponse : En imposant, par sa plateforme et son application, aux chauffeurs d’investir eux-mêmes dans des véhicules, dans des assurances, dans des maintenances, dans de l’essence, en y mettant leur temps de travail, la « contribution » d’Uber consistant tout simplement à leur voler directement 30% de leur temps de travail, sans payer de cotisations sociales, sans payer d’impôts, sans payer de retraites, sans payer de patente, sans payer la licence (qui est imposée à prix d’or aux autres chauffeurs de taxis obligés de s’endetter pour se la procurer), sans rien payer du tout ni aux salariés, ni aux services sociaux, ni à l’Etat !!! C’est bien plus rentable évidemment que de bloquer des capitaux dans une production, dans des machines, dans des embauches, dans des matières premières, dans la commercialisation des produits, dans leur transport, dans les finances et les emprunts nécessaires à ces activités. Voilà comment des Uber peuvent dominer le marché des capitaux !

Question : Comment peut-on tromper les chauffeurs de taxis au point de leur imposer une telle absence de statut, de protection sociale, de vol des revenus, d’absence totale de sécurité ?

Réponse : Uber s’impose par sa capacité d’intermédiaire informatique, par son application, qui vole aux véritables acteurs du transport en taxi leur clientèle. Les chauffeurs sont très vite détrompés sur les gros revenus facilement accessibles qu’Uber leur a fait miroiter. Ils se rendent vite compte des horaires de folie, de la surexploitation que représente la simple tentative de gagner comme… un simple ouvrier d’usine !! Devenir esclave d’Uber, c’est la précarisation assurée. A la moindre peccadille, au moindre reproche prétendu d’un utilisateur, le chauffeur Uber est déconnecté, ce qui veut dire licencié, même si ce terme n’a pas besoin d’être employé, et sans que le licencié puisse réclamer ses droits de salarié licencié. L’Etat et la « Justice » couvrent ainsi des pratiques qui violent leurs propres lois ! En s’ubérisant, le grand capital, soi-disant plus « libéral », devient encore plus criminel, encore plus assassin, encore plus esclavagiste !

Question : Comment se fait-il que les autres capitalistes ne refusent pas cette concurrence déloyale ?

Réponse : Non seulement ils ne la refusent pas mais ils ne peuvent pas refuser une quelconque sorte de revenus qui serait la plus rentable. Le capitalisme a toujours eu comme locomotive la recherche individuelle du profit maximal. S’il a longtemps fonctionné à partir de l’investissement productif, c’est de moins en moins le cas aujourd’hui, avec la financiarisation tous azimuts, avec le véritable banditisme de la titrisation des dettes, des actions boursières fondées sur l’endettement de l’Etat, des collectivités locales, des services publics, de la santé, des retraites, des transports, avec la formation permanente de titres pourris, avec la spéculation permanente des banques, etc. Uber n’est qu’une partie de la nouvelle sphère destructrice du grand capital, parvenu aux limites de ses capacités dans le domaine de l’investissement productif et qui exige des revenus de son capital sans plus produire de plus-value extraite de nouvelles productions, de nouvelles richesses. Le grand capital dès lors n’a plus qu’un rôle de sangsue !

Uber, signe remarquable d’un capitalisme en phase terminale

Pour beaucoup de gens l’ubérisation est une manifestation proprement capitaliste, caractéristique de la dynamique du capitalisme mais nous voulons montrer par ce qui suit qu’au contraire, c’est la caractéristique d’un capitalisme en chute libre…

L’ubérisation de la société est une manifestation d’un capitalisme qui n’investit plus dans la production. Une société Uber, c’est une société qui ne produit rien, qui fait du profit sans investir dans aucune production, et même dans aucune activité réelle proche d’une production.

Bien sûr, chacun croit connaître le fonctionnement d’Uber et de la société ubérisée. Mais la plupart n’ont pas remarqué un point essentiel : les investisseurs dans la production ont complètement cédé la place aux affairistes qui mettent la main sur des marchés sans du tout investir, sans du tout produire quoique ce soit, seulement en mettant la main sur la mise en contact entre acheteurs et vendeurs.

Chacun connaît le Uber qui a mis la main sur les chauffeurs de taxis sans investir dans l’achat d’aucun taxi ni le paiement d’un taximan, mais il y a des types d’uber de tout ! Des « Uber » qui ont mis la main sur les hôtels sans investir dans aucun hôtel. Des « Uber » qui ont mis la main sur les restaurants de la même manière. Et on en passe…

On en arrive à une mainmise sur le capitalisme d’affairistes qui vendent du virtuel, pour ne pas dire du vent, simplement parce qu’ils ont via internet le contact avec les acheteurs. Ils détournent ainsi une grande partie des revenus de ceux qui travaillent et qui vivent de plus en plus durement de leur travail, qui sont de plus en plus étranglés ainsi.

Ces gens-là sont des spécialistes de méthodes spéculatrices, totalement opposées à tout investissement. Ce sont les autres, les travailleurs précarisés et les artisans ou petites professions libérales, qui travaillent pour eux, qui leur permettent, sans aucun investissement productif, d’accumuler du profit et d’étrangler petit à petit travailleurs et petits bourgeois qui, eux, investissent leurs petites économies et vivent de plus en plus durement.

Des sociétés possédant seulement un automatisme informatique de réservation deviennent multimilliardaires alors qu’elles n’ont aucune activité réelle dans le domaine où elles réservent. Elles dominent le secteur de l’hôtellerie, de la restauration, de la location de véhicules ou de taxis, le livre, ou d’autres, sans produire quoique ce soit dans ces domaines, sans y posséder quoique ce soit, ni des hôtels, ni des restaurants, ni des véhicules, ni des taxis, sans produire quoique ce soit, sans se livrer à une quelconque activité réelle dans tous ces domaines, sans même les gérer, sans apporter le moindre point positif à leur fonctionnement réel, sans y mettre du capital ni du travail.

Ces sociétés rejoignent ainsi la sphère des affairistes, qui, dans le monde actuel, est devenu plus important que le monde des investisseurs dans la production. Ainsi, les affairistes de l’immobilier ne sont pas ceux qui construisent, mais ceux qui rachètent et revendent, de même que dominent ceux qui rachètent et revendent des trusts, des banques, des assurances, etc. Ces bandits de la finance ont siphonné les profits du capitalisme industriel sans parler du travail de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière. Ce sont les nouvelles sangsues du capitalisme qui prolifèrent et prospèrent sur le fumier du capitalisme décadent et agonisant.

La société capitaliste, incapable de les combattre, de les soumettre, de les interdire, est contrainte de les financer, de les aider, de se soumettre à eux, en attendant que tout cet édifice vermoulu chute de lui-même.

La domination de capitalistes du type Uber ou du capitalisme dit « de plateforme » est symptomatique de cette phase d’agonie du capitalisme puisque ce n’y est plus l’investissement productif qui domine.

En effet, c’est un capital improductif qui domine et qui recueille l’essentiel des profits, un capital qui ne détient ni usines, ni machines, ni matières premières, ni même des salariés, en tout cas pas en proportion du capital et des profits.

Or, cela ne décrit pas le fonctionnement du capitalisme et ne l’a jamais décrit.

Le capitalisme où un simple possesseur d’une application informatique devient possesseur des profits tirés de l’activité capitaliste est un système parvenu à ses limites et capable seulement de chuter car l’investissement productif n’est plus maître de la rentabilité capitaliste. Or, la loi du capital est la rentabilité de l’investissement productif, seul producteur de plus-value.

Le capitalisme dans sa phase actuelle se dévore lui-même et se détruit lui-même.

Bien des gens prennent l’ubérisation des emplois salariés pour une défaite ouvrière mais c’est d’abord un signe de la chute du capitalisme lui-même ! Que des applications informatiques dominent le grand capital en est déjà un signal important !!! En effet, elles détiennent un capital qui n’a plus rien à voir avec l’accumulation de plus-value issue du travail humain et elles ponctionnent ainsi massivement cette production de richesses.

A l’ubérisation des emplois, la transformation des salariés en auto-entrepreneurs, s’ajoutent la mainmise par des applications informatiques sur les activités réelles, la mainmise du capital financier sansgsue de l’économie, la sous-traitance poussée à l’extrême en sous-traitance de la sous-traitance, les trusts étant transformées en plate-formes d’entreprises qui fournissent juste les ordres globaux et le logo !!

L’ubérisation du travail ne fait que succéder à l’ubérisation du capital par les prédateurs infracapitalistes…

Le grand capital, ayant atteint ses limites est devenu essentiellement usuraire, prédateur, qui suce le sang du plus grand nombre, qui détourne les fonds publics, qui vole et pille toute la société, au point de couper la branche sur laquelle il est assis, au point de détruire l’accumulation de la plus-value, en détruisant massivement les emplois, en cassant l’industrie, en développant seulement les profits spéculatifs les plus délirants, etc…

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Le « capitalisme de plateforme »

Tous précaires et paupérisés ou tous libérés de l’exploitation capitaliste, pas d’autre choix pour la classe ouvrière

Le capitalisme industriel transformé en banque

Le capitalisme devenu sangsue de l’économie, c’est aussi les scandales industriels

14 Messages de forum

  • Uber ne fonctionne que s’il prélève une commission importante sur les courses. Or les chauffeurs ne peuvent pas vivre avec ce qu’ils gagnent... De nombreux chauffeurs indépendants ont demandé à être requalifiés en tant que salariés. Si Uber devait payer les cotisations sociales, chômage, retraite, assurance-maladie de ses salariés, le château de cartes s’effondrerait...

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  • Une des particularités, et même des bizarreries contraires au capitalisme classique, de Uber, c’est que l’entreprise affiche zéro dollar de bénéfice depuis des années et même annonce depuis le début qu’elle frôle la faillite !!!!

    Uber annonce en effet, sur un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars, une… perte nette de 4,5 milliards de dollars, ce qui permet de payer zéro dollar d’impôts !!!

    De même, Uber affiche 18.000 travailleurs qui sont employés mais ses vrais salariés se comptent en centaines seulement !!!

    Uber est cependant valorisé par les marchés financiers à hauteur de…. 120 milliards de dollars !!!

    A ceux qui l’accusent de ne donner aucune protection sociale à ceux qui travaillent pour Uber sans couverture sociale, sans aucune garantie d’aucune sorte, Uber a répondu par une inscription des travailleurs Uber chez assurances Axa ! Mais cela ne pallie pas à l’absence de cotisations sociales !!!

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  • Une des particularités, et même des bizarreries contraires au capitalisme classique, de Uber, c’est que l’entreprise affiche zéro dollar de bénéfice depuis des années et même annonce depuis le début qu’elle frôle la faillite !!!!

    Uber annonce en effet, sur un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars, une… perte nette de 4,5 milliards de dollars, ce qui permet de payer zéro dollar d’impôts !!!

    De même, Uber affiche 18.000 travailleurs qui sont employés mais ses vrais salariés se comptent en centaines seulement !!!

    Uber est cependant valorisé par les marchés financiers à hauteur de…. 120 milliards de dollars !!!

    A ceux qui l’accusent de ne donner aucune protection sociale à ceux qui travaillent pour Uber sans couverture sociale, sans aucune garantie d’aucune sorte, Uber a répondu par une inscription des travailleurs Uber chez assurances Axa ! Mais cela ne pallie pas à l’absence de cotisations sociales !!!

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  • Uber, signe remarquable d’un capitalisme en phase terminale 18 décembre 2018 06:28, par chauffeur

    Uber, ce n’est pas un cas à part, c’est une tendance du capitalisme, ayant atteint sa phase nécrophile, celle où il se dévore lui-même, agit en sangsue de l’activité économique capitaliste. Les exemples ne manquent pas et ne sont pas marginaux. Renault devient de plus en plus vendeur de son logo et de moins en moins producteur d’automobile. Ce sont les sous-traitants qui produisent !!! Les assurances AXA, qui assurent et surveillent les chauffeurs Uber, font de moins d’assurances. Ils sous-traitent aussi bien l’activité d’assurance que celle d’expertise !

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  • La cour d’appel de Paris requalifie un chauffer Uber en salarié !

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  • Les taxis Uber et autres VTC sont en grève à Barcelone au point que Uber envisage de se retirer de cette ville !!!

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  • Uber déclarait sans cesse des déficits pour ne pas payer d’impôts et entre en bourse au niveau de cent milliards de dollars !!

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  • La société Uber entre en Bourse vendredi à une valorisation de 82 milliards de dollars alors qu’elle n’a cessé de déclarer être dans le rouge pour ne pas payer d’impôts et qu’elle fait payer des impôts aux "autoentrepreneurs" qui travaillent pour elle !!!

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  • Ainsi, avec les plates-formes Uber, Blablacar, Airbnb, mais aussi Weclaim pour les services juridiques ou Vizeat pour les cuisiniers à domicile, le capitalisme d’investissement productif et d’embauche des salariés est supplanté par le capitalisme sans la moindre embauche et sans investissements productifs, symptôme de la fin du système !

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  • Amazon, c’est comme Uber !!!

    Des États-Unis au Royaume-Uni, les salariés d’Amazon mènent la fronde contre leur entreprise à coup de pancartes "Nous ne sommes pas des robots". À travers le monde, ces employés protestent contre leurs conditions de travail à l’occasion du Prime Day, deux jours de vente à prix cassés durant lesquels le groupe réalise plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. "Il faut que les clients sachent bien à qui ils donnent leur argent", lance une salariée.

    En France aussi, une dizaine d’employés du site de Lauwin-Planque (Nord) étaient en grève lundi 15 juillet. L’intersyndicale dénonce des cadences effrénées.

    En 2018, l’entreprise a réalisé plus de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde.

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  • Les plateformes numériques esclavagisent les livreurs !!!
    Me Christophe Leguevaques espère réunir quelque 500 livreurs sur les 30 000 travaillant en France pour diverses applications, dont 20 000 pour Uber Eats. « Ces livreurs sont soumis à un algorithme qui leur envoie des instructions, notamment d’être disponibles, sinon ils risquent d’être déconnectés de l’application et de ne plus avoir de course », explique Christophe Leguevaques, qui a été sollicité par un jeune livreur toulousain.
    « Ils sont soumis à des notes des restaurateurs et des clients, ils ne peuvent pas fixer le prix de leur course puisqu’ils le découvrent à la fin du trajet », poursuit-il.
    « On leur demande de respecter le Code de la route mais aussi de livrer le plus vite, en roulant sur le trottoir ou en grillant des feux rouges. S’ils ont un accident lors d’une course, ils ne bénéficient pas d’arrêts maladie ni de la Sécurité sociale », rappelle l’avocat.

    « Uber Eats leur fait croire qu’ils sont des travailleurs indépendants, mais ces éléments montrent bien qu’ils sont dans un lien de subordination, donc dans une logique de salariat ».

    Un avocat toulousain a également lancé ce mardi une action collective contre la plateforme de livraisons de repas à domicile Uber Eats.

    Les livreurs Deliveroo manifestent à Paris contre les tarifs de courses de plus en plus bas.

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  • Travailler pour une plateforme numérique, c’est l’esclavage moderne !!!

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  • 14h derrière le volant pour son quota : les chauffeurs Uber sont incités à "rouler plus" pour gagner plus :
    https://www.franceinter.fr/info/c-e...

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  • Uber a annoncé, mardi 10 septembre, avoir procédé au licenciement de 435 salariés issus de ses équipes « produit » et « ingénierie ». Cette vague de licenciements fait suite à celle annoncée à il y a quelques semaines, au mois de juillet, alors que 400 salariés étaient écartés définitivement de la division marketing.

    Au deuxième trimestre 2019, la société a en effet annoncé avoir perdu 5,2 milliards de dollars (4,7 milliards d’euros), dont 1,3 milliard de dollars hors pertes liées à l’introduction en bourse et aux rémunérations distribuées en actions. C’est tout de même 30 % de plus encore que le trimestre précédent. Dans le même temps, la croissance de la société ralentit. Toujours au deuxième trimestre, son chiffre d’affaires n’a progressé que de 14 %, à 3,17 milliards de dollars, bien loin des attentes des prévisionnistes.

    En outre, l’entreprise doit affronter une future loi en Californie qui devrait la contraindre, elle et sa concurrente Lyft, à considérer ses chauffeurs comme de véritables salariés, ce qui pourrait augmenter ses frais de 30 %, sur place du moins.

    Le banditisme Uber, ce sont ses chauffeurs qui vont le faire chuter, pas la bourse !!!

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