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Luttes de classes à l’Hôpital public

vendredi 17 mai 2019, par Robert Paris

Les personnels des Urgences se battent avec succès parce qu’ils dirigent leur lutte eux-mêmes et l’étendent

La grève des Urgences de Paris et région parisienne a déjà mené à quelques reculs significatifs de la direction de l’APHP et du gouvernement et elle se poursuit et s’étend, même si certains oiseaux de mauvais augure essaient de faire croire qu’elle est finie... Deux mois après le début de la grève des Urgences de Saint-Antoine, ce sont maintenant 21 services d’urgence parisiens de l’APHP sur 25 qui sont en grève et le mouvement gagne de nombreux services d’urgence de province, dont Angers, Tours, Saint Nazaire, Bordeaux, Besançon, Chalons-sur-Saône, etc. Le plus remarquable est certainement le fait que les personnels aient décidé de se diriger eux-mêmes en se passant des directions syndicales. Cela fait suite bien entendu aux multiples trahisons syndicales de ces dernières années et à une volonté d’auto-organisation, exprimée notamment par le mouvement des Gilets jaunes, une volonté de démocratie directe, de décisions prises directement par la lutte et non par des états-majors réformistes autoproclamés. Seul le syndicat SUD a accepté d’aider les grévistes sans diriger la lutte. La CGT a essayé d’imposer que les négociations se déroulent entre les syndicats et la direction, mais sans y parvenir.

C’est avec le Collectif Inter-Urgences, qui représente l’ensemble des urgences parisiennes en lutte, que la direction a bel et bien dû négocier et la CGT n’a même pas accepté, le plus souvent, d’accompagner les grévistes dans ces négociations qu’elle ne dirigeait pas. Dans certains hôpitaux, la CGT a même milité pour la reprise du travail, comme à l’hôpital Cochin où elle a diffusé un tract démobilisateur et annoncé aux grévistes que ce n’était pas la peine de continuer car, la CGT le savait de source directe par ses bonnes relations avec la direction, celle-ci ne lâcherait plus rien ! Ce qui amène le tract CGT de Cochin de parler de la grève au passé alors qu’à Cochin même, elle n’a pas convaincu les grévistes de la suivre ni d’arrêter la grève !!!

C’est donc un mouvement de grève se généralisant à toutes les urgences de France qui se déroule en ce moment et est en voie de s’organiser nationalement. Et c’est un mouvement auto-organisé, se défiant des directions syndicales, décidant lui-même de ses modes d’action, de ses revendications, de ce qu’il compte accepter ou refuser. On peut ne pas partager les idées des grévistes sur tel ou tel point, chercher à les convaincre de tel ou tel autre point, mais l’attitude des appareils syndicaux, hormis SUD, est scandaleuse : ils se détournent du mouvement du moment que les travailleurs veulent se diriger eux-mêmes. C’est exactement comme avec les Gilets jaunes !

Pour la CGT, le mot même d’auto-organisation, de collectif, de comité, de coordination des grévistes par eux-mêmes, est tabou, et elle est violemment hostile à ceux qui le défendent, qu’ils soient gilets jaunes ou personnels des urgences, ou autres. Même à Cochin, la CGT ne l’a pas emporté : le collectif des urgences y poursuit la lutte. La CGT, elle, continue ses réunions en intersyndicale avec des centrales qui, elles, ne participent même pas à la grève, ne la soutiennent même pas, s’en détournent comme FO ou sont carrément contre comme la CFDT !!! La CGT a tenu, au cours de la grève qu’elle ne dirige pourtant aucunement, à mener des négociations séparées avec la direction… CGT et direction seuls, sans les grévistes, c’est-à-dire sans le Collectif Inter-Urgences !!! Et, dans ces négociations sans les grévistes, dans le dos des grévistes, elle ne soutient même pas les revendications posées par les grévistes !!! Pour la CGT, les Urgences ont voulu s’organiser seuls, qu’ils se débrouillent seuls !

La direction a été contrainte de négocier avec le Collectif mais elle a du mal à s’en remettre, même si elle essaie vainement de les manipuler. Les forces de répression policières, elles aussi, ne s’y sont pas trompées : elles ont gazé directement les personnels des Urgences mobilisés aux côtés des Gilets jaunes à la manifestation parisienne du premier mai !! Remarquons qu’un peu partout en France, des Gilets jaunes ont organisé des visites aux personnels des Urgences en grève pour leur apporter leur solidarité !

Si les personnels des Urgences ont obtenu des augmentations modérées d’effectifs, un agent de sécurité, une indemnité de travaux dangereux, une prime de 250€ (proposition par la direction d’une prime pour le seul mois de mai, refusée par les grévistes qui réclament toujours 300€ par mois !) ou encore des travaux d’équipement des urgences, ils réclament toujours une véritable augmentation des salaires prenant en compte leur travail spécifique et sa dureté, plusieurs centaines d’embauches réelles en fixe et une vraie prise en compte de leurs conditions de travail. C’est pour tous les personnels des Urgences de France, mais aussi pour tous ceux de l’Hôpital public, que la lutte des Urgences parisiennes marque et montre la voie ! Vive l’organisation des luttes par les grévistes, prenant toutes les décisions par eux-mêmes !

La direction de l’APHP n’est pas bonifiée !

Pour aggraver son attaque contre tous les personnels, la direction a choisi un point qu’elle estime ne concerner qu’une partie d’entre eux, ceux originaires de l’Outre-mer, en s’attaquant aux congés bonifiés. Certes, des journées d’action ont été organisées pour protester mais on sent que les bureaucraties syndicales sont loin d’être chaudes pour expliquer à tous les personnels que, si on cède sur un point qui est un droit, c’est tous nos droits, tous nos acquis qui seront ainsi à la suite remis en cause. Se battre pour les bonifiés, ce n’est pas se battre pour une catégorie, pas plus que se battre pour les urgences, ou se battre pour les brancardiers, ou se battre pour les secrétaires, pour le personnel de nettoyage ou le personnel ouvrier. Il n’y a pas de divisions entre nous, nous avons tous les mêmes intérêts : toute attaque contre un de nous est une attaque contre tous !

Con… cours… toujours !

Les AS et AP reçus au concours infirmiers sont nombreux à apprendre, avec leur succès, qu’ils devront payer 20.000€ pour leur formation et ne toucheront pas un centime de salaire pendant les trois ans qu’elle durera !!! Et encore, il va falloir qu’ils donnent aux autorités les justificatifs montrant comment ils comptent financer leurs études !!! Il leur faut quoi : un relevé bancaire montrant qu’ils sont fortunés ou une preuve qu’ils payaient l’ISF ?!!! Alors oui, passer un concours pour apprendre qu’on a réussi pour rien, c’est complètement c… !!! Quant à former de nouveaux personnels de l’hôpital, la direction s’en moque : elle mise sur la baisse des effectifs, pas sur leur hausse !

Hirsch la fiche mal

L’APHP a bel et bien fait ficher policièrement les patients des Urgences, des manifestants victimes des répressions policières. Hirsch l’a reconnu à mots couverts. Difficile de continuer à mentir : le Canard Enchaîné diffusait chaque semaine des exemplaires des fiches personnelles des manifestants envoyées par l’APHP à la police pour le fichage des Gilets jaunes ! Pour ce sale boulot de mouchard, Hirsch se préoccupe des Urgences ! Mais, par contre, pas pour qu’il y ait les moyens de réellement s’occuper des patients !

La direction, elle, ne se mouille pas !

On a eu samedi dernier des pluies importantes et dans tous les hôpitaux vétustes, cela a eu des effets catastrophiques. A Saint-Antoine, même si la direction croit toujours que tout baigne, ou prétend le croire, ça a été le déluge. Certains vestiaires étaient ornés de grandes flaques, parmi lesquels il n’y avait plus qu’à naviguer, vue la quantité de fuites des plafonds et un peu partout les bâtiments de Saint-Antoine prenaient l’eau ! Tout ce qui est vieux et délabré se mouillait et faisait trempette à fond ! Pas de problème pour la direction : cela finira bien par sécher ! Elle ne va pas investir du liquide pour réparer ces vieux hôpitaux !

C’est la police qui vire la gériatrie !

On savait que l’hôpital La Rochefoucault de Denfert-Rochereau, transformé d’abord en gériatrie, devait fermer ses portes et que les personnels étaient vivement poussés vers la sortie, avant même d’avoir trouvé un point de chute à l’extérieur, et que les patients aussi étaient renvoyés alors que les centres de gériatrie font défaut dans Paris. Mais ce que l’on ne savait pas, c’est que les bâtiments étaient récupérés par la police pour être transformés en commissariat du 14e arrondissement de Paris ! Ceux qui résisteraient au déménagement seraient matraqués ou gazés ?!!!

Pas de Pitié pour les Gilets jaunes !

Toutes les vidéos des événements et tous les témoignages le démontrent : Castaner et les autorités hospitalières ont menti, les manifestants Gilets jaunes n’ont pas envahi la Pitié, ils sont entrés momentanément pour se protéger d’une charge violente à coups de lacrymogènes, vous savez les nouveaux gaz étouffants de la préfecture dont on ignore la composition (genre gaz moutarde ou genre cyanure ?) !, et ils ont été chargés à l’intérieur par les forces de répression qui, elles, ont fait irruption dans l’hôpital !!! Tout ça pour nous dégoûter de la lutte des Gilets jaunes !

C’est la fête !

La direction a organisé, le mardi 14 mai, une véritable fête du recrutement infirmier dans l’hôpital Tenon, avec forums, festivités, musique et flonflons ! Tout y était promis, tout paraissait beau et généreux ! Quand on apprend ensuite que de nombreux reçus au concours d’infirmier devront eux-mêmes payer leurs années d’étude, on comprend que la direction fasse la fête. Il serait temps que les jeunes qui postulent aux professions de santé leur fassent leur fête à tous ces bureaucrates de la Santé !!!

La direction joue la fataliste

A chaque fois que nous réclamons des effectifs supplémentaires à l’APHP parce que la situation devient intenable, dangereuse, insupportable, pour les personnels comme pour les malades, la direction et l’encadrement nous répondent : « mais oui, vous avez raison, mais on n’y peut rien, on ne comprend pas où vont les gens, on ne trouve personne, on ne parvient pas à recruter ». Comme si on n’avait pas entendu que le gouvernement affirme qu’il ne veut pas recruter mais supprimer des effectifs de toute la fonction publique, hospitalière comme autre ! Les bureaucrates de l’APHP sont tellement mauvais qu’ils ne savent même pas mentir !

L’hôpital public ne se moque plus de la charité !

En effet, si les personnels et les patients de l’hôpital public réclament, sans succès pour le moment, des moyens financiers, on a bien vu que la charité, notamment celle des milliardaires qui veulent payer moins d’impôts, est capable de proposer en deux jours des millions d’euros qui seront à défalquer de l’argent public par réduction d’impôts ! Ce n’est pas à l’APHP qu’on voit arriver de telles propositions de financement par les milliardaires ! Et tous ceux qui arrivent difficilement en fin de mois apprécient de voir, grâce à Notre-Dame, qu’il y a tellement d’argent dans les poches des riches, un argent qui n’est investi nulle part et ne sert à aucune activité économique !

32 Messages de forum

  • Les urgences sont aussi en grève à Lannion, de Vienne, de La Timone à Marseille, de Strasbourg, de Valence, etc...

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  • Le collectif inter-urgences : lire ici

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  • L’AP-HP va fermer un millier de lits en gériatrie !! Et le gouvernement fait du cinéma en prétendant avoir du mal à recevoir les malades alors qu’il supprime sciemment les moyens de les recevoir comme l’hôpital La Rochefoucauld sur Paris !!!

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  • La direction a néanmoins annoncé que « des négociations seront désormais menées localement, hôpital par hôpital »... C’est du pipeau ! A un problème global, réponse globale !!!

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  • Luttes de classes à l’Hôpital public 17 mai 14:41, par Maurice

    Voir ici la pétition de soutien aux services d’urgence : cliquer ici

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  • Luttes de classes à l’Hôpital public 17 mai 14:43, par Maurice

    La police est intervenue contre la grève des urgences à la Pitié. Les salariés en grève affirment que la direction a également demandé aux CRS présents d’enlever la banderole accrochée en face de l’entrée des urgences. Ils se sont exécutés sans broncher et l’ont mise à la poubelle. Les forces de l’ordre défendent l’ordre des bandits !

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  • Une quarantaine de services d’urgence en France sont impactés par le mouvement de grève illimitée qui ne cesse de s’étendre…

    Les personnels des urgences : « On ne travaille pas dans un hôpital pour risquer sa peau tous les jours ! »

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  • Aujourd’hui, l’APHP fait portes ouvertes dans une vingtaine d’établissements. Curieux car en fait les établissements sont ouverts au public toute l’année et ce que l’on y voit ne fait pas plaisir au point de le revisiter quand on n’est pas malades !!!

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  • Ebola continue à faire des ravages en République démocratique du Congo. Pour faire face aux besoins de financement, la Banque mondiale a eu recours à une assurance contre les pandémies. Ce nouveau dispositif est-il à la hauteur pour combattre l’épidémie ou est-ce encore un moyen de cacher que les grandes puissances et les classes possédantes refusent de payer pour sauver les populations ?

    Ce nouvel outil financier, le « Pandemic Emergency Financing Facility », mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie, a été imaginé après la terrible pandémie d’Ebola de 2014 et 2015. Il y a eu alors plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest en partie parce que les institutions ont mis trop de temps à mobiliser les fonds nécessaires pour intervenir rapidement.

    Pour éviter ces lenteurs, la banque a alors décidé de faire appel aux capitaux privés, mais sans les taxer (en les intéressant aux profits du prêt) pour mettre au point une sorte d’assurance qu’on peut déclencher quasiment en temps réel. Sur les marchés, le succès a été immédiat : 95 millions de dollars ont été levés pour couvrir le risque des pandémies les plus graves comme Ebola.

    Dix millions de dollars ont été versés en février et une deuxième tranche du même montant a été débloquée il y a quelques jours. On est donc très loin des montants levés sur les marchés. Pourtant le programme stipule bien qu’en cas de pandémie, les fonds prêtés sont distribués aux pays pauvres dans le besoin et donc définitivement perdus pour les investisseurs. Mais le diable se cache dans les détails, c’est particulièrement vrai dans le domaine de l’assurance qui prévoit toujours des conditions très précises pour être activée. Dans ce cas, il faut au moins 250 morts. Un cap franchi depuis longtemps puisqu’on est déjà à plus de 1000 cas mortels en RDC.

    En revanche l’autre condition - que la pandémie franchisse les frontières - est bien un péril, mais pas encore une réalité. Les investisseurs croisent donc les doigts en espérant qu’Ebola n’atteigne pas l’Ouganda. Pour le moment, ces obligations pandémies leur rapportent surtout de juteux rendements de 11 %.

    Ils accumulent l’argent tiré au lieu de le dépenser pour les populations !!!!

    Quel est l’avenir de ces « obligations pandémiques » ?

    Elles arrivent à maturité en juillet 2020, cela veut dire qu’elles seront remboursées à cette date et la banque mondiale prévoit déjà d’en émettre de nouvelles sur le marché. Les négociations ont commencé avec les réassureurs. La banque mondiale s’inspire de ce qui existe déjà dans le domaine de l’assurance catastrophe, avec les cat bonds, les obligations catastrophes. Et avec son nouveau président, l’américain David Malpass, un soutien de Donald Trump qui trouve l’institution trop dépensière, il y a fort à parier que la financiarisation de l’assistance prenne un peu plus le pas sur la solidarité entre les États.

    En tout cas, les peuples peuvent crever de maladie ou d’autre chose, les institutions internationales du capitalisme ne bougeront que si cela touche les métropoles et encore....

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  • Les syndicats de l’hôpital public appellent... non à rejoindre la grève illimitée des Urgences mais une journée d’inaction vendredi !!!

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  • Le collectif Inter-Urgences recense une soixantaine de services d’urgences en grève dans l’Hexagone. Un mouvement qui dure depuis plusieurs mois pour certains établissements.

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  • Grève aux urgences : La mobilisation, désormais nationale, continue à prendre de l’ampleur. Selon le collectif Inter-Urgences, il y aurait actuellement au moins 62 services d’urgences en grève (sur 620, soit 10%), de Rennes à Strasbourg en passant par Paris. Selon l’AP-HP, environ 30 % des paramédicaux de l’AP-HP sont déclarés grévistes actuellement.

    Ils réclament toujours des effectifs et 300€ pour tous !!!

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  • "Il n’y a pas de solution miracle tant que nous n’avons pas plus d’urgentistes formés dans notre pays, c’est une problématique qui est aujourd’hui internationale", a affirmé la ministre (ou plutôt sinistre) Buzyn en réponse au mouvement de grève débuté à la mi-mars et qui touche à présent 65 services d’urgences en France selon le collectif Inter-Urgences. Le collectif réclame l’arrêt des fermetures de lits, une hausse des rémunérations de 300 euros net et une augmentation des effectifs.

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  • Infirmière d’urgences à 1700€ de salaire de base, c’est scandaleux !

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  • Quand on arrive à 21 heures, tous les secteurs sont pleins à craquer, et on court de partout. Tout le début de nuit, on dit aux gens ’Attendez ! Attendez ! Attendez !’ Quand quelqu’un a mal, je dis ’attendez, j’arrive’. Quand quelqu’un veut un verre d’eau, c’est ’Attendez !’

    C’est vraiment insupportable d’avoir sans cesse 50 trucs à faire en même temps et avec ça, d’avoir un impératif qui est de répondre à la douleur des gens et faire en sorte que leur temps d’attente soit le plus court possible.

    Le nombre de patients augmente en permanence. À chaque grève, on rajoute quelques postes, mais le nombre est risible par rapport aux besoins. Le plus difficile c’est la fatigue psychique, c’est le soir quand on rentre chez soi et qu’on repense à des prises en charge qui ont été "merdiques". Ça détruit une personne. Il y a quatre ans quand je suis arrivée, j’étais pleine d’empathie. Mais maintenant quand je vois les gens souffrir, je me blinde sinon je ne tiens pas.

    Tout le monde sait que les urgences, c’est la galère et quand des jeunes arrivent dans le service parce qu’ils aiment les montées d’adrénaline, ils repartent au bout d’un an ou deux.

    En travaillant la nuit, et donc en ayant une espérance de vie de dix ans de moins que la moyenne en France, je gagne entre 1 700 et 1 800 euros nets par mois, sans faire d’heures supplémentaires. En faisant des nuits supplémentaires l’année dernière je gagnais environ 2 200 euros, je me disais que c’était pas si mal. Mais j’ai arrêté les nuits supplémentaires car sinon je n’avais plus de vie à côté. Mon salaire a considérablement baissé. Je me dis que ça ne vaut pas le coup quand on voit comment on court toute la nuit. Pourtant j’ai envie d’aider les gens. Mais je fais pas du bénévolat, je veux être payée correctement pour le travail que je fais.

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  • La grève dure depuis près de trois mois dans les services des urgences des hôpitaux. D’ordinaire, les grévistes portent un brassard sur leur blouse pour signifier qu’ils sont en grève, mais ils continuent de travailler, afin d’assurer un service minimum. Cette fois, certains soignants se sont mis en arrêt maladie et n’ont pas pris leur garde. A Paris, c’est l’équipe de nuit des urgences de l’hôpital Lariboisière qui ne s’est pas présentée dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 juin.

    A l’hôpital de Lons-le-Saunier, le préfet du Jura a même ordonné des réquisitions de personnels, dès la fin du mois de mai, comme l’a annoncé l’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté dans un communiqué. Une infirmière a raconté à Mediapart comment des gendarmes avaient réveillé sa famille en pleine nuit pour signifier à la soignante sa réquisition le lendemain matin. "Nerveusement épuisée" par sa journée, l’infirmière s’est rendue chez son médecin afin d’être mise en arrêt maladie. Au retour de sa consultation, elle a découvert les gendarmes qui l’attendaient "avec une nouvelle réquisition pour le lendemain matin".

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  • La ministre Buzyn déclare :

    « Les urgences sont en détresse, je le sais. »

    Il y a même longtemps qu’elle le sait et qu’elle ne fait qu’aggraver de jour en jour la situation !!!

    Contrainte de réagir après plus de deux mois de crise des urgences hospitalières, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a promis jeudi une « stratégie d’ensemble » pour refonder le secteur sans satisfaire les personnels qui ont manifesté à Paris.

    Mais ce que propose Buzyn, c’est encore de l’enfumage : pas de 300€ pour tous, pas d’embauches massives, pas de modification en profondeur du fonctionnement, etc.

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  • Dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 juin, le service d’urgences de l’hôpital Saint-Antoine a fait face à une vague de 15 arrêts maladie des personnels paramédicaux pour épuisement professionnel.

    La direction a ainsi demandé au personnel de travailler 18 heures d’affilée. Une demande faite "sans se soucier de la fatigue et de l’épuisement des agents qui, par plus de 12 heures de travail, ne se sont pas en capacité d’effectuer leur travail avec le degré de concentration qu’exige la prise en charge d’êtres humains" selon le collectif Inter-Urgences.

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  • Les paramédicaux des services d’urgences ne décolèrent pas. Débordés, épuisés, cibles du mécontentement des patients, ces infirmières, aides-soignantes, brancardiers… exigent depuis trois mois des mesures fortes et multiplient grèves et manifestations locales.

    Loin de les apaiser, leur entrevue, jeudi, avec le cabinet de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a été qualifiée de « stérile » par le collectif Inter-Urgences, qui appelle même à un « durcissement du mouvement ». Dimanche, plus de 90 services d’urgences avaient rejoint ce jeune collectif. Parmi eux, « 23 services de l’AP-HP », précise Candice Lafarge, porte-parole du collectif.

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  • La révolte gronde à l’hôpital public…

    Il y a 95 services d’urgences en grève sur toute la France…

    "Les soignants sont infantilisés" et "ne peuvent plus faire leur métier correctement", affirme mardi 11 juin sur franceinfo Michaël Peyromaure, professeur et chef de service urologie à l’hôpital Cochin à Paris.

    Michaël Peyromaure estime notamment que les soignants sont "bien obligés d’être en arrêt de travail" pour se faire entendre d’une direction qui "régit les soins sur des tableaux Excel".

    « Les urgences cristallisent évidemment toutes les tensions, puisque c’est l’interface entre l’extérieur et l’intérieur de l’hôpital. Il y a un accroissement de la demande de soins et une réduction des moyens pour y répondre. Les urgences sont un peu un fourre-tout. Vous avez des patients qui viennent pour des vraies urgences, des patients qui viennent à tort pour des pathologies bénignes mais qui, faute de trouver un médecin ailleurs, doivent se rendre aux urgences, des personnes âgées dont la famille parfois se débarrasse avant de partir en vacances parce qu’elle ne sait pas comment s’en occuper, des gens en situation de grande précarité sociale... Tout ce beau monde va converger vers les urgences qui est le seul endroit où la lumière est allumée. »

    Il y a 2 services en grève à l’hôpital Cochin, l’hématologie et la gastro, ils ont fait un comité de grève et l’envie de faire grève s’étend, limitée et canalisée par les appareils syndicaux.....

    Il faut parler aussi des personnels de Lariboisiere qui se sont mis en arrêt de travail et qui ont reçu un texto d’un organisme privé, mediverif, organisme mandaté par l’hôpital qui leur annonçait qu’ils étaient convoqués à une contre visite médicale alors qu’ils avaient déjà repris le travail !

    Et à Cochin la direction avait peur que les personnels se mettent en arrêt de travail comme à Lariboisière….

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  • "Les personnels sont en arrêt parce qu’ils veulent se protéger. Psychologiquement, ils sont détruits", alerte sur Europe 1 Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. "Les conditions de travail, quand on sait que les patients sont potentiellement en danger, [mettent le personnel dans] un stress permanent."

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  • Agnès Buzyn a pointé une « cinquantaine » de services d’urgences actuellement touchés par le mouvement de grève. Le collectif Inter-Urgences relève quant à lui via une carte régulièrement mise à jour 95 services d’urgences en grève. Ce jeudi, le collectif Inter-Urgences et plusieurs syndicats ont lancé un appel national à la grève. La direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris doit revoir grévistes et syndicats dans les dix prochains jours et entend proposer notamment une indemnité de 60 euros par mois pour les urgentistes, une prime exceptionnelle de 250 euros et l’indexation des effectifs en fonction de l’activité. Le collectif Inter-Urgences réclame de son côté des mesures immédiates, à savoir l’arrêt de la fermeture de lits, une hausse des rémunérations de 300 euros net et une augmentation significative des effectifs.

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  • Face à la demande d’une hausse des effectifs et des salaires, Buzyn a écarté lundi sur le plateau de la chaine d’information BFM-TV, "l’idée d’une nouvelle augmentation de salaire pour les soignants." Elle a carrément déclaré : "Mais quand la préoccupation est purement salariale alors que ça dysfonctionne, (...) sincèrement les problèmes ne vont pas se régler parce que je paye davantage."

    Loin d’améliorer la situation, le projet santé 2022 prévoit de réaliser 3,8 milliards d’euros d’économies.

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  • Depuis trois mois, le personnel hospitalier se mobilise pour demander plus de moyens face aux patients mal pris en charge, médecins et infirmiers épuisés.

    Ce vendredi, au lendemain d’une visite surprise de la ministre de la Santé Agnès Buzyn à l’hôpital parisien Saint-Antoine, chantre du mouvement de contestation, le gouvernement annonce débloquer 70 millions d’euros de mesures immédiates pour tenter d’apaiser les personnels des services. Cette mesure intervient à l’issue d’une réunion avec les représentants du secteur au ministère.

    Une large part de ce montant (55 millions) sera consacrée à la généralisation et à la revalorisation d’une prime « de risque de 118 euros bruts (100 euros nets mensuels) », versée dès juillet « à tous les professionnels des services d’urgence (hors médecins) », soit 30 000 personnes, a précisé le ministère.

    Une prime de coopération de 100 euros brut mensuels sera également mise en place pour les infirmiers et aides-soignants à qui seront déléguées des tâches médicales dans le cadre de protocoles prévus par la loi Santé adoptée mardi au Sénat.

    S’y ajoute une enveloppe de 15 millions d’euros censée « permettre aux services d’urgence en tension » de « renforcer leurs effectifs paramédicaux durant la période estivale et de maintenir ainsi un maximum de lits ouverts », selon un communiqué du ministère.

    Et ce n’est encore rien devant ce qui est dû et nécessaire !!!

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  • Agnès Buzyn : "Tous les services d’urgences ne sont pas en tension" !!!

    C’est elle qu’il faut mettre sous tension pour la faire lâcher les 300€ d’augmentation de salaires et les effectifs !!!

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  • Buzyn justifiait ainsi sa dotation supplémentaire de 15 millions en expliquant que c’était "seulement pour les Urgences en tension" !!!

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  • Luttes de classes à l’Hôpital public 24 juin 15:05, par R.P.

    Buzyn se déclare pour la fin de l’anonymat pour les dons de sperme !!! Sauf que cela signifie tout simplement la fin du don de sperme puisque les enfants pourront se retourner contre les donneurs comme étant des parents cachés !!!

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  • Luttes de classes à l’Hôpital public 24 juin 15:07, par R.P.

    La chaleur monte mais pas les moyens d’y faire face…

    Si la population a été avertie du pic de chaleur en France, et tout particulièrement par la ministre Buzyn, on pourrait croire que la direction de l’APHP n’ait voulu que faire semblant d’y faire face. Il n’y a toujours pas de vrais moyens de permettre aux personnels et aux malades de subir sans trop de dommages les excès de chaleurs et la direction de l’APHP s’en moque !!!

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  • Le flicage policier des Gilets jaunes, victimes de violences policières, par l’APHP aux urgences

    Le scandale du fichage policier des patients des Urgences, victimes de violences policières, a été confirmé. La direction de l’APHP a effectivement mis en place un système de dénonciation rapide aux services de police avec identité et identification des blessures. La direction et le gouvernement, après de nombreux mensonges, ont été contraints de le reconnaître. Et on nous parle de démocratie dans un pays où les Urgences servent à faire arrêter des personnes frappées par des violences policières : joue arrachée, nez arraché, mains arrachées, jambes arrachées, blessures de toutes sortes, souvent très graves !!!

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  • Il y a de l’animation à l’hôpital !

    A huit heures du matin, un lavabo explose, balançant partout de l’eau bouillante dans la chambre d’un malade sous perfusion. L’alerte incendie est déclenchée. Il n’a pas été possible de couper l’eau immédiatement, le robinet d’arrêt étant enfermé à clef ! Il a fallu évacuer le malade en urgence. Mais, pas de souci, la direction est restée très calme. Les affolements ne sont que ceux des personnels et des malades, les directions vivent sur une autre planète ! Tout ce branle-bas de combat s’est déroulé à l’hôpital Cochin mais cela peut arriver n’importe où à l’APHP…

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  • L’ubuesque contrôle des arrêts-maladie de Lariboisière

    Les personnels des Urgences de Lariboisiere qui se sont mis en arrêt de travail ont reçu un texto d’un organisme privé, Mediverif, organisme mandaté par l’hôpital qui leur annonçait qu’ils étaient convoqués à une contre visite médicale alors qu’ils avaient déjà repris le travail ! La ministre de la Santé a réagi sur France Inter : « Ce qui s’est passé aux urgences de Lariboisière est assez inédit, en général les soignants en grève viennent soigner avec un brassard pour assurer la continuité des soins, là ils se sont mis en arrêt maladie, c’est dévoyer ce qu’est un arrêt maladie » estime Agnès Buzyn. « Les personnels sont en arrêt parce qu’ils veulent se protéger. Psychologiquement, ils sont détruits », répond sur Europe 1 Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. « Les conditions de travail, quand on sait que les patients sont potentiellement en danger, mettent le personnel dans un stress permanent. » Buzyn n’a pas informé si cet organisme avait décrété l’arrêt-maladie infondé mais tous les personnels, eux, l’ont jugé très fondé !

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  • 92% de la population soutient les 150 urgences en grève !!!

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