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Qui étaient le Ligures, un peuple antique communautaire et matriarcal du sud de l’Europe…

lundi 9 septembre 2019, par Robert Paris

En vert 5500 avant J.-C.

Les Ligures au IVe siècle avant J.-C. Les Ligures au IIIe siècle avant J.-C.

Les Ligures au 1er siècle avant J.-C.

Qui étaient le Ligures, un peuple antique communautaire et matriarcal du sud de l’Europe…

Les Ligures sont un des peuples anciens réfugié dans les Alpes et en Italie du fait des migrations ou invasions celtes. Mais son existence, qui date de bien avant, est même pré-néolithique (voir par exemple les recherches au Mont Arci en Italie). En tout cas, les Ligures sont attestés depuis les époques préhistoriques : grottes paléolithiques des Balzi Rossi à Vintimille, refuges néolithiques des Arene Candide, dans le Finalese, et statues-stèles de pierre provenant de la Lunigiana, puis avant la conquête romaine (nécropole du Ve siècle avant J.-C. à Gênes).

Les écrits concernant les Ligures les voient comme un peuple alpin protohistorique (sans écriture et ayant vécu à l’âge du fer), dont il ne nous reste d’eux que des traces écrites en grec ou en latin, quelques sites archéologiques et … la toponymie. Mais, s’ils sont montagnards, c’est parce que les Celtes les ont contraint à se réfugier sur les hauteurs.

En fait, nous ne connaissons pas le nom qu’ils se donnaient et le terme « Ligures » est le nom que leur donnaient les Grecs. Le mot Ligures était issu du grec lygies, qui signifierait « haut perché ». Ils ont vécu en haut des petits sommets montagneux. Mais d’autres auteurs attribuent ce nom à Liges, c’est-à-dire la Loire, puisque les Ligures occupaient alors tout le sud de la Loire…

Il y avait probablement des Ligures ou des peuples à l’origine des Ligures dans toute l’Europe de l’ouest, et pas seulement dans les montagnes des Alpes, avant qu’arrivent les Celtes, eux-mêmes poussés par d’autres migrations et invasions de l’Est et du Nord. Certains peuples Ligures se sont mêlés aux Celtes et sont devenus celto-ligures. D’autres, en Espagne, se sont mêlés aux Ibères, donnant les peuples Ibéro-Ligures.

Les Celto-Ligures et les Ibéro-Ligures, contrairement aux Ligures originels, ont connu la division en classes sociales, le patriarcat et se sont orientés vers un Etat. Mais d’autres ont conservé les anciennes caractéristiques de la vieille société ligure.

Tous les témoignages confirment l’ancienneté de ce peuple européen antique et le fait qu’à l’origine ils n’étaient pas divisés en classes sociales et que les hommes ne dominaient pas les femmes. Les Ligures obéissaient à un ordre de type gentilice matriarcal, comme le relèvent les auteurs italiens Emilio Sereni, Piero Pierotti, Enzo Bernardini, Luciano Lorenzi et Geovanni Vergottini. Tous relèvent le caractère communautaire de la société et le matriarcat dominant. Ces deux propriétés caractéristiques de la vieille société ligure avaient déjà été remarquées des auteurs antiques.

« A cause de leur longue chevelure, nos Ligures portèrent aussi le nom de Capillati ou Comati.Ce furent d’abord des peuples de pasteurs en petits nombres, vivant essentiellement de la chasse, de la pêche et de l’élevage de troupeaux, et changeant périodiquement de lieu d’habitation pour trouver de meilleurs pâturages.Le plus ancien de la tribu faisait office de roi ou pontife et sa houlette un peu plus grande ou mieux façonnée devint le signe de son autorité. De là le sceptre, la crosse, le bâton du viguier ou du maréchal. Ces premières peuplades ligures vivaient par familles ou par tri-bus isolées, sans agglomération de maisons, les uns dans les bois, d’autres sous de misérables huttes ou dans des rochers et recherchaient de préférence la proximité de sources ou de cours d’eau. Ils montaient en général les troupeaux dans les montagnes dès la fonte des neiges afin de profiter de l’excellence des pâturages, et l’hiver, redescendaient dans les vallées. Leur vie s’écoula ainsi paisiblement pendant plusieurs siècles, les familles se multipliant, les peuplades s’agrandissant, ceci sans grand changement jusqu’au XIVe siècle avant J.-C., qui voit l’arrivée des premiers colons phéniciens et grecs. »

Florus nous donne une excellente description de ces Ligures, laissons-lui la parole : « Les Ligures sont durs, laborieux et sobres ; ils ne vivent que de laitage et du fruit de leurs troupeaux. Les femmes y partagent tous les travaux de leurs maris. Ils sont infatigables à la guerre. Remuants par caractère, ils n’ont pas de cavalerie à cause des escarpements du pays et du manque de fourrage. Ils se servent de petits boucliers à la manière des Grecs. Leurs javelots sont en bois de houx. Ils sont très habiles tireurs à l’arc et dès leur bas âge exercés à cet art. Il ne leur faut presque rien pour se nourrir. Comme ils habitent un sol âpre, stérile, rocailleux et couvert de bois, ils récoltent peu de fruits et de blé ; tandis que les uns sont à la chasse et soignent les troupeaux, d’autres fendent les rochers et extraient les pierres dont ils font des murs de soutènement. C’est là-dessus qu’ils ramassent quelque terre végétale pour la cultiver ( les ancêtres de nos restanques ). Ils n’obtiennent quelques récoltes qu’à force de bras, de ce terrain où l’on ne peut piocher sans rencontrer la roche vive. La frugalité de leur vie, jointe à cet exercice pénible et continuel, les rend secs, maigres, nerveux, mais robustes. L’habitude qu’ils ont de marcher dans des collines pierreuses, les rend agiles à la course. Comme tous les montagnards, ils sont braves et jaloux de leur liberté. Peu s’abritent sous des maisons, ils couchent presque sur la terre nue ».

Source

« Lorsque nous détaillons les différentes peuplades ligures (à l’époque romaine), nous trouvons : - sur le versant piémontais :

. Les Ligures Epanterii (qualifiés de Montani, ils sont cités par Tite-Live au moment oùMagon, ayant pris Gênes, intervient chez les Ligures Alpini pour essayer de se les concilier et d’obtenir des mercenaires)

. les Statielli apparaissent au livre XLII 8. Ils étaient installés dans la région de Piana Crisciaainsi que dans les "Langhe" actuelles entre les vallées du Tanaro et du Bormida. Aquae Statiellaes’y implanta.

. les Irienses se trouvaient dans la basse vallée du Scrivia. Leur nom apparaît dans la ville romaine de Forum Iulium Iriensium.

. les Bagienni, dans la fertile plaine du Montferrat, regroupaient sans doute un ensemble detribus autour de Pedo, Auriates, Augusta Bagiennorum, Pollentia, Alba Pompeia (Alba) et peut-être Hasta (Asti).- à l’est du Var :

. les Vediantii, entre le Var et la Turbie, installés à Cemenelum, entretenaient traditionnellement de bonnes relations avec leurs voisins grecs de NikaTa. Les ports étaient actifs sur leur territoire et deux vici gallo-romains, Contes et le vicus Navelis, sont notés.

. les Vesubiani avaient pour débouché prééminent le col des Fenêtres vers la vallée de la Stura.

. les Ectini étaient, eux, entre le haut Var et le Cians, entre la Tinée et la Stura di Démonte,avec pour débouché la vallée de l’Ubaye. Podium Tinearum (Puget-Théniers) aurait été une de leurs installations.

. les Veamini, peuplade charnière entre les Alpes Cottiennes et les Alpes-Maritimes.

. les Eguituri et les Nemeturii simplement mentionnés sur le liste du trophée de la Turbie se situeraient hypothétiquement entre la haute vallée du Var et celle de l’Estéron. On leur attribue Villars-sur-Var et Glanate.

. les Oratelli, à l’est du Paillon, selon Nino Lamboglia.

. les Intemelii, entre le torrent Nervia et la Roya, virent s’épanouir Albium Intemelium(Vintimille).

. les Ingauni dont la cité Album Ingaunum (Albenga) donna naissance à l’empereur Publio Elio Proculo proclamé en 280-281 ap- J.-C.

. les Sabates, voisins des Ingaunes, sont moins connus. Leur ville principale était Savone, mais ce sera Vado qui sera choisi comme point terminal de la via Aemilia Scauri en 109 av. J.-C.- à l’ouest de l’Arno :

. les Genuates, installés dans un bassin semi-circulaire autour de Polcevera et du Bisagno, voie de passage pour les denrées et les voyageurs vers la haute Italie et l’Europe centrale, se réservèrent l’oppidum Genuae défini par Strabon "emporio des Ligures".

. les Tigulli, dans la plaine alluviale du torrent Pétronio, nous ont laissé le toponyme deSegesta Tiguilliorum.

. les Apuani, la tribu ligure la plus à l’est, eut à subir le plus de déportations, avec notamment celle de 180 av. J.-C. La région était un carrefour commercial qui recevait des marchandises campaniennes et étrusques et qui, par la via Aemilia Scauri, était en relation avec Rome et la Gaule, avec Fornoue et Parme, avec le pas du Brattello. »

Source

En bleu-vert, les noms ligures L’étude de la toponymie a révélé la présence d’éléments ligures dans le sud des Alpes et le nord-ouest des Apennins, à savoir en Vallée d’Aoste (Barmasc et Périasc dans le haut val d’Ayas), dans le Piémont, la Toscane, l’Ombrie, le Latium, ainsi qu’en Languedoc et en Roussillon, et certaines parties de la péninsule Ibérique. C’est également le cas de la Sicile, en pays élyme, dans la vallée du Rhône et en Corse (Grillasca, Palasca, Popolasca, Salasca, Asco). Certaines racines comme alp/b dont lasignification semble être "hauteur" se retrouvent dans la toponymie ligure : Alpes, Albe, Albin-timilium, Albingaunum... mais aussi dans l’Italie tyrrhénienne, en Etrurie (fleuve Albinia), dans leLazio (Alba Longa), chez les Eques (Alba Fucens), en Lucanie (Mont Alburnus). Noms de régions de ville et de villages d’origine Ligure : par exemple, les noms se terminant en « osque » comme Manosque, Gréasque, Turbiasque, Monégasque… Les Ligures dans le Sud-Est ont donné les mots gave, chamois, chalet, luge.

À l’Âge du Bronze, les Ligures qui vivaient dans l’actuelle Provença et les régions alpines (et peut-être au-delà, avant de reculer devant les Celtes) fonctionnaient très certainement sur la base du communisme primitif et du matriarcat.

Les Ligures occupaient le sud-est de la France et une partie du nord de l’Italie, mais aussi la Corse et la Sardaigne, peut-être même la Sicile.

Il est vraisemblable que tous les noms de lieu modernes ou du Moyen âge terminés en -asco, -asca, -aschi, -usco, -usca, -osco, -osca sont d’origine ligurienne. Ces noms se rencontrent en grande quantité non seulement dans la Ligurie proprement dite, mais encore dans d’autres régions, où les textes des auteurs anciens attestent l’existence des Ligures. Nous les trouvons non seulement dans le Nord de l’Italie, mais aussi en Suisse ainsi que dans les bassins du Danube et du Rhin.

Parmi les peuples de la Ligurie gauloise, nous citerons en première ligne les Salluvii, la nation la plus puissante à l’époque de la fondation de Marseille, qui semble avoir eu dans sa clientèle plusieurs petits peuples comme les Avatici, les Tricores, les Camatullici, les Segobrigii, y compris peut-être les Deciates et les Oxybii. Plus au Nord habitaient les Anatilii, les Desuviates, les Cavares, les Tricolli, les Vocontii, les Segovellauni et les Allobroges. Ces peuples, dans lesquels, probablement de bonne heure déjà, des éléments celtiques s’étaient infiltrés, restèrent fixés dans la vallée du Rhône, sauf quelques tribus que les Gaulois entraînèrent avec eux lors de leur expédition dans le Nord de l’Italie. D’autres tribus, par contre, probablement sous la pression simultanée des Gaulois et des Grecs, allèrent s’établir dans les hautes vallées des Alpes. Par Caton nous savons que les Lepontii dans la vallée supérieure de la Dora Baltea, comme les Salassi établis aux sources du Rhône et du Rhin, descendaient des Taurini, établis autour de Turin, et que les Taurini étaient eux-mêmes une antique Ligurium stirps. A la même branche doivent avoir appartenu tous les petits peuples disséminés dans les hautes vallées alpines autour du Petit-Saint-Bernard, comme les Ceutrones, les Ucenni, les Graioceli et les Acitavones. Même les Caturiges, bien que leur capitale porte le nom celtique d’Embrodunum, ne doivent pas avoir été des Gaulois à l’origine ; car aux Vagienni, qui habitaient au delà des Alpes et qui étaient leurs descendants, Pline attribue une origine ligurienne, et comme les Medulli ils faisaient partie du royaume de Cottius. Strabon rattache aux Ligures tous les petits peuples, sujets de Donnus et de Cottius, dont on ne connaît les noms que par les inscriptions de l’arc de Suse et par celles du trophée des Alpes et qui habitaient les deux versants des Alpes depuis le mont Genèvre jusqu’à la mer. Ce sont probablement les tribus montagnardes que certains auteurs comprennent sous le nom plus général de Ligures comati ou capillati, parce qu’ils portaient la chevelure longue.

Jusqu’à l’époque de la conquête gauloise, la partie de l’Italie septentrionale, que les Romains appelleront plus tard la Gaule cisalpine, était occupée à l’Est par les Etrusques et à l’Ouest par les Ligures. En Italie, la Ligurie proprement dite, c’est-à-dire la région de laquelle les Ligures n’ont jamais été dépossédés par les Gaulois, comprenait les pentes orientales des Alpes, le versant méridional des Apennins et la rivière de Gênes. Mais, d’après les auteurs anciens, ils avaient étendu leur domination au delà de ces limites. Ils avaient pénétré dans la vallée du Pô jusqu’au centre de la Gaule cisalpine pour y fonder Ticinum (Pavie). Au Sud du Pô, ils s’étaient avancés jusqu’à l’embouchure de l’Arno et en suivant la crête des Apennins ils avaient même atteint le bassin supérieur du Tibre, de sorte que beaucoup de villes étrusques comme Luna, Lucques, Pise, Pistoie et Fiesole se trouvaient sur le sol ligurien. Longtemps après la conquête étrusque et depuis la conquête romaine, les Ligures continuèrent à former entre l’Arno et les Apennins la majorité de la population des campagnes. Leur possession la plus orientale au Nord du Pô paraît avoir été Pavie. Parmi les peuples ligures de l’Italie nous ne citerons que les Intemelii (Vintimiglia), les Ingauni (Alberga), les Apuani dans les Apennins, les Taurini (Turin) et les Vagienni dans la vallée supérieure du Pô, les Laevi et les Marisci (Pavie) dans la vallée du Tésin, et les Ilvates, dont on a rapproché le nom de celui d’Ilva (île d’Elbe), dans le bassin supérieur de la Bormida.

D’après les renseignements que nous trouvons dans les auteurs grecs et latins (qui ont d’évidence exagéré le côté sauvage de ces « Barbares »), les Ligures portaient la barbe épaisse et la chevelure longue et ondoyante ; en fait d’habits, ils avaient de préférence des toisons de brebis et des peaux d’animaux sauvages. Ils se nourrissaient de lait, de racines et de fruits ; le gibier et la viande de leurs animaux domestiques remplaçaient ce qui manquait à leurs récoltes, nécessairement peu abondantes dans les terres stériles et pierreuses de leur pays. Ils se servaient de l’orge pour préparer une sorte de bière. Ils habitaient de misérables huttes construites en bois ou en pierres sèches ; le plus souvent, ils passaient la nuit dans des cavernes. Sénèque raconte que, pendant leurs guerres contre les Romains, ils savaient si bien se cacher dans leurs grottes qu’il était plus facile de les vaincre que de les trouver. Ils n’avaient guère de villes importantes ; exception doit être faite de Gênes, où une importante nécropole ligurienne du Ve siècle a été découverte, et il existait aussi un certain nombre de places fortifiées d’ordre secondaire que Tite-Live désigne du nom de castella. Comme armes, ils portaient des arcs, des flèches probablement garnies de pointes en pierre ou en os, des frondes, de courtes épées en fer, de petites haches pareilles à celles des Grecs et des boucliers d’airain de forme oblongue. Excellents guerriers, ils se distinguaient surtout comme frondeurs. Au moment de l’attaque et pour effrayer l’ennemi, ils jetaient des cris stridents.

Echanges commerciaux entre Phocéens et Ligures

Les Ligures en Italie

Ligures de la vallée des Merveilles

Ligures du Mont Bego

Histoire de la Ligurie

Matriarcat Ligure

Les Ligures (notamment les Pélasges) adoraient la déeesse Maya et la Dame d’Elche ainsi que le dieu Taureau

La Camatuliciens, Celto-Ligures

Les Ligures dans les sources antiques

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