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Le bulletin La Voix des travailleurs de l’APHP (hôpital public) du 19 juin 2019

samedi 29 juin 2019, par Robert Paris

Cent Urgences en grève en France !

La ministre Buzyn déclare : « Les urgences sont en détresse, je le sais. » Forcément qu’elle le sait : c’est elle qui cause cette détresse et cette colère aussi ! Et c’est désormais une centaine de services d’urgenc en France qui sont en grève dont plus de vingt à l’APHP ! Michaël Peyromaure, professeur et chef de service urologie à l’hôpital Cochin déclarait mardi 11 juin sur Franceinfo : « Les urgences cristallisent évidemment toutes les tensions, puisque c’est l’interface entre l’extérieur et l’intérieur de l’hôpital. Il y a un accroissement de la demande de soins et une réduction des moyens pour y répondre. Les urgences sont un peu un fourre-tout. Vous avez des patients qui viennent pour des vraies urgences, des patients qui viennent à tort pour des pathologies bénignes mais qui, faute de trouver un médecin ailleurs, doivent se rendre aux urgences, des personnes âgées dont la famille parfois se débarrasse avant de partir en vacances parce qu’elle ne sait pas comment s’en occuper, des gens en situation de grande précarité sociale... Tout ce beau monde va converger vers les urgences qui est le seul endroit où la lumière est allumée. » Et le résultat, c’est du stress, des risques, des encombrements et aussi… de la violence !! Insupportable est le seul mot pour décrire la situation des Urgences !

Arrêts maladies aux Urgences

Dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 juin, le service d’urgences de l’hôpital Saint-Antoine a fait face à une vague de 15 arrêts maladie des personnels paramédicaux pour épuisement professionnel. La direction a ainsi demandé au personnel de travailler 18 heures d’affilée. Une demande faite « sans se soucier de la fatigue et de l’épuisement des agents qui, par plus de 12 heures de travail, ne se sont pas en capacité d’effectuer leur travail avec le degré de concentration qu’exige la prise en charge d’êtres humains » a déclaré le collectif Inter-Urgences.

Buzyn persiste et signe

Agnès Buzyn a affirmé : « Tous les services d’urgences ne sont pas en tension » !!! La ministre justifiait ainsi que sa dotation supplémentaire aux Urgences ne soit que de 15 millions en expliquant que c’était "seulement pour les Urgences en tension" !!! C’est elle et Hirsch qu’il faut mettre sous tension pour les faire lâcher les 300€ d’augmentation de salaires et les embauches d’effectifs en masse !!! Buzyn a balayé la semaine dernière sur le plateau de la chaine d’information BFM-TV, « l’idée d’une nouvelle augmentation de salaire pour les soignants. » Elle a carrément déclaré : « Mais quand la préoccupation est purement salariale alors que ça dysfonctionne, (...) sincèrement les problèmes ne vont pas se régler parce que je paye davantage. » Alors que déjà cent services d’urgence étaient en grève en France, Buzyn déclarait publiquement n’en compter que cinquante.

L’hôpital public, condamné aux soins palliatifs !

Loin d’améliorer la situation de l’hôpital public, le « Projet santé 2022 » prévoit de réaliser encore 3,8 milliards d’euros d’économies sur son dos alors que toutes ces années, les divers projets ont déjà réduit drastiquement les budgets. C’est tous ensemble, tous services, toutes catégories, toutes professions confondues, qu’il faut dire STOP à cette destruction programmée de l’hôpital public ! Et ile ne faut pas craindre d’élargir la lutte…

Salaires sup plutôt qu’heures sup

Les heures supplémentaires ne sont toujours pas défiscalisées alors que l’annonce de cette défiscalisation avait été faite le 1er janvier. Aucun motif n’a été invoqué par le DG de l’APHP, qui s’est contentée de dire que ce sera régularisé en fin d’année. Les agents sont contraints de faire des heures supplémentaires parce que le coût de la vie augmente et que les salaires stagnent (gel du point d’indice depuis 2010). Les personnels ont absolument besoin d’une augmentation de salaires afin de ne plus devoir faire des heures supplémentaires pour boucler les fins de mois.

La grève des Urgences de Cochin a été trahie

Chacun a été surpris d’apprendre que la CGT de Cochin, seule dans ce cas dans la toute la France, avait signé un protocole d’accord de reprise du travail des Urgences !!! Elle y prétendait avoir obtenu satisfaction et citait un certain nombre de revendications, soi-disant satisfaites. Il allait se révéler par la suite que c’était faux ! D’autre part, elle occultait le fait que la reprise du travail n’avait pas été votée par le personnel des Urgences de Cochin qui, au contraire, majoritairement avait voté pour la continuation de la grève. Le forcing de la direction de la CGT Cochin pour faire reprendre le travail aux Urgences avait consisté à prétendre qu’elle avait des informations et qu’elle savait que la direction de l’APHP ne lâcherait plus rien ! Il était donc inutile de continuer la grève. Un autre point qui était omis pas la CGT : la grève s’étendait et, dans les hôpitaux parisiens, de même qu’à Saint Antoine où elle avait démarré la grève n’était pas dirigée par la CGT mais par l’InterUrgences, les personnels étant organisés indépendamment des appareils syndicaux. Vote des personnels des Urgences de Cochin - Pour la continuation de la grève : 86% - Pour la reprise du travail : 14% Conclusion de la CGT : la reprise du travail !!!!

Alors que deux services de l’hôpital Cochin (gastro-entérologie et hématologie) entraient à leur tour en grève et que des dizaines d’Urgences en région parisienne et dans toute la France entraient en grève, la direction de CGT de l’hôpital Cochin forçait les personnels de Cochin à la reprise du travail des Urgences en prétendant que la direction ne cèderait plus rien et qu’elle avait d’ailleurs déjà beaucoup cédé. Les allégations de la CGT allaient s’avérer entièrement fausses !!!

Deux services en grève à Cochin

Ils sont en grève à durée illimitée à Cochin et cette lutte est dirigée par une assemblée générale des services gastro-entérologie, hémato conventionnelle et hémato soins intensifs. C’est le manque criant d’effectifs qui a mis les personnels en grève illimitée. La direction n’a absolument rien proposé de sérieux face aux demandes qui sont des exigences incontournables simplement pour travailler dans des conditions décentes et sécurisées !

L’ubuesque contrôle des arrêts-maladie de Lariboisière

Les personnels des Urgences de Lariboisiere qui se sont mis en arrêt de travail ont reçu un texto d’un organisme privé, Mediverif, organisme mandaté par l’hôpital qui leur annonçait qu’ils étaient convoqués à une contre visite médicale alors qu’ils avaient déjà repris le travail ! La ministre de la Santé a réagi sur France Inter : « Ce qui s’est passé aux urgences de Lariboisière est assez inédit, en général les soignants en grève viennent soigner avec un brassard pour assurer la continuité des soins, là ils se sont mis en arrêt maladie, c’est dévoyer ce qu’est un arrêt maladie » estime Agnès Buzyn. « Les personnels sont en arrêt parce qu’ils veulent se protéger. Psychologiquement, ils sont détruits », répond sur Europe 1 Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. « Les conditions de travail, quand on sait que les patients sont potentiellement en danger, mettent le personnel dans un stress permanent. » Buzyn n’a pas informé si cet organisme avait décrété l’arrêt-maladie infondé mais tous les personnels, eux, l’ont jugé très fondé !

Il y a de l’animation à l’hôpital !

A huit heures du matin, un lavabo explose, balançant partout de l’eau bouillante dans la chambre d’un malade sous perfusion. L’alerte incendie est déclenchée. Il n’a pas été possible de couper l’eau immédiatement, le robinet d’arrêt étant enfermé à clef ! Il a fallu évacuer le malade en urgence. Mais, pas de souci, la direction est restée très calme. Les affolements ne sont que ceux des personnels et des malades, les directions vivent sur une autre planète ! Tout ce branle-bas de combat s’est déroulé à l’hôpital Cochin mais cela peut arriver n’importe où à l’APHP…

Le flicage policier des Gilets jaunes, victimes de violences policières, par l’APHP aux urgences

Le scandale du fichage policier des patients des Urgences, victimes de violences policières, a été confirmé. La direction de l’APHP a effectivement mis en place un système de dénonciation rapide aux services de police avec identité et identification des blessures. La direction et le gouvernement, après de nombreux mensonges, ont été contraints de le reconnaître. Et on nous parle de démocratie dans un pays où les Urgences servent à faire arrêter des personnes frappées par des violences policières : joue arrachée, nez arraché, mains arrachées, jambes arrachées, blessures de toutes sortes, souvent très graves !!!

La chaleur monte mais pas les moyens d’y faire face…

Si la population a été avertie du pic de chaleur en France, la ministre Buzyn n’arrêtant pas de communiquer dessus, et pourtant on pourrait croire que la direction de l’APHP n’ait voulu que faire semblant d’y faire face. Il n’y a toujours pas de vrais moyens de permettre aux personnels et aux malades de subir sans trop de dommages les excès de chaleurs et la direction de l’APHP s’en moque !!!

7 Messages de forum

  • Agnès Buzyn, ministre de la santé, conseille dans une conférence de presse aux travailleurs de "s’habiller léger … pas comme en janvier". Inutile de rapporter les commentaires des travailleurs à son égard !!!

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  • La ministre Buzyn a déclaré à France Info le 24 juin, à propos de la vague de chaleur : « Tout est prêt dans les Ephad, les hôpitaux, les transports.. »

    Malheureusement, personne n’est au courant de ce qui est prêt car on n’a vu aucune mesure réelle, ni moyens matériels ni moyens en personnels… Buzyn est juste prête à mentir tous azimuts dans tous les médias !

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  • Alors que plus de 150 services d’urgences sont en grève pour réclamer de meilleures conditions de travail, le député du Nord Alain Bruneel passe six heures aux urgences "incognito" et dénonce une situation "dramatique".

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  • L’intersyndicale CGT-SUD-FO et le collectif de paramédicaux Inter-Urgences organisent ensemble un rassemblement en fin de matinée devant le ministère des finances avant un défilé en direction du ministère de la santé, où une délégation devrait être reçue. Ils revendiquent 300 euros de hausse de salaire, des effectifs supplémentaires et un « moratoire » sur les fermetures de lits.

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  • Une femme de 30 ans a accouché seule, à la maternité de l’hôpital Saint Joseph Saint Luc, vendredi 7 juin dernier.

    Sans commentaire...

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  • Buzyn a fait de multiples déclarations sur la canicule et les urgences, affirmant que la canicule n’aggravait pas la situation des urgences et qu’elle ne paierait pas un centime de plus pour les hôpitaux du fait d’une augmentation du travail !!!

    "Les urgences ne sont pas débordées en raison de la canicule"

    "lors du précédent épisode de canicule, en juin, le nombre de passages aux urgences liées à la canicule représentait à peu près 3% des passages".

    "le personnel des urgences a, depuis le mois de juillet, une prime de risque de 100 euros net par mois, pour prendre en compte les risques et les incivilités auxquels ils sont soumis au quotidien".

    Pour enflammer tout le personnel des hôpitaux, ses déclaration incendiaires, c’est pire que la canicule car la réalité c’est que c’est l’absence de moyens, de lits, de personnels et de matériel pour faire face à la canicule qui rend le travail à l’hôpital invraisemblable en cette saison !!!!

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  • 220 urgences en grève !!!

    Cinq mois après le début du mouvement, la grève des urgences n’a jamais été aussi étendue, malgré la prime accordée au début de l’été par le gouvernement, qui promet « de nouvelles mesures dès la rentrée » pour faire retomber la tension.

    Redon, Verdun, Bastia, Castres… Au fil des jours, la liste des services d’urgence en grève ne cesse de s’allonger. Le collectif Inter-Urgences, à l’origine de ce mouvement social inédit, en dénombrait 220 mercredi. Le ministère de la Santé en recensait pour sa part 195, avec une mobilisation « en déclin à certains endroits » et la signature de « protocoles de sortie de grève » dans 28 sites.

    C’est deux fois plus qu’à la mi-juin, lorsque la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a débloqué 70 millions d’euros pour apaiser la colère des soignants.

    Mais les urgences en grève n’ont pas vu la couleur de cet argent...

    Le collectif Inter-Urgences maintient la lutte et confirme ses revendications.

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